AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782702449462
300 pages
Éditeur : Le Masque (15/01/2020)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 128 notes)
Résumé :
Sandrine ne s'aime pas. Elle trouve son corps trop gros, son visage trop fade. Timide, mal à l'aise, elle bafouille quand on hausse la voix, reste muette durant les déjeuners entre collègues.
Mais plus rien de cela ne compte le jour où elle rencontre son homme, et qu’il lui fait une place. Une place dans sa maison, auprès de son fils, sa maison où il manque une femme. La première. Elle a disparu, elle est présumée morte, et Sandrine, discrète, aimante, recon... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  14 janvier 2020
Sandrine est une femme esseulée, profondément complexée et marquée par un corps qu'elle n'assume pas. Elle se sent moche, grosse et laide. Elle en veut à la terre entière d'enfanter des êtres plus heureux qu'elle. Laide ou méchante, il faut choisir. La solitude, l'isolement est le seul refuge pour des gens comme elle que personne ne voit, ne veut.
Lorsque Sandrine rencontre Mr. Langlois, elle tombe sous le charme de l'homme qui pleure. Qui pleure d'avoir perdu sa femme, volatilisée du jour au lendemain laissant un mari et un fils seuls sur le tapis.
Sandrine devient la deuxième femme.
Celle qui arrive après la première. L'histoire peut alors commencer. Jusqu'au jour où la première femme revient.
Difficile de dévoiler les tenants et aboutissants de ce thriller glaçant sans spolier l'histoire.
Tout se passe dans la tête de l'héroïne. Nous sommes littéralement plongés en vase clos dans sa tête. Toutes ses pensées sont disséquées au scalpel avec psychologie. Ses complexes, ses doutes, ses peurs quand la première femme revient et l'emprise de son homme sur elle.
Le roman est long mais je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. L'atmosphère est parfaitement bien rendue d'une femme en prise avec un tourbillon de pensées.
Les rebondissements tiennent surtout sur l'origine de la disparition de la première femme qui progressivement viennent rejoindre la vie de Sandrine de manière insidieuse, voire démoniaque.
Ce roman est très bien écrit et raconte l'escalade d'une femme qui voulait juste être aimée, aimer en retour, s'offrir une vie comme les autres, serré-collé au cinéma, tenir la main de son homme en rue, s'endormir et se réveiller auprès de celui qu'elle aime. Une obsession liée à une piètre confiance qui la conduira dans un labyrinthe marécageux où rôdent des monstres sans vergogne.
Même si j'ai trouvé ce roman quelque peu étouffant et anxiogène, j'en ai apprécié toute l'histoire qui maintient le suspens, véhicule un fait d'actualité sordide et trop répandu, dans une écriture claire, souvent imagée et immersive. Une bien belle surprise.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          9210
La_Bibliotheque_de_Juju
  23 janvier 2020
La deuxième femme.
Celle qui vient après.
Elle s'appelle Sandrine. Elle est cette deuxième femme.

Pourtant, pour elle, cet homme qui pleure à la télévision son épouse disparue, sera le premier. le premier à véritablement la regarder.
Jusqu'au jour où celle qui fut la première, qui aurait dû rester l'unique femme, réapparaît.
Ce roman m'a interpellé par la force de son personnage principal qui prend vie entre les pages. Une psychologie étudiée, une vérité des sentiments et une force presque hypnotique.

Tour à tour, Sandrine touche, agace le lecteur. On voudrait la bousculer, la secouer très fort. Puis, on aimerait lui prendre la main et l'aider à fuir.
J'ai aimé la façon dont Louise Mey ne fait pas d'elle une « héroïne » mais belle et bien une femme pétrie de doutes, pleine de rancoeurs envers elle-même et ce corps qu'elle n'accepte pas.

On ne peut en dire trop pour ne pas gâcher la découverte. Juste évoquer le sujet de la violence faite aux femmes, traité de façon percutante dans un style qui pourra en dérouter certains.
Nous sommes dans la tête de Sandrine. C'est viscéral et déchirant, souvent déroutant mais réellement maîtrisé.
Ce roman est dur, très dur. Si la tension monte lentement et que le début peut sembler un peu long, on se retrouve rapidement dans les mailles du filet d'une tension psychologique extrême, insoutenable.
Louise Mey crée une sensation, un étau, qui, page après page, semble se resserrer, étouffer le lecteur. On sort de cette lecture comme sonné, un peu hagard.
Une lecture choc qui m'a tenu éveillé longtemps après l'avoir terminé …

Lien : https://labibliothequedejuju..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          711
nameless
  06 avril 2020
C'est l'histoire de l'homme qui pleure et de la deuxième femme. Lui, pleurniche parce que sa première épouse n'est pas rentrée, un jour, de son jogging journalier. Les recherches n'ont rien donné, l'enquête policière non plus. Il reste seul avec son petit garçon. Elle, c'est une grosse vache, moche et conne, dont l'enfance a été humiliée par son père et qui n'a connu sur son corps en forme de débâcle que des oeillades d'hommes indifférents ou affamés. Au cours de la marche blanche organisée en l'honneur de l'évaporée, les regards de M. Langlois et de Sandrine se croisent et s'aimantent. Ils sont faits pour se rencontrer, le supposé veuf éploré et la victime dégoulinante de bonnes intentions et du désir de plaire.

