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ISBN : 2743637641
Éditeur : Payot et Rivages (21/09/2016)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 159 notes)
Résumé :
A l'été 67, une jeune fille disparaît dans les épaisses forêts entourant Boundary Pond, un lac aux confins du Québec rebaptisé Bondrée par un trappeur enterré depuis longtemps. Elle est retrouvée morte, sa jambe déchirée par un piège rouillé. L'enquête conclut à un accident : Zaza Mulligan a été victime des profondeurs silencieuses de la forêt. Mais lorsqu'une deuxième adolescente disparaît à son tour, on comprend que les pièges du trappeur ressurgissent de la terre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  30 septembre 2016
Au fond des eaux indistinctes du Lac Boundary, ou Bondrée, serpente la frontière floue entre les Etats-Unis et le Canada. Dans ce décor de carte postale, dans cette nature forestière et montagnarde préservée, peuplée d'une abondante faune, les familles se pressent nombreuses au cours de cet été 67 et profitent sous un soleil de plomb, d'une vie simple, chasse, pêche, confitures de framboises ou groseilles et barbecues, apéros entre voisins de chalets… Les adolescents expérimentent leurs premières cigarettes, leurs premières ivresses alcooliques. Parmi eux, deux lolitas, plus tout à fait gamines, pas encore tout à fait femmes, une rousse et une blonde, Zaza Mulligan et Sissy Morgan, chacune étiquetée par la communauté That kind of girl, ou au choix whore, ou wreck. Gorgées de soleil, court vêtues et outrancièrement maquillées, elles testent leur pouvoir de séduction, provoquent, réveillent chez certains mâles des fantasmes qu'ils croyaient n'appartenir qu'aux autres hommes.

La liberté estivale, la chaleur, sont à leur apogée lorsque Zaza disparaît avant d'être retrouvée morte, une jambe arrachée par un vieux piège à ours oublié. L'insouciance édénique de Bondrée, sa magie, sont chamboulées par l'irruption violente de la mort injuste et prématurée, celle que l'on imagine chez les autres mais pas chez soi.

La victime étant de nationalité américaine, l'enquête est confiée à la police du Maine, en l'occurrence à Stanley Michaud (même nom que l'auteure), assisté par Jim Cusack. La mémoire collective est tenace. Dès l'annonce du drame, la mort de Zaza fait remonter en surface l'affreuse et ancienne histoire de Pierre Landry, trappeur soupçonné de sauvageté, parfumé à l'huile de castor, qui ne parle guère mais utilise le langage des gestes et silences qu'impose la survie. Après avoir refusé de combattre lors de la seconde guerre mondiale, réfugié au bord du lac, il a fini par se pendre, parce que la belle qu'il regardait ne le regardait pas, et que Sugar Baby, son chien, est venu mourir devant chez lui. Il n'en a pas fallu davantage, et c'est déjà pas mal, pour faire naître une légende qui imprègne encore les lieux et les esprits.

Lorsque Sissy disparaît à son tour, la chanson en vogue en 1967, “Lucy in the sky with diamonds”, devient “Zaza in the soil with some stones”, “Sissy underground with some sand”. Bondrée se transforme peu à peu en décombres. Les soupçons vont bon train entraînant des rumeurs qui se propagent de chalet en chalet : les mains du voisin qui grille les saucisses sur le barbecue, ne sont-elles pas trop grosses ? Et l'autre, là, qui vit avec sa maman, pourquoi n'a-t-il pas trouvé de compagne ?

C'est Andrée (même prénom que l'auteure) qui va fournir de nombreuses réponses aux questions posées. Petite fille inoffensive et transparente aux yeux des adultes, surnommée littoldolle, elle observe toutes les familles impliquées, la police, et fait partager aux lecteurs leurs faits et gestes. Au cours de l'été 67, elle quitte les histoires de lutins ou de marmottes parlantes, le secours à des papillons assommés, pour entrer de plain-pied dans le monde des adultes. Merveilleuse Andrée, qui avec sa candeur d'enfant relate des événements tragiques avec intuition et humour ! Avant l'automne, elle aura perdu son innocence et brutalement grandi.

En dehors de l'histoire bien ficelée car savamment construite, l'intérêt du roman tient dans le style d'Andrée A. Michaud, qui enveloppe Bondrée d'une brume onirique, poétique, d'une lumière surréelle, d'une atmosphère de fin du monde, dans un style ciselé qui n'est jamais pédant ou inaccessible. Elle a inventé en outre une langue hybride, faite de québécismes, d'un mélange très sensuel de français et d'anglais, dans des proportions parfaitement équilibrées, qui réussissent le tour de force de ne jamais gêner le lecteur. L'écriture et le style de l'auteure coulent de source. Si j'ajoute à ce bilan de lecture très positif, des personnages étonnants comme un flic qui parle à l'oreille des morts, ou un légiste qui récite du Shakespeare aux cadavres qui lui sont confiés, je crois que j'aurai tout dit.

