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ISBN : 2234077419
Éditeur : Stock (20/08/2014)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Ici au moins, il est au chaud.
Ici au moins, il est payé, nourri, blanchi.
Ici au moins, il a du travail.
L’enfermement le fait souffrir certes, mais pense un peu à tous ceux qui souffrent vraiment.
Ceux qui n’ont plus rien.
Alors que toi, tu as une situation et un toit où dormir, ça n’est pas rien tu sais.
Et tu oses te plaindre.
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  03 août 2017
Un couple assis à l'avant. Lui en complet noir, elle en robe fleurie. Ce sont probablement ses parents puisque ils le disent. Elle, répète qu'il a de la chance. Qu'un boulot comme ça, ça ne se refuse pas. Qu'il sera logé, nourri et blanchi. Lui, insiste que c'est pour son bien. Qu'ils ont fait des pieds et des mains pour qu'il soit accepté à ce poste. Parce que, normalement, ils ne prennent pas les débutants. Un chemin tortueux, bordé d'arbres, mène au Domaine, un célèbre restaurant gastronomique. À peine a-t-il eu le temps de franchir le grand portail en fer forgé que la voiture qui l'a amené s'en va. L'accueil qui lui est réservé est plutôt glacial et austère. Il faut faire vite : le service du soir ne va pas tarder. On lui montre sa chambre, l'envoie à la buanderie chercher son costume, lui fait faire un tour des cuisines rapidement et lui prodigue les premières règles de base. Il ne s'attendait vraiment pas à ce genre de travail...
Denis Michelis nous plonge dans un roman pour le moins déroutant. Serveur engagé au Domaine, ce jeune homme devrait se féliciter d'avoir un tel boulot tant le monde du travail est cruel et impitoyable. Il va d'ailleurs s'en rendre compte dès son entrée dans ce restaurant. Une manager perverse, un cuisinier aux faux airs de gentil, un colocataire directif... le monde du travail est ici caricaturé, dépeint dans ses excès et ses bassesses. le personnage n'a pas de nom, ses parents sont supposés l'être et l'espace-temps est indéfinissable. L'on demeure dans une sorte de flou. L'atmosphère est pesante au possible et les personnages qui entourent le jeune homme sont d'une cruauté bestiale, sadique et retorse. Une satire sociale, certes poussée dans ses extrêmes, mais qui fait malgré tout froid dans le dos. L'écriture est directe et incisive, les phrases courtes, accentuant ainsi le rythme et la tension palpable.
Une fable glaçante et déconcertante...
Merci pour le prêt, Cécile...
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Commenter  J’apprécie          573
Ziliz
  21 juin 2017
« La situation est grave, on le répète assez comme ça. La situation est grave pour ne pas dire désespérée, le pays court à sa perte alors il devrait s'estimer heureux d'avoir trouvé un job. » (p. 22)
A qui le dites-vous, ma bonne dame, qu'un travail c'est précieux, que ça ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval ! On s'en rend compte même pour décrocher un malheureux stage ou un boulot d'été - non rémunéré, en désespoir de cause, histoire d'alimenter le CV.
« Il » s'est fait pistonner pour un emploi dans la restauration, dans un grand domaine prestigieux. Ah, « la chance qu'[il] a ! »
Mais il a peur, ce jeune homme, il est terrorisé, même. Sont-ce vraiment ses parents qui le lâchent dans cet environnement nouveau, donc forcément hostile ?
Dans le monde des adultes, comme ça, abruptement, sans filet, dans le grand bain, ils le poussent...
Le ton est donné, on se croirait dans la tête du petit Poucet, celle d'Hansel ou de Gretel.
L'angoisse grandit à mesure qu'on approche du lieu de 'détention' : « Et il voit se dessiner un grand portail en fer forgé qui ne donne aucune envie de le franchir... » (p. 19)
Ces impressions se confirment, on va rencontrer une sorcière, un ogre, des lutins malfaisants...
En donnant à son histoire des airs de conte cruel, Denis Michelis ravive parfaitement nos angoisses primaires : maltraitance, harcèlement, séparation d'avec les parents, sentiment d'abandon. Cela pour dresser un tableau très sombre du monde du travail (dérégulation, précarisation...).
J'ai retrouvé le même malaise à cette lecture que lorsque j'avais découvert vers dix ans le conte initiatique 'Blondine' de la Comtesse de Ségur (in 'Nouveaux Contes de Fées', 1856).
Un malaise identique également à celui éprouvé en prenant connaissance de l'organisation sociale au sein d'une meute de loups *, avec l'individu omega auquel personne ne portera secours, de peur de prendre sa place de victime...
