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ISBN : 2266269275
Éditeur : Pocket (13/10/2016)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Perdue aux confins du vide sidéral, Arieka est une petite planète qui vit en vase clos, à l'écart de toutes les routes commerciales connues.
À sa surface coexistent des humains et des autochtones extraterrestres, les Ariekiens, que l’on appelle aussi « les Hôtes ». Mais seuls quelques humains génétiquement modifiés peuvent communiquer avec ces derniers. Ils forment ainsi une sorte de caste à part, et se font appeler « les Ambassadeurs ».
Un système a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Musardise
  01 mars 2019
Ah, ah, ah, Légationville ! Voilà un sacré challenge pour une critique ! Déjà que mes relations occasionnelles avec les romans de China Miéville me donnent l'impression de jouer aux montagnes russes (j'ai détesté Kraken, puis vraiment aimé The City & The City), mais dans ce cas précis, je dois dire que j'ai été particulièrement déconcertée à plus d'un titre. Ce bouquin a failli avoir raison de moi, comme l'avait fait Kraken. Parce que ne rien comprendre à ce qu'on lit pendant environ 75 pages, c'est tout de même assez décourageant, et c'est en gros ce qui m'est arrivé. 75 pages durant lesquelles on nage dans le flou le plus complet, dans lequel il est question d'un vague concept nommé immer, qui a rapport avec une forme de voyage (et de mal d'immer, oui, oui, oui, même si c'est pas dit texto), et qui, finalement, n'a pas une énorme importance. 75 pages bourrées de néologismes plus incompréhensibles les uns que les autres, ou vaguement compréhensibles mais pénibles tellement ils vous submergent. Je comprends bien que Miéville, dont le sujet entretient un lien étroit avec la linguistique, et un lien encore plus étroit avec l'étude transdisciplinaire du langage (bien que ce soit plus complexe et précis que ça, en fait), ait voulu pousser la chose jusqu'à inventer des mots spécifiques qui se rapportent à une monde spécifique, monde qui n'est pas le nôtre. Mais trop c'est trop, et tous ces néologismes gâchent la lecture au lieu de la rendre plus alléchante. Donc, je me suis demandé à plusieurs reprises si je ne devais tout bêtement laisser tomber ce bouquin jusque-là insupportable de forfanterie langagière. Mais ce sujet du langage me taraudait, et ce malgré le fait que je n'ai jamais brillé - et c'est rien de le dire - dans cette discipline qu'est la linguistique.
Donc... Donc j'ai persévéré, et j'avoue que vers la pages 75 (comme vous l'aviez compris, j'imagine), j'ai commencé à trouver tout ça plus lisible, même si j'avoue que quelques détails m'ont un peu titillée, comme le fait que China Miéville confonde les phonèmes et les morphèmes (un des trucs de base qu'on apprend en linguistique, et que je ne développerai pas de peur de vous faire fuir). Sur le coup, j'ai eu très peur, je sentais un truc à la Premier contact de Denis Villeneuve, quand le militaire va voir la linguiste, lui fait écouter des sons incompréhensibles pour l'appareil auditif humain et lui demande "Qu'est-ce que vous comprenez ? Combien sont-ils ? Que disent-ils ?" Passons. On se rend vite compte, malgré les défauts du livre et, notamment, des débuts, que Miéville s'est beaucoup plus renseigné sur son sujet que Villeneuve (qui tenait pourtant un très bon pitch, misère).
