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ISBN : 2226330224
Éditeur : Albin Michel (20/08/2014)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 571 notes)
Résumé :
Roman familial, vaste fresque de l’Amérique des années 1850 à nos jours, Le Fils de Philipp Meyer, finaliste du prestigieux Prix Pulitzer 2014, est porté par trois personnages – trois
générations d’une famille texane, les McCullough – dont les voix successives tissent et explorent avec brio la part d’ombre du rêve américain.

Eli, le patriarche que l’on appelle " le Colonel " est enlevé à l’âge de onze ans par les Comanches et passera avec eux t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (159) Voir plus Ajouter une critique
Sando
  24 novembre 2014
Né en 1836, au moment où la déclaration d'indépendance arrache le Texas à la tyrannie mexicaine, Eli McCullough, dit le Colonel, va grandir dans un pays en pleine crise identitaire, où chacun lutte pour s'approprier un bout de terrain. Enlevé à treize ans par les Comanches, alors que sa famille vient d'être assassinée sous ses yeux, le jeune garçon va peu à peu s'acclimater à sa nouvelle vie jusqu'à s'intégrer complètement aux moeurs indiennes. Mais la civilisation le rappellera à elle quelques années plus tard, l'amenant à combattre ceux qui l'ont élevé et lui ont transmis son goût pour la liberté.
Reconvertit dans l'élevage, où il fait fortune, Eli donnera naissance à trois fils, dont Peter. A l'opposé de son père, Peter est un homme doux, empli de principes et guidé par un sens aigu de la justice. Malgré une vie plutôt terne, écrasée par l'ombre imposante d'un père tyrannique, Peter tentera de suivre son propre chemin, quitte à prendre une décision qui changera à jamais le destin des siens…
Enfin, il y a Jeanne-Anne, l'arrière-petite-fille d'Eli, qui tient d'une main de fer les rênes de l'entreprise familiale reconvertie dans le pétrole, laissant de côté ses sentiments afin de se faire respecter…

A travers le destin de ces trois personnages, Philip Meyer nous offre tous les ingrédients indispensables à une grande saga familiale réussie ! Chaque narrateur prend tour à tour la parole, Eli s'adressant à nous à la première personne, tandis que l'on découvre Peter à travers les vestiges de son journal intime et que Jeanne-Anne nous est dépeinte par un narrateur extérieur. Au fil du texte, chacun s'étoffe et se dévoile, témoignant, à travers son histoire, de l'évolution des mentalités et des changements de son pays.

Aux côtés des McCullough, c'est toute l'histoire du Texas de 1836 à nos jours que Philip Meyer nous raconte ! L'histoire passionnante d'une nation récente, qui s'est construit dans le sang et dans les larmes afin d'asseoir son autorité. 671 pages qui se tournent et se dévorent avec une réelle avidité tant l'écriture de l'auteur est fluide et agréable. Des personnages attachants, largement développés, que l'on prend plaisir à suivre et à voir se développer (ma préférence allant sans nul doute à Eli, l'aïeul au caractère bien trempé !). Des destins incroyables, ponctués de scènes parfois extrêmement violentes et dures, mais également de purs moments de douceur et de beauté. « le fils » est un roman ambitieux, parfaitement rythmé, riche en émotions fortes mais aussi capable d'humour. Bref, une épopée magistrale et enivrante à côté de laquelle vous auriez tort de passer !
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tynn
  19 novembre 2014
Autant en emporte le Texas... Des bisons au pétrole....
Préparez votre monture, vos bottes et votre lasso! Laissez vous entrainer dans une magistrale épopée de l'Ouest américain, dans le grand mythe de la conquête des territoires par l'"homme blanc", volant les terres aux mexicains, qui les avaient volées aux indiens, qui les avaient volées à d'autres indiens...
De 1836 (indépendance du Texas) à nos jours, la famille McCullough deviendra en quelques générations une dynastie du pétrole avec laquelle il faudra compter. Au fil du temps de son expansion, tous les moyens seront bons: meurtres, spoliations, corruptions, et conflits inter-générations internes.
De l'ancêtre, captif des indiens Comanches, à la dernière descendante, vieille dame richissime et isolée dans son ranch, c'est un roman historique régional qu'offre Philipp Meyer, aux personnages puissants, au souffle épique, aux temps pionniers des guerres indiennes, des grands élevages bovins et des prospections pétrolières.
