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ISBN : 2266186353
Éditeur : Pocket (13/10/2011)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 45 notes)
Résumé :
La révolution gronde aux portes de Nouvelle-Crobuzon. Le gouvernement se fait de plus en plus répressif, l'économie est en plein chaos, et ses habitants luttent pour survivre. Bientôt, un complot est mené pour assassiner le maire, protégé par la Milice aux pouvoirs surnaturels. De son côté, un groupe de rebelles décident de trouver le maître des golems, Judas Bezalle, et le mystérieux Concile de Fer, un train mythique qui traverse les contrées désertiques loin de la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Walktapus
  22 février 2016
Après une baffe, comment structurer une critique ? Comme des chandelles qui tournent autour de la tête.
Le plus surprenant dans cet univers, c'est la juxtaposition de l'incohérent avec le cohérent, d'une imagination sans limites avec le rappel de la dure réalité. D'un côté l'exubérance et le côté catalogue de la Redoute d'un Monster Manual de Donjons & Dragons. de l'autre la crise économique, les inégalités sociales, le pouvoir, la révolution, la guerre, traités de manière impitoyable. C'est la première fois (dans mes lectures) que l'engagement politique de Miéville transparaît autant dans un de ses romans.
Le résultat est unique. Pour moi l'impression de réel l'emporte, malgré les oh ! et les ah ! continuels. Comme si l'ancrage fort dans une réalité inspirée de l'Europe du 19e siècle permettait en contrepartie toutes les audaces.
Et des audaces, qu'il y en a ! Après sept cent pages, dans un troisième tome, on aurait pu croire que l'univers était posé, l'invention tarie. Pensez donc !
Le Concile de Fer emprunte à la fois au Western et à la Commune. Imaginez des hybrides à vapeur enfonçant des traverses de chemin de fer et des hommes-cactus combattant sur les barricades. Des paysages surréalistes et des scènes de combat hallucinantes.
Il y aussi la volonté d'enterrer les clichés d'un genre. Pouvoir oppresseur, héros homosexuels, guerre sans héroïsme, grève des catins.
Et toujours ce style épais, texturé de mots rares ou nouveaux, exigeant parfois, mais tellement adapté au sujet.
A la différence des deux premiers tomes, la construction ici, est ambitieuse, avec de très nombreux personnages, deux actions parallèles qui se rejoignent et de très longs flash-backs. Certains effets auraient pu être mieux réussis, ou mieux préparés. D'autres sont assez soufflants !
Après la parenthèse de Scarifiés, le Concile de Fer clôt la trilogie commencée avec Perdido Streeet Station en revenant à New Crobuzon. Il s'est passé plusieurs décennies. Il n'y a pas de personnage commun (sauf clins d'yeux), juste l'histoire de la ville et de ses luttes. Les univers de Miéville sont urbains. Ses héros sont des villes. Est-ce qu'il n'écrit pas, toujours, sur Londres ?
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kedrik
  18 janvier 2012
Le Concile de fer, donc. Comment le définir ? C'est de la weird fantasy jaurésienne. Une histoire prolétaire avec des communards, un animateur de golem, des catins décaties, des miliciens serviles, un pseudo-dieu oublieux, des militants qui basculent dans la lutte armée, une ville qui se déchire, une course en avant… bref c'est un mouvement social qui dépasse l'entendement. Une grève qui devient mythique et qui inspire les générations suivantes. le tout vécu de différents points de vue à des moments différents. Et comme toujours avec Miéville, c'est d'un foisonnement incroyable : on croise des créatures étranges, des praticiens bizarres, des races méconnues. Pris isolément, chaque élément semble improbable, mais tout s'emboite au quart de poil de cul près. Pour rendre tout cela possible, il n'y pas seulement une imagination débridée, il y a une langue qui fait feu de tout bois sans jamais faiblir. le lecteur est canardé, assiégé par la narration de Miéville qui canonne sa mitraille linguistique à chaque page. Ce n'est pas toujours limpide, ce n'est pas le genre de livre qu'on lit fatigué pour se vider la tête. Ça demande de l'attention et de la persévérance.
