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ISBN : 2864324938
Éditeur : Verdier (18/01/2007)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 29 notes)
Résumé :
" Qu'il meure de ma main ou que je meure de la sienne, il n'assouvira pas sa faim, il n'entendra pas le mot de l'énigme ; pas plus que je ne l'entendrai, moi, Aetius. Tout cela me lasse jusqu'à la mort. Tout cela doit être. Combattons. Des chevaux galopent, des flèches passent comme un vol d'ibis. Mon casque. "
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
johaylex
  13 novembre 2011
J'ai découvert Pierre Michon il y a peu et ai lu 3 de ses oeuvres à la suite: "corps du roi", "les Onze" et donc "l'empereur d'Occident".
Pour commencer, je n'ai eu aucune lassitude à les enchaîner tant le style de Michon approche d'une perfection dont je n'avais pas idée et qui épouse à merveille le fond du roman.
Nous ne sommes pas là dans la démonstration ou la recherche technique pompeuse et m'as-tu-vu.
J'ai parfois l'impression que si l'on demandait à Michon pourquoi il écrit, il répondrait simplement "pour écrire".
Cet homme ne cherche pas à plaire, il semble juste vouloir être intelligent de façon intelligible.
"l'Empereur d'Occident" est une sorte de long poème en prose qui évoque le déclin de l'Empire Romain d'Occident, la puissance, l'eau, le rapport filial que Michon aborde toujours dans ses livres, ici par la transposition habile et érudite de la Trinité, etc...
Dit comme ça, comment trouver cela excitant et justifier les 5 étoiles ?
Et bien, parce que les images convoquées sont celles de l'héroïsme et de la nostalgie, de la grandeur déchue, de la fin de la légèreté olympienne au profit du sérieux chrétien, de l'irruption de la mort dans la mythologie: les dieux ont été tués par un dieu qui est lui-même mort.
Il n'y aura donc plus jamais de pères, il y aura la recherche d'un père qui ne sera plus jamais là.
Il faudra donc perdre de soi pour rester soi.
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chartel
  05 octobre 2009
Pierre Michon est un auteur du vocabulaire. Il aime donner vie à des mots peu usités, donnant à ces récits l'envie de les prononcer, de les parler à haute voix, donnant envie de les entendre, à la manière des recueils de poème. La musicalité de sa prose donne aussi de la matière aux paysages et aux situations décrites.
"L'Empereur d'Occident" en est un bon exemple, où l'on assiste à la rencontre d'un militaire des armées de Rome envoyé sur les côtes siciliennes pour des opérations de police avec un vieil homme vivant dans une villa isolée sur le bord de mer, face au Stromboli. Les récits du vieux sage nous font revivre l'épopée d'Alaric, celui qui fit plier la ville de Rome, celui qui alluma pour la première fois la lumière du déclin.
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JimmyCz
  10 février 2017
Texte assez petit qui narre la rencontre et le dialogue entre un décurion et un vieil homme ancien allié de l'empereur Alaric. le style est toujours génial, parfois ampoulé mais il demeure une référence de la langue française parmi nos auteurs vivants. de la poésie en prose est l'expression qui décrirait le mieux la joliesse du style de Pierre Michon. Et l'on est transporté par la musique des mots, par l'harmonie des phrases, par la fluidité du récit. Quand on lit un livre de Pierre Michon on sait d'avance que l'expérience stylistique sera extraordinaire. Mais comme dans [b]Rimbaud le fils[/b] je ne fus pas intéressé par le sujet. je n'en ai ressenti aucune déception ni aucune amertume car si un jour le sujet d'un livre de Pierre Michon s'associe à son style et que j'en fais l'expérience je toucherais alors la perfection et ce serait peut être la fin de ma vie de lecteur. heureusement Je n'en suis pas là et je peux continuer à lire et me satisfaire que tout ne soit pas parfait chez Pierre Michon. La beauté de son texte est déjà un plaisir immodéré.
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gigi55
  17 octobre 2009
L'empereur d'occident est comme un long poème nimbé d'une sensualité débordante. Il évoque l'empire romain, son déclin, Alaric et les Goths, la prise de Rome, la vie des guerriers romains et barbares, la nature puissante.
L'écriture de Pierre Michon est magnifique mais pas toujours facile, ce livre n'a que 75 pages mais elles se dégustent comme un très viel alcool qu'on ne boit pas d'une seule gorgée.
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Laureneb
  24 mai 2018
Je poursuis ma découverte émerveillée de Pierre Michon par ce long poème qui célèbre la musique, la poésie, les femmes, la Méditerranée, le vin et toutes formes de plaisir. C'est le récit d'un fils qui cherche son père, ses pères, ou son Père. Et cette quête passe par le Verbe - ou plutôt la poésie, car religion et mythe se mêlent, Homère étant le Père des poètes comme Dieu est le Père du Christ, l'Iliade et l'Odyssée étant le verbe de la poésie. Si ce rapprochement mythologie et religion - avec les controverses théologiques sur la nature du Christ - semble tout d'abord étrange, il est progressivement justifié et éclairé dans l'ensemble du texte, toujours écrit avec la langue magnifique de Pierre Michon.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
gigi55gigi55   17 octobre 2009
Il avait exercé des charges ; deux doigts manquaient à sa main droite ; il n'était plus jeune, vêtu avec une insouciance lasse, et à l'étonnement hautain des sourcils, à une lourdeur sinueuse des mâchoires sous la barbe souple,au nez trop visible, je reconnus un Levantin. Il était chauve ; il était immobile, assis. il cillait un peu pour retenir l'image d'une voile fuyante, emportée de ce-ci, de-là, sans recours s'amenuisant, vers l'île Stromboli, ou le blanc révélé du ventre des mouettes quand face au soleil elle virent de bord, se cabrent avec lenteur, s'offrent sans fin. Il voulait jouir des choses, sans doute ; il était myope. Ou eut-être ne regardait-il rien que la mer, l'étendue qu'on n'étreint pas, la trop vieille métaphore insensée.

