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ISBN : 2265117978
Éditeur : Fleuve Editions (24/05/2018)

Note moyenne : 4/5 (sur 6 notes)
Résumé :
" Il n'avait rien de spécial. Il était le visage dans la foule, le copain, le frère, le fils, il était ordinaire et sa capacité à la haine aveugle n'en semblait que plus inquiétante. "
Francesca. Ilana. Clémentine.Des femmes comme elles, il y en a des milliers, qui prennent la parole sur les réseaux sociaux. Et de l'autre cöté de l'écran, dans l'intimmité d'une chambre ou la foule d'une rame de métro, des hommes guettent, harcèlent, menacent de viol ou de mor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
SZRAMOWO
  02 mai 2018
L'héroïne du roman de Louise Mey, Alexandra Dueso est OPJ à la BDCS, « la Brigade des crimes et délits sexuels (basée) dans le nord de Paris (et intervenant) dans toute l'agglomération ; jusqu'à la Grande Couronne et bien sûr dans tout le pays, si les services de gendarmerie (y) font appel. La BCDS intervient dans tous les cas d'agression sexuelle, de viol, de harcèlement… »
A la tête de la BDCS, le commissaire Blondeau, « un air de Droopy, la bajoue légèrement tombante et l'oeil épuisé. »
Les collègues d'Alex sont, Elise Wantz et Martin, Polaski, Fatia Favier et Clémence Audain, Aubrey, Laetitia Eliès et Sébastien Daumet, son partenaire et colmpagnon Marco Cantera.
Le préfet de police Debreuil, les tient à l'oeil.
Pour ces policiers, « Travailler aux Crimes et Délits Sexuels, c'était côtoyer au plus près la laideur de l'envie brute, là où le pouvoir et la cruauté prenaient le pas sur tout ; et les membres de la brigade avaient tendance à se serrer les uns contre les autres pour éviter la noyade. » « L'équipe de la BCDS était à l'image des murs de pierre qu'on décapait sans tendresse : il fallait creuser loin pour trouver l'apparence du neuf. »
Le lecteur se retrouve face à la même réalité que les agents de la BDCS et la lecture n'est pas toujours facile tant l'auteur apporte des éléments factuels bruts tirés d'une réalité que l'on ignore souvent :
Allemagne, Canada, États-Unis : « 61 % à 91 % des personnes prostituées interrogées avaient déjà été physiquement agressées. de 63 % à 76 % avaient déjà été violées dans l'exercice de leur activité »
« 90 % des personnes prostituées en France étaient étrangères, souvent en situation irrégulière) »
« Seuls 10 % des viols faisaient l'objet d'une plainte. »
« 67 % des viols avaient lieu au domicile de la victime ou de l'agresseur ; et 37 % étaient commis par le conjoint. »
« En France, on estimait que près de 230 femmes étaient violées chaque jour, »
« Savoir qu'on tuait les femmes pendant que la tour Eiffel clignotait sous les yeux des touristes laissait toujours à Alex une impression étrange. » 
Dans leur travail quotidien les agents de la BDCS sont confrontés aux clichés sur le viol. Les juges sont parfois « compréhensifs » avec les agresseurs :
« le problème de Groyon… enfin notre problème à nous avec le juge Groyon, c'est qu'il a visiblement décidé que le XXIe siècle était surfait. Il a dû s'arrêter en 1960, peut-être un peu avant. Quand le viol conjugal n'était pas reconnu. Quand les femmes avaient besoin de l'autorisation écrite de leur mari pour ouvrir un compte en banque.
— Il a quel âge ?
