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EAN : 9782205046236
48 pages
Éditeur : Dargaud (31/07/1997)
4.05/5   89 notes
Résumé :
Alors qu'ils sont en tournée d'adieux sur un lointain système solaire, Valérian et Laureline découvrent qu'une planète plongeant du fond de l'espace s'apprête à tout détruire sur son passage. Ils partent à sa rencontre et s'aperçoivent qu'il s'agit en fait d'une planète creuse, à l'intérieur de laquelle une civilisation se livre à une guerre des sexes inexpiable. Face à face, deux cités belliqueuses aussi raffinées que cruelles.
Malka, la ville-citadelle des ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Erik35
  15 septembre 2017
PARA BELLUM !
Les missions d'un agent spatio-temporelles sont multiples. Il ne s'agit pas toujours de remonter le temps à la poursuite d'un affreux pas beau en mal de modification de l'avenir. Parfois, plus simplement, il s'agit d'accompagner les quelques centaines de colons terriens partis s'installer aux confins de la galaxie, de leur apporter aide, connaissances et soutien. Dès lors, ne reste plus - hips - qu'à inaugurer une petite - Hips ! - tournée d'ad-HIPS !-ieu , avec discours, flonflons, petits fours et cocktails à la clés (que font des colons masculins dès qu'ils sont un peu installés et qu'ils ont deux minutes ? Ils distillent de l'alcool, pardi ! Valérian en sera pour ses frais... et pas bien frais vers la fin de la petite tournée de popotes !).
Mais derrière la farce, un drame atroce s'ourdit dans le silence enténébré des étoiles : une planète folle semble se diriger à toute vitesse vers le petit système nouvellement colonisé. N'écoutant que son courage (alcoolisé), Valérian entraîne sa fidèle (et bien patiente) compagne directement vers l'objet planétaire en question.
D'apparence parfaitement stérile, des lacs phosphorescents en parcourent la surface, s'avérant être des sortes de portes d'accès à la véritable vie de cette planète totalement creuse ! L'idée peut faire sourire, mais ce serait oublier que la théorie de la terre creuse fut prise très au sérieux tout au long du XIXème siècle, qu'elle fit les beaux jours de la littérature de science-fiction débutante (on pense évidemment au roman de Jules Verne "Le Voyage au centre de la terre", qui n'est d'ailleurs pas, stricto sensu, une terre creuse... Il y eut aussi le roman assez mal ficelé d'Edgar Allan Poe, "Les Aventures d'Arthur Gordon Pym") et sera magistralement reprise par les belges Luc et François Schuiten dans la série Les Terres Creuses, une dizaine d'année après ce "Pays sans étoile", troisième album des aventures de nos deux agents spatio-temporaux. (Sans oublier quelques farfelus complotistes qui croient encore à cette théorie).
Ce qu'ils vont découvrir à l'intérieur de cette planète affolée, Zahir ?
Des nomades, les Lemm, qui suivent le cheminement d'une sorte de lune intérieure (le "soleil" n'étant autre que le noyau central incandescent de la planète) dans l'ombre de laquelle éclot une étrange matière minérale explosive, le Flogum, qu'ils savent récolter et qu'ils revendent pour survivre, mais non sans un certain cynisme.
On va aussi croiser deux peuples, vivant dans les deux seules cités de Zahir, Valsennar et Malka.
Dans la première, seuls les hommes sont admis à vivre (au bas de l'échelle) tandis que ce sont les femmes - des guerrières charpentées comme des bodybuildeurs californiens et belliciste comme des amazones mal embouchées - qui dirigent. Dans la seconde, c'est l'exact inverse : les femmes sont maintenues dans leur rôle éternel de mères couveuses et de bonnes à tout faire tandis que les dirigeants, sous l'empire d'un Prince très efféminé, sont les hommes, mais en véritables caricatures mode de drag queen et sans grand caractère.
