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Sarah Gurcel (Traducteur)
EAN : 9782207260845
544 pages
Éditeur : Denoël (05/01/2010)
3.88/5   88 notes
Résumé :
À Buell, Pennsylvanie, les hauts-fourneaux sont éteints depuis belle lurette. Ce qui reste des heures glorieuses de la sidérurgie n'est que misère, délabrement, rouille.

La somptueuse et sombre nature alentour, les inquiétants paysages de gares de triage désaffectées et d'usines à l'abandon, les bars glauques où des hommes aux abois ruminent leur triste destin, tout suinte le désespoir.

A vingt ans, unis par une improbable amitié, le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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caro64
  24 mars 2013
Pennsylvanie aujourd'hui. La ville de Buell s'est éteinte avec les fermetures des hauts-fourneaux. Les habitants laissés à eux mêmes, vivent au jour le jour, gèrent leur misère, voient leurs enfants partir. Il ne reste qu'usines fantômes, paysages torturés, gens perdus. Isaac, 20 ans, grosse tête mais corps fluet, resté au pays pour s'occuper du père paralysé, décide de tenter sa chance lui aussi et de partir vers la Californie. Il entraîne son grand gaillard de copain, Poe, athlète de football raté qui ne s'est pas résolu à partir pour l'université et qui vit chez sa mère, Grace. Dans une usine désaffectée et sordide un incident fait basculer leur vie. Un SDF est retrouvé assassiné. Poe que son passé de bagarreur désigne comme idéal coupable est arrêté. Isaac choisit la fuite et part sur les routes, proie idéale des marginaux.
Dans ce premier roman puisant, qui sent la rouille, la peur, l'échec, la ruine, l'abandon, Philipp Meyer décrit une Amérique très loin des clichés de réussite ordinairement liés à l'American Dream. Construit de manière polyphonique, les voix s'entremêlent et donnent un rythme soutenu qui nous empêche de reposer le livre. Ce sont celles évidemment de Billie et Poe, les deux amis que tout oppose mais aussi de Grace, d'Henry, le père d'Isaac, de Lee, sa soeur et puis d'Harris, le chef de police chargé de l'enquête, amant de Grace. Ces personnages sont vrais, ils pleurent, ils ont mal, ils aiment. Pas de clinquant, pas de complaisance, pas de facilité dans cette partie de l'Amérique. La vie y est dure et, pour s'en sortir, il faut trimer. Mais, à l'instar de Lee, l'espoir en une vie meilleure est quand même possible. Un très bon roman noir, prenant et poignant, à lire quand il fait beau !
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spleen
  08 novembre 2015
"Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir "...
L'acier a fait la fortune de Buell en Pennsylvanie mais lorsque les hauts fourneaux se sont éteints, la ville est devenue une ville-fantôme avec ses carcasses d'usine à moitié démantelées et squattées, ses maisons abandonnées et les quelques habitants y résidant encore, au chômage .
Le but pour les lycéens finissant leur scolarité est de partir de ce coin sans avenir.
C'est ce qui aurait pu arriver à Isaac, premier de sa classe, promis à des études supérieures de prestige et à Billy Poe, son copain qui pouvait envisager une carrière de footballeur mais, Isaac a décidé de rester pour s'occuper de son père paralysé après un accident de travail et Poe a trop tergiversé pour partir à temps et est resté vivre avec sa mère .
Lors d'une tentative de départ pour la Californie, nos deux compères font dès le premier soir la mauvaise rencontre qui va décider de leur avenir et un SDF est tué.
Rapidement Billy va être arrêté alors qu'Isaac décide de reprendre la route seul, sans savoir que son copain est en prison.
Rude apprentissage pour ces jeunes hommes, car même si leur vie d'adolescent n'a pas toujours été rose, ils se retrouvent confrontés à des adultes beaucoup plus violents et sans pitié : Poe se heurte d'emblée aux bandes de la prison et Isaac ne tarde pas à se frotter à la réalité du vagabondage .
Les chapitres se suivent en enchainant les récits des deux garçons ainsi que ceux de Grace, la mère de Billy, Lee la soeur d'Isaac , Henry son père et Harris, le chef de la police et amant de Grace .
