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ISBN : 2081313146
Éditeur : Flammarion (02/04/2014)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Le souci du beau jeu a progressivement cédé la place à l'idée jugée plus "réaliste" selon laquelle une équipe doit d'abord être organisée pour ne prendre aucun buts. La nécessité de marquer des buts, elle, ne repose plus sur une culture spécifique et sur des phases construites et apprises à l'entraînement, mais seulement sur les erreurs de l'adversaire, sur l'exploit individuel et sur les coups de pieds arrêtés. C'est ce refus a priori de privilégier la construction... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
philippraimbaud
  22 juin 2014
En ces temps d'hystérie collective autour de la Coupe du Monde, il est bon de prendre un peu de recul à la lecture de Jean-Claude Michéa.
Le football est-il imperméable aux évolutions de la société, à la vague du "tout libéralisme", à notre propension à l'individualisme ?…
Chacun trouvera ici une réflexion intellectuelle trop rare sur ce sport qui réunit les foules d'un monde dit moderne.
A lire.
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Charybde2
  14 février 2016
Incisive critique de l'économie politique, à partir de l'évolution du football depuis 30 ans.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2016/02/14/note-de-lecture-le-plus-beau-but-etait-une-passe-ecrits-sur-le-football-jean-claude-michea/

Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
hupomnematahupomnemata   12 juin 2014
On sait que la mise aux normes libérales d'un espace géographique donné (autrement dit la construction des infrastructures indispensables à l'implantation d'un mode de vie capitaliste) suppose toujours la destruction préalable de l'ancien tissu urbain et rural légué par l'histoire - à l'exception, bien sûr, d'un patrimoine muséifié destiné en priorité à la consommation touristique étrangère. Dans les conditions ordinaires, un tel travail de "rénovation" (ou de "modernisation") rencontre le plus souvent une résistance obstinée (et que les médias libéraux s'empressent de dénoncer comme "conservatrice") de la part des populations locales concernées. Or, comme Naomi Klein l'a remarquablement établi, l'un des traits de génie du capitalisme contemporain est précisément d'avoir appris à utiliser - pour atteindre cet objectif - ce qu'elle appelle la "stratégie du choc". Selon ce nouveau schéma idéologique, les différentes catastrophes naturelles (par exemple l'ouragan Katrina en Louisiane) doivent désormais être comprise comme une occasion providentielle de reconstruire dans sa totalité chaque site dévasté en fonction des seules normes urbanistiques exigées par l'accumulation du capital (processus qui, en temps normal, demanderait évidement plusieurs décennies). Toutes proportions gardées, on peut donc considérer que les grandes cérémonie mondialisées - comme, par exemple, les expositions universelles, les jeux olympiques ou, bien sûr, la coupe du monde de foot-ball - jouent à présent un rôle très similaire. Elles fournissent, en effet, un prétexte idéal (au même titre, par conséquent, qu'une catastrophe naturelle ou une guerre) pour "faire du passé table rase" et installer en un temps record - dans une région donnée du monde - certaine des infrastructures (urbanisme adapté à l'automobile, complexes hôteliers géants, centres commerciaux tentaculaires, nouveaux systèmes de transport et de communication, etc.) exigées par une économie "moderne" et "compétitive", autrement dit, capitaliste.
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hupomnematahupomnemata   13 juin 2014
Le paradoxe, c'est donc que cette réconciliation spectaculaire de secteurs toujours plus vaste du monde intellectuel et des nouvelles classes moyennes avec le sport le plus populaire de la planète (les États-Unis constituant, encore une fois, la seule grande exception à cet état de fait) aura donc commencé à s'opérer au moment précis où la pratique de ce sport se voyait elle-même de plus en plus dénaturée par sa soumission croissante à la logique marchande. Évolution que l'intellectuel marxiste uruguayen Eduardo Galeano résumait ainsi en 1995 : "L'histoire du football est un voyage triste, du plaisir au devoir. À mesure que le sport s'est transformé en industrie, il a banni la beauté qui naît de la joie de jouer pour jouer. En ce monde de fin de siècle, le football professionnel condamne ce qui est inutile, et est inutile ce qui n'est pas rentable."
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hupomnematahupomnemata   15 juin 2014
Et nombreux sont les supporters, et les dirigeants, qui préfèrent gagner sans honneur que perdre noblement.
Pepe Saria, l'avant uruguayen, racontait : "Lancer de la terre dans les yeux du goal ? Les dirigeants trouvent ça mal, quand ça se voit."
Les supporters argentins dirent mille merveilles du but que Maradona commit de la main lors du Mondial de 1986, parce que l'arbitre ne l'avait pas vu. Pendant les éliminatoires du Mondial 90, le gardien de la sélection chiliènne, Roberto Rojas, simula une blessure en se coupant au front et il fut pris la main dans le sac. Les supporters chiliens, qui l'adoraient et l'appelaient le condor, le transformèrent illico en méchant de cinéma parce que son truc avait loupé.
