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ISBN : 2864323664
Éditeur : Verdier (01/10/2002)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 31 notes)
Résumé :
" Le roi, on le sait, a deux corps : un corps éternel, dynastique, que le texte intronise et sacre, et qu'on appelle arbitrairement Shakespeare, Joyce, Beckett, ou Bruno, Dante, Vico, Joyce, Beckett, mais qui est le même corps immortel vêtu de défroques provisoires ; et il a un autre corps mortel, fonctionnel, relatif, la défroque, qui va à la charogne, qui s'appelle et s'appelle seulement Dante et porte un petit bonnet sur un nez camus, seulement Joyce et alors il ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
johaylex
  13 novembre 2011
Il est très difficile de trouver le bon angle pour parler de ce livre tant l'angle choisi par Pierre Michon est surprenant, décontenançant. de même, la nombre d'étoiles devient plus un obstacle qu'une indication sur le niveau, l'intérêt, le souffle et autres critères habituellement utilisés pour évoquer un livre.
Michon convoque ses pères en littérature afin de narrer sa transformation de Fils en Père; les chapitres évoquant le poème "Booz endormi" de Victor Hugo sont, à ce titre, d'une simplicité puissante et bouleversante.
L'effet général est assez troublant, mais en refermant ce court livre, l'on se dit qu'avec le style de Pierre Michon, la littérature peut - plus que survivre à la concurrence du cinéma ou des séries, par ses possibilités de mise en abyme et de tentatives conceptuelles intelligentes et intelligibles - sur-vivre, c'est-à-dire dépasser l'empreinte émotionnelle qu'elle peut laisser d'ordinaire sur le lecteur pour lui ouvrir un autre champ d'exploration.
A lire pour les amateurs de littérature.
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Charybde7
  26 avril 2013
« A Louise Colet, en février 1852 : "Voilà pourquoi j'aime l'art. On y assouvit tout, on y fait tout, on est à la fois son roi et son peuple, actif et passif, victime et prêtre." On est la prose de Dieu et sa dérision, la perfection et son effondrement, le livre et le contrelivre, le baiseur et le baisé, la vache et le merlin. Nul ne viendra vous prendre par derrière. On est abstrait et intangible comme la prose absolue. On est de bois. »
Pour Pierre Michon, l'écriture est sacralisée, le texte dédié au plus haut. Cinq chapitres-portraits forment le corps de ce livre, autour de deux photographies de Beckett et Faulkner, autour de Flaubert, d'Hugo et d'un auteur arabe du XIVème siècle.
« Corps du roi » nous élève dans l'essentiel, dans le ciel, le feuillage et la sève de la littérature. « le feuillage c'est le livre, le corps est de bois. »
Centre de gravité du livre, le chapitre intitulé « L'oiseau » commente la phrase parfaite d'un auteur arabe aujourd'hui inconnu de nom et de visage, Muhamad Ibn Manglî, phrase sur le mouvement du faucon gerfaut écrite en 1370 dans un traité de chasse.
« Je ne verrai jamais le visage qui fut Ibn Manglî. Je verrai le gerfaut. »
Autour d'un cliché de 1931, Pierre Michon trace un portrait mythologique de William Faulkner, figure énorme et futile comme le sont les éléphants et les grandes baleines. Ce que Faulkner regardait sur ce cliché, et qu'il regarde toujours, c'est la pesanteur de la guerre qu'il prétendait avoir vécu, la filiation, le poids de l'aïeul pesant comme un éléphant, le poids du Sud vaincu, le Sublime atteint par Faulkner, un grand rhéteur, lui-même devenu éléphant.
La cinquième séquence de ce livre, dédiée à Victor Hugo, est bouleversante, entremêlant la lecture de Booz endormi et des épisodes autobiographiques de la vie de l'auteur, la mort de sa mère, la naissance d'un enfant, la rencontre brève avec une femme et la mort d'un critique littéraire.
Un livre né de la boue et de la grandeur, enfant de ce monstre humain qu'est l'écrivain, à la fois grotesque et sublime, écrasé par la filiation des grands hommes et brièvement ressuscité par l'écriture.
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chartel
  15 février 2008
Il est possible de faire de la littérature avec de la littérature, en parlant de littérature. C'est ce que fait Pierre Michon avec "Corps du roi" , en réussissant à surprendre le lecteur, même celui qui ne le découvre pas. En effet, on ne sait jamais à l'avance ce que nous réserve le contenu de ses oeuvres. Il n'y a rien de plus enthousiasmant que de quitter le chemin tout tracé des codes romanesques pour s'engager dans un sous-bois sombre et mystérieux qui aboutira sur un petit coin sublime propre à la contemplation ou au contraire nous conduira vers un recoin désolé. Mais peu importe si la déception est à l'arrivée, ou même si le plaisir n'atteint pas au sublime lorsqu'on replie le livre, car cette contrariété nous la recherchons forcément quand nous ouvrons la première page d'un livre.