Ah non ! J'ai oublié de vous parler de Frenchie (Françoise) Lamar, et de quelques autres aussi. A vous de jouer !

Merci aux Editions Payot & Rivages et à Babelio pour cette découverte très appréciée, et pour leur confiance.
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diablotin0
  30 novembre 2017
Chaque livre a son atmosphère, dans Bondrée, elle est envoûtante, voire hypnotique. le type d'atmosphère qui vous colle à la peau et ne vous lâche pas avant longtemps.
Un lac entouré de grandes forêts entre le Québec et le Maine, des estivants , deux jeunes filles, Zaza et Sissy qui découvrent le pouvoir de leur jeunesse, de leur corps, le plaisir de la première cigarette ...
Après la mort de Zaza qui bouleverse tout ce petit monde, la thèse de l'accident va être mise à mal avec une deuxième mort qui va plonger alors les habitants et estivants dans une peur, une angoisse, une colère.
En tant que lecteur, nous vivons à travers les personnages ces différents sentiments. Andrée A. Michaud nous décrit avec soin la psychologie des personnages à tel point que leurs réflexions deviennent nôtres et leurs émotions presque palpables.
Le choix de mélanger le français avec quelques phrases en anglais m'a un peu déstabilisée au début mais très vite, je me suis habituée à ce style et même apprécié.
C'est un livre qui m'a été conseillé par ma libraire et je suis ravie de l'avoir écoutée !
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bilodoh
  07 août 2015
Une jeune fille est disparue, puis retrouvée morte, et le lieu de villégiature du petit lac Boundary devient une frontière du paradis et de l'enfer.

C'est l'été 67 au bord d'un lac à la limite du Québec et du Maine américain. La petite Andrée admire les grandes, des élégantes qui fument sur le quai en chantant « Lucy in the sky… » et attirent les regards. Mais lorsque la belle Zaza disparait, c'est la magie de l'enfance qui s'efface aussi peu à peu.

Un roman à plusieurs voix, celle de la petite Andrée, mais aussi celle de l'enquêteur et même celles de la victime et du meurtrier. Ces voix semblent authentiques, comme semblent tangibles l'ambiance d'époque et l'atmosphère de vacances dans la nature encore sauvage.

Un texte joliment écrit qui inclut un vocabulaire québécois, qui tient compte aussi du milieu anglophone de ce lac Boundary, devenu Bondrée pour les francophones. C'est parfois humoristique, par exemple lorsque la jeune Andrée s'exerce à dire « foc » comme les Américaines, sans savoir ce que ça veut dire.

L'ensemble est un bon polar d'une auteure que j'ai été heureuse de découvrir grâce à Babelio !
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Bazart
  09 novembre 2016
À l'été 67, une jeune fille disparaît dans les épaisses forêts entourant Boundary Pond, un lac des confins du Québec rebaptisé Bondrée par un trappeur mort depuis longtemps. le surlendemain, on retrouve le corps de la jeune fille, la jambe prise dans un piège à ours rouillé.
Accident ou meurtre ? Stan Michaud, l'inspecteur chargé de l'enquête est américain ; il sera secondé par Cusack, son adjoint. Dès que Michaud apprend les circonstances de la mort de la jeune adolescente, il se rappelle immédiatement le crime, non-résolu,seize ans avant...
Un vrai bijou littéraire que ce livre québécois sorti d'un peu nulle part chez Rivages Noires ( après le roman d' Emily St John Mandel déjà exceptionnel dont on a parlé le mois dernier .
En effet, ce Bondrée est un roman magnifiquement écrit, qui prend aux tripes, de par les émotions qu'il génère et avec les angoisses qu'il dégage, et dans laquelle la langue d'Andrée A. Michaud épate par sa fluidité et son inventivité permanente.
Quelle maitrise chez une romancière québécoise réputée que cette Andrée A. Michaud qui n'aime rien de moins que mener ce lecteur par le bout du nez avec toujours au bout de la plume, une virtuosité dans la façon dont l'auteur joue avec la langue, en utilisant comme rarement des frontières poreuses entre la langue française et la langue anglaise :
« Il semblait alors à Michaud que Zaza souriait, que dans cette lumière s'épanouissait l'ultime ravissement de la jeune fille, transgressant la douleur devant l'évocation d'un jour d'été ayant la perfection de la jeunesse. How, Elisabeth ? Why ? Mais le jour demeurait silencieux ».
Fasciné, le lecteur se laissera happer par la chape de plomb qui s'abat sur la communauté de Bondrée, une communauté confrontée à ses lâchetés humaines et son impuissance face à l'horreur..
Tout cela fait de Bondrée un roman d'une rare puissance, de ceux qui résonneront longtemps en tête après les avoir lus...