Car comme à chaque fois avec cet auteur, les premiers chapitres m'ont déstabilisé. Il me faut toujours un temps d'adaptation avant de retrouver le rythme miévillien. J'ai du me faire violence pour dépasser les 50 premières pages exigeantes. Mais une fois mon souffle retrouvé, quel voyage ! Des quartiers sordides de Nouvelle-Crobuzon aux terres étranges où se cache le Concile, c'est un tel dépaysement. Ce n'est pas la resucée d'un énième truc fantasy : c'est vraiment nouveau. Bizarre. Mais doté d'une vie propre, d'une logique interne. Et le pire, c'est que Miéville ne perd jamais de temps à expliquer son univers : tout va de soi, ça s'explique tout seul avec le temps. Des mots qui entrent en collision pour donner des néologismes auto explicatifs. Il fait vivre sa création en emportant le lecteur avec lui. Ça pue, ça colle aux doigts et c'est assourdissant. Et c'est surtout passionnant.
J'ai vu dans ce Concile de fer une allégorie de ce Mai 68 qui hante chaque début de commencement de prémices de contestation. Alors qu'on ne semble pas foutu de se mettre d'accord sur ce que l'on exige et qu'on a du mal à s'unir pour défendre le bien commun, j'ai vu cette quête du Concile comme une nostalgie socialiste. L'éternel espoir que ça serait possible. Parce que dans le temps, ils faisaient trembler le monde en exigeant des congés payés. le Concile de fer, c'est un petit peu le Midnight Express : l'espoir qu'il existe un moyen de sortir de cette impasse.
Pour finir, je tiens une fois de plus à saluer le travail de traduction de Nathalie Mège. Chapeau bas, madame.
Lien : http://hu-mu.blogspot.com/20..
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Nausicaah
  28 novembre 2018
Le concile de Fer est une pépite de China Miéville. A la lecture, on ne fait même plus attention au support, au livre lui-même, tellement le lecteur est aspiré par le récit.
China Miéville écrit de la weird fiction, un genre aux frontières de la SFFF, que peu d'auteurs explorent et pourtant un genre atypique et très intéressant à lire. L'écriture de China Miéville est reconnaissable entre toutes, lui seul sait manier le vocabulaire de cette façon, à tel point que sa traductrice est régulièrement récompensée pour son travail (et ayant déjà essayé de lire un de ses livres en VO, j'ai vite compris). le vocabulaire, les tournures de phrases, le travail sur l'univers, ... Tout cela fait du Concile de Fer un livre à part. Et mon préféré de l'univers de Bas-Lang!
Le scénario est très politisé, on se retrouve dans un monde cruel, sale, transformé, abîmé par l'homme dans lequel diverses races vivent ensembles. C'est une rébellion que le lecteur va suivre, une comme on n'en imagine pas tous les jours et qui dispose d'un outil incroyable, un train qui peut aller n'importe où (ou presque).
On retrouve, comme dans la plupart des livres de Miéville une grande part de critique de la société (lui-même étant engagé politiquement) notamment sur les disparités et les inégalités sociales.
Et comme presque tout ces livres, la fin est... difficile à décrire sans dévoiler plus, mais ce n'est pas une fin spécialement heureuse. Rien que pour les conclusions de ces romans, Miéville est un maître de l'écriture!
Cependant, la lecture n'est pas facile et China Miéville ne plaira pas à tous, loin de là! Ce n'est pas le genre de livres que l'on peut lire d'une traite, mais plutôt petit à petit, car il est indéniablement difficile, même pour les grands lectures!
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Davd
  15 mai 2012
Un livre-monde mêlant la Fantasy au Steampunk avec une certaine dose de politique (China Mieville est un membre actif du parti trotskiste anglais si je ne m'abuse).