Le style de Louise Mey n'est pas édulcoré, doux euphémisme, mais violent, syncopé jusqu'à asphyxier le lecteur qu'elle oblige à pénétrer dans la tête de Sandrine pour partager avec elle toutes ses pensées gravement perturbées, toutes ses interrogations, toutes ses souffrances quotidiennes, diurnes ou nocturnes, car pour de trop nombreuses femmes, le manège ne s'arrête jamais de tourner et elles gagnent le pompon a chaque nouveau tour. Publié aux Editions le Masque et étiqueté roman, La deuxième femme s'apparente par ses descriptions cliniques et ses frappes chirurgicales (au premier degré) à un document, j'ose dire à un rapport d'autopsie ante-mortem, sa lecture est éprouvante. Peu de lumière éclaire Sandrine, verrouillée, cadenassée, prisonnière, qui fait tout pour être une bonne compagne, belle-mère, femme de ménage et cuisinière.

Ca aurait pu être l'histoire d'un amour né d'une perte, ce n'est que le récit hélas banal d'une relation au sein de laquelle l'homme confond « je t'aime » et « tu m'appartiens ». Louise Mey rappelle dans une courte postface que dire : « elles n'ont qu'à partir » revient à déclarer que c'est simple, que notre système met tout en place pour aider et accompagner les femmes victimes de violences sexistes. Ce n'est pas le cas.

