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Estelle Roudet (Traducteur)
EAN : 9782020977692
461 pages
Seuil (04/02/2010)
3.9/5   371 notes
Résumé :
Benny Griessel, tome 2

Le Cap. 5h36: une Américaine monte la côte de Lion's Head en courant, traquée. 5h37: l'appel réveille l'inspecteur Griessel. Il y a eu meurtre. Une femme. 7h02: Alexa Barnard découvre le cadavre de son mari volage. 9h00: Griessel comprend que former une nouvelle génération de flics risque d'être compliqué. Passé 12h00: la course contre la montre pour sauver une jeune touriste vire au cauchemar. Et à 5h30, on tire sur Griessel. T... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
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sur 371 notes
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carre
  07 août 2014
13 heures est un polar rondement mené. Des personnages plutôt bien campés, à l'image de Benny Griessel, flic brillant, ex alcoolique, qui espère bien retrouver le chemin du coeur de l'être aimé.
Deux enquêtes à résoudre en 13 heures, Benny et ces collègues ont de quoi faire, l'une d'elle consistant à mettre la main sur la jeune Rachel Anderson citoyenne américaine, avant une bande de tueurs sadiques, l'autre de découvrir le meurtrier d'un producteur de musique, dans une Afrique du Sud postapartheid, ou même si la réconciliation est en marche, la route parait encore escarpée.
Déon Meyer réussit un polar musclé, sans temps morts, l'adrénaline coule à flot dans les veines de ces personnages et dans les notre par la même occasion. Difficile de lâcher le bouquin tant le rythme est soutenu et les enquêtes passionnantes. D'une efficacité imparable. Meyer s'affirme comme un auteur incontournable de polar.
Que Meyer et son flic Benny soit bénis.
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caro64
  19 août 2011
J'ai un peu tardé à lire le dernier roman de Deon Meyer. Parce que j'avais un peu peur d'être déçue, peut-être … Et bien, contrairement à d'autres fans de cet auteur sud africain, j'ai été aussi emballée par 13 heures que par les précédents romans.
Bienvenue en Afrique du Sud. Bienvenue dans la ville du Cap qui semble au bord de l'implosion. Il est tôt, 5h36, et pourtant une femme court (on apprendra par la suite qu'elle est américaine) sur les hauteurs du Cap . Elle n'est pas la seule. Elle est poursuivie par 5 hommes qui en veulent à sa vie. 5h37, l'inspecteur Benny Griessel est réveillé par un coup de téléphone de son collègue Vusi (Vusumuzi Ndabeni) lui annonçant la découverte du cadavre d'une jeune fille retrouvée égorgée. 7h02: le corps d'Adam Barnard, grand ponte de l'industrie du disque, est découvert dans son salon par la femme de ménage ; sa femme est endormie face à lui, ivre morte, un pistolet à ses cotés. Il a reçu deux balles dans la poitrine. La journée commence, elle s'annonce longue et éprouvante. Elle va l'être. Alors qu'une course poursuite contre le temps s'engage dans les rues du Cap pour retrouver la touriste américaine, l'inspecteur Griessel se retrouve avec deux enquêtes à mener de front et très peu de moyens pour le faire. Sous ses ordres, une toute nouvelle équipe d'inspecteurs inexpérimentés originaires d'ethnies différentes. Tiraillé par l'envie de boire (cent cinquante six jours d'abstinence), obligé de jongler avec les exigences de chacun, il met toute son énergie en jeu, allant jusqu'à risquer sa vie pour sauver celle d'une inconnue.