Un récit en forme de western moderne, rendu dynamique par des chapitres courts intercalant les voix et les époques, entraînant les individus dans les grands espaces vierges, rendus exsangues de surpopulation, dans une valse effrénée de cupidité, de sauvagerie, mais aussi de culpabilité et de rédemption.
Car ascension et chute sont inévitables. On n'échappe à la morale dans toute fiction américaine!
Un roman passionnant, addictif, sur la mythologie fondatrice des Etats unis, illustrant en conséquences inévitables la mentalité actuelle du pays, forte de son bon droit, de sa supériorité, et des moyens employés pour arriver à ses fins.
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TheWind
  08 octobre 2016
Trois étoiles ? Quatre étoiles ?
Mon coeur balance...Allez ! Hop ! 4 étoiles ! Parce que tout de même c'est une sacrée fresque !
« Le Fils », pour ceux à qui ça aurait échappé, est une fresque sociale, historique et même économique qui retrace la vie d'une famille texane de 1850 jusqu'à nos jours. Véritable épopée qui fait voyager le lecteur au pays des immenses étendues sauvages des Comanches, des prairies semi-arides des vaqueros et des champs de pétroles., « Le fils » est un roman très ambitieux, qui s'égraine longuement au fil de chapitres se faisant l'écho tour à tour de trois voix.
Trois voix, trois générations, trois personnages forts qui s'entrelacent et évoquent leur passé avec authenticité et sans jamais tricher avec la réalité -âpre et abrupte-.
Et c'est sans doute cela qui a finalement freiné mon enthousiasme. La noirceur des événements, le manque d'espoir en l'âme humaine...
Car dans ce livre, personne ne sera épargné. Ni les Indiens aux moeurs sauvages et cruelles, ni les Mexicains, voleurs de terres et de bétail, ni les Blancs, qu'ils soient Confédérés ou Yankees, qui détruiront sur leur passage bien des villages Indiens et s'octroieront sans vergogne les terres texanes.
Ah ! Il est beau le rêve américain !
Bien malin celui qui parviendra à trouver son camp.
Après la lecture d'un pareil livre, je n'ai plus trop envie de jouer aux cow-boys et aux Indiens ! J'aurais bien trop peur d'y perdre des plumes, voire de retrouver ma jolie robe à crinoline en lambeaux ...et ce ne sont là que de faibles angoisses quand on voit le sort qui était réservé aux femmes.
Mais, ce roman, ce n'est pas seulement une mise à mort du mythe américain. On peut sans contexte élargir le propos à l'humanité entière. Où chaque peuple, depuis le berceau, tente de s'approprier les richesses du voisin, cherche à dominer et à prospérer. Où chaque peuple se replie sur lui-même, et écarte ceux qu'il considère comme étranger. Où chaque peuple défend les siens au détriment des autres.
Quel magnifique coup de pied dans cette satanée fourmilière que celui de Philip Meyer quand il fait de son héros, Eli le patriarche, un fils de pionnier enlevé et adopté par des Comanches, un homme dur et farouche qui ne sait même plus vraiment qui il doit venger et qui choisit finalement sans complexe de tuer quiconque se trouvera sur son passage. Simple, efficace mais primaire...
Seule, la voix de Peter, son « Fils », celui qui a donné son nom à ce roman, se verra dotée d'une prise de conscience et d'un malaise grandissant vis à vis de ce père qui n'a jamais reculé pour asseoir sa richesse.
Elle est là, la part d'humanité de ce livre, dans la voix de ce Fils renié et elle fait du bien ! Mais, il faut batailler pour la mettre au jour...Tant ce roman est dense, tant les histoires se perdent parfois avec L'Histoire, tant les destins se croisent et s'entrecroisent, si bien que j'ai eu parfois du mal à en percevoir l'essentiel.
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carre
  19 septembre 2016
Un narrateur incroyable ce Philipp Meyer !
A travers l'histoire d'une famille texane les McCullough de 1836 à nos jours, cette fresque est incroyablement addictive. Chaque jour vécu semble un luxe tant la violence est là, sous sous-jacente. Lorsqu'elle explose, c'est dans toute son horreur qu'elle est décrite. Meyer n'épargne pas ses lecteurs. Encore moins ces personnages. Mexicains, comanches, texans, la barbarie n'a pas de frontière.