Et pour le coup, je vais être obligée de rentrer dans le vif du sujet, ce qui n'est pas simple (ne vous fiez pas à la caricaturale quatrième de couverture). Légationville est une ville insérée dans une ville, ou plutôt une ville collée à une autre ville, tout ça n'étant pas extrêmement clair. Je me suis d'ailleurs dit : "Ça y est - oui, j'ai un peu passé mon temps à ça au début -, il nous refait le coup de The City & The City version SF. Sauf que non. Sauf que oui, un peu, puisque lorsqu'on parle ville, et surtout villes accolées, on parle forcément politique. Sauf que le sujet principal est d'abord ailleurs : c'est celui du langage. C'est là que Miéville s'est montré très ambitieux, s'inspirant (comme mentionné à la fin du roman), des travaux d'Ivor Armstrong Richards, de Paul Ricoeur et de Tran Duc Thao, qui ont notamment travaillé sur la question de la métaphore et du langage du réel. Je ne m'aventure pas plus loin dans ce domaine, que je ne maîtrise pas du tout, et j'avoue bien volontiers que je n'ai pas lu les travaux de ces chercheurs. Ce que vous avez besoin de savoir, c'est qu'à Légationville, des humains qui parlent anglo-ubique, c'est-à-dire le même type de langage que nous, côtoient plus ou moins la population indigène, non humaine, qui les ont accueillis sur leur territoire : les Ariékans (appelés par les Légationvillois les "Hôtes"). Or les deux populations sont incapables de communiquer, et pas seulement parce que les Ariékans possèdent deux bouches et prononcent deux expressions à la fois. le langage ariékan, appelé la Langue, ne supporte pas le symbolisme. Pas de métaphores possibles en Langue, et donc impossibilité de comprendre le langage humain qui, lui, repose sur la symbolique. Et si les humains sont capables de décrypter plus ou moins la Langue, si certains d'entre eux sont capables d'énoncer des phrases en Langue, l'inverse n'est pas vrai et, surtout, l'incompréhension mutuelle est de toute façon totale. Toute l'histoire, centrée sur un personnage d'immerseuse humaine (quelqu'un qui voyage dans l'immer sans vomir), racontée avec des allers-retours permanents entre l'avant et l'après (un événement particulier faisant office de coupure), est donc l'histoire de l'évolution de la Langue et des rapports entre les humains vivant à Légationville et leur "Hôtes".
Vous comprendrez donc, peut-être, pourquoi je n'ai pas lâché l'affaire, après tout. J'ai commencé par "Oh non, c'est chiant, c'est illisible, c'est prétentieux", en passant par "Ah, mais ça commence à se lire mieux, là", jusqu'à "Oh, mais comment va finir tout ça ???" Je ne regrette pas cette lecture, même si j'ai traîné pas mal dessus au début, parce que j'ai apprécié l'ambition du roman, le mal que s'est donné Miéville pour construire un roman qui se tient sur un sujet épineux, parce qu'il est finalement autant question de politique que de langage, parce que j'ai été finalement happée dans le combat d'Avice, l'héroïne, et parce que c'est pas souvent qu'on nous parle de linguistique et de langage dans la fiction (Épépé étant un modèle du genre).
Oui, mais... Mais c'est long. Vraiment long. Un sujet pareil demande certes d'être développé, mais tout de même... On aurait pu se passer de tas de détails, voire de passages entiers. Je crois que Miéville s'est un peu trop complu à s'étaler sur plus de cinq cents pages. Et je ne suis pas complètement convaincue qu'il maîtrise complètement son sujet (contrairement à Karinthy avec Épépé, justement) ; soit c'est moi qui suis passée à côté de certaines explications sur le langage, le réel et les métaphores, soit elles étaient un peu légères et la solution d'Avice sur la fin un peu facile.
Toujours est-il que je suis contente, non seulement d'être arrivée à bout d'un roman avec lequel ma relation avait tourné dès le départ à la confrontation hostile, mais aussi d'avoir découvert une oeuvre qui, si elle n'est peut-être pas tout à fait à la hauteur de ses ambitions, m'a valu de bons moments, et que je n'oublierai pas. Voilà qui donnerait presque envie de lire tous ces travaux de chercheurs sur le langage, mais... il y a peu de chances que j'aille jusque-là !