Dynamique, rythmé, accrocheur, le dernier livre de Deon Meyer est une petite merveille d'intrigue policière. le suspens est palpable, la traque haletante. Deux enquêtes se chevauchent, se superposent, s'entremêlent tout au long de cette journée menée à un train d'enfer. Impossible de lâcher le bouquin, surtout passé la moitié quand la course contre la montre est clairement lancée. Cela paraît banal, et on peut lire la même chose dans pas mal de thrillers. Détrompez-vous, c'est du grand art, du millimétré. Avec cette trouvaille géniale de faire du protagoniste principal un "mentor" obligé de courir pendant tout le roman d'une affaire à l'autre, d'une urgence à l'autre. Je vous promets qu'on referme le bouquin aussi fatigué que Benny !
J'ai pu lire que Deon Meyer avait sacrifié le côté "sociologique" de ses romans précédents au profit d'un pur thriller. Je ne suis pas d'accord. A travers ce texte on assiste à une véritable réflexion sur l'Afrique du Sud. L'auteur observe avec précision et clarté la complexité d'un pays en pleine mutation sociale. Discrimination positive post-apartheid, adaptation des techniques policières "occidentales", réorganisation des effectifs selon les origines ethniques, pressions gouvernementales dans la résolution des affaires liées au tourisme… mais malgré cela, l'immense énergie qui se dégage des personnages tend à nous montrer une société en plein bouillonnement qui va de l'avant, qui cherche à retrouver ses marques et à se forger un avenir commun. L''aspect social est peut-être moins mis en avant que précédemment, mais il est là, bien présent. Non décidément, toujours aussi fort ce Deon Meyer.
Alors oui, juste une bonne histoire, retorse à souhaits, juste des personnages attachants, touchants dans leurs faiblesses, leurs peurs, leurs failles, mais aussi leur honneur et leur dignité. juste un contexte aussi passionnant que maîtrisé, juste un sens du rebondissement impeccable. Oui, juste. Mais beaucoup, beaucoup de plaisir.
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domi_troizarsouilles
  19 février 2022
Quel plaisir de retrouver la plume incisive et directe de Deon Meyer, dans une nouvelle (et double) enquête de son personnage récurrent qui compte le plus de tomes à son actif : l'ex-alcoolique Benny Griessel, en cours de désintoxication, et toujours profondément passionné (malgré les difficultés) par son métier de policier dans la ville du Cap, dans une Afrique du Sud post-apartheid en plein bouleversement !
L'inspecteur Benny Griessel en est à un peu plus de 5 mois de sobriété et, toujours profondément amoureux de sa femme (qui l'a littéralement « mis dehors », dans le tome précédent, pour une période de probation de 6 mois sans alcool), il espère pouvoir la reconquérir… tout en se rendant compte qu'il s'y retrouve pas si mal, dans cette vie en solo sans surveillance féminine réprobatrice constante, certes justifiée à cause de son alcoolisme, mais qui devenait pesante ; vie qui lui a permis par ailleurs de « renouer », différemment, avec ses enfants désormais jeunes adultes.
Sur ce point de départ « privé », c'est le policier Benny qui entre très vite en scène, appelé pour le meurtre d'un homme, connu dans l'industrie du disque, dont le corps a été retrouvé à son domicile par son épouse, ex-rock star devenue… alcoolique ! Parallèlement à ça, une jeune fille, qu'on identifiera très vite comme une touriste américaine, tente d'échapper à une bande de jeunes qui veulent vraisemblablement sa peau, après avoir tué sa meilleure amie – mais on ne comprend ni les tenants ni les aboutissants de l'affaire, car si Rachel (la jeune fille) cherche de l'aide ici ou là, sans grand succès, elle refuse d'appeler la police quand elle en a l'occasion, ce qui finit par la rendre bien un peu suspecte ; tandis que la tension, ce besoin de survivre dans une situation de plus en plus inextricable, une véritable course contre la montre, contre la peur et contre ses poursuivants, prend réellement le lecteur aux tripes !
