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ISBN : 207032317X
Éditeur : Gallimard (23/10/1985)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 202 notes)
Résumé :
C'est peut-être le recueil où apparaît avec le plus d'ampleur le thème essentiel de l'œuvre d'Henri Michaux : le refus de la réalité quotidienne - «sa défaite : le quotidien» - et la revendication d'«autre chose». Cet autre chose souvent proposé, on le sait, sous la forme de situations imaginaires qui témoignent chez le poète du constant besoin d'inventer. Tantôt avec les couleurs apparemment légères de l'humour, tantôt avec celles d'une angoisse existentielle que l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  31 janvier 2015
Est-ce un recueil de poèmes en prose? un conte pour enfant? un rêve éveillé pour surréaliste? Plume-le-livre est tout cela à la fois, et bien plus encore.
Plume c'est surtout un personnage. C'est l'enfant rétif qui sommeille en nous, c'est l'éternel étranger, c'est le clown blanc attrapeur-de-nuages, c'est l'empêcheur de rationaliser en rond, c'est Candide en Absurdie.
Plume c'est la légèreté grave, la gravité en apesanteur..
.Il fait rire- c'est un clown- il fait pleurer -c'est un clown- il fait penser, critiquer, se rebeller, mais surtout rêver...
Plume se glisse sous notre oreiller...de plumes, et c'est toute la nuit qui s'agite et palpite au battement de ses ailes blanches.
Plume se met au bout des doigts de l'écrivain-peintre Michaux, comme une histoire un peu folle, un croquis volé, un conte esquissé à finir en songe...
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araucaria
  09 août 2014
J'ai beaucoup de mal avec les textes de Henri Michaux. Je ne ressens pas d'émotion. Cet auteur trop intellectuel et complexe n'est pas fait pour la petite lectrice que je suis. Dommage...
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thedoc
  01 février 2016
« Plume » est un recueil de 13 récits qui prend la suite des poèmes regroupés sous le titre "Lointains intérieurs".
Plume , c'est ce personnage loufoque, rêveur, plongé dans un monde souvent surréaliste. Plume regarde sans rien dire sa maison disparaître, mange patiemment sa salade lavée au cambouis ou se retrouve, par mégarde, à marcher au plafond... Tantôt voyageur étourdi ou arracheur de têtes, tantôt innocent dans les bras de la Reine ou mari gourmandé par sa femme acariâtre, Plume est un personnage candide et décalé. On le voit placé dans des situations banales qui deviennent étranges, voir comiques par la façon dont elles sont vécues.
Le personnage emblématique du poète Henri Michaux est un double de son être qui révèle tout son monde intérieur. le texte est parfois ambigu, parsemé de question et de réponses. L'absurde et l'humour se côtoient dans toutes ces situations où Plume – dont on ne sait pas grand-chose finalement – apparaît.
Agréable à lire, ce recueil d'Henri Michaux nous offre une poésie légère et ludique, tout à l'image de son personnage phare.

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Moglug
  26 septembre 2015
Plume, précédé de Lointain intérieur est publié dans la collection Poésie de la NRF Gallimard. Point de vers pour autant, plutôt de très courtes nouvelles, voire quelques paragraphes, des dialogues aussi, indépendants les uns des autres, faisant offices de poèmes par leur absence complète de rationnalité, par leur puissance onirique, surtout leur absurdité notoire, phrases décousues, sans queue ni tête, destabilisantes à loisir, et pourtant si jolies, parfois si sensées sous couvert de l'absurde, étonnament elles interpellent le lecteur malgré lui, le questionnent, l'intriguent ou le bousculent. L'amusent. Henri Michaux m'apparaît avant tout comme un auteur ludique, aux écrits frais et vivifiants. de la poésie drôle en somme !
Mais finalement assez hermétique. Je m'excuse par avance auprès des fiers littérateurs que j'aurais pu offenser par ma candide ignorance.
Lien : https://synchroniciteetseren..
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olivberne
  05 juin 2012
J'ai une certaine nostalgie pour cette oeuvre poétique, d'abord parce que je l'ai étudiée il y a longtemps pour le bac de français, ensuite parce que ce personnage de plume, un peu fou, fantasque et incongru, semble bien porter son nom, il reste léger comme une plume. La poésie de Michaux ressemble bien à cette plume: sans prétention, légère mais aussi une poésie qui permet de s'évader, de voyager et de planer dans l'air. Plume est complexe, littéraire et difficile pour ceux qui veulent l'étudier et l'approfondir mais légère et agréable pour ceux qui la lisent sans prétention.
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Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   12 septembre 2014
Difficultés (1930)
MOUVEMENTS DE L'ȆTRE INTÉRIEUR

