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EAN : 9782070720200
196 pages
Éditeur : Gallimard (02/11/1990)
3.74/5   63 notes
Résumé :
"Arrivée à la ferme de Guadalupe.J'arrivai pour la première fois dans ce pays, comme il faisait à peu près nuit déjà. Il restait deux heures à faire à cheval. Trois cavaliers allaient m'accompagner. Je m'attendais à trotter. On se mit, au contraire, à descendre dans d'invraisemblables pierres, où bientôt, dans l'ombre épaisse, j'étais comme un aveugle. [...]".
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Palindrome1881
  23 avril 2021
Michaux offre un livre multiforme: poésie ? Journal ? Récit de voyage ? Récit fantastique et surréaliste ? Anthropologique ?
L'artiste part pour l'Amérique du Sud ( les Andes d'Equateur et traverse un bout d'Amazonie) . Il décide de la tenue d'un journal, avec une grande économie dans le récit. Pas de longue prose, il va à l'essentiel. Expérimentant les psychotropes locaux, il découvre des visions et des sensations qu'il verse sur le papier. le paysage est personnifié, tutoyé.
"J'ai rarement entendu parler des Tropiques avec naturel. Ce ne serait guère possible. On avance ici comme des policiers. Et rien que pour s'asseoir, il faut prendre des précautions de laboratoire. Au lieu qu'en Europe, on peut s'abandonner à la nature, vivre de plain pied avec elle. Quant à avoir ici sa propriété... Et puis ? le serpent vient vous tuer chez vous.
Sans doute, il y a bien toute une forêt autour de moi. Mais par grande chaleur, mes veines chantent. Chanson bien monotone. D'autre part chanson bien mienne, et je l'écoute toute la journée. "
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Hapax
  28 mars 2013
Est-il moins périlleux de voyager de nos jours qu'en 1928 ? le voyageur sédentaire que je persiste à demeurer -- nul péril pour moi en la demeure -- hésite peu à en douter au narré des histoires horrificques des touristes, ces bonnes gens qui seraient mieux chez eux et que l'industrie du voyage transporte dans des endroits qui seraient mieux sans eux, rapportent avoir vécu lors de leur transhumance vacancière.
Pour moi, c'est dans mon fauteuil, sous l'oeil du chat Ludo, lung ching à portée de main, qu'avec Henri Michaux, poète découvert grâce au livre de Michel Cournot, j'ai temps et espace franchi pour quelques heures. le moment, 1928, destination : l'Équateur. Toute une année. À commencer par une traversée de l'Atlantique et du canal de Panama : « Entre gens du bord, un lien : les jeux de carte. Bridge, manille, poker : la seule monnaie de notre civilisation qui ait cours partout. » Puis depuis Quito, l'aventure ... et l'écriture :
« Dans deux ou trois ans, je pourrai faire un roman. Je commence grâce à ce journal à savoir ce qu'il y a dans une journée, dans une semaine, dans plusieurs mois.
C'est horrible, du reste, comme il n'y a rien. On a beau le savoir.
de le voir sur papier, c'est comme un arrêt. »
Ne vous y trompez pas, Michaux ne raconte rien, ou si peu, dans son journal de voyage ; quelques faits, certes, mais surtout une évocation poétique (le texte comporte d'ailleurs quelques beaux poèmes en vers libres) de son très difficile périple.
Et on appréciera son rendu des différences culturelles qu'il constate. Ainsi, avec un certain agacement :
« Une résolution une fois exprimée en parole devant témoins, beaucoup de Français se sentent obligés d'agir suivant le dit.
L'Équatorien n'est point ainsi. Il a dit demain, eh bien ce sera après-demain ; vous l'attendez le surlendemain, ah, non, fini, plutôt autre chose, ou plus rien du tout, il a changé d'idée.
Il ne met pas la parole à part dans le solennel.
Non ! Il change d'idée, il change de parole, c'est tout un.
Ceci est la cause de nos nombreux retards, et de mon malaise depuis des mois. »