Chaque adulte porte sa vie comme un sac à dos rempli de pierres, avec ses blessures et ses combats ; la description de cette Amérique là est bien loin des clichés du rêve américain, c'est le revers que nous raconte P Meyer, ceux qui restent sur le bord du chemin , les oubliés de la crise .
La fin du roman laisse cependant un fort message d'espoir car si la génération d'adultes qui a pris de plein fouet les ravages de la récession s'en remettra difficilement , les jeunes, par contre peuvent sortir la tête de l'eau s'ils restent fidèles à leurs idéaux, forts d'une expérience qui les font basculer du monde encore protégé de l'enfance à la vraie vie des adultes.
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tynn
  10 novembre 2013
Dans les années 2000, il existe à nouveau des villes fantômes aux Etats Unis.
Dans une petite bourgade de Pennsylvanie, le déclin économique est venu avec la fermeture des usines sidérurgiques, laissant des friches industrielles de fer, de rouille et de crasse, près desquelles survivent des hommes abandonnés après chômage ou accidents de travail.
La nature est magnifique mais la ville est exsangue et ne fait plus vivre personne.
Restent dans le paysage des HLM remplis de chômeurs, des familles à bout de souffle dans des mobil-homes, des jeunes sans avenir, rageusement désenchantés et violents.
Désespérance est le sentiment immédiat à la dernière page tournée. Vies ratées, boulots minables quand ils existent, vagabondages, clochardisations, prisons, mariages explosés et histoires d' amours sans amour.
La vie des hommes est le miroir de la ruine industrielle.
Billy et Isaac ont ils un avenir dans cette déchéance généralisée, responsables par accident de la mort d'un sans-abri?
Je sors pantelante de tant de misères et de déveine. Une lecture sombre, âpre et sans lumière, malgré une intéressante réflexion sur la loyauté, pour un ami, pour une famille, pour un port d'attache, source de toutes les galères.
Et si le propos de l'auteur était de nous faire visiter une Amérique malade de sa crise économique, c'est parfaitement réussi.
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Stockard
  06 mai 2016
Bon, oui, oui, oui, je sais, on juge un livre sur ce qu'il est, pour ce qu'il est en tant qu'individu livresque à part entière et blablabla... Bref, on évite de comparer deux livres entre eux surtout quand ils n'ont rien à voir. D'accord. Mais là, c'était trop difficile. J'ai pris l'oeuvre de Philipp Meyer à l'envers et ai commencé par le Fils (comme beaucoup, non ?) alors forcément... Ben oui, voilà, j'ai comparé (houuuu !!) et Un Arrière-Goût de Rouille, il a beau être bien foutu, intéressant, creusé et tout ce qu'on veut, ben il tient pas (mais alors pas du tout) la comparaison.
C'est idiot, je sais, mais je tiens le Fils pour un livre que j'aurais même pas peur de qualifier de chef-d'oeuvre (ouais !), auquel même plus d'un an après la lecture, je pense régulièrement.
Un Arrière-Goût de Rouille, lui je suis sûre quand dans même pas trois mois, faudra que je relise la 4ème de couverture pour me rappeler de quoi il causait.
Pourtant comme je le disais, bien ficelé, personnages fouillés, personnalités propres à chacun, écriture intéressante etc... mais il manque un petit truc, un petit grain de quelque chose d'un peu plus fort dans tout ça histoire de relever un peu le plat. Parce que oui, voilà, c'est plat. Il se passe des choses, ça on peut pas le nier, mais à aucun moment on ne sent vraiment impliqué, zéro empathie, on reste toujours l'extérieur, à la fin c'est frustrant.
Mais, lot de consolation : si on suit Meyer chronologiquement, alors là, je n'aurai que 3 mots : vivement le prochain !
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encoredunoir
  07 décembre 2012
« Cent cinquante mille chômeurs, ça ne laissait pas beaucoup de place au soleil, mais ni Virgil ni elle n'avait de famille ailleurs. Il fallait de l'argent pour partir ; il fallait partir pour trouver de l'argent. L'usine était restée fermée, encore et encore, et pour finir elle avait été en grande partie démolie. Grace se rappelait quand tout Buell était venu voir les hauts-fourneaux quasi neufs de près de soixante-dix mètres, Dorothy Five et Dorothy Six, se faire dynamiter, c'était juste avant que des terroristes fassent sauter le World Trade Center. Ce n'était pas logique, mais pour elle les deux événements étaient liés. Certains endroits, certaines personnes comptaient plus que d'autres. On ne dépensait pas un clou pour reconstruire Buell ».