J'espère que ce message clair et fort parviendra à Schiappa entre deux couvertures de Match et autres enfumages qui ne calment pas, surtout depuis la claustration imposée, les cris étouffés de nombreuses victimes enfermées en compagnie de leurs bourreaux. Une lecture très dure mais nécessaire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          577
stokely
  18 mars 2020
J'ai lu avec empressement le dernier livre de Louise Mey dont j'avais adoré les Ravagés, ayant vu quelques avis sur celui-ci j'ai eu un petit peu peur par rapport au style de celui-ci, mais finalement j'ai rapidement passé outre ce détail et je me suis lancé.
Et la j'ai été complètement happé dans ce récit de la vie de Sandrine qui rencontre "l'homme qui pleure" et son fils Mathias. Sandrine va les rencontrer après la disparition de la précédente femme et va rapidement emménage avec eux.
Sandrine est une femme qui n'a pas confiance en elle et qui passe pour une femme banale au boulot elle n'a pas vraiment d'amis ni dans la vie. Nous suivons son quotidien avec Mathias le fils de Mr Langlois et celui-ci.
Rapidement via le style de Louise Mey nous nous sentons oppressé dans cette lecture, le point de vue étant celui de Sandrine, il n'y a donc pas de tiret avec le récit d'autres personnages tout est englobé dans les pensées de Sandrine. Et très vite on voit que quelque chose ne va pas en suivant ces pensées très négatives sur elle-même
Cependant la petite vie de Sandrine semble plutôt se passer normalement jusqu'au jour ou la première femme de son mari qui se nomme Caroline réapparaît et la vie de Sandrine va basculer du jour au lendemain
La tension monte alors dans le récit et cette sensation d'oppression devient de plus en plus présente jusqu'au dénouement de ce récit
Celui-ci est plutôt court en nombre de pages mais tellement intense que l'on n'en ressort pas indemne, un récit malheureusement d'actualité et qui montre bien les rouages de ces situations (je ne décrirai pas de quoi il s'agit pour laisser le lecteur découvrir ce livre)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
ValerieLacaille
  20 février 2020
C'est la première fois que je lis un roman de Louise Mey et je reconnais que sa popularité est méritée.
Ce thriller psychologique met en scène Sandrine, qui est une jeune femme timide, complexée par son corps, élevée par un père qui la traitait de « grosse vache » et qui avance dans la vie de la manière la plus discrète possible, embarrassée par son corps : « Elle a encore dû grossir, cette pensée lui coule dessus comme un souffle sur un cygne. Elle devrait se recroqueviller toute entière, paniquer, perdre pied à cette idée, mais comment faire tomber quelqu'un qui se débat déjà, à genoux, lentement et avec des gestes patauds, dans des méandres de sable mouvant ? »
Un jour, elle tombe sous le charme d'un « homme qui pleure » à la télévision parce qu'il a perdu sa femme, disparue mystérieusement alors qu'elle faisait son jogging quotidien. Sandrine va tout mettre en oeuvre pour le rencontrer, pour se rendre indispensable, elle qui ne rêve que de donner de l'amour. L'homme est sous le charme de Sandrine. Il lui fait même une place chez lui, auprès de Mathias, son fils.
Mais voilà que quelques mois plus tard, la première femme réapparaît. Elle est vivante. Elle va donc revenir auprès de son homme, auprès de son fils. Que va alors devenir Sandrine, la « deuxième femme » ?
De fil en aiguille, c'est une réalité qui n'est pas belle à voir qui va se révéler. le phénomène #Metoo a débloqué la parole des femmes victimes de violences conjugales dont l'emprise, manipulation psychologique, est une forme. L'homme positionne la femme plus bas que terre : « elle n'est pas cultivée, non, il le lui répète assez, elle vient de la crasse et elle n'a pas à péter plus haut que son cul ». C'est d'une violence inouïe...
Louise Mey utilise une narration particulière : les voix de la narratrice et du personnage de Sandrine s'entremêlent, sans indications concernant les personnages qui parlent, sans la typographie habituelle des dialogues, avec parfois des paroles relatées telles qu'elles le seraient dans le réel, avec des hésitations marquées… Cela permet au lecteur d'avoir l'impression d'entrer dans la tête de Sandrine afin de disséquer ses pensées, de comprendre son cheminement… de ressentir la violence de sa souffrance aussi... mais c'est parfois déstabilisant !
Ce qui est sûr, c'est que j'ai désormais très envie de lire les autres romans noirs de cette auteure talentueuse !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          182
Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
cabecoucabecou   30 mai 2020
Se laisser le droit d'être curieuse, décider que son attention n'était pas indigne, ridicule. Elle a lu de la même manière les livres imposés à l'école et puis ce que la bibliothécaire du lycée lui recommandait, elle n'est pas cultivée, non, il le lui répète assez, elle vient de la crasse et elle n'a pas à péter plus haut que son cul, mais elle a eu dans sa vie une légitimité à aimer les choses, à les savourer de manière simple, à ne pas s'interdire, c'était avant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
cabecoucabecou   30 mai 2020
Elle avait vu un jour une femme se retourner sur un de ces hommes qui touchaient sans demander, pour hurler MAIS POUR QUI TU TE PRENDS, J'EN AI RIEN A FOUTRE, TU T'EXCUSES ! TU T'EXCUSES MAINTENANT OU ON VA CHEZ LES FLICS ! et Sandrine avait observé la scène, bouche bée, on pouvait, elles pouvaient réagir, protester ? Elles pouvaient résister aux hordes barbares, refuser leur corps, se défendre ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
cabecoucabecou   30 mai 2020
Elle connaissait deux regards, deux regards d'homme seulement, celui qui détaille et qui rejette ; et celui qui détaille et qui a faim. L'indifférence et la menace, seulement, dans toute sa vie.
Commenter  J’apprécie          00
LadybirdyLadybirdy   13 janvier 2020
Il y avait eu cette première journée douce, celle qui revient chaque fois, celle qui sent l’éveil. Celle qui se termine par un froid de mauvais perdant mais dont l’après-midi ensoleillé rappelle à tous que le soleil est toujours là et qu’il existe un monde sans froid humide, sans bottes de pluie, sans écharpe, qu’il existe un monde de douceur.
Commenter  J’apprécie          290
LadybirdyLadybirdy   12 janvier 2020
Sandrine avait ajouté la méchanceté à la liste des choses auxquelles elle devait faire attention. Parce qu’elle savait qu’elle ne pouvait pas être méchante, on ne peut pas se permettre d’être laide et méchante.
Commenter  J’apprécie          320
Videos de Louise Mey (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louise Mey
Vous l'attendiez, voici enfin le premier épisode du tout nouveau podcast des éditions du Masque : Conversation dans le noir. Chaque jeudi, nous vous proposerons une conversation téléphonique entre éditrice et auteure à écouter sur l'ensemble de nos réseaux sociaux. Dans ce premier épisode c'est Louise Mey qui ouvre le bal avec une conversation passionnante autour des femmes, de l'écriture et du militantisme en temps de confinement. Nous vous souhaitons une bonne écoute !
Extrait lu : https://fal.cn/extraitladeuxiemefemme
Oeuvres citées : Comtesse de Ségur Les quatre filles du docteur March - Louisa May Alcott Fred Vargas Série Kay Scarpetta - Patricia Cornwell Ecriture : Mémoires d'un métier - Stephen King
CRÉDITS : Conversation dans le noir est un podcast des éditions du Masque. Réalisation : Paul Sanfourche. Générique : Longing - Joachim Karud.
+ Lire la suite
autres livres classés : féminicideVoir plus
Notre sélection Polar et thriller Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1865 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre
.. ..