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ISBN : 2205046519
Éditeur : Dargaud (22/04/1998)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 69 notes)
Résumé :

Mézières et Christin ont été parmi les tout premiers à aborder ce que l'on n'appelait pas encore l'écologie politique. Bienvenue sur Alflolol, publié en 1972, est l'album où ils posent le plus directement des questions encore aujourd'hui d'une actualité brûlante : jusqu'où peut-on mettre en péril une planète au nom de la rentabilité industrielle ? L'obsession productiviste ne dé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Erik35
  25 octobre 2017
POUR LA DÉFENSE DES MINORITÉS AUTOCHTONES.
Sur Technorog, tout est dédié à l'hyper-production, à l'industrie, au mercantilisme et tout ce que cette planète d'apparence inhabité compte de ressources, de gisements est systématiquement, consciencieusement exploité. La race de colons, d'explorateurs qui vivent sur une telle terre est à la hauteur d'un tel filon : ingénieurs, capitaines d'industrie, ouvriers hyper-qualifiés, ces hommes ne pensent qu'à une chose, n'ont qu'un seul et unique but : travailler et encore travailler pour rentabiliser toujours un peu plus la mise en coupe réglée de cette planète-filon.
Hélas, après un trajet spatial d'environ quatre millénaires, les habitants originaires de ce qu'ils nomment "Alflolol" ont décidé de rentrer au bercail. Hélas, car ils vont tout autant tomber sur cet os industrieux (et peu enclin à la commisération, à la tolérance, à l'humanité) que nos laborieux terriens vont se sentir d'abord débordés par ces indigènes momentanément absents puis comprendre ce retour parfaitement légitime comme un sérieux problème, une entrave aux courbes de croissance et de production.
Très vite, nos deux héros vont se trouver confronté à des choix terriblement cornéliens : d'une part, leur grande empathie pour ces "habitants premiers" les engage à en prendre la défense - d'autant qu'ils sont parfaitement débonnaires, pacifiques pour ne pas dire pacifistes, et désintéressés, pour peu qu'on les laisse regagner leurs logements délaissés depuis si longtemps et reprendre leurs habitudes respectueuses de leur environnement de chasseur-cueilleurs. D'autre part, si des lois oblige les colons à respecter les primo-habitants, la colonie est installée depuis déjà deux siècles et ne pouvait en aucun cas prévoir le retour de ces drôles de paroissiens. Les frictions sont inévitables, des perdants à prévoir. Dans un premier temps, Valérian et Laureline prennent inconditionnellement la défense de ces sympathiques géants, doués de pouvoirs souvent étranges mais dont il ne se servent jamais que dans de bonnes intentions ou, au pire, comme armes strictement subversives mais non-létales.
Peu à peu cependant, nos deux aventuriers vont suivre deux stratégies proprement irréconciliables. Lauréline va prendre fait et cause - jusqu'à risquer un certain manichéisme - pour Argol et ses compatriotes tandis que la position plus intermédiaire de Valérian va lui faire, finalement, avaler pas mal de couleuvres émanant des responsables terriens de Technorog, lesquels vont littéralement parquer nos alfloliens - toute similitude avec le drame des indiens d'Amérique n'est évidemment pas fortuite - jusqu'à leur imposer un travail digne du pire taylorisme en contrepartie d'une indigeste contribution terrienne à la survie de ces malheureux gargantuas.
Considéré comme l'un des meilleurs album de la série des Valérian, Bienvenue sur Alflolol est très probablement l'un des plus politiques, l'un des plus contestataires et séditieux, remettant tout à la fois en cause le monde capitaliste, destructeur de monde, de nature, d'environnement et insupportablement dévoué à la seule "valeur" travail, ainsi qu'aux dividendes qui peuvent en découler, et remettant en perspective des drames humains, pour ne pas écrire des génocides, tels que le vécurent les indiens d'Amérique (les "Native american" comme on l'exprime là-bas), mais tels que le vécurent de nombreux peuples "premiers" à travers le monde, en partie sous la houlette et la pression constante de notre occident besogneux, industrieux et expansif à l'idéologie malheureusement reprise par toutes les grandes nations à travers le monde désormais. (C'est ainsi que nous perdons, par exemple, l'équivalent d'un pays comme la Nouvelle-Zélande en forêt, chaque année...)
Alors, bien entendu, on pourra trouver Laureline trop définitive, trop blanc ou noir, excessive, partiellement intolérante dans son discours et ses reproches à un Valérian qui, à force de vouloir comprendre les uns et les autres, à force de concessions, de supposée voie médiane et, malheureusement, s'accomplissant finalement au détriment des uns face aux autres, fini par ne plus se faire que des ennemis : pas assez conquérant, trop mou, pour les terriens et franchement traître à la cause de la justice pour les seconds. L'ouvrage date de 1972, tandis que nous sommes sur la fin de ces fameuses "Trente-Glorieuses", que le premier choc pétrolier n'a pas encore eu lieu, que l'écologie politique est presque parfaitement inaudible, qu'il faudra encore attendre deux ans pour qu'un "écologiste", René Dumont, se présente à la présidentielle dans notre pays, pour un résultat électoral d'ailleurs dérisoire.
Il n'a cependant pas pris beaucoup de ride face aux enjeux actuels où il semble qu'il s'agit rien moins que de sauver notre planète. Pierre Christin et Jean-Clude Mézières ont très tôt su sentir, pressentir les grands défis que notre humanité productiviste aurait à relever. Il ne semble pas encore acquis, quarante-cinq ans plus tard, que le message soit parfaitement entré dans les esprits. du moins, et c'est d'ailleurs ce qu'ils présentent lorsque l'on regarde d'un peu plus près ce que pense les dirigeants de cette terre inventée, conjecturent-ils que nos élites auraient le plus grand mal à "changer de logiciel" ainsi qu'on l'exprime aujourd'hui.
Quant au dessin de Jean-Claude Mézière, il est, plus que jamais, et à condition de ne pas être trop désappointé les codes de l'époque, parfait, incroyable, d'une richesse et d'une imagination sidérante dans ce planet opéra grave et drôle tout à la fois.
A le relire plusieurs fois, on comprend aisément qu'il soit parmi les must de la BD de Science Fiction de cette époque de pionniers !
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MissG
  24 novembre 2012
Alors que Valérian et Laureline sont sur le point de quitter la planète Technorog, riche en métaux précieux et exploitée de façon industrielle au profit de Galaxity, ils viennent en secours à un vaisseau en difficulté tandis que Laureline tombe dans une forme de coma et est auto-guidée jusqu'à un vaisseau : "Cette fille a l'art de se mettre dans des situations incroyables !".