Au passage, un commentaire a frappé mon attention :
« On se demande souvent pourquoi les jeunes gens de cette génération sont désespérés. C'est qu'ils sont sacrifiés. Ils entrevoient la belle époque. Ils n'y vivront pas. Lequel d'entre eux n'accepterait n'arrêter sa vie actuelle pour vivre en l'an 2500 ?
Cet état d'esprit est nouveau dans le monde ; autrefois on n'attendait pas de l'avenir tout ce que nous en attendons. »
Ne lit-on pas là l'équivalent de la complainte de ce qu'on appelle aujourd'hui la génération X ? À la réserve près que celle-ci, et la nôtre aussi d'ailleurs, savent qu'il n'y a guère à attendre de l'avenir, et que le progrès n'est qu'une idéologie vieillissante, sinon morte.
Lien : http://les-cendres-et-le-plu..
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Charybde2
  15 mai 2014
Quatre ans avant l'Asie, un barbare surréaliste en Équateur.
Désormais sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/05/15/note-de-lecture-ecuador-henri-michaux/
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Grapheus
  08 juin 2010
Entre journal intime et carnet de voyage, un livre CONTRE !
Qui nie être journal intime ou carnet de voyage.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   09 août 2015
La Cordillera de los Andes


La première impression est terrible et proche du désespoir.

L'horizon d'abord disparaît.

Les nuages ne sont pas tous plus hauts que nous.

Infiniment et sans accidents, ce sont, où nous sommes,
Les hauts plateaux des Andes qui s'étendent, qui s'étendent.

Le sol est noir et sans accueil.

Un sol venu du dedans.

Il ne s'intéresse pas aux plantes.

C'est une terre volcanique.
Nu ! et les maisons noires par-dessus,
Lui laissent tout son nu;
Le nu noir du mauvais.

Qui n'aime pas les nuages,
Qu'il ne vienne pas à l'Equateur.
Ce sont les chiens fidèles de la montagne,
Grands chiens fidèles;
Couronnent hautement l'horizon;
L'altitude du lieu est de 3000 mètres, qu'ils disent,
Est dangereuse qu'ils disent, pour le coeur, pour la respiration,
pour l'estomac
Et pour le corps tout entier de l'étranger.

Trapus, brachycéphales, à petits pas,
Lourdement chargés marchent les Indiens dans cette ville,
collée dans un cratère de nuages.
Où va-t-il , ce pélerinage voûté?
Il se croise et s'entrecroise et monte; rien de plus: c'est la vie
quotidienne.
Quito et ses montagnes.
Elles tombent sur lui, puis s'étonnent, se retiennent, calment
leurs langues! c'est chemin; sur ce , on les pave.
Nous fumons tous ici l'opium de la grande altitude, voix basse,
petit pas, petit souffle.

Peu se disputent les chiens, peu les enfants, peu rient.
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coco4649coco4649   31 octobre 2014
NAUSÉE
OU C'EST LA MORT QUI VIENT?

27 avril

Rends-toi, mon cœur.
Nous avons assez lutté,
Et que ma vie s'arrête,
On n'a pas été des lâches,
On a fait ce qu'on a pu.

Oh! Mon âme,
Tu pars ou tu restes,
Il faut te décider,
Ne me tâte pas ainsi les organes,
Tantôt avec attention, tantôt avec égarement,
Tu pars ou tu restes,
Il faut te décider.

Moi, je n'en peux plus.

Seigneurs de la Mort
Je ne vous ai ni blasphémés ni applaudis.
Ayez pitié de moi, voyageur déjà de tant de voyages sans valise,
Sans maître non plus, sans richesse, et la gloire s'en fut ailleurs,
Vous êtes puissants assurément et drôles par-dessus tout,
Ayez pitié de cet homme affolé qui avant de franchir la barrière vous crie déjà son nom,
Prenez-le au vol,
Et puis, qu'il se fasse à vos tempéraments et à vos mœurs, s'il se peut,
Et s'il vous plaît de l'aider, aidez-le, je vous prie.

p.97-98
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Myriam3Myriam3   02 août 2016
Le vide

Il y souffle un vent terrible.
Ce n'est qu'un petit trou dans ma poitrine,
Mais il y souffle un vent terrible.
Dans le trou il y a haine (toujours), effroi aussi et impuissance,
Il y a impuissance et le vent est dense,
Fort comme les tourbillons,
Casserait une aiguille d'acier,
Et ce n'est qu'un vent, un vide.
S'il disparaît un instant, je me cache, je m'affole.
Qu'est-ce que le Christ aurait dit s'il fait été fait ainsi?
Les frissons ont en moi du froid, toujours prêt.
Mon vide est un grand mangeur, grand annihileur.
Il est ouate et silence,
Un silence d'étoiles.

Et quoique ce trou soit profond, il n'a aucune forme...
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coco4649coco4649   08 octobre 2014
Lundi 19.