C'est vrai que l'écriture de Meyer est incroyablement cinématographique, ce qui à tout pour me plaire. On a tous en mémoire des passages de films que Meyer nous rappelle avec un style ultra réaliste. Les histoires se chevauchent par chapitre interposé. Ce choix narratif est évidemment très efficace, on tourne les pages avec l'envie de retrouver Elie enlevé par les comanches très jeune devenu une icône familiale, Peter le fils homme tolérant, tout l'opposé de ce père aux milles vies et enfin Jeanne Anne la petite fille devenue une héritière richissime mais esseulée. Les tensions familiales, les drames, la réussite sociale, les histoires d'amour, la violence encore et toujours cette saga ce lit avec un plaisir énorme. 671 pages passionnantes. Ou le rêve américain regorge d'une terre rougie par le sang. En route pour le Texas, Meyer est un fameux guide.
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Annette55
  27 janvier 2015
Voici une saga impressionnante, une superbe épopée qui revisite avec force deux siècles de l'histoire du Texas, elle remonte aux sources et bouscule le mythe américain à travers le vécu mouvementé de la dynastie Mc Cullough et trois de ses membres, tout d'abord , Eli le patriarche dit " le Colonel", né le 2 mars 1836, le même jour que le Texas, un temps " où un colt à cinq coups était une arme de destruction massive". Un jour, les Comanches vont assiéger le ranch familial, ils violeront et tueront la soeur et la mére d'Eli, puis massacreront son frére Martin à coups de hache......il survivra aprés avoir été enlevé, battu, humilié, attaché à un cheval...c'est l'occasion pour l'auteur de nous plonger d'une maniére à la fois réaliste et passionnante au coeur de la culture Comanche....Eli bâtira sa légende durant la guerre de Sécession. Écrasé par son pére, Peter différent en tous points du "Colonel", " fils maudit", héritier d'un empire fera part de ses doutes dans son journal, il profitera de la révolution mexicaine pour faire un choix crucial.....
Enfin, Jeanne- Anne, arrière petite fille d' Eli et dernière héritiere , une femme capable de monter à cheval et de marquer le bétail comme ses frères......une héroïne moderne qui sauve la fortune familiale des tourments du siécle en
misant sur l'or noir....
Impossible de résumer une telle oeuvre : Indiens, Yankees,,Pionniers, Confédérés,Vaqueros, tous prennent leur part de brutalité dans cet Ouest mythique où la vie ne vaut pas grand chose : "même pas la balle qui l'a descendu...." "C'est toute l'histoire de l'humanité. de la terre au sable, du fertile au stérile , des fruits aux épices. On ne sait faire que ça "dit Eli , à la fin de sa vie...... Qui contemple la folie des hommes.....
Sous la plume de Philip Meyer, on saisit le moment de bascule pour l'Amerique lorsque les derricks poussent dans la plaine, où le pétrole jaillit au dessus des Longhorns, où l'industrie peu à peu remplace le régne de l'agriculture.....c'est comme si un monde mourait et qu'un autre renaisse de ses cendres.....un monde qui perd son lien avec le sol et la nature...." le sang qui coulait à travers les siècles pouvait bien remplir toutes les rivières et tous les océans, en dépit de l'immense boucherie , la vie demeurait....."
Le lecteur est emporté par cette fresque violente et bouleversante des bâtisseurs de l'Amerique,le côté noir et fascinant de la part d'ombre de cette histoire américaine.....un trés grand roman façon Western où tous les ingrédients sont réunis pour nous apporter un flot d'aventures et de dépaysement.....
L'auteur instille de la chair , de l'animalité et même pas mal de bestialité dans son récit sans concession, impitoyable....L'Amérique, "l' Americana "des temps premiers est comme un corps sauvage, brut que rien n'excite tant que la destruction, le meurtre et le vol...de façon plus large " le Fils " questionne le monde qui nous est laissé en héritage, avec son lot inépuisable de légendes issues de mensonges et d'héroïsme plus ou moins trompeurs....un retour aux sources où l'on côtoie cerfs à queue blanche, bisons, chevreuils, loups, renards, lynx , pumas, wapitis, scalps, arcs, pistolets mitrailleurs, haches, fusils...... Quel souffle ! Quelle puissance, plus une belle réflexion sur notre condition humaine! Ah! On ne s'ennuie pas! Philip Meyer, que je lis pour la première fois effectue un travail gigantesque à propos de l'ouest mythique et sauvage des origines à nos jours! Un immense conteur , de la belle littérature à mon sens......