La poudrière de l’être intérieur ne saute pas toujours. On la croirait de sable. Puis, tout à coup, ce sable est à l’autre bout du monde et, par des écluses bizarres, descend la cataracte de bombes.
En vérité, celui qui ne connait pas la colère ne sait rien. Il ne connait pas l’immédiat.
Puis la colère rencontre la patience lovée sur elle-même. Sitôt touchée, celle-ci se dresse et se confond avec celle-là, et fonce comme un obus et tout ce qu’elle rencontre elle le renie et le transperce.
Puis, roulant ensemble, elles rencontrent la confiance à la grosse tête et les autres vertus, et la débâcle s’étend à toutes les zones.
La vitesse remplace le poids et fait fi du poids.
Comme un cil pointant au bord d’une paupière y est mieux à sa place qu’au bout d’un nez, la vélocité est à sa place dans l’être intérieur. Elle y est plus naturelle que dans la patte d’une tortue atteint de paralysie.
Quand la concupiscence halant ses bateaux de fièvre dans la campagne immense de l’être intérieur… Quoi ! Qu’est-ce donc que cette brume qui monte ?
L’être intérieur combat continuellement des larves gesticulantes. Il se trouve tout à coup vidé d’elles comme d’un cri, comme de détritus emportés par un ouragan soudain.
Mais l’envahissement reprend bientôt par le bas, et le calme d’un instant est soulevé et troué comme le couvercle des champs par les grains de blé avides de croître.
Il faut voir l’être intérieur attaquant la concupiscence. Quel boulanger plongea jamais d’aussi énormes mains dans son pétrin ? Quel boulanger vit-on pareillement accablé par la montagne mouvante, montante, croulante, de la pâte ? Une pâte qui cherche le plafond et le crèvera.
L’être intérieur collabore avec la concupiscence dans la joie ou avec réserve. Mais toujours il est traqué par cet envahisseur gonflant.
L’être intérieur a tous les mouvements, il se lance à une vitesse de flèche, il rentre ensuite comme une taupe, il a d’infinie hibernations de marmottes. Quel être mouvementé ! Et la mer est trop mesquine, trop lente pour pouvoir lui être comparée, la mer à la gueule ravagée.
Enfin, s’attaquant à l’homme vaincu d’avance, la Peur,
Quand la peur, au ruissellement mercuriel, envahit la pauvre personnalité d’un homme qui devient aussitôt comme un vieux sac,
Écartant tout quand elle entre, en Souveraine, s’assied et se débraille sur les sièges culbutés de toutes les vertus,
Décongestif unique du bonheur, quand la Peur,
Quand la Peur, langouste atroce, agrippe la moelle épinière avec ses gants de métal…
Oh, vie continuellement infecte !
Le désespoir et la fatigue s’unissent. Et le soleil se dirige d’un autre coté.

p.131-132-133
Extraits PLUME précédé de LOINTAIN INTERIEUR, Nouvelle édition revue et corrigée, GALLIMARD 1963
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coco4649coco4649   18 avril 2015
NAISSANCE


Pon naquit d’un œuf, puis il naquit d’une morue et en naissant la fit éclater, puis il naquit d’un soulier ; par bipartition, le soulier plus petit à gauche, et lui à droite, puis il naquit d’une feuille de rhubarbe, en même temps qu'un renard ; le renard et lui se regardèrent un instant puis filèrent chacun de leur côté. Ensuite il naquit d'un cafard, d'un œil de langouste, d'une carafe ; d'une otarie et il lui sortit par les moustaches, d'un têtard et il lui sortit du derrière, d'une jument et il lui sortit par les naseaux, puis il versait des larmes en cherchant les mamelles, car il ne venait au monde que pour téter. Puis il naquit d'un trombone et le trombone le nourrit pendant treize mois, puis il fut sevré et confié au sable qui s'étendait partout, car c'était le désert. Et seul le fils du trombone peut se nourrir dans le désert, seul avec le chameau. Puis il naquit d'une femme et il fut grandement étonné, et réfléchissant sur son sein, il suçotait, il crachotait, il ne savait plus quoi ; il remarqua ensuite que c'était une femme, quoique personne ne lui eût jamais fait la moindre allusion à ce sujet ; il commençait à lever la tête, tout seul, à la regarder d'un petit œil perspicace, mais la perspicacité n'était qu'une lueur, l'étonnement était bien plus grand et, vu son âge, son grand plaisir était quand même de faire glou glou glou, et de se rencoigner sur le sein, vitre exquise, et de suçoter…