Seulement, à force de se taper dessus sans fin (et sans réelle victoire des uns ni des autres), à force d'abuser de ce fameux Flogum, cette belle bande d'imbéciles caricaturaux a fini par déboussoler complètement leur planète. le comble c'est que, vivant dans une planète creuse, ils n'ont bien entendu aucune conscience du vide intersidéral qui les entoure, du mouvement des planètes autour de leur soleil, de l'existence de l'espace, pour résumer. C'est là que nos deux agents vont bien entendu intervenir, pour le salut espéré des planètes nouvellement colonisées...
Le tour de force de cet album réside dans le traitement de ce que l'on pourrait appeler "la guerre des sexes" et qui, au delà d'un humour gentiment potache, fait parfaitement mouche. Non seulement ce troisième album d'une série a priori destinée à la jeunesse et publié entre 1970 et 1971 fait preuve d'une assez grande originalité en matière de SF pure et de planet opera, mais il peut apparaître comme une véritable critique sociale, en des temps de paternalisme encore relativement triomphant malgré les lézardes provoquées par les révoltes, mouvements sociaux et autres manifestations étudiantes de 68 (n'oublions pas que le mouvement fut assez général dans les pays industrialisés). Mézière et Christin, qui étaient plus qu'enthousiasmés par les avancées en la matière aux USA où ils s'étaient déjà rendus, parviennent ainsi à faire passer un message pour le moins féministe (bien que les femmes y soient aussi quelque peu moquées), montrant à qui veut les entendre que rien n'appartient définitivement à un seul sexe (de préférence masculin), y compris cette chose stupide mais supposée virile qu'est la guerre. Démonstration par l'absurde, bien entendu, mais efficace.
La fin est en pur happy end, comme il se doit, mais là encore, nos deux auteurs se réservent le droit de rire de leurs petits héros de papiers ainsi que de nos petits travers (ou ceux de nos parents... Voire de nos grands parents... Bref !). le dessin de Mézière se cherche encore un peu - paradoxalement, le second album semblait plus affirmé - , mais les univers proposés sont parfaitement crédibles et certaines planches sont d'une efficacité redoutables. Mézière n'a certainement pas la patte de Giraud, l'ami tant admiré, mais son expressivité n'a cependant rien à lui envier. Quant à Christin, on se demande parfois où il va chercher toute cette fantasmagorie débridée, tant elle est riche de détails sans jamais paraître gratuite ni lassante.
Vivement la suite dans mes rayons !
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gill
  15 janvier 2013
L'astronef officiel du service spatio-temporel vient de veiller à la bonne installation de quelques centaines de colons terriens sur les quatre planètes formant avec son étoile le système solaire d'Ukbar.
A son bord, Valérian et Laureline, les deux émissaires de Galaxity, la capitale terrienne, ont entamé leur tournée d'adieu.
De discours en banquets et pots de départ, Valérian se laisse tenter par quelques petits verres et sa raison s'égare dans les vapeurs des premiers alcools extraits localement.
Lorsqu'ils parviennent, enfin, sur Ukbar IV, le buffet est déserté.
Ses astronomes viennent de repérer une planète, venue du fond de l'espace, qui fonce vers le système d'Ukbar et va provoquer sa destruction dans une collision monstrueuse.
Il est trop tard pour entamer une évacuation des colons.
Valérian et Laureline effectuent au moyen de leur vaisseau un grand saut dans l'espace-temps qui les amène au dessus de la mystérieuse planète qui poursuit toujours sa course aveugle....
C'est Mézières qui dessine et c'est Christin qui écrit, mais ce sont Christin et Mézières qui inventent, qui créent et qui rêvent ces aventures intergalactiques passionnantes.
Ce troisième volet est superbe.
Il est inventif et soigneusement réalisé.
Les personnages sont peints avec talent.
Je ne connais aucun astronome qui ne rêve de faire équipe avec la charmante Laureline pour voyager à travers l'espace, d'ailleurs je ne connais aucun astronome.
Par contre si j'étais astronome et que j'avais à choisir la personne avec laquelle je devais traverser l'espace ...