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critiques presse (4)
Liberation   22 décembre 2014
Le great american novel est certes un genre flottant, mais rien à craindre : dans le doute, tout y est. Bon élève, le Fils combine fresque historique (de la guerre américano-mexicaine à l’invasion de l’Irak) et épopée familiale (trois générations tressées), rêve américain en clair-obscur et grands espaces en toile de fond. Il y a ampleur et ambition, fierté et flagellation.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeSoir   09 septembre 2014
«Le fils», de Philipp Meyer, est une saga de l?histoire du Texas, de 1850 à aujourd?hui. Magistral.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LesEchos   26 août 2014
Quand la littérature prend sa revanche sur le cinéma : avec « Le Fils », l’écrivain revisite ses classiques (« La Prisonnière du désert », « Géant »...) mais avec un regard plus tranchant, des couleurs plus vives.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LaLibreBelgique   21 août 2014
Un miroir tendu à cette Amérique qui s’imagine être une race à part
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (184) Voir plus Ajouter une citation
scoubsscoubs   06 novembre 2017
Mon père a raison. Les hommes sont faits pour être dirigés. Les pauvres préfèrent, moralement sinon physiquement, se rallier aux riches et aux puissants. Ils s'autorisent rarement à voir que leur pauvreté et la fortune de leurs voisins sont inextricablement liées car cela nécessiterait qu'ils passent à l'action, or il leur est plus facile de ne voir que ce qui les rend supérieurs à leurs autres voisins, simplement plus pauvres qu'eux.

Page 560
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Annette55Annette55   26 janvier 2015
Les petits caractères au bas du contrat étaient écrits en lettres de sang : la philosophie Comanche à l'égard des étrangers était d'une exhaustivitè quasi papale, torturer et tuer les hommes, violer et tuer les femmes, emporter les enfants et en faire des esclaves ou les adopter. Il y eut peu de gens du Vieux Monde pour accepter la proposition des Mexicains. En fait personne ne vint. Sauf des Américains. Un vrai raz- de - marée. Ils avaient des femmes et des enfants à revendre, et puis cette promesse biblique:" Au vainqueur , je ferai manger de l'arbre de vie....."
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Lilou08Lilou08   28 octobre 2014
Ça avait toujours été comme ça. On racontait l’histoire d’une belle jeune fille à qui un amant rendait visite chaque nuit (ce qui, en tant qu’hommes, nous était interdit, mais l’histoire remontait à d’autres temps) ; comme sa passion se muait peu à peu en amour, elle commença à s’interroger sur l’identité de ce galant dont elle connaissait chaque partie, mais pas le tout. À mesure que le temps passait, sa curiosité se mua en obsession, car elle voulait être avec lui de jour comme de nuit, sans plus jamais de séparation. Un soir, juste avant qu’il ne vienne à elle, elle se noircit les mains de suie de sorte à lui marquer le dos pour avoir la réponse. Au matin, lorsqu’elle se leva pour aller chercher l’eau de sa famille, elle vit l’empreinte de ses mains sur le dos de son frère préféré. Elle poussa un cri et s’enfuit de honte, et son frère, qui l’aimait plus que tout, s’enfuit après elle. Mais elle ne ralentissait pas et lui ne parvenait pas à la rattraper. Et c’est ainsi qu’ils parcoururent la terre entière, jusqu’à ce qu’elle devînt le soleil et son frère la lune, tous deux condamnés à ne partager le ciel qu’à des moments précis et à ne plus jamais pouvoir se toucher.
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GabySenseiGabySensei   04 août 2014
Pour revenir à l'assassinat de JFK, ça ne l'avait pas surprise. Il y avait alors des Texans encore vivants qui avaient vu leurs parents se faire scalper par des Indiens. La terre avait soif. Quelque chose de primitif y réclamait son dû. Au ranch, ils avaient trouvé des pointes de flèches préhistoriques. Pendant que le Christ allait au Calvaire, les Indiens Mogollons se tapaient dessus avec des haches de pierre. A l'arrivée des Espagnols, il y avait les Sumas, les Chisos et les Tobosos, les Ocanas et les Cacaxtles, les Coahuiltecans, les Comecrudos...mais savoir s'ils avaient éliminé les Mogollons ou s'ils en descendaient, mystère. Tous furent éliminés par les Apaches, éliminés à leur tour - au Texas du moins - par les Comanches. Eux-mêmes éliminés par les Américains.