Sans le savoir, ils viennent de rencontrer les Alflololiens, premiers habitants d'Alflolol, l'actuelle Technorog.
Valérian alerte aussitôt Technorog : "Les anciens habitants de Technorog sont de retour !! [...] Les Alflololiens, c'est ainsi qu'ils s'appellent, sont partis faire un tour, voilà tout !", ils sont partis pour un voyage de quelques milliers d'années et au retour, ils retrouvent une planète totalement chamboulée.
Ce quatrième volume des aventures de Valérian et Laureline, agents spatio-temporel, continue à prendre le virage amorcé dans le précédent opus.
Il n'est plus seulement question de politique, car les terriens de Technorog ne sont pas décidés à respecter le code galactique et à laisser la planète à ses habitants originels, bien trop intéressés par les richesses du sous-sol de la planète, mais aussi d'écologie, car les Alflololiens retrouvent une planète qu'ils ne reconnaissent plus, défigurée par les technologies pour extraire les métaux précieux et par l'industrialisation excessive qui s'y est développée.
Les Alflololiens sont un peuple pacifique, mais ils ne sont pas non plus trop portés sur le travail, contrairement aux terriens présents sur Technorog qui ne jurent que par le travail acharné.
Leurs territoires ont été saccagés, ils se retrouvent parqués dans l'endroit le plus hostile de la planète, leur écosystème a bien changé et leurs territoires de chasse n'existent plus.
Voilà un propos en avance son temps lorsqu'on le replace à l'époque où a été écrite la bande dessinée mais qui est de nos jours d'actualité.
Ce quatrième opus soulève pour chaque lecteur des questions qui sont aujourd'hui d'une actualité brûlante : quel est le sens du travail et quel sens veut-on lui donner ? Faut-il massacrer les écosystèmes pour assouvir notre soif de production et de rentabilité industrielle ? Quel droit avons-nous de déplacer des populations et de s'approprier leurs territoires car ceux-ci renferment des richesses dans leur sous-sol ?
La fin n'est d'ailleurs pas surprenante, déçus et dépités les Alflololiens préfèrent abandonner leur planète dans laquelle ils ne se retrouvent plus : "Libres sur Alflolol ! Libres sur une planète pareille ! Décidément mon pauvre Valérian, tu n'as rien compris ! Ils sont tous partis parce qu'ils n'en veulent plus de leur planète et si nous sommes restés c'est parce qu'Argol et les siens n'ont plus de vaisseau ... [...] A ta manière tu as fait ce que tu pouvais ... mais c'était la mauvaise manière, voilà tout ...".
Et dans ce quatrième volume, Valérian est systématiquement à côté de la plaque, il prend les mauvaises décisions à tel point qu'il finit par s'attirer l'indifférence de Laureline : "Tu le connais toi celui là mon goumoun ?", qui lui préfère la compagnie d'Argol et de sa famille, et surtout de leur animal de compagnie, le goumoun : "Nous on est en pleine forme, hein, mon goumoun adoré ? Hein, mon gros sauveur ? ...".
Il faut bien reconnaître que le goumoun est mignon et fort sympathique, si ce n'est qu'il n'a tendance à détruire tout ce qui ne lui plaît pas. Il arrive même à rendre jaloux Valérian : "Décidément, elle m'énerve avec son goumoun !", ce qui donne une petite touche d'humour à l'ensemble.
L'humour est aussi apporté par l'opposition entre Valérian et Laureline, celle-ci ayant une forte propension dans cette aventure à s'attirer la compagnie des monstres : "Incroyable ! Elle va encore se faire embarquer par un monstre ! Ca devient une habitude !", avec toujours le côté féministe du personnage de Laureline : "Oui ! N'empêche que c'est encore moi qui ai écopé ! Pourquoi pas toi, hein ? ...Même la faune de l'espace est mysogine ...".
Et puis la famille d'Argol est joyeuse et insouciante, ce qui contraste avec le sérieux des terriens sur Technorog et donne lieu à des scènes joyeusement drôles et enlevées.
"Bienvenue sur Alflolol", quatrième volume de la série Valérian et Laureline, est toujours constitué d'un bon scénario et de très beaux dessins, mais ce que j'ai sans doute le plus apprécié, c'est la dimension d'écologie politique que les auteurs ont donné au scénario et les questions soulevées, d'autant qu'elles sont actuellement au coeur de l'actualité et qu'elles ne laissent personne indifférent, que ce soit de nos jours ou entre nos agents spatio-temporel préférés : Valérian et Laureline.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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HORUSFONCK
  12 juillet 2017
J' aurais volontiers rajouté deux étoiles de plus à ce bijoux de space opéra, tellement ce récit est drôle et grave à la fois.
Mais les Alflololiens sont tellement gentils et subversifs!... Et Laureline les comprends tellement bien, elle qui vient du moyen âge terrien!
Subversifs... seulement par rapport aux normes de l'empire galactique terrien et du gouverneur-technocrate de Technorog (pardon: Alflolol)...
Car, dans l'hebdomadaire Pilote du début des années 70, le lecteur est choyé!
Et cette aventure alflololienne, incite à réfléchir sur les droits d'un peuple à disposer de ses terres, à ne pas travailler...bref à être heureux.
L' album n'a pas pris une ride, fort d' un scénario excellent et d' un dessin somptueux, et se lit ou se relit avec grand plaisir.
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beauscoop
  24 janvier 2018
Une gentille petite histoire sympathique. On retiendra le côté écologique qui montre comment une planète peut être facilement détruite par une exploitation débridée, tout comme une population d'autochtones peut se voir expulser de son territoire historique. L'auteur a intelligemment utilisé beaucoup de bon humour.
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Kabuto
  07 juin 2015
Au cours d'une banale inspection sur Technorog - le fleuron de l'industrie de Galaxity – Valérian et Laureline rencontreront le peuple autochtone de la planète et seront amenés à aider ce dernier contre la puissante organisation terrienne. Alors que la fantasque Laureline prendra immédiatement parti pour ces extraterrestres pacifiques, Valérian sera plus circonspect sur l'attitude à tenir et tentera de ménager la chèvre et le chou. Cela le mettra dans une position inconfortable vis-à-vis de ses supérieurs et de sa petite chérie. le parallèle avec le sort des Amérindiens est flagrant et c'est ce qui donne le ton de cet album plus politique que d'habitude mais moins dépaysant que les autres aventures du couple. J'ai quand même apprécié cet épisode qui reste quand même très amusant.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   25 octobre 2017
- Vous êtes fous ! Vos affaires ne les intéressent pas ! Laissez-les donc...