"Corps du roi" pourrait en décevoir plus d'un, puisqu'il n'y a pas de fil narratif, que Pierre Michon palabre sur ses références littéraires (Beckett, Flaubert, Faulkner) sans objectif précis, dans un semblant de déstructuration. Mais au bout du compte, c'est l'auteur qui se dessine, c'est l'écrivain qui dévoile son rapport à l'écriture et à la lecture, avec la force de sa langue, une langue qui recherche toujours et trouve souvent l'essentialité des choses.
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cathe
  12 septembre 2015
Des pages sur Samuel Beckett et William Faulkner à partir de superbes portraits, avec des gros plans sur leur inspiration et leur cigarette. Une évocation de la mort de sa mère auprès de laquelle il récite la "Ballade des Pendus" de François Villon. Des règlements de compte contre les critiques littéraires sur fond d'alcool et de "Booz endormi". Et les deux "corps du roi", le corps "mortel" et le corps "éternel" des grands écrivains, à partir du personnage de Gustave Flaubert.
Une écriture à la fois fluide et affectée mène le lecteur tout au long du livre et Pierre Michon est le guide initiatique de ces beaux récits.
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eternel
  19 juillet 2013
Pierre Michon c'est d'abord un regard.
C'est une écriture visuelle qui décrit toutes choses telles qu'elles lui apparaissent, telles qu'il les ressent et qui débride son imagination et ses neurones pour nous emporter vers son terrain de prédilection qui est de donner du sens aux choses et de leur trouver des connections improbables mais réelles et atemporelles.
L'Humain, Dieu, la Littérature sortent de ses minutieuses lignes d'écriture comme l'eau d'une résurgence.
Vive Pierre!
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
issablagaissablaga   11 mars 2015
Maurice de Guerin s'imaginait avec délice métamorphosé en arbre :
S'entretenir d’une sève choisie par soi dans les éléments, s’envelopper, paraître aux hommes puissant par les racines et d’une grande indifférence, ne rendre à l'aventure que des sons vagues mais profonds, tels que ceux de quelques cimes touffues qui imitent les murmures de la mer, c’est un état de vie qui me semble digne et d’efforts et bien propre à être opposé aux hommes et à la fortune du jour.
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dnaldnal   30 novembre 2009
Il prétend que Dieu, c'est à dire l'auteur de nous et de nos alentours, est mort avant d'avoir fini son ouvrage ; qu'il avait les plus beaux et vastes projets du monde et les plus grands moyens ; qu'il avait déjà mis en oeuvre plusieurs des moyens, comme on élève des échafauds pour bâtir, et qu'au milieu de son travail il est mort ; que tout à présent se trouve fait dans un but qui n'existe plus, et que nous, en particulier, nous sentons destinés à quelque chose dont nous ne nous faisons aucune idée.
Nous sommes comme des montres où il n'y aurait point de cadran, et dont les rouages, doués de raison, tourneraient jusqu'à ce qu'ils fussent usés, sans savoir pourquoi et se disant toujours : puisque je tourne, j'ai donc un but.
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eterneleternel   19 juillet 2013
Rendre des oracles, en effet, c'est bien la seule chose qui puisse nous faire écrire. On appelle oracle une parole au-dessus de celle des mortels, quoique énoncée en termes de mortel, qui s'autorise d'elle-même , de son énonciation, qu'elle appelle les dieux.
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YoannGYoannG   07 septembre 2012
« L'artiste parfait meurt de la beauté de son chant. » (p. 45)
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eterneleternel   19 juillet 2013
Nous passons, Dieu ne passe pas.
.......
Nous passons, l'art ne reste pas.
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Videos de Pierre Michon (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Michon
François Busnel reçoit Hubert Reeves, astrophysicien, Francis Hallé, botaniste, Stéphanie Bodet, grimpeuse, Joël de Rosnay, biologiste, et Didier van Cauwelaert. La Grande Librairie donne également la parole à deux grands romanciers, Pierre Michon, auteur de «Vies minuscules» et Jean Echenoz, qui publie «Envoyée spéciale», lors d'une conversation entre amis.
Dans la catégorie : EssaisVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Essais (404)
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