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Critique de paroles


paroles
  05 janvier 2014
Voilà un hymne aux ancêtres remarquable ! Un roman de mémoire et d'histoire magnifique !

Que s'est il passé dans ce village africain, replié sur lui-même à l'intérieur des terres, le jour du grand incendie ? Pourquoi douze hommes (dix jeunes hommes fraîchement initiés et deux adultes) ont-ils disparu ? Sont-ils morts ou encore vivants ? Pourquoi est-il si difficile d'entrer en communication spirituelle avec eux ? Qui est responsable de cette étrange disparition ?

Pour affronter toutes ces questions, trois femmes dont les fils n'ont pas été retrouvés ainsi que le chef du clan Mulungo vont se mettre en quête de la vérité, chacun à sa manière.

Dès les premières pages du roman, j'ai été envoûtée par l'écriture de Léonora Miano. On y rencontre des personnages charismatiques, surtout féminins. On suit leur quête, pas à pas, et on comprend en même temps qu'eux ce qui a pu arriver aux hommes disparus. On réagit aussi, en même temps qu'eux, à ce cataclysme qui va s'abattre sur eux, à savoir la découverte de la traite négrière. Eux qui vivaient pacifiquement, repliés sur eux mêmes, eux qui ne connaissaient pratiquement rien du monde extérieur, sinon leurs proches voisins les Bwele, vont être confrontés à la trahison des peuples frères, à la disparition de leurs coutumes, à l'effondrement et l'anéantissement de leur communauté.
Est-il possible de se reconstruire quand on a tout perdu ? Comment transmettre la mémoire du clan quand celui-ci a éclaté ? Comment faire le deuil des disparus quand les rites funéraires ne sont plus applicables ?
Autant de sujets abordés par Léonora Miano dans ce magnifique roman où le mysticisme tient une place importante. On peut également se demander si l'auteure ne dénonce pas l'excès de mysticisme de la communauté, puisque Mutango (le guide spirituel), incapable d'interpréter les événements, bannit les femmes dont on n'a pas retrouvé les fils, boucs émissaires tout trouvés.


De Léonora Miano, je ne connaissais qu'un texte entendu sur France Culture, "Le fond des choses". Des paroles rythmées, frappées, criées, puissantes qui dénonçaient la colonisation, l'esclavage, l'immigration. Une auteure qui n'a pas peur de parler ! Une auteure à laquelle je vais m'attacher.
Vous pouvez l'écouter sur ce lien :
http://www.franceculture.fr/emission-un-ete-de-lectures-voix-d-afrique-25-le-fond-des-choses-2013-07-30
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