Court, intense, ce roman est angoissant et triste à hurler. Grandiose ! ♥
* en visitant ce domaine en Ariège : http://www.maisondesloups.com/
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experyoshi
  26 novembre 2015
Je reviens sur Babelio pour vous présenter ma chronique sur ce livre qui m'a véritablement choquée.
En 140 pages, l'auteur raconte la descente aux enfers d'un serveur devenu souffre-douleur de ses collègues.
Le style est incisif, les scènes sont violentes. La violence physique accompagne le viol psychologique.
La scène oú l'homme est contraint de faire le service avec une muselière m'a vraiment mis mal à l'aise.
Sous la forme d'un conte cruel, Denis Michelis dépeint les travers de notre société moderne oú chacun se doit d'être le plus performant possible au détriment de la santé. Les personnages de Virge et du Chef cuistot sont d'une grande cruauté. Leur sadisme renvoit aux plus bas instincts de l'être humain. Le monde du travail est caricaturé à l'excès. L'atmosphère est pesante. On aimerait que le jeune homme s'affirme... Le domaine (restaurant du roman) est l'antre du diable, la métaphore de la dictature.
Un 1er roman superbe mais dérangeant.
Commenter  J’apprécie          200
trust_me
  07 septembre 2014
Il est assis à l'arrière de la voiture. La femme lui dit « Je suis ta mère et ce travail est la meilleure chose qui puisse t'arriver ». Il en déduit que l'homme au volant est son père. Tous deux le laissent devant les marches du « Domaine », une vaste maison bourgeoise avec une allée de gravier et, juste derrière, une immense forêt. le domaine est un restaurant gastronomique. le plus prestigieux de la région. Ses parents lui disent qu'il a été accepté comme serveur, que c'est un privilège, « presque un miracle ».
En réalité, tel le Petit Poucet, le jeune homme a été abandonné dans un milieu hostile. Dès le premier contact avec Virg, sa responsable, il se doute qu'il vient de mettre les pieds dans un nid de vipères. Ses effets personnels disparaissent mystérieusement et lorsqu'il demande à signer son contrat, on lui réplique qu'il l'a fait depuis longtemps. Commencent alors les humiliations, les engueulades et le harcèlement permanent. du simple bizutage, on passe rapidement au degré supérieur. le chef cuistot abuse de lui sexuellement et, pour mieux le faire obéir, on l'affuble d'un collier et d'une muselière. Avec cet attribut, il devient une attraction pour les clients, un phénomène que l'on vient voir de loin…
Un premier roman inclassable. Inclassable parce qu'au réalisme le plus cru, Denis Michelis a préféré une forme plus énigmatique, proche du conte fantastique. le Domaine semble être un lieu hors du temps et les personnages qui l'occupent sont désincarnés, froids et pervers. le flou temporel demeure tout au long du récit et on ne sait pas combien de jours, de semaines, de mois ou même d'années va durer la torture subie. L'escalade progressive des brimades est terrifiante, cruelle. On assiste à la construction implacable d'une victime, d'un souffre-douleur. On s'étonne du peu de réaction du pauvre garçon mais l'enchaînement des événements prouve simplement que l'« on s'habitue à tout ».
Entre Kafka et « le prisonnier », un texte glaçant.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Beathrice
  21 octobre 2014
Étrange histoire que tout ceci, car finalement, en quelques tours de plume tracés avec justesse, ce jeune journaliste n'aurait-il pas, en fait, réussi son premier coup d'essai ?
En effet, en refermant le livre, je me suis dit : "Tu as encore lu trop vite! Tu as dû décrocher et passer des chapitres sans t'en rendre compte!". Mais, en fait, cette impression qu'il manquait des liaisons entre les événements, je l'ai eue tout le long du livre. Je n'ai pas arrêté de faire des marche-arrière, buttant sans cesse sur des "coqs à l'âne". Déjà au début, de but en blanc, le jeune homme semble hors sol, hors réel, en supposant que les adultes à l'avant de la voiture sont ses parents. le livre dans son ensemble sera construit sur ce mode. Les personnages et les événements tombent, sans préparation, comme des pierres dans la soupe projetant leur présence incongrue, leur violence. Et à chaque fois, la sensation, bien réelle, que quelqu'un me frappe la tête, brusquement, sèchement. Peut être était-ce voulu ? Peut être n'étais-je pas disposée à appréhender ce type de conte ? Mais, est-ce un conte ? Peut être que le choix de ce style d'écriture de la part de l'auteur a été choisi pour souligner l'absurdité du monde du travail actuellement ? Son organisation perpétuellement au bord de l'implosion ? Sa hiérarchie où les pouvoirs se conjuguent de prétentions et d'abus ? La résignation lasse de ceux qui en sont victimes ? de ceux qui sont sensés les défendre ?
