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ISBN : 2246854148
Éditeur : Grasset (17/08/2016)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 99 notes)
Résumé :
De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s’adressent successivement au même homme : sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu’il l’aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu’il n’en est pas épris, sa sœur enfin.
À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d’un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  17 décembre 2016

C'est un crève-coeur de d'avouer , par honnêteté , que l'on a pas été emballé par un roman qui de toute évidence , possède des qualités irréfutables: une très belle écriture, lyrique, poétique, recherchée (trop recherchée ?: le travail transparaît parfois au décours d'une métaphore qui évite une fois de plus d'appeler les choses par leur nom), une analyse méticuleuse et plutôt originale du sort des femmes africaines contemporaines , de l'évolution culturelle de ce continent, des relations avec les nations plus septentrionales, celles des « leucodermes ».
Tout cela est indéniable. Mais j'y vois une Afrique qui cache ses blessures, ses ecchymoses sous des vêtements du dimanche : les histoires sordides et banales d'adultère et de violence conjugales sont transfigurées par un lexique pointu et souvent abscons (et ce d'autant que j'ai découvert après avoir tourné la dernière page qu'une partie des termes utilisés était réunie dans un lexique : il eut été sage de la part de l'éditeur d'en mentionner l'existence dans les premières pages, d'autant que le dictionnaire intégré de la version numérique n'est d'aucun secours, les termes obscurs n'ont pas leur place dans un dictionnaire de base, et il est impossible de quitter sans cesse le récit, déjà compliqué, pour de telles recherches).
Le résultat est que l'on met un certain temps à savoir où l'auteur nous emmène, à comprendre qui nous fait part de ses confidences, puis de faire le lien. Pour corser le travail, les quatre narratrices ont plusieurs noms.

C'est donc une lecture exigente, qui mérite sûrement une deuxième approche, et d'y passer du temps (encore plus de temps : plus d'une semaine pour 288 pages, ce n'est pas de la gloutonnerie!).
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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DOMS
  18 août 2016
Il y a une richesse infinie de vocabulaire, de savoir, d'histoire et d'érudition, de connaissance des traditions intellectuelles et spirituelles de ces contrées dans tous les textes de Léonora Miano. Ils deviennent des contes et des paraboles dits par ses différents personnages.
Nous sommes en Afrique subsaharienne, région chère au coeur de Léonora Miano qui y situe une grande partie de son oeuvre. Quatre femmes s'adressent à un même homme, il est absent et elles ne sont ni avec lui ni ensemble. A partir d'un même événement, chacune va remonter le fil de son existence aux côtés de cet homme. Sa mère tout d'abord, puis la femme qu'il a quitté parce qu'il en était amoureux mais ne savait pas l'assumer, ensuite la femme avec qui il voulait se marier sans pour autant en être amoureux, et enfin sa soeur. Ces différents monologues seront pour l'auteur prétexte à expliquer sa vision de la famille, de la société, de l'histoire.
Chacune à son tour, ces quatre femmes expriment leur éveil ou leur exigence du respect des traditions, de ces coutumes qui construisent un peuple, qui forcent le respect, qui en imposent. Chacune de ces femmes se doit d'être « une tacticienne, un monument de ruse, une femme comme les aime la société ». Il ne fait pas bon être « des femmes sans généalogie, descendantes d'esclave ! » car on ne peut alors pas être acceptée dans les familles.
Dans le vocabulaire utilisé par ces femmes tout au long du roman, on retrouve la passion et les convictions de l'auteur. Quand elle parle du Nord, et donc de l'Europe, l'une d'entre-elles parle de ces pays habités par les populations « leucodermes » en regard de celles issues des Kémites, refusant l'appellation de « noirs », qui pour elle ne veut rien dire compte tenu des multiples différences de teintes qu'il peut y avoir dans les diverses populations africaines. Les références à Aset nous ramènent à Isis, aux pharaons noirs qui peuplaient la côte est de l'Afrique et aux sources des croyances égyptiennes.
Léonora Miano décrypte les travers et les poncifs des différentes religions qui imposent leurs dictats, ordonnés par les hommes et imposés en particulier aux femmes pour les asservir. Son écriture est révélatrice d'un combat pour faire retrouver ses racines à un peuple qui s'est laissé déposséder de ses propres traditions. Elles y ont une importance immense. le père, la famille, les règles qui régissent les différentes strates de la société et leurs usages, domestique et maitre, femme et homme, mère et fils, filles et fils, sacré et croyances, médecine et sorcellerie, ancêtres et descendants, ont toutes une raison d'être et ne peuvent être comprises que de ceux qui sont prêts à les entendre.
Le conflit qui est en chaque individu est fort et important, prégnant durant toute son existence, celui d'écouter au fond de soi et de laisser émerger ses racines véritables, celles qui étaient là avant l'arrivée du colonisateur, avant la traite subsaharienne à laquelle ont participé les tribus de l'Ouest de l'Afrique, avant les migrations vers les pays du Nord. L'auteur le déplore, « Les natifs du pays premier sont des captifs non déportés » ils subissent un asservissement volontaire et une acceptation de coutumes qui viennent d'ailleurs au détriment des traditions de leur propre pays.
On retrouve tout au long de ces lignes la force et la passion de Léonora Miano que j'avais découverte lors d'une soirée Mahogany march au musée Dapper, ou en lisant « la saison de l'ombre ». C'est tout un combat porté par une superbe écriture. Parfois difficile à appréhender tant les différences sont grandes avec nos habitudes et les coutumes et les règles qui régissent nos vies, mais c'est absolument passionnant.

