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EAN : 9782205075663
136 pages
Dargaud (29/04/2016)
4.02/5   922 notes
Résumé :
Dessinatrice à Charlie Hebdo depuis plus de dix ans, Catherine Meurisse a vécu le 7 janvier 2015 comme une tragédie personnelle, dans laquelle elle a perdu des amis, des mentors, le goût de dessiner, la légèreté.

Après la violence des faits, une nécessité lui est apparue : s'extirper du chaos et de l'aridité intellectuelle et esthétique qui ont suivi en cherchant leur opposé – la beauté.

Afin de trouver l'apaisement, elle consigne les m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (149) Voir plus Ajouter une critique
4,02

sur 922 notes
Fin janvier 2015. Sur une plage déserte, Catherine essaie tant bien que mal de remettre en place ses idées. S'assurer qu'elle est bien sur une planète, que l'océan est là...
Début janvier. Dans son lit, Catherine traine un peu. Elle rêvasse à son histoire d'amour compliquée avec un homme marié. Elle rêvasse si longtemps que son réveil-matin lui indique qu'elle est en retard. Avec un peu de chance, si elle chope le bus n°69, elle pourra arriver à une heure décente à la réunion. Trop tard, il vient de la frôler. Une fois arrivée vers les locaux de Charlie hebdo, Luz l'informe qu'il y a là-bas une prise d'otages. Vite, il faut fuir. Trouver un abri. Tak Tak Tak Tak. Des hommes tirent en l'air. Catherine le saura très vite: ses amis et collègues de Charlie sont morts. Comment se reconstruire après ça ? Comment redessiner ? Comment retrouver ce sentiment de légèreté ?

Catherine Meurisse se livre et nous livre, avec beaucoup d'émotion, sa tentative de reconstruction, aussi bien physique, mentale, psychologique ou émotionnelle après les attentats du 7 janvier. Comment redessiner quand l'envie a disparu ? Comment rire ? Comment aimer ? Comment retrouver un tant soit peu de goût à la vie ? Tout un cheminement auquel l'on participe. de Cabourg à la Villa Médicis qui lui a ouvert ses portes pour l'aider à se reconstruire, de ses séances chez le psy au musée du Louvre en passant par cette étendue de sable.
Garder espoir. S'étonner encore. S'ouvrir à l'art. Dessiner à nouveau...
Un album émouvant et sensible. Mettre des mots sur des maux...
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Le 6 janvier 2015, Catherine Meurisse, dessinatrice de presse au journal Charlie Hebdo, se fait plaquer par son mec. Nuit de déprime, de cogitations et de cauchemars lui vaut de se réveiller très tard et d'être grandement à la bourre au boulot au matin du 7 janvier. Arrivée sur les lieux, après avoir raté son bus, elle apprend qu'il y a une prise d'otage au journal. Aux premiers tirs des kalachnikovs, elle s'abrite dans un bureau voisin...

C'est ainsi que démarre cette BD, réalisée par une "survivante" du Charlie. Catherine revient sur les faits, mais surtout sur l'après : le choc traumatique et le deuil, ses idées et ses dessins qui ne reviennent que péniblement, ses difficultés à comprendre ce qui lui arrive, à ne plus vivre comme avant, son départ à la Villa Médicis en quête de beauté et de légèreté, persuadée de pouvoir "se réparer" une fois qu'elle les aura trouvées.

Catherine, même si elle n'aura pas vraiment trouvé ce qu'elle était venue chercher, va au fil des pages et bien que difficilement sortir la tête de l'eau petit à petit, comprendre les mécanismes de la guérison, remettre de l'ordre dans ses pensées et ses idées.

Tout au long du récit, elle réussit à mettre en mots ses maux. C'est ainsi qu'on peut se rendre compte que la réalisation de cette BD fait partie de son processus de reconstruction, comme une sorte de tournant dans sa vie "d'après Charlie". En cela, elle nous expose ses malaises et ses moindres ressentis. Ce n'en est que plus pertinent et percutant.

Dans son témoignage, il y est avant tout question de traumatisme, de résilience et de reconstruction. Il y est abordé la manière dont on peut continuer à vivre après de tels événements, chacun usant et utilisant ses outils propres. Catherine a cherché ses réponses dans l'art essentiellement, en quête de LA beauté telle que Stendhal l'évoque, afin de pouvoir toucher à nouveau à la légèreté de la vie en général, à son insouciance, pour continuer d'avancer. L'a-t-elle réellement trouvée ? Sans doute pas, elle a trouvé en revanche le moyen d'y parvenir sans, même si le massacre du 7 janvier sera à jamais gravé en elle.