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Walktapus
  22 mars 2016
Légationville, première bouée SF de Miéville, petite colonie située au fond d'un cul-de-sac de l'immer, bulle d'air dans un océan alien, organisée autour de la problématique de la communication avec les Hôtes, dont la physiologie bizarre, les moeurs ou la techno biotique ne sont rien en termes d'étrangeté, comparés à leur mode de pensée et à leur langage.
Légationville, où l'on peut devenir élément constitutif d'une langue, où le mensonge, l'insincérité, la métaphore, toutes choses banales par ailleurs, peuvent devenir des enjeux majeurs de civilisation, de religion ou de santé publique.
Légationville est une réflexion sur le langage (inspirée par les travaux de Paul Ricoeur notamment), mais toujours sous-tendue d'une (discrète) trame politique et éthique, d'une réflexion sur l'atérité, d'une vraie histoire à enjeux, de la description d'un univers de space opera et d'un monde à la biologie autre.
Ce n'est pas une lecture très facile, entre les néologismes, la construction assez compliquée, et la logique typiquement miévillienne qui justifie des éléments purement surréalistes.
Légationville est ébourrifant d'originalité, mais malgré tout ça, je me suis ennuyé. La faute à une narration que j'ai trouvée très monotone, inutilement confuse au début, et qui ne met pas ses personnages en valeur.
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Le_chien_critique
  16 mai 2017
Légationville ou l'Apocalypse selon Mieville.
China Mieville se lance dans le planet-opéra, avec un soupçon de space-opera et de roman apocalyptique, le tout agrémenté de hard SF, du moins dans sa composante "science molle". Autant vous le dire de suite, ce n'est pas le genre de roman qu'on lit à la plage ou après une dure journée de labeur. China Mieville a des multitudes d'idées, de l'intelligence à revendre (et de gros muscles aussi, je vous l'accorde) et il nous le démontre ici. Trop ?
Une planète Ariéka peuplée par de gentils et intelligents Ariékans, les Hôtes, qui ont bien voulu prêter un bout de leur territoire aux post-humains. Particularité de ces Hôtes, ils sont très différents de tout ce que la post humanité connait comme différents types d'extraterrestres. Des corps changeants, fluctuant avec des ailes : l'une pour l'ouîe, l'autre pour le toucher, deux bouches pour parler un langage non symbolique. Donc, pas de rayon imaginaire dans leurs librairies !
Des centaines d'années à essayer de les comprendre et de communiquer avec eux. Comme toujours dans les grandes avancées scientifiques, c'est le hasard qui a mis sur la voie les savants. C'est parti donc pour élever des jumeaux clonés et augmentés parlant d'une seule pensée : les Légats. Pas des plus simples à mettre en oeuvre. Problème, même si la communication fonctionne, elle reste difficile à appréhender, langage non symbolique oblige. Vous voulez une idée de cela peut donner :
"Le corps et/ou le cerveau de nos Hôtes sont-ils troublés par des entités biologiques envahissantes, ou par une réaction allergique devant un facteur environnemental ? Voilà ce qu'ils ont demandé, ai-je appris par la suite. Puis, plus exactement : s'est-il produit quelque chose qui affecte vos grandes capacités ?
Autrement dit : Ça va ?"
En outre, ils ne savent pas mentir, alors que c'est le sport mondial des humains, post ou pas. L'ambiance dans les soirées est donc très loin d'un samedi soir en compagnie de Patrick Sébastien.
Et pour finir, pour arriver sur cette maudite planète, il faut traverser l'espace via l'immer, une nouveauté cosmologique qui donne le "mal d'immer" (humour british) dont seul quelques personnes savent traverser.
Questions styles de vie, ces fameux Ariékans ne font pas non plus les choses comme tout le monde : l'air de leur planète est impropre à la vie humaine. Leur technologie est constitué de vivants et de technologies avancées: la biotique; leurs habitations, champs et industries sont vivants. Toutes ces technologies échangées avec la race humaine qui en est devenue dépendante pour survivre sur cette planète. Et malgré une communication balbutiante, les chercheurs ne comprennent rien à leur mode de vie, leur ordre social, leur société. Au temps dire que c'était bien plus simple à l'époque de Christophe Colomb où il suffisait de mettre en place des massacres et de l'esclavage pour parler interculturalité. Tout fout l'camp.