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Renod
  30 janvier 2018
Ce territoire, situé à la limite de l'Etat du Maine et de la Province de Québec, a été baptisé "Bondrée", de l'anglais "boundary" qui signifie frontière. C'est une contrée isolée qui s'anime chaque été quand arrivent les plaisanciers qui viennent profiter du lac, de la montagne et de la forêt profonde. Pendant deux mois, l'air s'imprègne de l'odeur des grillades ; les cris des enfants retentissent et se mêlent aux chants des oiseaux. Anglophones et francophones se côtoient sans toujours se comprendre. Mais en 1967, la torpeur estivale va être brisée par deux événements tragiques qui vont toucher Sissy et Zaza. Ces deux adolescentes inséparables affichent une sensualité insolente qui allume le désir des hommes et la jalousie des femmes. Mais tout bascule lorsque le corps de Zaza est retrouvé dans la forêt atrocement mutilé par un piège à ours. On pense d'abord à un accident quand on constate la disparition de Sissy...
Andrée A. Michaud décrit avec talent les conséquences d'un drame au sein d'une communauté. Elle s'attache moins aux rebondissements de l'enquête qu'à nous rendre les différents ressentis des témoins d'un fait divers. Après le choc de l'annonce, si les parents restent prostrés, pour les proches et les voisins, après le chagrin des premiers jours, la vie repend peu à peu ses droits. Les esprits sont envahis par une appréhension sourde et certains en viennent à invoquer les esprits qui hantent la forêt. Les soupçons ternissent la solidarité des premiers temps, il faut un coupable. Et puis il y a la honte, celle d'avoir eu des jugements trop durs envers les victimes, et celle d'avoir été soulagé de voir la foudre s'abattre sur la maison du voisin.
Plusieurs personnages prennent part au récit. L'inspecteur-chef Stan Michaud nous fait suivre le déroulement de l'enquête. le lecteur partage toute l'amertume de sa vie de flic pleine de sacrifices et de traumatismes. Andrée, âgée de douze ans, nous raconte des pans de l'histoire avec ses yeux d'enfant. Si Michaud nous livre le noyau de l'intrigue policière, (poursuite, découverte des corps, interrogatoire), Andrée, témoin d'événements qui la dépassent, relate les faits de manière plus intime, dans la limite du cadre familial. Ces événements auront une résonance particulière puisqu'ils vont la faire sortir de l'enfance.
Si l'intrigue est assez classique, j'ai apprécié l'approche de l'auteure qui mêle une enquête policière à un récit plus intime. J'ai aimé aussi l'étude psychologique des personnages et de la communauté de vacanciers. Une nouvelle voix que les lecteurs du vieux continent se doivent de découvrir.
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critiques presse (1)
LaPresse   15 décembre 2014
Une ambiance remarquable, une écriture ciselée et un exemple, trop rare, de polar qui est aussi de la grande littérature.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
BrooklynbytheseaBrooklynbythesea   13 juin 2018
(...) pour lui parler un peu du pourquoi de cette existence où il ne servait à rien de courir ni de rêver quand le moindre rêve s'éteignait d'un coup de faux en plein soleil.
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cardabellecardabelle   28 décembre 2016
Sans personne avec qui parler de la beauté des forêts et des bêtes s'y multipliant, Landry s'était muré dans le silence.

Au début, il parlait encore aux arbres et aux animaux, il s'adressait à la limpidité du lac.

Il conversait aussi avec lui-même, annonçant le temps qu'il ferait, décrivant les orages, se racontant même quelques blagues éculées, quelques histoires de pêcheurs enroulés dans leur ligne, puis la parole l'avait peu à peu quitté.

Il pensait les mots, mais ceux-ci demeuraient en lui, se diluaient dans la pensée, se dissipaient sur le contour des choses qu'il n'était plus utile de nommer.

Si l'idée subsistait, elle ne se déclinait plus en sons.
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manU17manU17   05 avril 2018
Je n'ai rien oublié des forêt de Bondrée, d'un vert à ce point pénétrant qu'il me semble aujourd'hui issu de la seule luminosité du rêve. Et pourtant, rien n'est plus réel que ces forêts où coule encore le sang des renards roux, rien n'est plus vrai que ces eaux douces dans lesquelles je me suis baignée longtemps après la mort de Pierre Landry, dont le passage au cœur des bois continuait de hanter les lieux.
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namelessnameless   29 septembre 2016
Larue avait perçu dans ces yeux la détermination du gars qui ne baisserait jamais les bras, à moins de se les faire arracher, de celui qui se prenait l'absurdité de la vie en pleine face, mais continuait néanmoins d'avancer, tête haute, parce que le mouvement est moins désespérant que l'inertie.

Page 89
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diablotin0diablotin0   26 novembre 2017
ils n'avaient que vingt ans quand mon frère Bob est né, vingt-trois quand je suis arrivée à mon tour, vingt-huit lorsque Millie s'est pointée et, s'ils n'étaient pas pour autant devenus vieux, leur vision du bonheur s'était rétrécie, elle avait pris la forme d'une véranda et d'un jardin fou où poussaient pêle-mêle le persil et les glaïeuls.
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Vidéo de Andrée A. Michaud
Andrée A. Michaud - Bondrée : roman noir
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