Là où on se rend compte qu'elle va quand même mieux, c'est qu'elle est capable de parsemer un peu d'humour et d'autodérision ici et là. D'avoir bossé 10 ans à Charlie Hebdo l'y a certainement aidée également, enfin je présume. Ça n'enlève rien au côté douloureux de son témoignage, mais de réussir à nous faire sourire de temps en temps est tout de même bienvenu.

Mon seul bémol concernant cet ouvrage, ce sont les dessins et le choix de la police d'écriture plutôt brouillonne. Si l'on constate de temps en temps une jolie palette de couleurs, l'ensemble tire beaucoup dans la caricature et le grotesque, à l'effigie du journal certes mais qui ne se prête pas trop pour une BD à mon sens. Ça rend un ensemble un peu trop agressif pour les yeux.

Mais c'est quand même un chouette roman graphique, frappant et ne laissant pas indifférent.

[N.B. Ajout de dernière minute. Je me rends compte que j'ai oublié de parler des nombreuses références culturelles, comme Proust, Stendhal ou encore Beaudelaire. Des liens/parallèles/comparaisons sont faits entre les événements du moment et l'art, L Histoire ou la mythologie romaines, amenant à des sujets de réflexion qui titillent.]
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Catherine Meurisse aurait du être avec ces amis de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, mais elle est arrivée en retard. Ce roman graphique, montre l'effondrement, la colère, la culpabilité. Puis comme pour chasser l'impensable, Catherine Meurisse va se relever, en prenant de la distance pour se raccrocher, de ce que ces monstres ne pourront jamais nous ôter, notre soif de culture et par la même une forme de légèreté. Reprendre goût aux choses en s'éloignant, apprécier un lieu, un tableau, un moment de silence et de solitude, autant de manières pour mettre à terre la violence, pour sécher les larmes, pour montrer que quoiqu'il advienne la beauté tire toujours vers le haut. Son album est bouleversant, une victoire si infime soit elle sur la barbarie. « La légèreté » de Catherine Meurisse est tout simplement magnifique, indispensable.
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Je tiens simplement à remercier Kickou pour son conseil. Ma médiathèque n'ayant pas cette BD en stock, je l'ai achetée « instantanément » en e-book. Après Humaine, trop humaine, je me suis donc laissée tenter par cette autre BD de Catherine Meurisse, et j'en sors toute remuée, mais le sourire d'espoir au coin des lèvres.
À l'instar des vers de Charles Baudelaire « Derrière les ennuis et les vastes chagrins qui chargent de leur poids l'existence brumeuse, /Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse s'élancer vers les champs lumineux et sereins », Catherine nous prouve que l'âme se laisse « attendrie et élevée » par la beauté.
Cette BD me semble très subtile et originale dans sa construction, dans son alternance entre gravité et légèreté, dans son déploiement de cette histoire (très personnelle, mais si universelle au fond) de re-construction intérieure. Je n'ai rien d'autre à rajouter si ce n'est « ne passez pas à côté ».

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Quand la vie se fait plus lourde tout à coup, qu'on n'y perçoit plus la beauté, la légèreté, que reste-t-il ?

C'est ce qui arrive à Catherine Meurisse, dessinatrice de presse à Charlie Hebdo, au lendemain de la tragédie.
Rechercher l'amitié et la culture pour ne pas sombrer, trouver quelque chose de plus fort que la violence pour faire pencher la balance du côté de l'espoir, de la vie.