La Nouvelle-Grobuzon est une ville-état, cosmopolite, étrange, superbe et misérable dans laquelle le prolétariat urbain souffre de la crise économique, de la guerre avec la mystérieuse Tesh et s'organise.
C'est l'Angleterre du XIX, les USA du chemin de fer et de la conquête de l'Ouest, le Paris de Napoléon III et de la Commune, le totalitarisme du XXème siècle avec "la Milice", police politique du pouvoir, mâtiné de savoirs thaumaturgiques, de golems et de Lib-recrés, bagnards sadiquement "modifiés".
Mièville fait se rencontrer Marx, J.London, Jules Verne et Tolkien. Ces héros sont faibles, plein de doutes, amoureux, dogmatiques, désenchantés, frondeurs, manipulés et mortels. Rien ne leur sera épargné par Baragouin.
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rotsenamrub
  02 septembre 2018

Je ne connais pas le texte anglais et je ne me risquerai pas à le tenter tant la version française, que je suppose fidèle à l'esprit de l'originale, est riche dans la surenchère lexicale, baroque dans l'accumulation des descriptions et époustouflante d'imagination et d'originalité dans sa capacité à échafauder un univers à la fois déroutant et presque familier.
Ce souffle épique, cette verve, cette logorrhée emportent le lecteur à la limite de l'asphyxie à la manière, et dans un tout autre genre, d'un Zola dans "La faute de l'abbé Mouret".
Au final, j'avoue à regret que, si j'ai aimé retrouver ici l'univers si particulier de Perdido Street, le style aussi virtuose soit-il a fini par me fatiguer au sens littéral du terme.
J'avais éprouvé le même sentiment après la lecture de "La horde du contrevent" de Alain Damasio, sentiment de me trouver devant quelque chose de riche et complexe mais auquel je reste hermétique.
Un peu comme ces grands vins dont je reconnais la qualité à la dégustation mais qui m'indiffèrent, ne correspondant pas à mon palais.
Je salue le travail des auteurs mais ils ne m'ont pas vraiment emporté.
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critiques presse (1)
Elbakin.net   12 août 2015
Fantasy sociale, politique, intelligente et fantasque, à la structure assurément ambitieuse et complexe, bien que pouvant paraître décousue, Le Concile de fer ressort assurément grandi d’une relecture tenant en haleine le lecteur voyant les pièces s’imbriquer inexorablement vers une fin restant dans les mémoires.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
WalktapusWalktapus   28 janvier 2016
Judas Bezalle semble traîner le marais derrière lui, le scarifier d'un large sillage. Il a de la chance que les mâles et les femelles reproducteurs de ce petit le laissent l'accompagner, car à chacun de ses moments de marche, il attire l'attention de choses qu'il est préférable d'éviter. Caïmans et constrictors noirs doivent tenir son passage pour celui d'une bête blessée.
La communauté élancière a toléré, voire ouvert les bras à Judas, grâce à la fois où il a sauvé deux jeunes de la charge d'un prédateur des palus. Attiré par sa propre présence, il en jurerait encore aujourd'hui, mais l'animal a dévié vers les deux petits qui, lorsque la bête gluante de bourbe s'est dressée en sifflant pour attaquer, se sont pétrifiés. Leurs glandes camouflantes ont sécrété leurs thaumaturgons, leur donnant soudain l'apparence de souches d'arbres au lieu d'enfants muets, mais la bête était trop près pour que ça la dissuade.
Intrus singulier dans la quiétude obscure du bayou, Judas a hurlé, cogné son bâton contre son bocal à spécimens. Impossible qu'il ait fait peur à cette chose - un amalgame immense d'otarie, de jaguar et de salamandre doté de collerettes palmées, qui aurait pu lui briser le crâne -, mais il a semé le trouble dans son esprit. Elle est repartie, en se forant un chemin sous l'élodée.