p.124-125

Extraits PLUME précédé de LOINTAIN INTÉRIEUR, Nouvelle édition revue et corrigée, GALLIMARD 1963
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Charybde2Charybde2   15 septembre 2015
Plume ne peut pas dire qu’on ait excessivement d’égards pour lui en voyage. Les uns lui passent dessus sans crier gare, les autres s’essuient tranquillement les mains à son veston. Il a fini par s’habituer. Il aime mieux voyager avec modestie. Tant que ce sera possible, il le fera.
Si on lui sert, hargneux, une racine dans son assiette, une grosse racine : « Allons, mangez, qu’est-ce que vous attendez ? »
« Oh, bien, tout de suite, voilà. » Il ne veut pas s’attirer des histoires inutilement.
Et si, la nuit, on lui refuse un lit : « Quoi ? Vous n’êtes pas venu de si loin pour dormir, non ? Allons, prenez votre malle et vos affaires, c’est le moment de la journée où l’on marche le plus facilement. »
« Bien, bien, oui, certainement. C’était pour rire, naturellement. Oh oui, par… plaisanterie. » Et il repart dans la nuit obscure.
Et si on le jette hors du train : « Ah ! alors vous pensez qu’on a chauffé depuis trois heures cette locomotive et attelé huit voitures pour transporter un jeune homme de votre âge, en parfaite santé, qui peut parfaitement être utile ici, qui n’a nul besoin de s’en aller là-bas, et que c’est pour ça qu’on aurait creusé des tunnels, fait sauter des tonnes de rochers à la dynamite et posé des centaines de kilomètres de rails par tous les temps, sans compter qu’il faut encore surveiller la ligne continuellement par crainte des sabotages, et tout cela pour… »
« Bien, bien. Je comprends parfaitement. J’étais monté, oh, pour jeter un coup d’œil ! Maintenant, c’est tout. Simple curiosité, n’est-ce pas. Et merci mille fois. » Et il s’en retourne sur les chemins avec ses bagages.
Et si, à Rome, il demande à voir le Colisée : « Ah ! Non. Écoutez, il est déjà assez mal arrangé. Et puis après Monsieur voudra le toucher, s’appuyer dessus, ou s’y asseoir… c’est comme ça qu’il ne reste que des ruines partout. Ce fut une leçon pour nous, une dure leçon, mais à l’avenir, non, c’est fini, n’est-ce pas. »
« Bien ! Bien ! C’était… Je voulais seulement vous demander une carte postale, une photo, peut-être… si des fois… » Et il quitte la ville sans avoir rien vu.
Et si sur le paquebot, tout à coup le Commissaire de bord le désigne du doigt et dit : « Qu’est-ce qu’il fait ici, celui-là ? Allons, on manque bien de discipline là, en bas, il me semble. Qu’on aille vite me le redescendre dans la soute. Le deuxième quart vient de sonner. » Et il repart en sifflotant, et Plume, lui, s’éreinte pendant toute la traversée.
Mais il ne dit rien, il ne se plaint pas. Il songe aux malheureux qui ne peuvent pas voyager du tout, tandis que lui, il voyage, il voyage continuellement.
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coco4649coco4649   28 mars 2014
TÉLÉGRAMME DE DAKAR

Dans le noir, le soir,
auto dans la campagne.
Baobabs, Baobabs,
baobabs,
Plaine à baobabs.

Baobabs beaucoup baobabs
baobabs
près, loin, alentour,
Baobabs, Baobabs.

Dans le noir, le soir,
sous des nuages bas, blafards, informes,
loqueteux, crasseux,
en charpie, chassés vachement
par vent qu'on ne sent pas,
sous des nuages pour glas,
immobiles comme morts sont les baobabs.

Malédiction !
Malédiction sur CHAM !
Malédiction sur ce continent !

Village
village endormi
village passe

De nouveau dans la plaine rouverte: Baobabs
Baobabs baobabs baobabs
Afrique en proie aux baobabs !