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chartelchartel   05 octobre 2009
Nous parlions. Il parlait plutôt, avec de très longs silences, des mots soudain suspendus comme son geste, des arrêts fascinés qui nous rejetaient dans la contemplation de la mer, jusqu’à ce qu’elle devînt violette, puis noire, et qu’alors nous nous quittions sans plus de discours, à moins qu’un mot de moi n’ait relancé sa parole ténue, ce petit souffle vite perdu qui était sa vie même et la prolongeait encore une fois jusqu’à la nuit, jusqu’à ce pastiche bruissant et visible de l’invisible, du silence, et dans sa bouche que je ne voyais plus le récit de sa vie devenait la nuit même, ce chuchotement obstiné où une à une apparaissaient les étoiles. Il mentait.
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gigi55gigi55   17 octobre 2009
Le voilà mort. Tout le monde connaît la suite. On sait ce qu’il voulut, et ce qui fut fait. Un fleuve coulait là, épais, noir, dans les fonds aux forêts tombées, le Busentin : trois jours toute la Scythie éplorée, furibonde, avec des pelles, des glaives, à pleins boucliers, creusa un bief parallèle au fleuve, dans des nuées de moustiques ; toute cette armée de boue, de langues mêlées, s’enlisa jusqu’aux cuisses, dans ses casques cornus à bout de bras porta de la terre morte, brisa des chênes comme elle l’avait fait des colonnes dans les temples, et de même qu’en brisant des temples chanta des psaumes, pour un grand cadavre qui attendait, la face tournée vers les nuages ; cette armée pour qui rien de ténu ne chanterait plus, mais qui peut-être accomplissait, définitif, son plus haut fait d’armes. Et quand toute l’eau se fut en maugréant engouffrée dans le bief, quand le lit franc du fleuve fut à sec, dans cette boue où des carpes crevaient, où des racines spectrales étaient pour la première et dernière fois surprises par le jour, toute la Scythie descendit là-dedans, pataugeante, geignante et pathétique comme les légions de Germanie ressuscitées retourneraient à leurs tourbières, toute la Scythie fit encore un grand trou, y précipita les trophées pris à Rome, les dieux et les petits objets familiers qui furent chers aux Sabins, à Carthage, aux Grecs, le labarum sous quoi marchait Constantin, sept siècles de victoire, et par là-dessus enfin jeta comme un sac d’or et de pelisse le roi qui s’enfonça doucement dans de gros remous, et, ventre à l’air, disparut soudain sous les carpes. Alors, avec des psaumes accrus comme pour l’assaut final, à grands coups de glaive ou à pleines mains, la Scythie exultante rompit les digues du bief, et toute l’eau du monde, tumultueuse, sourde, passa tout naturellement sur le corps d’un principicule scythe qui avait marché dans Rome en avant des Césars. Sur cette rive je chantai, une fois pour toutes.
Pierre Michon, L’empereur d’Occident
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LaurenebLaureneb   24 mai 2018
Ce n'était pas le goût de l'or, non, pas celui des massacres, pas celui d'être le premier des vivants ; c'était cette phrase infinie qui toujours vous échappe, va ailleurs avec les nuages, ne rejoint que le cadavre ; c'était ce qui lui faisait défaut, et c'était peut-être le monde. Pour ce gouffre, je jouais de la lyre.
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marsu2012marsu2012   09 décembre 2010
Ce livre décrit la vie d'un chef barbare qui participa à la chute de Rome.

Ce récit court est totalement descriptif. Et bien qu' il y ait du lyrisme dans la narration, les phrases longues et l'abondance de points virgules m'a heurté.

Le ton m'a paru monocorde car toutes les descriptions sont traitées avec la même importance : la couleur du ciel ou la mort d'un héros.

Au final, un livre qui m'a échappé, où je n'ai pas tout compris. A relire ...peut-être à haute voix.
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