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ISBN : 2892617758
Éditeur : Xyz (14/11/2013)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 6 notes)
Résumé :
« Je l’appelais Cravate. Le nom lui plaisait. Il le faisait rire.
[…] Dans un parc, il était le seul salaryman. Dans un parc, j’étais le seul hikikomori. Quelque chose clochait en nous. Lui aurait dû être dans son bureau, dans l’un des grands immeubles ; et moi, j’aurais dû être dans ma chambre, assis entre mes quatre murs. Nous n’aurions pas dû nous trouver ici. Ensemble, nous attendions quelque chose qui ne se produirait pas. » Un banc devient un refuge. De... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
kielosa
  23 août 2017
Hier, en faisant ma liste "Ostende" un agréable souvenir m'est tout à coup revenu en mémoire : une rencontre, justement à Ostende, en janvier 2015, avec l'écrivaine austro-japonaise, Milena Michiko Flašar. La jeune artiste était l'invitée d'un programme de télévision locale à l'occasion de la parution de son roman "Je l'appelais Cravate" en néerlandais. Pendant la pause, autour d'une tasse de café, je lui ai demandé de signer mon exemplaire et comme je lui racontais une blague charmante, j'ai eu droit à une belle dédicace plus dessin + sourire. Elle m'a, d'ailleurs, raconté qu'elle devait son prénom à son père, qui appréciait fort l'oeuvre de Milena Jesenská, un amour de Franz Kafka à qui il avait laissé, avant de mourir de tuberculose, une partie de ses papiers personnels.
Milena Michiko Flašar est né en 1980 à Sankt Pölten à 1 heure et demie de route à l'ouest de Vienne. Son père est autrichien, sa mère morte de la maladie d'Alzheimer, était une immigrée japonaise. de ce processus, elle a publié, en 2010, un ouvrage, "Okaasan, ma mère inconnue" (Okaasan. Meine unbekannte Mutter), dans lequel elle décrit le renversement des rôles entre mère et fille. Sa mère, avec son sens d'auto-discipline et -contrôle typiquement japonais, retourne en enfance et c'est la fille qui doit jouer à la mère. Je n'ai pas (encore) lu ce livre, mais les critiques en Autriche, Suisse et en Allemagne sont d'accord pour estimer qu'il s'agit d'une oeuvre émouvante et écrite dans une prose fort poétique.
Milena Michiko Flašar a fait des études de littérature comparée germanistique et romanistique aux universités de Vienne et Berlin. Lorsqu'elle n'écrit pas, elle donne des cours d'allemand à des jeunes allophones.
En 2008, elle publia son premier livre, un recueil de nouvelles avec le titre "Ich bin" (Je suis). Une histoire, écrite à la première personne d'une relation amoureuse qui touche à sa fin, ne peut être remplacée par une 'simple' amitié et se solde fatalement par une séparation et départ. Déjà l'écrivaine se fit remarquer par son écriture bien à elle : phrases courtes, imagées, comme des haïkus.
Mais c'est avec "Je l'appelais Cravate" que Milena entra, en 2012, par la grande porte de la littérature allemande en gagnant le Grand Prix Alpha en Autriche et le Prix littéraire des lycéens de l'Euregio (Allemagne, Pays-Bas, Belgique), qu'ont gagné également Delphine de Vigan avec "Rien ne s'oppose à la nuit" et David Foenkinos avec "La délicatesse". Son oeuvre fut très vite traduite en 8 langues, dont l'Italien et le serbo-croate.
En Allemagne, les critiques étaient carrément dithyrambiques, même les professionnels les plus sceptiques durent reconnaître que "par son style novateur, elle avait réussi à enrichir la langue littéraire allemande". Ce qui n'est pas de la petite bière, bien sûr !
Le jeune Kumamoto, le héros du roman, est ce qu'on appelle au Japon un "hikikomori", mot par lequel on désigne des jeunes qui ne veulent pas participer à la 'rat race' (course de rat) que leur impose la société post industrielle avec toutes ses exigences de réussite et succès et qui décident de s'isoler de cet univers ennemi. le nombre exact de ces jeunes n'est pas connu, puisque leurs familles les cachent et en ont un peu honte. Ainsi, Kumamoto n'est plus sorti de sa chambre depuis 2 ans, ne parle à personne, se désintéresse même des jeux sur son ordi et passe le plus clair de son temps à observer une fente dans le mur de sa chambre. Un jour, il décide de mettre les pieds dehors, constate que ses souliers sont devenus une pointure trop petite, se dirige en suant vers l'extérieur, où il est envahi par le bruit, le mouvement la lumière et les couleurs. En rasant les murs, il arrive à un parc, où il s'installe épuisé sur un banc à l'écart. Quelque temps après un vieux monsieur prend place d'abord en face de lui, ensuite à ses côtés. La conversation entre les 2 s'engage petit à petit, péniblement, et change d'allure, lorsque le vieux bonhomme apprend que le jeune l'a surnommé 'Cravate' , ce qui le fait rire et romp la glace entre eux.
Le phénomène des hikikomori est très bien décrit dans l'ouvrage de Michael Zielenziger : "Shutting Out the Sun: How Japan Created Its Own Lost Generation" (Éteindre le soleil: Comment le Japon a créé sa propre génération perdue).
Dans le titre de la version néerlandaise, il n'est pas question de cravate, corbata, ou necktie, mais "d'une amitié presque parfaite", sûrement moins original que Krawatte, mais plus révélateur, puisque c'est exactement ce phénomène étrange qui se produit spontanément entre ces 2 marginaux. Mais je crains que j'en aie déjà dit trop.
Je peux, en tout cas, recommander sans la moindre hésitation cette oeuvre, non pas à cause du sourire plaisant de Milena Michiko Flašar, mais pour l'originalité du sujet et surtout le style-haïku unique de sa créatrice.

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taktic66
  23 janvier 2014
J'ai adoré le style la forme et le propos. Une belle réflexion sur la vie dans son ensemble. Je me suis pris à le comparer a l'élégance du hérisson, je ne sais si c'est le propos ou le style....
Bref, un très bon divertissement.
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critiques presse (1)
LaPresse   20 janvier 2014
Le cheminement du jeune homme au mal-être palpable et le désarroi de Cravate sont réalistes sans jamais être mélos, et ce premier roman est tout aussi subtil que prenant.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
taktic66taktic66   23 janvier 2014
Nous ne sommes pas libres, tous autant que nous sommes.(...) nous sommes encore moins libres à chaque décisions que nous prenons.
Commenter  J’apprécie          30
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