Et c'est tout l'art maîtrisé de l'auteur qui se révèle ainsi, dans treize heures de la vie d'un policier, découpées en plusieurs tranches – d'où le titre, sans grand mystère. Inutile de répéter à quel point le suspense est réussi : comme dit plus haut, la tension (surtout avec Rachel) est omniprésente. L'enquête autour de ce meurtre dans le monde du disque est certes moins excitante que la chasse à la jeune fille, mais permet de mettre en scène des personnages particulièrement marquants. Car c'est là que réside l'un des formidables atouts de Deon Meyer : ses personnages sont terriblement réalistes, touchants ou au contraire détestables, avec leur physique et leur caractère esquissé en quelques mots à peine, mais tellement justes et tout simplement humains qu'on a l'impression de les voir s'animer à côté de nous. Ce sont tout à coup notre voisin, ou ce chef d'entreprise un peu hautain qu'on croise dans la rue, ou encore ce policier doué mais tellement timide qu'il faut le voir à l'oeuvre pour qu'on en prenne toute la dimension. Bref, je dis chapeau !
Tout cela se déroule avec la cerise sur le gâteau : le lecteur se demande jusqu'au bout pourquoi on a une double enquête, Benny ne cessant de passer de l'une à l'autre au gré des caprices et soudaines priorités politiques de ses supérieurs, et on se demande si les deux auraient peut-être un quelconque lien insaisissable ?... Réponse (s'il y a) dans le livre !
Sans vouloir la révéler, je noterai cependant que la chute est bien un peu décevante. Côté affaire dans le monde du disque, oui c'est assez évident au final ; mais côté Rachel, si on finit par se poser des questions qui vont dans le sens de la résolution, peu à peu au fil de l'enquête, tout le contexte que l'auteur assène un peu trop abruptement à la fin, comme tombant des nues (en tout cas aucun élément ne permettait d'en voir venir toute l'ampleur), m'a bien un peu déçue, à l'image de ces polars qui choisissent ce procédé final sorti du néant… mais c'est le seul, tout petit bémol que je peux relever après avoir tourné la dernière page de ce roman !
Pour le reste, outre la grande maîtrise de la langue, des personnages et d'une intrigue à la tension dosée tellement efficacement, c'est aussi tout ce qui « entoure » le livre qui fait son succès. Il y a des aspects liés à la lectrice que je suis, et d'autres plus « généraux » qui ne manqueront pas de toucher un large public, peu ou prou intéressés par cette Afrique du Sud du début des années 2000.
Pour ce qui me touche personnellement, il faut rappeler que Deon Meyer écrit ses livres en afrikaans. Ils sont traduits seulement ensuite en anglais d'Afrique du Sud, tandis que la version française est traduite à son tour depuis l'anglais (et pas depuis l'original afrikaans !). Cela explique sans doute pourquoi cette traduction française est émaillée de toute une série d'expressions ou morceaux de dialogues dans d'autres langes : certaines interjections en xhosa ou en zoulou (j'y reviens), mais aussi quelques petites parties sont restées dans l'original en afrikaans ! Et c'est là que ça devient touchant pour moi. Certes je ne parle absolument pas afrikaans et le sens de la plupart de ces mini-parties restées en vo m'a échappé. Cependant, ceux qui me suivent savant que j'ai des racines flamandes (ma maman) et que, comme tant d'autres petits Belges de ma génération, j'ai appris le néerlandais depuis l'enfance ; et pour ceux qui ne savent pas : le néerlandais des Pays-Bas et le flamand du nord de la Belgique sont une seule et même langue, même si les différences, à l'oral notamment, sont très marquées… Or, il se trouve que l'afrikaans est un petit frère éloigné du néerlandais, et que certains mots ou expressions sont exactement les mêmes… et évoquent entre autres ces « mots doux » que ma maman utilisait spontanément quand j'étais petite. Pour ne citer qu'un exemple : quand une femme interrogée, dans le cadre du meurtre de ce magnat du disque qui a été abattu, appelle tout à coup son compagnon « Beertje », c'est un flot de souvenirs qui remonte tout à coup ! C'est que le mot signifie littéralement « ourson », mot de genre neutre qu'une maman utilise volontiers pour son enfant… ou qu'un adulte pourrait utiliser envers son compagnon, dans un couple où c'est le premier qui porte la culotte, ce qui est bien le cas ici ! Mais comment dire ? la traduction proposée ici en note de bas de page, « Mon nounours », est sans aucun doute la plus appropriée… mais sonne encore différemment, avec plus d'acuité peut-être, dans cet original que l'on perçoit tout à coup… et bien sûr, pour moi qui suis sensible à cela, ça ajoute au plaisir général du livre !