Un être humain, une vie - ça méritait qu'on s'y arrête. Les Wisigoths avaient détruit les Romains avant d'être détruits par les musulmans, eux-mêmes détruits par les espagnols et les Portugais. Pas besoin d'Hitler pour comprendre qu'on était pas dans une jolie histoire.

(P502)
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ArakasiArakasi   04 février 2015
Les Comanches étaient habitués à cette incertitude, laquelle jouait à l'avantage des femmes, qui satisfaisaient ainsi leurs envies sans risquer leur statut, plus qu'à celui des hommes qui n'étaient souvent pas sûrs de savoir qui ils avaient conquis, ou s'ils n'avaient pas plutôt été conquis en couchant avec une femme qu'ils ne désiraient pas. La nuit, toutes les peaux étaient douces, les imperfections ne se voyaient pas, les dents tordues semblaient droites, tout le monde était grand et bien fait - une belle sorte de démocratie. Les femmes refusaient de dire leur nom, aussi fallait-il leur embrasser le sein, l'oreille, le menton, pour que la forme se révèle - la courbe de la hanche ou de la clavicule, la douceur du ventre, la longueur de la gorge : il fallait tout toucher. Le lendemain, on assemblait les images engrangées par les mains et la bouches en regardant les filles aller et venir au soleil et on se demandait : laquelle ?
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Vidéo de Philipp Meyer
Lors de la neuvième édition de Saint-Maur en Poche, les journalistes Jacqueline Pétroz et David Medioni recevaient l'auteur américain Christopher Bollen. L'occasion d'en savoir plus sur ses ouvrages...
Manhattan People de Christopher Bollen aux éditions Points
Joseph voulait devenir acteur, il tourne dans des spots publicitaires. Il a une femme un peu par obligation, un meilleur ami jaloux, et un secret qui le ronge : tous les hommes de sa famille sont morts à 34 ans. Alors que son propre anniversaire approche, Joseph rencontre une mystérieuse veuve. Elle insiste pour qu'il joue le rôle de son mari assassiné. Va-t-il enfin réaliser son rêve américain ?

Né en 1975, Christopher Bollen est rédacteur en chef de la mythique revue Interview fondée par Andy Warhol. Il est également critique littéraire. Manhattan People est son premier roman.
9782757861707
Long Island de Christopher Bollen aux éditions Calmann-Lévy
"Gatsby le magnifique rencontre Donna Tartt". Philipp Meyer, auteur du Fils. Orient, petite ville idyllique à la pointe de Long Island, est un lieu privilégié où le temps semble s'être arrêté. L'été, au grand dam des locaux, elle est néanmoins envahie de New-Yorkais fortunés, des artistes pour la plupart. Paul, un architecte quinquagénaire, y possède une superbe maison de famille, or l'été touchant à sa fin, il décide d'y accueillir un jeune homme turbulent, un certain Mills, orphelin en fugue au passé trouble pour qui Paul s'est pris d'affection. C'est alors que des événements curieux viennent rompre la sérénité habituelle d'Orient : le corps d'un résident est retrouvé dans la baie, puis le cadavre d'une créature animale difforme. Dans ce huis clos inquiétant, cette carte postale où tout le monde se connaît et s'épie, tous les regards se braquent aussitôt sur le seul "outsider" : Mills. Alors que d'autres morts suspectes secouent le hameau, déclenchant la psychose dans leur sillage, Beth, une autochtone de retour après quelques années à Manhattan, demande son aide à Mills pour tenter de découvrir la vérité avant que tous les habitants ne fasse de l'adolescent le coupable idéal. Entre rivalités des classes, relations paternelles ratées, vision désenchantée de Manhattan en miroir, Long Island prend la forme d'une aventure estivale tragique dans la veine de Patricia Highsmith. Une lecture à la tension folle dans un lieu isolé de tout.
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