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Jean-Jacques Pollet (Traducteur)
EAN : 9782080712264
232 pages
Flammarion (24/10/2006)
3.78/5   16 notes
Résumé :

Au tout début du XXe siècle, à Prague, un banquier connu pour ses extravagances est victime d'une violente campagne de diffamation et jeté en prison. A sa sortie, Gustav Meyrink abandonne la finance et se tourne vers la littérature : très vite, il s'impose comme l'écrivain le plus brillant de Prague. En marge de ses romans ésotériques, et notamment du célèbre Golem, il a laissé de nombreux ré... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
C'est à Prague que Gustav Meyrink situe ces récits. La ville qu'il évoque est souvent inquiétante, pleine de personnages fantomatiques ou monstrueux. Dans "La maison de l'alchimiste", la tradition occulte de Prague resurgit. Gustav Meyrink était fasciné par l'Orient, les sociétés secrètes, la psychanalyse, les techniques de suggestions, etc. Il a un goût prononcé pour le grotesque, les expérimentations bizarres, voire macabres, qui transgressent les lois du vivant. Ces récits sont souvent déconcertants, placés sur un seuil, entre l'ici-bas et l'au-delà, le passé et le présent, l'Occident et l'Orient. je n'avais lu de Meyrink que "Le Golem" et j'espère désormais approfondir cette oeuvre surprenante.
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Le recueil est divisé en quatre parties bien distinctes.

La première consiste en une sélection de nouvelles du début de sa carrière. C'est très différent de ce que je connais de lui, très orienté horreur corporelle, avec beaucoup d'insistance sur les parties du corps séparées qui continuent à vivre (la plante constituée de veines avec les yeux qui vous regardent comme fruits m'a mise mal à l'aise), et aussi beaucoup d'humour noir. Beaucoup moins orienté occultisme que ce qu'il fera plus tard, même si ça commence à se sentir dans les dernières.

La seconde partie est, elle, riche en occultisme, en mysticisme, en distinction très floue entre l'illusion et la réalité, et n'a pratiquement plus d'horreur matérielle et grotesque. Il y a des figures récurrentes de nouvelle en nouvelle, comme ce Sacroboso Haselmeyer qui est parfois juste un occultiste, parfois une figure démoniaque, ou cette secte asiatique qui aurait fondé Prague, et des détails très réels se mélangent à des délires.

La quatrième partie, elle, est une série de descriptions de Prague, la première plus satirique, les autres plus mystiques et dans la veine de la seconde partie.

La troisième... plus que des nouvelles, ce sont un plan et des extraits d'un roman que Meyrink n'a jamais fini. Les thèmes sont assez proches de ceux du reste du livre, il y a une secte asiatique, il y a un médecin qui utilise la psychanalyse pour le mal et qui a trouvé le moyen d'utiliser des stimuli qui créent des complexes chez ses patients, il y a de vieilles légendes sur une alchimiste qui aurait vécu dans une maison et son descendant qui peut réparer n'importe quelle montre, il y a un homme qui atteint l'illumination seulement quand une tache d'humidité apparaît sur son mur, qui est fou le reste du temps... je dois avouer que les images sont assez fascinantes. le plan de la façon dont il comptait les recoller a de très bonnes idées, mais aussi des passages presque décevants, et en lisant les extraits on a l'impression qu'il voulait déjà s'en écarter, qu'il a prévu mieux... argh. Je l'aurais lu. (Il faut dire que bon, un méchant dont la spécialité est le mindfuck, justifié par un mélange de science et d'occultisme...)