Dans le football professionnel, comme dans toute chose, peu importe le délit si l'alibi est bon. Prenons le mot culture au sens propre. Que cultive en nous la culture du pouvoir? Quelles peuvent être les tristes récoltes d'un pouvoir qui accorde l'impunité aux crimes de militaires et aux pillages des politiciens, et en fait des exploits?
Albert Camus, qui avait été gardien de but en Algérie, ne faisait pas allusion au football professionnel quand il disait : "Tout ce que je sais de la morale, c'est le football qui me l'a appris."
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Charybde2Charybde2   14 février 2016
Le football est-il la joie du peuple ou l’opium du peuple ?
Contrairement aux anciennes formes de domination politique, qui laissaient généralement subsister en dehors d’elles des pans entiers de la vie individuelle et sociale, le système capitaliste ne peut maintenir son emprise sur les peuples qu’en pliant progressivement à ses lois l’ensemble des institutions, des activités, et des manières de vivre qui lui échappaient encore (qu’il s’agisse, par exemple, de l’activité artistique, de l’urbanisme, de la recherche scientifique, de la vie familiale, de l’organisation du travail ou des multiples coutumes et traditions populaires).
Il aurait donc été étonnant qu’un phénomène culturel aussi massif et aussi internationalisé que le football puisse échapper indéfiniment à ce processus de vampirisation. Et, de fait, comme chacun peut le constater aujourd’hui, ce sport est devenu, en quelques décennies, l’un des rouages les plus importants de l’industrie mondiale du divertissement – à la fois source de profits fabuleux et instrument efficace du soft power (puisque c’est ainsi que les théoriciens libéraux de la « gouvernance démocratique mondiale » ont rebaptisé le vieil « opium du peuple »). Ce rappel assurément nécessaire du rôle joué par le spectacle footbalistique (et le sport médiatisé en général) dans le fonctionnement économique et idéologique du capitalisme moderne ne saurait pour autant nous conduire à légitimer les analyses mécanistes de Jean-Marie Brohm et de son école (analyses qui ne constituent, d’ailleurs, pour l’essentiel, qu’une reprise des critiques que la « gauche culturelle » américaine dirigeait, dès les années cinquante et soixante, contre l’athlétisme et le baseball). Cela reviendrait en effet à oublier que l’industrie du divertissement a toujours fonctionné selon deux lignes stratégiques distinctes. D’un côté, elle doit sans cesse inventer de nouveaux produits (par exemple la téléréalité, les jeux vidéo, Twitter, ou la musique industrielle-marchande) qui, dans leur principe même, sont entièrement (ou presque entièrement) conçus et façonnés selon les codes de l’imaginaire libéral. De l’autre, elle travaille à récupérer – c’est-à-dire à reconfigurer en fonction de ses seules exigences – toute une série d’éléments issus des différentes cultures populaires préexistantes (ou parfois même aristocratiques) qui relevaient donc, à l’origine, d’un système de valeurs entièrement différent.
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hupomnematahupomnemata   13 juin 2014
Certains - à l'image du critique américain Norman Podhoretz - ont même été jusqu'à soutenir qu'un débat entre amateurs éclairés d'un sport quelconque mobilisait d'ordinaire des critères de jugement beaucoup moins aléatoires que ceux qui interviennent, à l'occasion, lors des débats (généralement tout aussi animés) qui opposent des critiques d'art à propos de l'oeuvre de tel ou tel cinéaste ou de telle ou telle performance dite d'avant-garde. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'avais l'habitude de dire à mes élèves, en début d'année, que la lecture quotidienne de la presse sportive constituait l'une des meilleures manières possibles de s'initier aux enjeux de l'argumentation philosophique et de la dissertation.

2

Je me doute cependant que l'idée selon laquelle la lecture quotidienne de l'Équipe pourrait constituer l'une des "prières matinales" les plus légitimes du philosophe moderne risque de choquer beaucoup d'entre vous.
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Videos de Jean-Claude Michéa (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Claude Michéa
Animé par Régis Penalva, directeur littéraire de la Comédie du Livre.
« Il est aujourd?hui plus facile d?imaginer la fin du monde que celle du capitalisme. » Avec "Notre ennemi, le capital" (Climats), le philosophe Jean-Claude Michéa poursuit son travail de clarification et de démolition entrepris avec des livres aussi importants que "Orwell, anarchiste Tory", "L?Empire du moindre mal" ou "La Double Pensée". Mais est-il encore possible de « rassembler la grande majorité des classes populaires autour d?un programme de déconstruction graduelle du système capitaliste » ?
Vendredi 19 mai - Comédie du Livre 2017
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