La violence est aussi dans l'art, mais elle y est sublimée, comme pour l'anéantir.
Continuer à sublimer la vie, même lorsqu'elle est laide, se moquer de tout pour contrer la peur, donner du poids à cette légèreté, se grandir avec les épreuves.
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critiques presse (7)
FocusLeVif
19 novembre 2021
Catherine Meurisse revient du Japon avec un album époustouflant de beauté, à la fois réflexion sur l'art et ses inspirations, et ode à cette nature d'une "familière étrangeté". Une quête de l'élégance qui l'habite depuis La Légèreté
Lire la critique sur le site : FocusLeVif
Bibliobs
30 janvier 2017
C'est tout bonnement l'une des meilleures BD de l'année 2016, fine, profonde, touchante et belle.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaPresse
12 juillet 2016
Un récit très touchant, qui célèbre bien humblement son retour à la vie.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LePoint
09 mai 2016
Un livre magnifique, presque miraculeux.
Lire la critique sur le site : LePoint
BoDoi
02 mai 2016
L’ouvrage ne tient pas de la plainte : la douleur en exsude, bien sûr, mais aussi l’humour, et surtout la quête d’une solution.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Telerama
27 avril 2016
Graphiquement très réussi, ce récit où la couleur bouscule l'habituelle sobriété de son trait a aussi l'élégance d'être léger. Peut-être est-ce là l'alchimie véritable, changer le plomb... en plume.
Lire la critique sur le site : Telerama
Sceneario
25 avril 2016
Un très bel album, très pudique, qui nous laisse sans voix.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (92) Voir plus Ajouter une citation
« Allô Catherine, t'es bien assise ?
- Impec.
- Après la défection d'Obama à la marche du 11 janvier, la Maison-Blanche veut se rattraper. Elle nous invite à rencontrer le président. Il souhaite se faire tirer le portrait par un dessinateur. Je veux que ce soit toi qui y ailles.
- Pourquoi moi ?
- Parce que Riss est à l'hosto et que Luz serait capable là-bas de montrer son slip.
- Bon, écoute, après ce qui s'est passé, j'en ai un peu rien à secouer de rencontrer le président des States.
- Tu te rends compte de ce que ça représente pour 'Charlie' ? Ce serait exceptionnel ! »
... Obama, je m'en fous d'Obama, je préfère Cabu. Aller si loin pour servir la soupe à un président de passage. Marre des gens de passage, je veux de l'immuable, que plus rien ne passe ni s'effondre. Y aura forcément un con pour me prendre en photo avec Obama, peut-être même qu'Obama fera un selfie avec une perche à selfie, la photo fera le tour du monde, l'horreur, Obama étant pro-israélien, je vais avoir tous les Arabes sur le dos, Charb était pro-palestinien, ce serait une insulte à sa mémoire, je vais me retrouver au coeur du conflit israélo-palestinien alors que j'ai rien demandé, je vais pas pouvoir le régler vu mon état, merde...
« Allô, Gérard ? C'est non. Je suis malade en avion. »
(p. 62)
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12 janvier [2015]
- C'est quand qu'elle se termine, ma protection rapprochée ?
- Elle vient à peine de commencer, madame...
- Mais c'est quand que ça se termine ?
- On ne peut pas vous dire...
- C'est quand qu'on arrive ?
- J'aimerais pas être à votre place, madame. Etre sous protection, c'est comme se trimballer ses parents sur le dos en permanence. C'est lourd.
- C'est quand qu'on arrive ?
- ...
- C'est quand qu'on arrive à la normalité ?
(p. 30)
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Le psy: Quel est l'endroit qui vous apaise? votre domicile?

Non! Pas en ce moment

Le psy: Votre maison d'enfance? L’île où vous êtes allée marcher seule après le 11 janvier? je sais que votre mémoire est défaillante, mais essayez de vous souvenir d'un lieu agréable

Un chemin creux, au début du printemps, dans la campagne où j'ai grandi

Le psy: Bien. Nous l'appellerons
le « lieu sûr »

Le psy: Dans chaque moment de souffrance ou de panique, faites l'effort de vous imaginer dans ce "lieu sûr", marchant sur ce sentier printanier.
vous serez étonnée du resultat.

Je m'exécute, sans m'étonner du résultat, car l'étonnement ne fait plus partie de mes émotions.
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[ 2005, Catherine Meurisse - 25 ans - découvre la salle de rédaction de Charlie ]
Riss monte une étagère.
Bernar dessine avec un gant.
Charb [monté sur la table] chante l'Internationale.
Jul revient du badminton.
Cabu grignote.
Tignous collectionne les timbres pour son neveu.
Luz remonte son slip jusqu'aux épaules.
Willem passe en coup de vent.
Honoré range des photos de presse dans des boîtes à chaussures.
Wolinski me demande de le suivre aux toilettes [il lit une notice de Viagra].
Siné éructe par fax.
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D'habitude, quand je pense à Proust, mon épiderme, ma tête et mon coeur réagissent, je pars illico en voyage dans son œuvre, et en moi-même. Car être lecteur de Proust, c'est être lecteur de soi, du plus profond de soi. Là, il ne se passe rien. Je suis aussi creuse qu'une bernique, merde !
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