- Jeune fille vous êtes un esprit subversif ! Mais vous Valérian, vous comprenez que le potentiel de Technorog est en jeu, n'est-ce pas ? Technorog est une planète industrielle, pas un camp d'aventuriers. C'est d'ailleurs pourquoi nous manquons de gens comme vous et que vous allez mener cette expédition...

- Moi ?... Euh, vous savez...
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beauscoopbeauscoop   24 janvier 2018
-Dites-moi plutôt, vous qui êtes en contact avec les autres complexes industriels de Technorog ...

où en est-on ailleurs ?...

- Terrible partout ! à l'usine d'armes atomiques ils n'arrivent plus à produire que des couteaux à virole...

- ...et au centre biologique, ils ont tous le rhume des foins ...
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MissGMissG   24 novembre 2012
Libres sur Alflolol ! Libres sur une planète pareille ! Décidément mon pauvre Valérian, tu n'as rien compris ! Ils sont tous partis parce qu'ils n'en veulent plus de leur planète et si nous sommes restés c'est parce qu'Argol et les siens n'ont plus de vaisseau ... [...] A ta manière tu as fait ce que tu pouvais ... mais c'était la mauvaise manière, voilà tout ...
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HORUSFONCKHORUSFONCK   21 septembre 2016
MA PETITE LAURELINE!
Qu'est-ce qu'il s'est passé?

VALÈRIAN! C'est étrange, j'ai ressenti comme un appel, un cri de désespoir...
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MissGMissG   24 novembre 2012
Les anciens habitants de Technorog sont de retour !! [...] Les Alflololiens, c'est ainsi qu'ils s'appellent, sont partis faire un tour, voilà tout !
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Vidéo de Jean-Claude Mézières
Extrait de la rencontre avec Jean-Claude Mézières aux Utopiales 2017.
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