Ajouter à cela des enjeux de pouvoirs, les relations coloniales.
Bref, un joyeux bordel qui se complique par l'arrivée d'un nouveau Légat EzRa qui va foutre une sacré pagaille.
Voici la version courte, celle de China prend 250 pages et vous plonge en plein imaginaire débridé, de concepts nouveaux, de néologisme. Ajouté à cela les notions de Langage, de Pouvoir, de symbole. La langue comme asservissement. Voilà, c'est grand, c'est monstrueux, c'est ... Mais qu'est ce que c'est aride. L'univers y est déjà difficile d'accès, l'auteur en rajoute en complexifiant, artificiellement à mon sens, son récit par des trames temporels différentes et imbriquées.
Dans la premiers moitié du roman, nous restons dans l'enclave qu'est Légationville. La deuxième nous permet d entrer plus profondément dans la cité et la planète ariekane.
Cela s'accélère aussi, l'intrigue prend le pas sur l'univers et l'"essai" sur la Langue. Mais du fait d'une narratrice qui n'attire pas la sympathie, l'empathie, difficile d'immerger pleinement dans le récit. Mais tout s'éclaire, l'aridité de certaines pages trouvent enfin leur explication. Démonstration réussie. Mais c'est un roman que je voulais lire, pas une thèse !
L'inventivité, l'imaginaire de l'auteur sont toujours présents, à chaque instant, certains détails architecturaux ou biomécaniques feront penser à son premier roman Perdido Street Nation. Les mots inventés pullulent, de magnifiques trouvailles tels les "paroliques", le turingiciel (un grand bravo à la traductrice, j'espère qu'elle a été payé à la hauteur de son travail)
Brillant certes, Qui restera graver dans me mémoire sûrement, mais un plaisir de lecture presque absent.
Quand à savoir pourquoi j'ai sous titré ce roman Légationville ou L'apocalypse selon Mieville, il vous faudra le lire.
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ACdeHaenne
  01 janvier 2016
Sur la planète Ariéka, l'air s'avère toujours irrespirable pour les Humains. Ils y ont pourtant créé un comptoir commercial, Légationville, une sorte d'enclave alimentée en oxygène. Les Ariékans – que par respect on nomme les Hôtes – et les Humains semblent cohabiter en paix. Cette race extra-terrestre a la particularité de posséder deux bouches, qu'ils emploient en même temps pour parler. de plus, le mensonge leur est inconnu et les métaphores, incompréhensibles. Afin d'entrer en communication avec eux, les Humains ont développé des paires de clones vivant en symbiose, les Légats. C'est alors qu'un Légat totalement atypique est envoyé du Brémen, avec pour mission d'imposer les nouveaux plans de la capitale. Les conséquences de cet acte sont incommensurables...
Comme beaucoup, j'ai découvert China Miéville avec Perdido Street Station. C'était il y a huit ans à présent et je pense que je ne m'en suis toujours pas remis, tant ma lecture de ce roman hors normes, m'a bouleversé. Pour tout dire, je me souviens même du lieu où je l'ai lu, que dis-je, où je l'ai littéralement dévoré, ne parvenant pas à me détacher de cet univers fascinant. Par la suite, je n'ai réalisé qu'une unique nouvelle incursion dans l'oeuvre de l'auteur anglais, grâce au numéro 53 de la revue Bifrost. Une nouvelle très intéressante mais qui m'avait un peu déçu parce qu'elle ne me replongeait pas dans l'univers de Nouvelle-Crobuzon (la ville tentaculaire créée par Miéville), ce qui est normal puisque China Miéville est un écrivain qui se renouvelle à chacun de ses romans, changeant de genre à chaque fois. C'est peut-être pour cette raison (je le découvre en écrivant ces lignes) que je ne me suis jamais remis à lire du China Miéville – un homme remarquable, que j'ai eu la chance de rencontrer une fois, en 2010 aux Utopiales de Nantes, et avec qui j'ai eu l'immense privilège de discuter de littérature, un peu, et de politique, beaucoup. Et puis, grâce à Babélio, lorsque l'occasion m'a été offerte de me replonger dans l'univers baroque de l'écrivain d'outre-manche, j'ai foncé !