— Oh, il est pas vieux. 50 ans, par là. »
« La victime des quatre jeunes gens avait attendu son procès pendant près de trois ans. le procureur de la République venait de requérir des peines allant de huit à quinze mois de sursis. »
« — Nous parlons, encore une fois, de 355 000 atteintes sexuelles, agressions sexuelles et viols chaque année, d'un côté. de l'autre, une moyenne de 5 000 à 7 000 condamnations annuelles pour violences sexuelles. Ces chiffres proviennent du ministère de la Justice. »
Et même lors d'une conférence intitulée « les 10 mythes sur le viol », Alex remarque parmi les participants une tablée estimant « que la priorité d'une femme parlant du syndrome de sidération qui touchait les victimes de viol et du choc profond que l'agression entraînait dans leur psyché, dans la chimie même de leur cerveau, était, non pas d'être claire ou pédagogue, mais de paraître attirante. Trois hommes, deux femmes, blancs, la trentaine, rien de spécial. »
La BDCS subit le manque de moyens, « Les enregistrements d'une des caméras de surveillance dont ils demandaient en vain les images avaient pu être saisis. Tout comme les analyses de leurs prélèvements, les commissions rogatoires que demandaient Eliès et Daumet, même dûment validées par Blondeau, étaient tout en bas sur la liste des priorités »
Dans les cas de cyber harcèlement, l'hypocrisie des hébergeurs de sites et de services confine au cynisme :
« — Il faudrait une vraie modération. Des bannissements systématiques en cas de propos violents, des filtres automatiques sur certains mots-clés. Mais dans ce cas, le risque, c'est qu'une partie de tes abonnés se barre. D'où une communauté plus faible. Et une perte d'argent. Donc concrètement, le noeud du problème, c'est que ça arrange bien Allcom que les choses restent comme elles sont.
On y était. le nerf de la guerre. Des femmes harcelées d'un côté, de l'argent de l'autre. »
Au quotidien, l'accueil des femmes victimes de cyber harcèlement se résume souvent à :
« Quelqu'un vous a frappées ? Quelqu'un vous a suivies ? Quelqu'un vous a agressées ? Non, ben partez et laissez-nous bosser tranquilles, alors. »
Les pouvoirs publics ont renoncé depuis longtemps à considérer cette réalité nouvelle : « Mais au-delà de cela, Internet contribue à démocratiser et normaliser des idées dont l'expression, selon les lois françaises, relève de l'illégalité.
Car en théorie, la tenue de propos racistes, sexistes, homophobes était interdite. »
Le roman policier de Louise Mey répond aux codes du genre : personnages attachants, enquêtes à rebondissement, inspecteurs submergés par le travail qui déborde sur leur vie privée, guerre police justice, poids de la hiérarchie, pétages de plombs, tout y est et y est conforme.
Louise Mey a également fait le choix d'en faire un roman didactique, pédagogique et engagé qui reflète avec justesse le débat actuel sur la relation hommes femme mais aussi sur la façon dont notre société accueille les orientations différentes de la norme hétérosexuelle.
Dans les affaires que traite Alexandra Dueso, les agresseurs, ceux qui forment les « Hordes invisibles » « pensent sincèrement vivre dans un monde post-féministe. Pour eux, les femmes ont gagné la « guerre des sexes », et ils sont dans une sorte de… de reconquête du statut de dominant. »
Argument défendu par quelques débatteurs dont on mesure chaque jour les dégâts dans l'opinion.
Livre à lire. Auteur à découvrir.

Lien : http://desecrits.blog.lemond..
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carnetdelecture
  13 septembre 2018
Entre l'affaire Weinstein, le développement de mouvements comme les Incels, les #balancetonporc et autres #metoo, il est évident que Les hordes invisibles est particulièrement d'actualité. Mais, personnellement, je déplore le fait qu'il donne une image très négative des hommes, qui seraient tous des violeurs et frotteurs en puissance.
Pour autant, Les hordes invisibles n'est pas un roman féministe. Bien que sujet principal soit la violence à l'égard des femmes, l'auteure y aborde aussi les sévices qui touchent les homosexuels et prostitués. de mon côté, j'ai plutôt l'impression que Louise Mey a souhaiter nous ouvrir les yeux sur la violence qui nous entoure et l'influence d'Internet sur nos vies et nos modes de communication.
Lien : https://carnetdelecture1.wor..