Plus intéressant encore, c' est tout le contexte socio-politique de cette Afrique du Sud post-apartheid, mais pas idéale pour autant, que Deon Meyer présente. Ce contexte est tellement bien intégré à la trame et aux personnages de l'histoire que ce n'est jamais lourd ou ennuyeux ! Nous sommes donc désormais en 2008. Les Noirs ont retrouvé leur place justifiée et majoritaire dans tous les services publics, dont la police – qui par la même occasion a changé de nom. Les quelques « anciens » Blancs ont quitté cette police dans laquelle ils ne se reconnaissent plus, par exemple pour fonder des agences de détective – dont l'ancien ami et supérieur de Benny, qui est sur le point de rejoindre l'une de ces agences. La hiérarchie ne sachant plus trop que faire de Benny, respecté pour sa longue expérience et le nombre d'affaires résolues, mais dont l'alcoolisme a irrémédiablement entaché la carrière, l'a nommé « tuteur » pour toute une nouvelle génération d'inspecteurs, engagés selon les nouvelles lois basées sur des quotas et la discrimination positive – deux façons de procéder qui ont sans doute des bienfaits, mais qui sont aussi très discutables (comme partout !), ce que l'auteur ne cesse de dénoncer. On a ainsi une palette de personnages secondaires aussi présents qu'attachants : Vusi, jeune Xhosa timide et tellement respectueux de l'autre qu'il ose à peine adopter un ton tranchant avec les criminels ; il ne s'en révèle pas moins un précieux allié de plus en plus confiant en ses capacités. Ou bien Mbali, qui cumule les points négatifs : elle est la seule femme dans cette police encore très masculine (et mysogine), elle souffre d'obésité probablement morbide mais ne semble pas s'en soucier, et en plus elle est de l'ethnie zouloue, en passe de devenir majoritaire au sein du gouvernement, ce qui ne plaît pas à tout le monde ; mais son QI très nettement supérieur, qui lui permettra d'avoir une longueur d'avance sur tous les autres, va mener (certes indirectement) à la résolution de l'enquête. Citons encore Fransman, qui adore se victimiser : métis dans un monde qui n'a jamais vraiment laissé de place aux « sangs-mêlés », ni du temps de l'apartheid où il était trop blanc pour les Noirs, mais pas assez pour les Blancs, et le nouveau régime n'a guère changé cet état de fait, ne lui laissant pas davantage de place ni de respect, ce qui le rend particulièrement amer et nerveux, mais non moins efficace quand il apprend à se dominer…
À travers ces quelques personnages extrêmement bien typés sans jamais tomber dans la caricature, tous attachants malgré leurs défauts, l'auteur dénonce donc ce système où une pseudo-égalité reste en constante recherche d'elle-même, une illusion qui semble bien difficile à atteindre. Il ne semble pas soulever d'antagonisme sévère entre Xhosas et Zoulous (les deux ethnies principales en Afrique du Sud), mais ne manque pas de souligner que les élus des uns ou des autres favoriseront d'office « leur » ethnie, au gré des variations politiques. À côté d'eux, les Blancs devenus minoritaires doivent affronter la perte de leurs privilèges (ce que personne ne regrette vraiment) et le mépris de certains de la nouvelle classe dirigeante, avec en plus un constant complexe d'infériorité, semble-t-il, de la part des Afrikaners par rapport à tout ce qui est anglophone – ce qui ressort ici, notamment, quand Benny se sent tellement mal à l'aise d'avoir un accent afrikaans marqué quand il parle avec les parents américains de la jeune Rachel, lui qui maîtrise de toute façon assez mal, semble-t-il dire, l'anglais de son propre pays… mais après tout ce n'est pas sa langue !