Depuis lors, depuis que les deux enfants qu'il a sauvés sont rentré ventre à terre au village psalmodier le récit de leur aventure dans une cavatine conçue à la hâte afin d'en accentuer la véracité, on tolère Judas.
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WalktapusWalktapus   26 janvier 2016
Dans cet ultime village désert, l'immense Cactus leur parla de lui. Il était djai'unt - ce que tous ensemble ils parvinrent à traduire par retardé.
Une anthropofloristique ésotérique faisait conserver aux Cactacés du veldt quelques-uns de leurs bulbes, qu'ils maintenaient dans le coma plusieurs mois après la date où ils auraient dû naître. Tandis que leurs frères et soeurs rampaient par terre en braillant, les djai'unt tardifs continuaient de dormir et de grandir dans leur chorion. Leurs corps se distendaient pendant que les techniques occultes les empêchaient de naître. Lorsqu'ils s'éveillaient pour émerger enfin, ils étaient monstrueux. Et prodigieux.
Leur déviance était douloureuse, leurs os ligneux, gauchis, leur peau, d'écorce, et bouillonnant d'excroissances. Ils souffraient sous l'effet de leurs sens élargis. Ils constituaient les gardiens, les combattants vigiles de leurs villages. Ils étaient tabous. Proscrits et révérés. Ils n'avaient pas de prénoms.
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WalktapusWalktapus   27 janvier 2016
A quelques kilomètres. Une chélona. Aux pattes de titan étalées, au plastron aplati par terre. Ses vastes flancs formaient un monticule. A mi-hauteur, des noeuds de kératine travaillés sur des générations afin de fournir des surplombs et des tours, les murs d'un village d'écaille. L'immense tortue mesurait plus de cent mètres de long. Au fil des siècles de son existence, elle avait agrégé sur son dos ce bourg de saillies successives. Les excroissances cassantes de sa carapace avaient été cultivées et modelées pour former des blocs, des pyramides, des flèches aux surfaces et aux volumes imparfaits, transpercés de fenêtres, des beffrois reliés par de ponts de corde, parcourus par des rues et des tunnels en corne. Tout : sol, murs, ouvertures, tout était formé de cette écaille mouchetée. La chélona, morte, se consumait. (...)
A sa base, grouillant : des place fortes sur roues et sur chenilles, des pièces d'artillerie mobiles - un corps expéditionnaire de Nouvelle-Crobuzon. Les équipages montaient deux nashorns. Les capitaines, enfouis dans les sièges incurvés situés derrière la tête, s'agrippaient aux commandes suturées directement sur les ganglions des rhinocéros
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WalktapusWalktapus   19 février 2016
Un hybride, un requin-baleine distendu par la thaumaturgie au point d'atteindre une taille de cathédrale. Une peau varicée par des tuyaux de métal plus épais qu'un homme. Des ganglions protubérants pareils à autant de prolapsus veineux. Des nageoires grosses comme des barques, s'agitant sur des charnières huilées. Une rangée de cheminées dorsales fumant blanc. La gueule du poisson avait dû s'ouvrir dans un grincement d'industrie, ancrée par des chaînes, façon pont-levis, tandis que le rebord de la mâchoire inférieure descendait, laissant émerger les miliciens de Nouvelle-Crobuzon lancés à la poursuite du Concile.
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WalktapusWalktapus   15 janvier 2016
Leur chef marchait d’un pas traînant. Cutter crut d’abord qu’il était monté sur une sorte de bête mutante sans yeux puis il vit que le torse de l’homme était suturé sur un corps de cheval, à l’emplacement de la tête. Mais, avec le caprice et la cruauté des biothaumaturges d’état, le tronc humain faisait face à la queue du cheval, comme s’il était assis sur une monture à l’envers. Ses quatre pattes de cheval se frayaient un chemin en une prudente marche arrière, sa queue se balançant.
(trad walkt)
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