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chevalierortega33
  21 mai 2018
Pour son troisième roman, Louise Mey nous entraîne dans la suite des Ravagées, dans le quotidien de la Brigade des Crimes et Délits Sexuels (BCDS) avec son lot de faits d'agressions d'une criante actualité. Des binômes enquêtent, traquent, recherchent coupables et victimes de vrais méchants bien tordus qui malheureusement sont tout à fait réalistes. le lecteur n'est pas épargné par les descriptions, les lectrices sont sans doute aussi d'avantage meurtries dans leur intimité par cette horreur « ordinaire ». Ils connaîtront tout de la panoplie des sévices perpétrés. Dans la seconde partie de ce thriller, nous serons confrontés aux interférences de la politique et de l'actualité criminelle, aux manques de moyens, à la justice anormalement clémente pour ce genre de crimes, sur un rythme qui s'accélère, passant du style d'un document de journalisme d'investigation à une véritable enquête policière d'aujourd'hui.
C'est un roman dérangeant car il nous interpelle sur la non-réaction des spectateurs d'agression, les différences de traitement selon le « statut » de la victime, sur les dangers d'internet et des réseaux sociaux et bien d'autres choses encore. Un roman riche entre deux genres où le suspense démarre réellement après la première moitié plutôt descriptive.
A ne pas bouder !
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Linou26
  19 mai 2018
Un engagement total contre le harcèlement envers les femmes !
Alexandra Dueso travaille à la BDCS (brigade des crimes et délits sexuels) et ai confronté quotidiennement au harcèlement envers les femmes - viols, attouchements, insultes, sifflets, frotteurs dans le métro, ... Mais lorsque Francesca, Ilana et Clementine font leur entrée dans le commissariat, c'est face à une nouvelle forme de harcèlement qu'elle va devoir faire face : les insultes sur internet ! Comment retrouver les auteurs de propos misogynes, de menaces de mort lorsqu'il s'agit de pseudos sur des forums ? Une course contre-la-montre débute pour trouver les auteurs de ces faits et les empêcher d'aller plus loin...
J'avais beaucoup aimé le premier roman de Louise Mey "Les Ravagés" et je reste conquise par celui-ci! Rythmé, documenté, Les Hordes invisibles est un thriller qui fait réfléchir et ouvrir les yeux sur les dérives de notre société et d'internet.
Du suspens et plusieurs enquêtes permettent de bien comprendre les enjeux du harcèlement dans notre société actuellement...
Et un véritable plaisir de retrouver ces personnages si attachants malgré leurs fêlures.
Une belle lecture que je vous recommande...
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Lalitote
  25 juillet 2018
Un livre coup de poing comme j'en ai rarement lu. Est-ce parce qu'il traite du vaste sujet des violences faites aux femmes qu'il m'a autant bouleversé ? Est-ce parce que ce je n'ai pas eu besoin de décodeur pour comprendre l'abréviation ITT ? Tout simplement parce que arrivée à 52 ans j'ai pu moi-même vivre certaines situations exposées dans ce roman. Un roman qui ressemble plus à un documentaire et qui n'est pas sans rappeler l'excellent film Polisse de MaÏwenn. Quand la fiction rattrape la réalité à grand coup de statistiques effrayantes. Je crois que le passage qui m'aura le plus marqué est celui du discours d'Alexandra Dueso OPJ à la BDCS,
« La Brigade des crimes et délits sexuels (basée) dans le nord de Paris (et intervenant) dans toute l'agglomération ; jusqu'à la Grande Couronne et bien sûr dans tout le pays, si les services de gendarmerie (y) font appel. La BCDS intervient dans tous les cas d'agression sexuelle, de viol, de harcèlement… »
Alexandra travaille en binôme avec Marco qui est aussi son compagnon « secret » dans la vie. Avec leurs collègues, ils enquêtent et tentent de mettre sous les verrous les grands et les petits détraqués. En lisant ce livre, nous faisons face à ce que l'humain a de plus moche, de plus répréhensible en lui, cela commence par une main au fesse dans le métro, des agressions verbales, physiques et psychologiques, propos misogynes, insultes, viols. Puis on voit apparaître sur internet des commentaires désobligeants qui vont bientôt se transformer en harcèlements et en menaces. Face à l'inertie de certains commissariats qui ne veulent même pas prendre leur plainte, trois jeunes femmes Ilana, Clémentine et Francesca, vlogueuses et journalistes vont vivre l'enfer avant d'être prisent en charge par la BDCS et une avocate de choc. Un livre qui dénonce des faits connus de tous, qui fait réfléchir et se poser des questions sur notre société, sur internet et ses dérives. Bonne lecture.