Le tout fait de ce livre un polar aux multiples facettes, complètement imprégné de culture africaine inter-ethnique à travers ses personnages marquants, qui ne manque pas de relever tous les bienfaits et les limites d'un régime post-apartheid qui continue de se chercher. La double enquête est passionnante et pleine de rebondissements, faisant de ce livre qui commence comme un polar assez noir mais d'emblée prenant grâce à un dosage efficace de la tension, un véritable page-turner qu'on ne peut plus lâcher.
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babel95
  02 septembre 2022
Nous sommes dans la ville du Cap, en Afrique du Sud. de 5 h 36 à 18 h 37 - une période de 13 heures, Benny Griessel et les inspecteurs qu'il dirige vont être confrontés à deux homicides qui mettront leurs compétences à rude épreuve et leurs nerfs à vif...13 heures, l'espace d'un instant pour ces policiers, et une éternité pour deux femmes, qui vivent un véritable cauchemar....
Ce matin-là, Benny Griessel est appelé sur une scène de crime particulièrement horrible située près de l'église St Martin à Long Street ; une jeune femme a été égorgée ; les premières constatations effectuées, il doit se rendre à Tamboerskloof. Dans la bibliothèque Alexa Barnard s'est réveillée près de son mari Adam, tué de plusieurs balles de révolver. Adam Barnard est le propriétaire de la maison de disques Afrisound ; chanteuse célèbre tombée dans l'alcoolisme, Alexa ne se souvient plus de ce qui a pu se passer - et est tout de suite suspectée du crime. Nul répit pour Benny Griessel : une jeune femme, qui pourrait avoir été témoin du premier crime, est pourchassée par trois hommes qui semblent en vouloir à sa vie.
Benny Griessel doit passer d'une enquête à l'autre, alors que le temps presse. Mais comment protéger une jeune femme étrangère qui se cache pour échapper à ses poursuivants ? Comment demander des explications à une alcoolique notoire qui a sombré dans l'alcool et qui n'est plus que l'ombre d'elle-même ?
Une enquête d'autant plus difficile pour Benny Griessel, qu'il est pourchassé par ses propres démons : il est lui-même un ancien alcoolique, sa femme l'a chassé du domicile conjugal, le mettant à l'épreuve : il doit lui prouver qu'il a cessé de boire. Ses enfants, qui commencent tout juste leur vie d'adultes, lui manquent....
La lecture de Treize heures est addictive. Impossible de reposer ce roman policier au rythme si soutenu ; ses deux intrigues imbriquées nous fascinent. Nous devons aller au fond des choses.

Tandis que que Benny Griessel reconstitue peu à peu les pièces de ce puzzle à double niveau, Deon Meyer nous dépeint par petites touches une Afrique du Sud moderne. On ne parle plus d'apartheid, et pourtant les distinctions sont bien là, au sein d'une population si diverse. Deon Meyer nous décrit des femmes et des hommes qui cherchent leur place dans un monde multiculturel.
J'ai beaucoup aimé ce roman qui montre entre autres comment des inspecteurs d'origine différentes travaillent ensemble, comment les différentes langues, l'afrikaans, le Zulu, l'anglais, le Xhosa coexistent. J'ai particulièrement aimé les personnages de Mbali Kaleni, et de Pete van der Liegen... Une femme d'origine Zulu, un vieil afrikaner, à la même chaleur, à la même volonté....