Par contre, ces nouvelles (en général) utilisent souvent des figures orientales comme méchants, et même si l'auteur essaie de faire en sorte que ça ne soit pas raciste (c'est montré dans un cadre "les asiatiques ont une plus grande puissance spirituelle que nous, ils peuvent faire des choses que nous n'imaginons pas, mais quand c'est corrompu par la culture occidentale et son individualisme ça devient très dangereux"), mais... soyons honnêtes, il échoue en grande partie. ^^
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Une collection d'histoires très sombres, très noires, très personnelles de l'auteur du golem. On découvre une belle amplitude de l'écriture. le dispositif dialogué de la découverte de l'horreur propre à Poe à Ray et à bien d'autres fonctionne très bien. Les descriptions sont soignées. Là où l'auteur nous surprend, c'est dans son mélange philosophico-mystique. le golem en est l'emblème. Ici on aperçoit un travail poussé sur les pensées, les traditions, du soufisme à l'indouisme, les plantes, la médecine... L'ambiance de la ville de Prague très chargée est très maîtrisée. Certes le trait est très appuyé, mais je veux bien croire que la ville de bohème soit glauque à souhait à cette époque. le roman inachevé l'alchimiste qui achève le recueil est très intéressant. On regrette qu'il soit resté en friche tant le propos interpelle. La spécificité de son écriture se déploie davantage encore. Les notes qu'il laisse à ce propos sont très intéressantes. On sent la vision, la construction et aussi le lâcher prise sur son propos. Un ouvrage très bien construit qui permet de bien découvrir l'univers de cet auteur singulier.
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Meyrink, ou l'art de mêler ésotérisme, fantastique et réalité. Ces histoires pragoises, Meyrink les écrivit pour vivre, mais aussi pour s'exercer à un type d'écriture qu'il ne quittera plus jamais.
Tout préfigure ici ses oeuvres majeures que sont le Golem ou La Nuit de Walpurgis.
Cependant, le style d'écriture est celui d'un homme qui cherche, expérimente, autant qu'il raconte. Si ses histoires sont excellentes et n'ont rien à envier aux maîtres de l'Effroi qu'étaient Poe ou Lovecraft, le style est lourd, pataud, parfois brouillon.
Et pourtant, on se surprend à apprécier, à aimer ces mots alignés de façon maladroite, et probablement peu servis par une traduction transparente qui laisse passer toutes les lourdeurs et les maladresses.
Un sentiment d'indicible malaise nous parcourt l'échine au fil des histoires, éveillant parfois une horreur poisseuse, une angoisse durable.
Avec ces histoires pragoises, nous assistons à la naissance d'un genre particulier, celui de l'ésotérisme noir.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Presque tous les hommes sont comme des tas de fumier, au plan spirituel. La propension à se mentir à soi même, entre autre, produit ce fumier. Prenons l'exemple de quelqu'un qui aide son prochain et qui en tire une satisfaction intérieure, qui se donne ainsi l'image d'une certaine noblesse d'âme: voilà ce que j'appelle se mentir à soi même, dans la mesure où aider son prochain n'est rien d'autre qu'un devoir.
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Je regarde autour de moi : il n'y a que des livres. Ils se sont multipliés, rassemblés les uns contre les autres comme les heures de ma longue vie. Vaine érudition ! Ce sont comme les barreaux d'une cage que j'ai moi-même installés tout autour de moi. Je les bénis ; ils m'ont appris ce qu'il n'est pas nécessaire de savoir, mais leur souffle délétère, asphyxiant toute vie terrestre, a donné des ailes à mon âme.
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En ce qui concerne les mots, ils ne sont pas seulement un instrument de communication entre personnes en mal de bavardage, mais quelque chose de beaucoup plus important, et également de beaucoup plus dangereux ! Ils peuvent à la fois générer et détruire, ou tout au moins créer les conditions rendant possible l'une ou l'autre de ces actions.
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Videos de Gustav Meyrink (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gustav Meyrink
Gustav Meyrink : Le Golem (France Culture / Samedi noir). Diffusion sur France Culture le 29 octobre 2016. Dans le ghetto de Prague, le parcours d’un homme amnésique se mêle aux apparitions du Golem qui sème la terreur tous les 33 ans. Traduction et adaptation : Davis Zane Mairowitz. Réalisation : Michel Sidoroff. Conseillère littéraire : Caroline Ouazana. “Le Golem” (en allemand “Der Golem”) est le premier et le plus célèbre roman de l'écrivain autrichien Gustav Meyrink, publié en 1915. Il s'agit d'un roman fantastique fortement marqué par l'influence de la Kabbale, dont l'intrigue se déroule dans le quartier juif de Prague. Le roman suit les traces d'Athanasius Pernath, un tailleur de pierres précieuses vivant dans le ghetto de Prague, qui a perdu tout souvenir de son passé. Sa vie paisible et discrète est perturbée le jour où une femme, Angelina, qu'il aurait connue quand il était enfant, l'implore de l'aider. Ainsi se trouve-t-il plongé dans une intrigue complexe au cours de laquelle il va rencontrer des personnages hauts en couleurs dont les motivations et les intentions sont aussi obscures qu'inquiétantes. Au début du récit, Pernath reçoit la visite d'un inconnu qui lui apporte un livre à restaurer, le livre “Ibbour”. Il s'agit pour Pernath du début d'une aventure initiatique, parallèle à l'intrigue principale, au cours de laquelle, guidé par l'archiviste Hillel versé dans la Kabbale, et sa fille Mirjam, il va retrouver ses souvenirs enfouis depuis des années, découvrant alors des pans ignorés de sa personnalité.
Avec :
Olivier Peigné : Pernath Sandrine Le Berre : Mirjam Audrey Meulle : Angélina Mouss Zouheyri : Laponder Thibault Vinçon : Charousek Jean-Gabriel Nordmann : Hillel François Siener : Wassertrum Jean O’Cottrell : Zwakh Daniel Krellenstein : Prokop Nina Paloma Polly : Rosina la Rouge Pierre Puy : le juge d'instruction Franck Kronovsek : le fonctionnaire Slimane Yefsah : le cocher Gérard Boucaron : le passeur Cécile Arnaud : la domestique
Et les voix de :
Zelda Perez, Gwenaëlle Simon, Élodie Vincent, Christophe Chêne et Antoine Sastre
Bruitage : Patrick Martinache. Prise de son et mixage : Bernard Lagnel. Assistance technique et montage : Manon Houssin. Assistante à la réalisation : Laure-Hélène Planchet
Sources : France Culture et Wikipedia
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