Lien : https://domiclire.wordpress...
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Fx1
  19 août 2016
En cette période de rentrée littéraire , deux publications sont importantes pour se faire une idée des textes en présence : Telerama et Les Inrocks .
La deuxième fâit l'éloge de cet opus , a juste titre.
Leonora Miano , c'est une voix libre , qui n'a de cesse dans son oeuvre de présenter l'Afrique Noire en dehors des clichés inhérents au traitement médiatique de base , sans pour autant sombrer dans un voyeurisme indélicat , ce qui est encore le cas ici .
Cette oeuvre , on l'a commence , et l'attraction est si forte que l'on ne peut qu'y revenir .
La profondeur des thématiques abordées par l'auteur est si riche, que le lecteur en est béât d'admiration devant tant d'intelligence , et reconnaissant à l'auteur du fâit qu'elle le considère comme suffisamment évolue pour comprendre son propos .
Ici , nous ne sommes point en présence d'une litterature de supermarche , non point que celle ci soit mauvaise, mais l'on n'y trouve nullement la richesse thématique presente ici...
Le style est remarquable , la prose est réfléchie , pensee , choisie sur le plan sémantique , le lecteur en quête d'un texte exigeant trouvera ici son bonheur ...
La richesse des phrases rend pratiquement ivre le lecteur , c'est dire la qualité exceptionnelle du matériau présent ici ....
Le message est egalement tres pertinent , puissamment declame par une femme libre qui hurle sa colere , cela avec un talent en tout point remarquable ...
Le premier grand choc de ce cru 2016 ....
Si vous n'en lisez qu'un , lisez celui ci .
Merci de votre attention , et du temps consacré à la lecture de ces quelques lignes d'un simple lecteur comme nous tous ici.
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indira95
  16 octobre 2017
Un conseil que je vous donne afin de profiter pleinement des trésors dont regorge la prose de Léonora Miano : évitez de lire Crépuscule du tourment quand votre attention sera parasitée par ce qui vous entoure. Vous risqueriez de passer à côté de la beauté de ce texte tout simplement. C'est malheureusement ce qui m'est arrivé et je suis bien embêtée.

L'écriture de Léonora Miano convoque un univers fait de légendes, le mystique talonnant la triste réalité d'une misère sociale et affective. Crépuscule du tourment est un roman de femmes, au sens propre comme au figuré ; un récit polyphonique bercé par la musicalité des confessions de 4 femmes, liées par le même homme, âmes esseulées qui s'ouvrent au lecteur, ne lui épargnant rien, la tabou réduit à peau de chagrin.