C'est peu de dire que ce Légationville n'est pas d'un abord aisé. Il m'a d'ailleurs fallu plusieurs dizaines de pages avant de bien saisir les tenants et les aboutissants de cet univers particulier, qui m'a semblé très original. Avec China Miéville, les idées fusent, les néologismes abondent et les mots-valises propres à un univers de science-fiction s'avèrent nombreux. Il faut d'ailleurs tirer un sacré coup de chapeau à la traductrice attitrée de Miéville, Nathalie Mège (qui avait reçu en son temps un G.P.I. de la meilleure traduction pour Perdido Street Station, amplement mérité à mon humble avis) ; elle réalise ici un boulot remarquable et il me semble important de le signaler.
Si d'aucuns peuvent reprocher à China Miéville cette surabondance de termes nouveaux et de concepts originaux, je trouve pour ma part qu'elle sert au contraire son récit, en particulier l'idée principale qui fait office de colonne vertébrale du roman, la linguistique. Ce n'est pas pour rien que l'exergue de ce livre est une citation de Walter Benjamin et qu'à la fin des remerciements on trouve des noms tels que Paul Ricoeur ou I.A. Richards. Par définition, la communication entre des Humains et une race extra-terrestre forcément différente (sinon, l'intérêt serait limité) est difficile, voire impossible, surtout lorsque les E.T. en question possèdent deux organes de la parole qu'ils utilisent en simultané. Les échanges verbaux sont d'autant plus compliqués quand les Hôtes créés par Miéville ne comprennent qu'un seul niveau de langage, leur interdisant des notions telles que le mensonge ou la métaphore. À moins bien sûr de créer des intermédiaires, ces Légats qui donnent leur nom à la ville-enclave sur Ariéka.
Seulement voilà, China Miéville ne s'arrête pas là. Son récit fourmille d'idées qui tournent autour du langage et de la communication (possible/impossible ; entre Humains et E.T. donc, mais aussi entre les Humains eux-mêmes). Et la plus folle de toutes peut-être, c'est de rendre un grand nombre de ses extra-terrestres totalement drogués. Quelle est la source de leur addiction ? Des mensonges. Aussi incongrue que cela puisse paraître, cette idée fonctionne parfaitement, d'autant qu'elle est exploitée jusqu'au bout. Jusqu'à l'os, pourrait-on dire.
Même si parfois la surabondance de concepts, de mots nouveaux et de péripéties toutes plus échevelées les unes que les autres peut nuire à la clarté du récit de China Miéville, il n'empêche que ce Légationville est une grande réussite. Riche et généreux, c'est un roman qui se mérite mais qui, au final, ne déçoit pas. Je suis d'autant plus ravi d'avoir été choisi à l'occasion de cette opération Masse Critique (merci à Babélio et aux éditions Fleuve Éditions) qu'il m'a permis de retrouver l'un des plus grands écrivains anglais de ces quinze dernières années. J'y reviendrai, forcément.
Lien : http://les-murmures.blogspot..
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MarieC
  28 décembre 2015
De la part de l'auteur de Perdigo street station, je n'attendais qu'un chef d'oeuvre... Et c'est presque ce que j'ai reçu dans ma boite aux lettres, grâce à l'opération Masse Critique de Babelio, et aux éditions Fleuve Noir, merci à eux !
Le roman est ambitieux : il s'agit à la fois d'un roman dont le personnage principal (le titre l'indique) est une ville, enclave humaine aux confins de l'univers et une démonstration par le récit sur les possibilités et limites du langage.