Je fus bien, hier.
Que je peux donc me sentir large et comblé.
Qui se serait attendu à une si forte respiration de la part d'une si étroite poitrine ?
Si; c'est donc possible.
Dans les lieux qu'on ne connaît pas, il y a donc parfois quelque chose.
C'est hier seulement que j'ai vu un parc.
Il y avait ceci, et cela, et ceci comme ça.
Il y avait une cascade, et des eaux à tout niveau.
Il y avait un grand horizon qui entrait par la fenêtre,
Et le Colopaxi en était.
Des nuages en cercle semblaient loués pour l'après-midi.
De grandes ailes s'échappaient tout à coup,
Et les aigrettes sont très précieuses,
Et les paons bien entourés n'ont pas l'air si bêtes.
L'Araucaria excelsis,
Et enfin ce charme si général,
Où intervint cet homme gros si plein de tact, dont je suis l'hôte.
Si proche de la nature, tout ceci
Si proche que s'y laissent prendre les grues sauvages,
Viennent de loin, s'y sentent fort à l'aise.
Dans l'appartement, dans chaque pièce, de l'eau qui rit et bredouille.
Grosse, solennelle, très hébergeante la salle à manger.
UN LIT ROYAL
Mais nous partîmes.
L'automobile fut longtemps à cette montée du Chilio.
On avait la nuit dans les yeux.
La nuit noire et le monde serré des étoiles comme il apparaît à l'Équateur.
Quito se montre à l'autre versant, étendu comme un homme,
Et tremblent dans les vallées les lumières qui veillent sur lui.

p.42-43
Extraits Ecuador, Journal de voyage, LE CHATEAU ET LE PARC DE PACIFICO CHOIRIBOGA
Nouvelle édition revue et corrigée, Gallimard 1968.
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YantchikYantchik   07 mars 2016
Je passai par le Japon vers la troisième heure. Il y avait à ce moment, en effet, le jeu du brouillard comme il se joue au Japon, suivant ce que nous en ont décrit les peintres. Du blanc se détache du ciel, ici et là, et descend.
Voici le jeu du brouillard : il prend un arbre ici, là une montagne, un autre dans la vallée prend un mouton brun, il le fait avec grâce, lui laisse sa forme, seule la laine paraît perdue, un autre plus loin prend trois eucalyptus, mais très peu après, tchip!.. on les revoit, on les retrouve, les revoilà, le troisième déjà presque entier, et au delà à droite, un qui va être pris, un autre derrière qui en revient à l'instant, qu'on regarde tout ému.
Les plus légers brouillards cachent une cuadra ou deux de cannes à sucre, ou un jeune arbre encore blanc.
Tous les tableaux japonais paraissent des résurrections. Ces brouillards portent et apprennent singulièrement à regarder, attendrissent notre regard, attendu donc que le visage de la nature et du minéral même n'est pas si dur ni si inébranlable qu'on le connaissait, mais faible, désemparé, et sujet à autant de troubles que le corps d'une femme, et ainsi on les suit avec sympathie. Il y a aussi le petit nuage collant. Il reste dans un trou tout le jour, ou se tapit dans un coin de pâturage, et il suce une brebis, à fond.
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Vidéo de Henri Michaux
// EN DIRECT // PERRINE LE QUERREC - FEUX Lecture par l'auteure accompagnée de Ronan Courty (contrebasse) Lecture musicale
Quel point commun y a-t-il entre la caverne ou dansent des ombres, la ville de Pompei et la bibliotheque d'Alexandrie ? Entre Jeanne d'Arc et Antonin Artaud ? Entre le Reichstag et Oradour-sur-Glane ? Entre un autodafe et une immolation ? Entre la rue de la Vieille-Lanterne a Paris et la place Jacques- Cartier de Montreal ? Entre la femme d'Henri Michaux et le printemps arabe de 2011 ? Entre la nuit polaire de Jack London et l'Australie de 2019 ? Il faudrait un repertoire pour denombrer tous les feux dont parle Perrine le Querrec dans ce livre incandescent. A la plasticite du feu repond celle de la page : que le poeme soit centre comme un brasier ou en colonnes comme des flammes, l'arc electrique des mots crepite sur le papier. Un livre qui reactive une memoire enfouie et allume des signaux. de quoi attiser la curiosite du lecteur qui brule deja d'entrer dans ces pages.
À lire – Perrine le Querrec, Feux, Bruno Doucey, 2021.
Technique : Lumière : Patrick Clitus Son : William Lopez Image : Bertille Chevallier
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