Féodaux de la Savane. Vieillards-Scorpions.
Ruines aux reins tenaces. Poteaux de la Savane.
Tams-tams morbides de la Terre de misère.
Messes d'un continent qui prend peur
Baobabs.

Village

Noirs
Noirs combien plus noirs que de hâle
Têtes noires sans défense avalées par la nuit.
On parle à des décapités
les décapités répondent en " ouolof "
la nuit leur vole encore leurs gestes.
Visages nivelés, moulés tout doux sans appuyer
village de visages noirs
village d'un instant
village passe

Baobab Baobab
Problème toujours là, planté.
Pétrifié - exacerbé
arbre-caisson aux rameaux-lourds
aux bras éléphantiasiques, qui ne sait fléchir.

Oh lointains
Oh sombres lointains couvés par d'autres
Baobabs
Baobabs, Baobabs, Baobabs
Baobabs que je ne verrai jamais
répandus à l'infini. Baobabs.

Parfois s'envole un oiseau, très bas, sans élan,
comme une loque
Un Musulman collé à la terre implore Allah
Plus de Baobabs.

Oh mer jamais encore aussi amère
Le port au loin montre ses petites pinces
(escale maigre farouchement étreinte).

Plus
plus
plus de baobabs
baobabs
baobabs
peut-être jamais plus
baobabs
baobabs
baobabs.
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   11 février 2015
DESTINÉE


Déjà nous étions sur le bateau, déjà je partais, j'étais au large, quand, m'arrivant tout d'un coup, comme l'échéance d'une dette, le malheur à la mémoire fidèle se présenta et dit : « C'est moi, tu m'entends, allons, rentre! » Et il m'enleva, ce ne fut pas long, et me ramena comme on rentre sa langue.

Déjà sur le bateau, déjà l'océan aux voix confuses s'écarte avec souplesse, déjà l'océan dans sa grande modestie s'écarte avec bonté, refoulant sur lui-même ses longues lèvres bleues, déjà le mirage des terres lointaines, déjà... mais tout à coup...

Quand le malheur, prenant son panier et sa boîte à pinces, se rend dans les quartiers nouvellement éclairés, va voir s'il n'y a pas là un des siens qui aurait essayé d'égarer sa destinée...

Quand le malheur avec ses doigts habiles de coiffeur empoigne ses ciseaux, d'une main, de l'autre le système nerveux d'un homme, frêle échelle hésitante dans des chairs dodues, tirant des éclairs et des spasmes et le désespoir de cet animal de lin, épouvanté...

Oh, monde exécrable, ce n'est pas facilement qu'on tire du bien de toi.

Celui qui a une épingle dans l'œil, l'avenir de la marine à vapeur anglaise ne l'intéresse plus. Dormir, s'il pouvait seulement dormir. Mais la paupière recouvrant son mal comme une brosse...

Sur un œil, pour peu qu'on le sorte convenablement, on peut aussi faire tourner magnifiquement des assiettes.

C'est merveille de voir ça, on ne se lasserait pas de regarder. Mais celui qui en souffre, de cet œil, prend à ce jeu une part qu'il revendrait volontiers, oh ! il ne se ferait pas prier... Oh non, ou du moins pas longtemps.

p.129-130
Extraits PLUME précédé de LOINTAIN INTERIEUR, Nouvelle édition revue et corrigée, GALLIMARD 1963
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Videos de Henri Michaux (54) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henri Michaux
Francis Tabouret Traversée éditions P.O.L : où Francis Tabouret tente de dire de quoi et comment est composé son premier livre publié "Traversée" et où il est question notamment d'un porte conteneur et d'une traversée de l'Atlantique entre Rouen, Le Havre et Fort-de-France, de chevaux, de taureaux et de moutons, de travail et de paysage, de John Alec Baker et de Henri MIchaux; et de Paul Otchakovsky-Laurens, à l?occasion de la parution aux éditions P.O.L de "Traversée", à Paris le 16 février 2018 "Je me suis levé et nous avions quitté le port. Tout, dans la cabine, vibrait au rythme lent de la machine : les placards, les portes, les corps. Cinq étages plus bas, comme réfugiés entre les piles de containers, au centre du bateau, les taureaux étaient immobiles, statues de poils et de cornes, figées de réflexion, enveloppes impassibles. Les moutons, en petite assemblée, mâchaient du foin autant parce que la faim les tiraillait que pour se donner une contenance. Les chevaux, eux, avaient les yeux alertes, les oreilles mobiles : ils étaient tout à fait éveillés."
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