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MissG
  23 novembre 2012
Pour cette nouvelle aventure de Valérian et Laureline, direction une tournée d'adieux sur des planètes qui se termine par la découverte d'une planète creuse qui menace d'en détruire une autre car elle est instable du fait d'un conflit perpétuel entre les deux peuples l'habitant.
Ce troisième tome des aventures des agents spatio-temporels Valérian et Laureline amène de la nouveauté dans cette série.
L'humour y est beaucoup plus présent que dans les précédents, avec une Laureline essayant de raisonner un Valérian ivre : "Par l'espace ! Je comprends tes petites disparitions successives ! Tu es ivre-mort !!!", ce qui donne lieu à quelques scènes drôles au début du volume.
Et comme à son habitude, Valérian ne manquera pas de faire son macho, mais un macho sur un ton humoristique : "Le matriarcat, je ne suis pas contre ... La preuve : c'est toi qui vas nous conduire jusqu'à Galaxity ! ... Et que ça saute !".
C'est aussi la première fois qu'il est question d'un conflit et de la guerre, et que cela soit montré par les dessins et non pas seulement évoqué.
Le côté féministe de la série est également plus accentué que dans les précédents, avec là aussi une petite touche humoristique car sur cette planète instable, ce sont les femmes qui dirigent, occupent les postes les plus importants, font la guerre : "Chez nous, ici, les femmes elles défendent la civilisation ..."; tandis que les hommes sont cantonnés aux basses tâches : "Les mâles c'est inférieurs, tout le monde sait ça ! On est tout juste bons à charrier des flogums qui nous pètent au nez, à soigner les gosses ou à nettoyer la ville.".
Autant dire que les auteurs étaient en avance sur leur temps et que j'y ai vu une façon de mettre les femmes à l'honneur, toujours dans l'esprit que Laureline est un personnage qui a permis le développement et la création de personnages féminins dans l'univers de la bande dessinée de science-fiction.
Cet aspect de l'histoire est d'autant plus renforcée que la guerre qui a lieu sur cette planète creuse est tout bonnement une guerre des sexes et rien d'autre.
C'est en quelque sorte une façon de dire qu'à force de trop se bagarrer entre homme et femme cela ne génère que du chaos, c'est la première fois que je trouve une morale sous-jacente à l'histoire dans cette série.
L'autre aspect innovant et quelque peu déroutant, c'est le fait que les héros sont séparés et se retrouvent chacun dans un camp : Valérian doit défendre sa reine, Klopka, tandis que Laureline doit protéger son souverain, l'empereur Alzafrar.
Mais les deux personnages vont se prendre au jeu à tel point que Laureline va manquer de peu de tuer Valérian : "Me voici donc favorite pour avoir sauvé la vie de l'empereur !! Mais quand je pense que ça a failli me coûter celle de Valérian, j'en suis malade !", ce qui renforce au final l'attachement entre ces deux personnages.
"Le pays sans étoile" est une très bonne bande dessinée, que j'ai beaucoup apprécié de par les aspects innovants du scénario et de la dynamique de l'histoire, tout en y trouvant, comme d'habitude dans cette série, des graphismes de belle facture.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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Kassuatheth
  05 avril 2017
Je ne savais pas que ce thème de planète creuse avait déjà été exploitée. Je trouvais l'idée brillante de même que l'idée d'explosifs qui poussent comme des champignons. Pour completer le tout, une ville qui est transportée sur le dos d'un animal.
Une autre Histoire réussie avec brio.
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Ashallayne
  25 octobre 2018
Comme d'habitude, on suit Valérian et Laureline lors d'une mission visant à sauver des peuples.
Ici une planète inconnue s'apprête à pénétrer dans un système solaire et à le chambouler bien méchamment (à coup de collision et d'explosion, bien entendu).
Le couple de héros se rend donc sur cette planète et découvre qu'il s'agit d'une « planète creuse » : la vie se trouve à l'interieur de la planète ; le noyau constitue le soleil et la gravité est inversée.
Deux peuples dont j'ai oublié les noms plus ou moins tarabiscotés se font la guerre : l'un gouverné par des hommes et où les femmes ne sont que des outils, des servantes ou encore de la chair à canon, tandis que l'autre peuple (vous me voyez venir) est gouverné par des femmes, et les hommes ne sont que des moins que rien.