Lien : http://latelierdelitote.cana..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   30 avril 2018
« Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise.
Constitue un viol tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise. »


— Pouvez-vous décliner votre état civil ?
— Dueso, Alexandra.
— Votre fonction ?
— Je suis officier de police judiciaire à Paris.
— Vous travaillez à la BCDS, c’est cela ?
— Oui.
— Pouvez-vous expliquer aux personnes présentes dans ce tribunal aujourd’hui le rôle de cette brigade et votre fonction exacte ? J’aimerais que chacun ici comprenne bien votre travail et votre expertise.
— La BCDS est la Brigade des crimes et délits sexuels. Nous sommes basés dans le nord de Paris mais nous intervenons dans toute l’agglomération ; jusqu’à la Grande Couronne et bien sûr dans tout le pays, si les services de gendarmerie font appel à nous. La BCDS intervient dans tous les cas d’agression sexuelle, de viol, de harcèlement…
— On a beaucoup entendu parler de la BCDS l’année dernière, durant la vague d’agressions et de viols qui a frappé la France et s’est achevée avant l’été.
— C’est exact.
— Depuis combien de temps exercez-vous au sein de cette brigade ?



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rkhettaouirkhettaoui   19 juin 2018
Les femmes dictant les commentaires parlant de violer, de déchirer, de massacrer, de défoncer, de chier sur la gueule, de baiser ton cadavre, de défoncer ta gueule de pute, les inspecteurs tapotant, conscients d’être le maillon d’une chaîne immonde : de la tête, au clavier, au commentaire, à Ilana et Clémentine, puis de leurs yeux épuisés et rougis, jusqu’à leurs oreilles à eux, les flics, censés savoir, comprendre, trouver comment les protéger, enrayer le flot. Et rebelote jusqu’au clavier, pour aboutir à la fin à une accumulation, un recueil nauséabond fleurant la pourriture et la cruauté crasse.
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rkhettaouirkhettaoui   19 juin 2018
Tout viol est violent. Le viol non violent n’existe pas. Utiliser sa force physique, ne serait-ce qu’en se plaquant contre quelqu’un de moins fort ou de trop choqué pour se débattre, est une violence. Et, je ne m’étendrai pas sur la question car la talentueuse oratrice de ce matin l’a fait bien mieux que je ne pourrais le faire, l’état de choc profond qu’une agression sexuelle peut entraîner chez une victime rend malheureusement la violence superflue dans la plupart des cas.
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rkhettaouirkhettaoui   19 juin 2018
« Tout le monde sait ce qu’est un viol. » Non. 24 % des personnes interrogées lors de ce même sondage pensent qu’une fellation forcée ou une pénétration digitale ne constituent pas un viol. C’est faux. Et cela prouve une profonde méconnaissance de la loi chez près d’un Français sur quatre. En complément à notre précédent point sur le viol conjugal, ce sondage révèle également que 17 % des Français pensent que forcer sa conjointe à avoir un rapport sexuel n’est pas un viol.
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rkhettaouirkhettaoui   19 juin 2018
« Seules les femmes “se font violer”. » Non. 91 % des victimes sont, cela dit, des femmes. On estime que 7 à 10 % des viols sont donc perpétrés sur des hommes, et que l’écrasante majorité de ces viols sont commis par d’autres hommes, notamment en milieu carcéral et dans un contexte de pédophilie. 96 % des auteurs de viol sont des hommes. Vous aurez noté les guillemets. Ils sont volontaires. Une victime ne se fait pas violer. Il n’y a aucune part active à cet état de fait.
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