Lorsque les treize heures se sont écoulées Benny Griessel peut être satisfait de constater que les affaires sont classées, il a même obtenu une promotion ! Satisfait ? Non. Sa femme vient de lui avouer qu'elle a rencontré un autre homme. Va-t-il pour autant retomber dans le piège de l'alcool ? Les rencontres faites pendant ces treize heures lui ont prouvé qu'il ne faut jamais sous-estimer ses rêves.... Et lorsque nous quittons Benny Griessel, il est en train d'offrir des fleurs à trois femmes différentes....
Un roman tonique qui donne envie de reprendre la route pour l'Afrique du Sud, de découvrir la suite des enquêtes de Benny Griessel.
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MaggyM
  21 avril 2020

Et voilà un très très bon polar. L'intrigue s'étale sur plus de 500 pages et tient en 13 heures. C'est trépidant, haletant, hyper rythmé... un vrai page turner !
A travers des chapitres très courts et des passages alternés d'une affaire à l'autre, le roman est construit autour d'une horloge de treize heures. Treize heures d'enquête pour retrouver une jeune touriste américaine pourchassée par des assassins, treize heures pour résoudre deux homicides, treize heures pour tirer son épingle du jeu politique,... treize heures très dépaysantes dans la ville cosmopolite du Cap.
Deon Meyer signe avec ce roman la deuxième aventure de l'inspecteur Griessel. L'homme, un peu désabusé, alcoolique, est attachant malgré tout. Dans une police sud-africaine aux arcanes compliqués, le lecteur sera confronté à deux meurtres distincts de quelques minutes en ce matin de novembre. Et c'est toute la complexité de la société Sud-africaine après Apartheid qui sert de toile de fond. Entre les blancs, les noirs, les métis, les zoulous, les afrikaners, les xhosas... les relations entre les individus ne sont pas simples, surtout au sein de la police.
L'auteur étant lui-même sud-africain (afrikaner), il connait le sujet et s'est très bien documenté par ailleurs. Ce qui induit que même le néophyte peut appréhender cette "civilisation" finalement peu connue des européens que nous sommes.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
babel95babel95   02 septembre 2022
Cinq heures trente-six : une fille gravit en courant la pente escarpée de Lion's Head. Sur le gravier du sentier large, le bruit de ses chaussures de course dit l'urgence. A cet instant précis où les rayons du soleil découpent sa silhouette à flanc de montagne tel un projecteur, elle est l'image même de la grâce et de l'insouciance. Sa natte brune rebondit contre son petit sac à dos. Le bleu pastel de son tee-shirt fait ressortir son cou hâlé. Vêtue d'un short en jean, elle avance à grandes foulées énergiques et rythmées, propulsée par de longues jambes. Elle personnifie la jeunesse athlétique - vigoureuse, saine, déterminée.
Jusqu'à ce qu'elle s'arrête et se retourne pour regarder par-dessus son épaule gauche. Alors l'illusion s'évanouit. Son visage respire l'angoisse. Et l'épuisement absolu.
Elle ne voit pas la beauté impressionnante de la ville dans la douce lumière du soleil levant. Ses yeux effrayés fouillent fiévreusement les hauts buissons de fynbos derrière elle, à l'affut du moindre mouvement. Elle sait qu'ils sont là, mais à quelle distance ? Sa respiration s'emballe - l'effort, le choc, la peur. C'est l'adrénaline, la redoutable nécessité de survivre, qui la pousse à repartir, à continuer, malgré ses jambes qui lui font mal, sa poitrine en feu, la fatigue d'une nuit sans sommeil et la sensation d'être perdue dans une ville insolite, un pays étranger, un continent impénétrable.
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babel95babel95   02 septembre 2022
La maison était fraîche et silencieuse...
... Un pas en avant. Le parquet grinça et elle s'arrêta. A sa gauche s'ouvrait une vaste pièce entre deux piliers tout simples : elle se pencha pour regarder. Une grande table ravissante avec un ordinateur posé dessus, pratiquement noyé entre des piles des livres et des papiers. Des étagères contre le mur, bourrées de livres, trois grandes fenêtres, dont une qui donnait sur la rue et la barrière par-dessus laquelle elle avait sauté. Un vieux tapis persan rouge, bleu et beige élimé sur le sol.