C'est donc à Buell, petite ville industrielle de Pennsylvanie ravagée par la crise, que vivent Isaac English et Billy Poe. Tout juste sortis de l'adolescence, les deux jeunes hommes ont choisi de rester à Buell. le surdoué Isaac pour s'occuper de son père, ancien ouvrier handicapé après un accident du travail, qui semble pourtant n'avoir que mépris à son égard ; Billy, le footballeur qui aurait pu obtenir une bourse dans une université, par une certaine propension à la procrastination, parce qu'il était aussi finalement plus simple de rester vivre aux crochets de sa mère, Grace, que de partir et risquer de ne pas être à la hauteur.
Le jour où Isaac se décide finalement à partir, avec le rêve un peu fou de rejoindre une université californienne en traversant le pays comme un hobo, dans des trains de marchandises, Billy se laisse convaincre de faire un petit bout de chemin avec lui. Mais, après seulement quelques kilomètres, avant même d'avoir quitté Buell, Isaac et Billy se retrouvent avec un cadavre sur le dos. Si Isaac choisit de poursuivre son chemin, Billy décide une fois de plus de rester même si les apparences font de lui le coupable idéal.
Dans ce roman choral alternant les points de vue d'Isaac, de Poe, mais aussi de Lee, la soeur d'Isaac qui, elle, a eu le cran – ou la lâcheté – de quitter Buell pour Yale, de Henry, le père d'Isaac, de Grace, la mère de Poe et de Harris, le chef de la police, amant de Grace, Philipp Meyer dresse le portrait d'une Amérique oubliée et abandonnée, en pleine décrépitude à la fois économique et morale.
À travers des personnages simples et complexes – des êtres humains – Meyer nous conte une histoire qui l'est tout autant, ou chacun va devoir s'arranger avec sa conscience, essayant de l'ignorer, de contourner les impératifs moraux que lui a inculqués la société – mais quelle société ? Celle qui a précipité Buell et ses habitants au fond du gouffre et fait maintenant mine de les ignorer ? –, d'aller contre sa propre nature pour devenir un peu meilleur, de faire ce qu'il croit juste même si cela doit finalement créer une autre injustice.
Au milieu des usines à l'abandon dans un paysage rongé par la rouille et la dépression – économique, morale – Un arrière-goût de rouille fait aussi émerger une forme de renouveau incarnée ici par la nature gagnant du terrain ,le retour des ours et des coyotes, mais aussi la recherche par la plupart des personnages d'une certaine rédemption qui passera aussi parfois par le sacrifice. Une manière d'illustrer par l'exemple, et avec toutes les ambigüités qui peuvent aller avec, une des citations mises en exergue du roman, d'Albert Camus : « (…) ce qu'on apprend au milieu des fléaux, qu'il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser ».

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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critiques presse (1)
Actualitte   12 mars 2013
C'est principalement cette interaction des personnages, et leurs façons de réagir aux difficultés, qui constituent l'essentiel de ce roman, très ancré dans la littérature réaliste à l'américaine, dans la lignée d'un Jack Kerouac qui n'arriverait pas à partir.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
encoredunoirencoredunoir   07 décembre 2012
Cent cinquante mille chômeurs, ça ne laissait pas beaucoup de place au soleil, mais ni Virgil ni elle n’avait de famille ailleurs. Il fallait de l’argent pour partir ; il fallait partir pour trouver de l’argent. L’usine était restée fermée, encore et encore, et pour finir elle avait été en grande partie démolie. Grace se rappelait quand tout Buell était venu voir les hauts-fourneaux quasi neufs de près de soixante-dix mètres, Dorothy Five et Dorothy Six, se faire dynamiter, c’était juste avant que des terroristes fassent sauter le World Trade Center. Ce n’était pas logique, mais pour elle les deux événements étaient liés. Certains endroits, certaines personnes comptaient plus que d’autres. On ne dépensait pas un clou pour reconstruire Buell.