La mère, l'ancienne amante, la future épouse et la soeur, si dissemblables, trouvent malgré leurs différences, le courage de livrer, avec la rage et l'énergie du désespoir, ce qui pèse sur leur conscience. Les espoirs déçus, les amours contrariées mais aussi les lâchetés et bassesses auxquelles elles ont été confrontées, corsetées dans un carcan de bienséance et de préjugés qui les ont toujours inhibées. Ces cocottes-minutes féminines, sur le point d'imploser, conservent toutefois la dignité qu'on attend d'elles. C'est assez frappant d'ailleurs de ressentir cette retenue tout au long de ce roman alors que nos narratrices se livrent à corps/coeurs ouverts avec la rage de lionnes.

Crépuscule du tourment aurait pu être sublime si je n'avais perdu le fil de ma lecture. Et la disparité des discours, moins convaincue par l'ancienne amante dont je n'ai pas compris les aspirations mystiques, alors que transcendée par la confession de la mère et de la soeur, n'a pas aidé à me maintenir concentrée.

Pour autant, je continue à penser que Léonora Miano est une fabuleuse conteuse et je ne suis pas prête de m'arrêter là en ce qui la concerne.

Lien : http://www.livreetcompagnie...
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paroles
  15 avril 2018
J'aurais aimé dire que ce roman est sublime, que l'écriture est d'une recherche incontestée, que la parole des femmes africaines est ici glorifiée et que leur sort est courageusement révélé.
Mais je ne peux pas.
Je ne peux pas parce que, pour moi, cette belle écriture est justement trop recherchée et qu'elle ne colle pas aux personnages. Elle est trop excessive face à ces femmes dénuées de choix, de pouvoir et d'une détresse absolue.
de plus, le personnage masculin n'est que le fil rouge qui relie ces femmes, elles le connaissent toutes mais à aucun moment il n'intervient dans leurs réflexions. Il sert juste d'exutoire. Il symbolise l'homme. Point.
J'ai entendu ces femmes. J'ai compris leur douleur, leur vie, leur amour. J'ai bien saisi leur condition de femme battue, soumise. Leur emprisonnement dans une société phallocrate et misogyne. Mais je n'ai perçu aucune empathie pour elles.
La mère trop engoncée dans son rôle de femme mariée à contrecoeur pour donner un nom (une généalogie) à ses futurs enfants et effacer la faute de l'aïeul. L'amante hystérique, folle de religion et haineuse. La future femme (sans doute celle qui finalement m'a un peu touchée car perdue depuis la mort de son premier époux) nageant entre deux eaux et hésitant sans cesse. Et la soeur, libre de son corps (la seule d'entre elles qui jouit de son statut de femme) et de sa vie, qui refuse le passé et les traditions mais qui joue un rôle face à la société et à ses parents.
Un roman pour dénoncer la condition féminine en Afrique, la violence faite aux femmes, pour évoquer aussi l'homosexualité, la religion et le mysticisme, pour comprendre les suites de l'esclavage et du colonialisme et la perte d'identité qui leur est reliée. Un roman d'une grande richesse mais d'une grande froideur.