Seulement voilà, mise à part le souvenir nauséeux du personnage central, affublé d'une muselière entouré de harpies, il ne me reste pour seule sensation qu'un immense vide de sens, de sentiments, d'humains.
Et la souffrance ? Celle du héros ? Celle qu'il est sensé ressentir aux vues et regards des humiliations subies ? Rien ? Et à la fin, le jeune homme que j'appelle celui à « la chance que tu as » qui disparaît, se volatilise avec le silence cotonneux d'une averse de neige alors qu'il croise son remplaçant! C'est tout ? Trois petits tours et puis s'en vont ? Pas de trace ? Pas de crime ? Une âme sans vie est passée entre les serres du domaine ?
Ainsi, je n'ai pas aimé! Mais alors, pas du tout aimé ce que j'ai lu! Car si c'était pour me faire toucher de l'esprit « le monde comme il va », et bien l'auteur a réussi! Mes mains en tremblent encore. Je suis hors de moi!
… Et j'attends son prochain roman avec impatience.
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critiques presse (1)
LeSoir   17 septembre 2014
Le désespoir n’est pas loin, mais on peine à le partager, tant Michelis a vidé de toute substance ses personnages. Pour l’empathie, on repassera.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   22 juin 2017
Tout le monde est bien d'accord, on ne veut pas de journalistes ici, c'est la pire chose qui pourrait arriver. Qu'ils aillent déformer la réalité ailleurs ces journaleux mais pas ici, non merci.
On va le retirer de la salle, ça fait une paire d'années maintenant qu'il est au service et on est bien d'accord : il a fait d'énormes progrès.
Comme quoi la pression, ça a du bon.
Comme quoi ce sont encore et toujours les méthodes à l'ancienne qui fonctionnent.
Ils devraient en prendre de la graine tous ces jeunes arrivistes qui débarquent sur le marché du travail croyant tout savoir.
Ceux qui parlent trop, tous ces intellectuels qui ne sont pas fichus de mettre les mains dans le cambouis.
Quand on y pense, c'est vraiment insupportable.
C'est énervant à la fin.
(p. 130-131)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
marina53marina53   03 août 2017
On est bien d'accord : il a fait d'énormes progrès.
Comme quoi la pression, ça a du bon.
Comme quoi ce sont encore et toujours les méthodes à l'ancienne qui fonctionnent.
Ils devraient en prendre de la graine tous ces jeunes arrivistes qui débarquent sur le marché du travail croyant tout savoir.
Ceux qui parlent trop, tous ces intellectuels qui ne sont pas fichus de mettre les mains dans le cambouis.
Quand on y pense, c'est vraiment insupportable.
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Commenter  J’apprécie          180
ZilizZiliz   18 juin 2017
Le service commence dans quatre heures.
Tu as déjà servi, au moins ?
Elle pose la question et savoure d'avance la réponse.
Pas vraiment mais j'ai l'habitude du contact avec les gens : j'ai fait pas mal de bénévolat et du sport en équipe, j'ai l'habitude du contact avec les gens.
Ça il l'a déjà dit et il se sent à nouveau honteux, il aimerait disparaître et elle continue de le toiser comme s'il était un vieux chien pelé.
Je vois, je vois.
Et elle part dans un rire joyeux.
(p. 25)
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marina53marina53   03 août 2017
L'eau du bassin est fraîche, d'une fraîcheur délicieuse qui permet aux nénuphars de s'éployer comme jamais. Leur couleur nacrée conjuguée au vert soyeux de l'eau est tellement intense qu'elle peut, si l'on prend le temps de bien regarder, infuser légèrement la couleur du ciel.
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nathginathgi   29 juillet 2016
De toute façon que peut-il faire à part fuir, mais fuir vers où ? La route est vraiment tortueuse, ça n'est pas faute de l'avoir répété. Faites bien attention messieurs dames, un accident est si vite arrivé : voilà ce qu'il entend depuis toujours. Il serait capable de se perdre, pire : de ne jamais revenir.
Ici au moins, il est au chaud.
Ici au moins, il est payé, nourri, blanchi.
Ici au moins, il a du travail.
La muselière le fait souffrir certes, mais pense un peu à tous ceux qui souffrent vraiment.
Ceux qui n'ont plus rien.
Alors que toi, tu as une situation et un toit où dormir, ça n'est pas rien tu sais.
Et tu oses te plaindre.
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