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le-mange-livresle-mange-livres   17 janvier 2013
La route principale du sud de Buell quittait la rivière pour traverser une vallée encaissée, c'était une étroite voie rapide,bordée de part et d'autre d'arbres en rang serré ; hameaux désertés, stations-service abandonnées, mine de charbon épuisé au long déroulé de terrils, un infini de dunes grises et sèches sur lesquelles même les mauvaises herbes refusaient de pousser. Les nids de poule secouaient bruyamment la vieille Plymouth ; Grace pensait à Bud Harris, est-ce que ça servirait ou desservirait Billy de l'appeler ? Elle se demanda si son fils avait tué quelqu'un.
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StockardStockard   29 avril 2016
Y a-t-il jamais eu un vieux qui considère pas les jeunes comme des dégénérés ? C'est dans l'ordre des choses. On souffre de voir le monde changer sans nous.
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le-mange-livresle-mange-livres   17 janvier 2013
Vertes collines ondoyantes, lacets de rivière boueuse, étendues de forêts que seule déchirait la ville de Buell et son aciérie, elle-même une vraie petite ville avant qu'elle ferme en 1987 et soit partiellement démantelée dix ans plus tard ; elle se dressait maintenant telle une ruine antique, envahie d'herbes aux cents nœuds, de célastre grimpant et d'ailante glanduleux.
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StockardStockard   29 avril 2016
On avait beau polluer, on avait beau déforester, la nature se réparait, les arbres vivaient plus longtemps que nous et certaines pierres survivraient même à la fin du monde. Tu l'oublies, des fois – tu commences à te laisser affecter par la laideur des hommes. Peu importe, ça aussi c'était éphémère, comme le reste.
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Lors de la neuvième édition de Saint-Maur en Poche, les journalistes Jacqueline Pétroz et David Medioni recevaient l'auteur américain Christopher Bollen. L'occasion d'en savoir plus sur ses ouvrages...
Manhattan People de Christopher Bollen aux éditions Points
Joseph voulait devenir acteur, il tourne dans des spots publicitaires. Il a une femme un peu par obligation, un meilleur ami jaloux, et un secret qui le ronge : tous les hommes de sa famille sont morts à 34 ans. Alors que son propre anniversaire approche, Joseph rencontre une mystérieuse veuve. Elle insiste pour qu'il joue le rôle de son mari assassiné. Va-t-il enfin réaliser son rêve américain ?

Né en 1975, Christopher Bollen est rédacteur en chef de la mythique revue Interview fondée par Andy Warhol. Il est également critique littéraire. Manhattan People est son premier roman.
9782757861707
Long Island de Christopher Bollen aux éditions Calmann-Lévy
"Gatsby le magnifique rencontre Donna Tartt". Philipp Meyer, auteur du Fils. Orient, petite ville idyllique à la pointe de Long Island, est un lieu privilégié où le temps semble s'être arrêté. L'été, au grand dam des locaux, elle est néanmoins envahie de New-Yorkais fortunés, des artistes pour la plupart. Paul, un architecte quinquagénaire, y possède une superbe maison de famille, or l'été touchant à sa fin, il décide d'y accueillir un jeune homme turbulent, un certain Mills, orphelin en fugue au passé trouble pour qui Paul s'est pris d'affection. C'est alors que des événements curieux viennent rompre la sérénité habituelle d'Orient : le corps d'un résident est retrouvé dans la baie, puis le cadavre d'une créature animale difforme. Dans ce huis clos inquiétant, cette carte postale où tout le monde se connaît et s'épie, tous les regards se braquent aussitôt sur le seul "outsider" : Mills. Alors que d'autres morts suspectes secouent le hameau, déclenchant la psychose dans leur sillage, Beth, une autochtone de retour après quelques années à Manhattan, demande son aide à Mills pour tenter de découvrir la vérité avant que tous les habitants ne fasse de l'adolescent le coupable idéal. Entre rivalités des classes, relations paternelles ratées, vision désenchantée de Manhattan en miroir, Long Island prend la forme d'une aventure estivale tragique dans la veine de Patricia Highsmith. Une lecture à la tension folle dans un lieu isolé de tout.
9782702158890
Vous pouvez commander Manhattan People et Long Island sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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