Lien : http://mes-petites-boites.ov..
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critiques presse (4)
Lexpress   12 septembre 2016
Il faut se laisser porter par cette plongée sensuelle en terre camerounaise, oublier la froideur de l'Occident pour tenter d'effleurer les mystères de l'âme africaine.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   07 septembre 2016
Le destin de quatre Africaines autour desquelles gravite le même homme. Une écriture âpre, entêtante.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeMonde   25 août 2016
S’efforcer d’affronter la réalité en face, dans toute son épaisseur, dans ses moindres recoins, fussent-ils peu engageants, quand bien même nous dévoileraient-ils la part sombre de nous-mêmes.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeMonde   23 août 2016
Situé dans un pays jamais nommé, le livre renoue avec le souffle des débuts de l’écrivaine camerounaise, révélée en 2005 avec L’Intérieur de la nuit.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
mimifasolamimifasola   10 décembre 2016
Les riches du XXI e siècle n'ont ni manières ni éducation. Jamais ils n'ouvrent un livre, ne possèdent pas de bibliothèque. Tout ce qu'ils savent, c'est le prix des choses. Alors, ils se couvrent jusqu'à l'asphyxie d'effets de marque. Quoi qu'ils fassent, on les reconnaît. Ils parlent, marchent, agissent comme ce qu'ils sont. Des gens trop vite passés de la nature au lit king size, du bain dans l'eau sale du marigot aux remous du jacuzzi.Ils n'en reviennent pas de manger avec des couverts, ne touchent plus rien avec les doigts. Il ne faut pas s'attendre, lorsqu'on est reçu chez eux, à ce qu'ils aient la délicatesse de prévoir un rince_doigts pour qui voudrait déguster avec plaisir l'aile ou le pilon de son poulet grillé. Non.Le Blanc leur a fait découvrir la fourchette. Peu leur importe que l'élégance consiste d'abord à ne pas embarrasser les autres, à les mettre à l'aise. Pour le malheur de ce pays, ces gens sont partout. Armés de billets de banque, ils se sont frayé un chemin vers des espaces autrefois relativement préservés de pareille engeance.
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KittiwakeKittiwake   11 décembre 2016
C'est toujours un problème avec les religions. Elles sont des pratiques sociales permettant de forger et de consolider les communautés. Elles sont ensuite des systèmes de domination. Pour quelques chanceux qui sauront les transcender elles pourront être un chemin.
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mimifasolamimifasola   08 décembre 2016
Nous sommes allés nous promener l'après-midi. Vous aimiez encore les manège, les ambiances de kermesse ou de fête foraine. Moi, si peu douée pour le jeu et dont la compétence se limitait souvent à vous conduire puis à veiller sur vous, je m'adonnais avec entrain à tout ce qui vous faisait plaisir. Ces instants sot-ils dans ta mémoire comme dans la mienne ou n'as-tu conservé que les mauvais souvenirs? Hum. Je connais la réponse à cette question. Tu cultives la rancœur. Tu fais partie de ces personnes qui viennent au monde munies de deux sacs: un pour les bienfaits de la vie, l'autre pour toutes les saloperies. Le premier étant troué, il ne contient rien, au bout de quelques temps. Le second, au contraire, a un fond renforcé, des coutures à toute épreuve. C'est celui-là que tu emportes, où que tu ailles.
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mimifasolamimifasola   22 janvier 2017
Je conte les rois et reines du passé aux enfants. Je nomme à leur intention les résistants du continent. Qu'ils sachent que nous ne nous sommes pas laissés prendre ni dominer sans réagir. Nous avons eu du courage. Nous ne nous sommes pas simplement agenouillés devant les envahisseurs. Il leur a fallu mentir. Intriguer. Corrompre. Terroriser. Massacrer. Nous n'étions pas assez sauvages pour affronter leur barbarie. Les subtilités de leur violence. Leur perversion sans limites. Leur extrême vénalité. Leur incroyable mauvaise foi. Nous ne pouvions imaginer jusqu'où ils étaient capables d'aller. Nous ne mesurions même pas leurs intentions réelles. Cette entreprise coloniale qu'ils préparèrent des siècles durant.
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mimifasolamimifasola   05 mars 2017
Je me remémore l'incipit d'un roman de Shange, des mots qui font sourire mon coeur, WHERE THERE IS A WOMAN THERE IS MAGIC, j'ai lu cela il y a des années, je me suis dit Bof; cela ne m’impressionnait guère, cela me contrariait même un peu; ces femmes qui en faisaient tout un plat de leur féminité, comme si c'était un truc spécial, je voyais ma mère, je me voyais moi et ne comprenait pas, à présent je sais qu'il y a du vrai, pas au pied de la lettre, pas toujours pour le meilleur, mais il y a du vrai, le texte disait aussi fallait connaître sa propre magie pour la rendre effective, j'irai débusquer la mienne.




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