- Je suis dans la cuisine.
La voix venait d'en face, elle était apaisante, mais elle se sentit néanmoins effrayée.
Des livres. Comme chez ses parents. Elle était forcément en sécurité avec quelqu'un qui aimait les livres.
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SachenkaSachenka   17 juin 2016
Il leva les yeux. C'était une matinée parfaite. Lumineuse, avec à peine un souffle d'air, excepté une brise légère qui emportait les senteurs marines jusqu'au sommet de la montagne. Ce n'était pas une heure pour mourir.
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babel95babel95   02 septembre 2022
Assis dans sa voiture devant le distributeur de billets, il repensa aux paroles de Bill Anderson : "Que tous vos rêves se réalisent". Son seul rêve avait été qu'Anna le reprenne. Maintenant il n'avait plus rien. Juste le rêve de se saouler. Il mit le contact.
Repensa aux paroles de Fritz, au rêve de son fils. Wet & Orde.
Et à Carla, partie travailler à Londres parce qu'en revenant, elle voulait s'acheter une voiture et aller à l'université, et sous les deux rêvaient d'un père sobre.
Il éteignit le moteur.
Il repensa à Bella et à son rêve de monter sa propre affaire. A Alexa Barnard, qui avait rêvé si longtemps de devenir chanteuse. A Duncan Blake : " L'Afrique m'a tout pris, tous mes rêves"....
Et à Bill Anderson : "Que tous vos rêves se réalisent."
Il ouvrit la boîte à gants, en sortit le paquet de cigarettes et s'en alluma une. Il réfléchit. Beaucoup. Les paroles de Lize Beekman lui trottaient dans la tête. As jy vir liefde omdraai... "Si tu te tournes vers l'amour...."
Il resta assis un long moment pendant que le monde continuait à dévaler Long Street. Puis il fit demi-tour.
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caro64caro64   19 août 2011
J’écris un livre. Je me suis juré que ce serait le dernier. C’est sur la reconstruction de l’Afrique du Sud après la guerre des Boers. Je l’écris pour les gens de mon peuple, les Afrikaners. Pour qu’ils se rendent comptent qu’ils ont traversé des épreuves similaires à celles que les noirs traversent de nos jours. Eux aussi ont été opprimés, eux aussi ont été très pauvres, sans terre, écrasés. Mais ils se sont relevés grâce à la discrimination positive. Et au fait de pouvoir jouer un rôle dans l’économie. Il y a de très grands parallèles.
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Dans cet épisode, c'est Annaïk, libraire au rayon polar de Dialogues, qui nous partage ses coups de coeur de la rentrée.
Bibliographie : - le Tableau du peintre juif, de Benoît Séverac (éd. Manufacture de livres) https://www.librairiedialogues.fr/livre/20654028-le-tableau-du-peintre-juif-benoit-severac-manufacture-de-livres
- L'Or vert du Sangha, de Pierre Pouchairet (éd. Filatures) https://www.librairiedialogues.fr/livre/20911097-l-or-vert-du-sangha-pierre-pouchairet-filatures
- cupidité, de Deon Meyer (éd. Gallimard) https://www.librairiedialogues.fr/livre/21310372-cupidite-deon-meyer-gallimard
- Les Sentiers obscurs de Karachi, d'Olivier Truc (éd. Métailié) https://www.librairiedialogues.fr/livre/21362642-les-sentiers-obscurs-de-karachi-truc-anne-marie-metailie
- Obscuritas , de David Lagercrantz (éd. HarperCollins) https://www.librairiedialogues.fr/livre/21401049-obscuritas-le-nouveau-polar-nordique-de-david--david-lagercrantz-harpercollins
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