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ISBN : 2864322293
Éditeur : Verdier (01/11/1998)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Un jour où, comme à l'accoutumée, il mène glander les porcs à travers la chênaie, un jeune paysan voit un carrosse s'arrêter dans le chemin. Une fille très parée en descend et trousse haut ses jupes sous les yeux stupéfaits de l'enfant caché dans les fougères. Cette apparition éblouissante, la chair blanche et les dentelles, le pouvoir qu'ont les puissants de jouir avec arrogance du luxe et de la beauté, il va désirer les faire siens. Arraché à sa condition, il rest... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
YANCOU
  09 mai 2016
Jean-Pierre Richard* dit qu'"Il faudrait pouvoir parler, enfin, des qualités propres du texte de Pierre Michon : dire pourquoi il marche si bien, possède un pouvoir si singulier d'emportement, un tel entrain." Et c'est bien cela qui fait toute la beauté de la lecture des textes de Pierre Michon : la possession consentante du lecteur à l'emportement. Laissez-vous donc emporter dans ce très court texte aux grandes vertus. le langage y est riche et coloré, c'est la peinture manifeste d'une forêt dont l'inquiétante étrangeté me rappelle les magnifiques Études sur le vert de Ruud van Empel. Mais Pierre Michon arrive aussi, en un minimum de pages, à nous faire ressentir les différentes conditions sociales des protagonistes qui se croisent (ou s'épient) dans ce bois. Et puis il faudrait parler aussi de cette obsession pour la peinture bien sûr, souvent présente dans ses romans, incarnée ici par la présence d'un peintre, et... quoi vous dire encore ? si ce n'est de le lire, lentement et encore.
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blandine5674
  14 novembre 2017
Deuxième tentative dans l'univers de Pierre Michon dont la prestation dans une émission littéraire m'a emballée. le début s'annonçait sympa, mais vite, comme dans ‘Les onze', les mots n'arrivent pas à fixer mon attention. Décidemment cet écrivain n'est pas pour moi.
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chartel
  20 janvier 2008
L'inspiration de Pierre Michon semble venir d'une peinture, peut-être de le Lorrain, mais ne la connaissant pas je ne peux rien affirmer. Cependant, l'histoire de ce jeune porcher, gardant ses bêtes en contrebas d'un palais italien dans un cadre champêtre du XVIIe siècle, s'apparente à une divagation libre de Pierre Michon après qu'il eût vu un tableau d'époque. Mais peu importe la raison de l'oeuvre, c'est le plaisir de la découverte qui compte, car nous contemplons ici de la littérature paysage, observant, tour à tour, tous les plans d'une oeuvre picturale, tous les personnages, de sa composition à sa structure, ses couleurs et ses détails.
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eternel
  10 juillet 2013
Ce qui est bien avec Pierre Michon, c'est que ses livres sont courts et denses. de cette concision d'écriture, on pense accéder à sa pensée rapidement et, s'en féliciter. Il n'en est rien. Berné par la simplicité de son style, j'en ai perdu le fil directeur. Même en zoomant en avant ou en arrière sur l'objet de ses propos, tel le photographe (de l'ère argentique et mécanique) incapable de cibler son sujet dans son objectif, je suis au cours de cette lecture resté totalement dans le flou. Certes, la quatrième de couverture donne quelques indications qui auraient pu raviver mes cellules grises ( merci M. Hercule Poirot !), mais en fait: rien de rien. Je suis complètement passé à côté, et n'ai pas su trouver ni la concentration, ni l'imagination, ni la clé magique. « Je te maudis Pierre Michon, et tu me le rends bien. » Je vais lire autre chose de lui.
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Charybde2
  01 août 2015
L'incroyable dissection poétique des mutations d'un désir adolescent réputé socialement impossible.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2015/08/01/note-de-lecture-le-roi-du-bois-pierre-michon/

Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
YANCOUYANCOU   09 mai 2016
"Il pleut sur Mantoue. C'est une ville triste, qui a un goût de vase même quand il fait soleil. Dans ce goût je m'occupe. Où est-elle, la grande espérance qui fit que je peignis, du soleil sur la tête et dans l'âme, dans des odeurs de pins ? Où êtes-vous, petits hommes dont ma main décidait, dieux dociles, gredins à grands feutres et marins songeant, passants qui traversiez des gués ? Mais ils sont là sans doute, sous la pluie je les rassemble près des écuries, ils sentent la gnôle et le poil mouillé des chiens, mes gredins, mes piqueurs. Leur feutre dégoutte sur leurs yeux, je vois à peine les visages ; quelque chose les mange, c'est leur barbe, ou la pluie, l'angoisse du matin qui fait rentrer les loups. Celui-ci, est-ce Jean ou Giovanni ? Mais celui-là je crois bien le reconnaître, c'est Hakem : il est noir, comme de la suie. Allons, à cheval. Une fois encore agitons-nous dans la forêt, sonnons du cor et gesticulons, et que nos âmes dans nos corps exténués ce soir enfin, dorment. Ouvrez bien les yeux, mes gredins : il y a dans cette purée de pois des petites bêtes qu'on ne voit pas, et quand on les voit c'est pour les tuer ; pour les voir et les tuer on vous paie, et de ce que vous gagnez vous vous saoulez et dormez mieux. Que d'ombre autour de nous. Et autant nous portent. On dit que c'est le matin. On dit que c'est l'été, Nous galopons, cela est sûr."
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Charybde2Charybde2   01 août 2015
J’ai peint pour être prince.
J’avais peut-être douze ans. C’était le plein été, l’heure du soir où il fait encore chaud, mais les ombres tournent. Je faisais glander des porcs dans un bois de chênes vers Nemi, en contrebas d’un grand chemin ; j’avais écorcé une baguette et m’étais beaucoup réjoui d’en frapper ces grosses bêtes ineptes passant à ma portée. Je m’en étais lassé et me contentais de briser à toute volée les fougères, les fleurs hautaines du sous-bois, dont ma violence exaltait les odeurs ; j’aimais user de ce fléau. J’entendis venir de loin une voiture lourde, à petit train ; je me cachai et me tins coi : le plein soleil frappait la route et j’étais là dans l’ombre à regarder cette route au soleil, pas plus haut que la terre, invisible. À dix pas de moi et de mes porcs dans la lumière de l’été un carrosse s’arrêta, peint, chiffré, avec des bandes d’azur : de cette caisse armoriée jaillit une fille très parée qui riait, elle courut comme vers moi ; elle m’offrit ses dents blanches, la fougue de ses yeux ; toujours riant elle se suspendit à la limite de l’ombre, résolument me tourna le dos, un interminable instant elle se campa dans ce soleil marbré de feuilles où flambèrent ses cheveux, ses jupes d’azur énorme, le blanc de ses mains et l’or de ses poignets, et quand dans un rêve ces mains se portèrent à ses jupes et les levèrent, les cuisses et les fesses prodigieuses me furent données, comme si c’était du jour, mais un jour plus épais ; brutalement tout cela s’accroupit et pissa. Je tremblais. Le jet d’or au soleil sombrement tombait, faisait un trou dans la mousse.
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Charybde2Charybde2   01 août 2015
Moi, Gian Domenico Desiderii, j’ai travaillé vingt ans avec ce vieux fou. On me dit qu’il ne s’est pas encore décidé à mourir : j’entends de ses nouvelles, des louanges à son propos, et je vois de temps en temps quelqu’une de ses récentes fabriques avec les mêmes arbres, les mêmes bergeries, les mêmes palais quand le soleil se lève, et le ciel là-dessus comme un trou. La même splendeur sans doute, les mêmes merveilles. J’en ai soupé. Il n’en est pas encore dégoûté, le gros malin, le bon apôtre. Qu’il peigne encore, si ça lui chante. Qu’il se confise dans sa dévotion. Moi aussi je fus peintre, et maintenant je suis prince. Presque prince : je règne sur les piqueurs et les meutes, les équipages et la livrée, les carrosses ; je règne aussi sur les forêts ; je suis en ce bas monde connétable et videur de pots, factotum de Monseigneur de Nevers le duc Charles, qui tient Mantoue.
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GrapheusGrapheus   28 avril 2009
Une fille très parée... descend (du carrosse) et trousse haut ses jupes sous les yeux stupéfaits de l'enfant caché dans les fougères.
Cette apparition éblouissante, la chair blanche et les dentelles, le pouvoir qu'ont les puissants de jouir avec arrogance du luxe et de la beauté, il va désirer les faire siens.
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Vidéo de Pierre Michon
Le vendredi 25 mai 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr) avait la grande joie d'accueillir André Rougier en qualité de libraire d'un soir.
Il évoquait pour nous :
1. Pierre Michon, "Rimbaud le fils" (08:21) 2. Jakuta Alikavazovic, "La blonde et le bunker" (16:00) 3. Julien Gracq, "La presqu'île" (27:55) 4. Cees Nooteboom, "Le jour des morts" (38:15) 5. Claudio Magris, "Danube" (44:38) 6. Julio Cortazar, "Heures indues" (50:55) 7. Javier Cercas, "Le point aveugle" (1:08:10)
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Prénoms de grands peintres : trouvez leurs noms ! (3)

Je suis né à Paris en 1848. Chef de file de l'Ecole de Pont-Aven, inspirateur du mouvement nabi, j'ai vécu de nombreuses années en Polynésie où je suis décédé en 1903. Je suis Paul...

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