Il existe un troisième peuple qui fournit les deux premiers en poudre à canon (ou plutôt un équivalent, j'ai encore oublié le nom, mais il s'agit d' « implosifs » que seuls les membres de ce peuple savent extraire).
Pas de grande surprise quant au déroulement de l'histoire, mais j'ai bien apprécié les valeurs transmises par l'auteur.
On y voit une revendication de l'egalite des sexes tant le sexisme présenté ici, poussé à l'extrême, paraît ridicule.
Mais l'auteur aborde aussi deux autres thèmes importants.
Le premier qui est celui de la responsabilité d'un acteur économique sur la situation politique dans un autre pays. Vendre des armes à tel ou tel pays sans considérer au préalable les conséquences politiques et morales d'un tel marché est purement irresponsable.
Que ce soit des armes ou des connaissances ou encore des technologies d'espionnage ou que sais-je d'ailleurs.
Le système économique tel qu'il est, fondé sur la recherche et la maximisation du profit au détriment du reste (les gens et plus généralement l'environnement et la planète), est dépassé et dégénéré.
L'autre thème, peut-être moins mis en avant, concerne les diktats de la beauté.
Le peuple dirigé par les femmes a des critères de beauté bien différents de l'image de la femme fine, maquillée et délicate. Eux, ils aiment les femmes fortes, costauds, imposantes, musclées.
Une petite pique de la part de l'auteur envers notre société, que j'ai bien appréciée.
Je ne sais pas si je lirai la suite. Je trouve les schémas assez répétitifs, les résolutions sont plutôt faciles et prévisibles. Mais je salue l'auteur pour les valeurs qu'il transmet dans ses BD, et peut-être me laisserais-je embarquer dans la suite des aventures de Valérian et Laureline.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
beauscoopbeauscoop   21 janvier 2018
- après les batailles, si t'en réchappes, on t'expédie au palais de la suprême féminité pour une séance de procréation.
Y parait que c'est pire que tout ...

- Les mâles, c'est des êtres inférieurs, tout le monde sait çà !
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PavlikPavlik   13 mai 2021
Laureline au harem ! Nouvel épisode d'une vie grandiose d'agent spatio-temporel de sexe féminin ! Mon petit Valerian...si je pouvais seulement t'appeler pour te dire ce que je pense de toi et de tes semblables !
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NioNio   19 novembre 2017
Mais... Cette flotte... ces armes... ce sont des femmes qui les font marcher !?...
_ D'où viens-tu donc cervelle d'oiseau ? La guerre c'est violent...salissant... brutal même... Bon pour les femmes....
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MissGMissG   23 novembre 2012
Me voici donc favorite pour avoir sauvé la vie de l'empereur !! Mais quand je pense que ça a failli me coûter celle de Valérian, j'en suis malade !
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Erik35Erik35   15 septembre 2017
- Ah ! Mon beau palais !! Booouuuuhhh !

- Ne pleurez pas mon Prince ! Vos troupes ont percé aussi et elles doivent être en train de bombarder Malka.
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Videos de Jean-Claude Mézières (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Claude Mézières
En février 2021, le SoBD se digitalise et s'installe à la BPI du Centre Georges Pompidou pour 4 heures de programmation consacrées à la bande dessinée. Invité principal : Jean-Claude Mézières, créateur aux côtés du scénariste Pierre Christin de la célèbre série de science-fiction Valérian et Laureline. Questionné par la journaliste Sonia Deschamps (00:00), il revient longuement sur son parcours et sur l'influence visuelle qu'il a pu avoir sur certains grands films (La Guerre des étoiles, le 5e élément). Trois commentaires de planches du dessinateur viennent s'intercaler durant l'entretien. Ils sont menés successivement par Harry Morgan (00:26:15), Jeanne Puchol (00:54:26) et Philippe Morin (01:15:15), et font l'objet d'échanges avec Jean-Claude Mézières.
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