Car la planète Ariekan est peuplée par une race intelligente, qui a développé à l'extrême la biotechnologie et un système de communication très particulier. le langage n'y a aucune valeur symbolique. Pour être compréhensible chaque concept doit être énoncé par deux parties d'un même esprit, et correspondre à une réalité concrète. Les habitants de Légationville ont donc crée des clones, éduqués spécialement pour communiquer avec les ariekans. Mais cette belle harmonie s'effondre quand la planète-mère veut tester un nouveau système de communication...
Le roman s'avère donc de lecture assez complexe. Dans la première partie, l'auteur nous immerge dans son univers, en nous jetant directement à l'eau. La narratrice procède par allusions, utilise un vocabulaire local sans en donner tout de suite les clés... Un régal, mais qui nécessite un peu d'attention ! La seconde partie, plus linéaire, met en scène de très nombreux personnages, et des concepts et théories sur le langage assez abstraits. le rythme en pâtit parfois, malgré l'intérêt du sujet, et la fin du roman est un peu rapide.
A ces quelques réserves près, ce livre est un très grand roman de science-fiction, et une réflexion passionnante sur l'altérité poussée à l'extrême, lorsque la communication n'est même pas possible... Passionnant, donc mais pas de lecture facile.
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critiques presse (1)
Actualitte   01 juin 2017
Tissant une intrigue profonde et haletante, Légationville, le plus ambitieux roman de China Miéville à ce jour, réussit le pari fou de mêler linguistique et aventure, science-fiction et philosophie, tout en portant en creux un message d’espoir pour aujourd’hui et les siècles à venir.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Le_chien_critiqueLe_chien_critique   16 mai 2017
Nous ne sommes pas les personnages d’une légende, Avice. Un instant de maladresse et le Capitaine Cook vexe ces cons d’indigènes ? Un mot de travers, ou on tient mal sa cuillère sacrée et hop, au poteau de torture ? Vous ne vous êtes jamais fait la réflexion que c’est d’une vanité rare ? Toutes ces histoires censées être des mea culpa sur notre insensibilité aux autres cultures, zut, on a dit un truc qu’il fallait pas… en réalité, elles mettent surtout l’accent sur le ridicule de la réaction disproportionnée des autochtones. (Il a rigolé, secoué la tête.) Voyons, nous avons dû commette des MILLIERS d’impairs de cet ordre au fil des années. Réfléchissez. Exactement comme nos visiteurs à nous, quand ils nous ont rencontrés, sur Terra. Or, pour l’essentiel, nous n’avons pas déliré, non ? Les Ariékans – comme les Kedis, les Shur’asi, les Cymar et tout ce que vous voudrez – sont parfaitement capables de faire la part des choses entre une insulte volontaire et un quiproquo. Derrière ce genrede mythe autour d’un débarqué qui aurait incarné la première fois un dieu de paix, puis la seconde un dieu de guerre, il y a… des pillages et des coups de canon. Croyez-moi. C’est mon boulot.
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MusardiseMusardise   20 février 2019
Malgré leur dressage, les médicaments, la liaison et les coercitions, certains n'avaient tout simplement jamais possédé l'empathie nécessaire pour feindre de faire esprit commun, n'étaient jamais restés que deux sosies. Beaucoup relevaient de la maladie mentale, à des stades divers. En dépit d'un potentiel théorique en Langue, ils étaient instables, vindicatifs, mélancoliques. Dangereux. Certains pensionnaires devaient leur folie au clivage. Eux, contrairement à Bren, n'avaient pas réussi à survivre à la mort d'un double. C'étaient des demi-êtres brisés.
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MusardiseMusardise   18 février 2019
- Tu sais ce qu'est la Langue pour eux, a dit Bren. Ce qu'ils entendent à travers les mots. Alors, s'ils perçoivent des termes qu'ils comprennent, ils savent qu'il s'agit d'une parole, mais fracturée. Les Légats parlent avec une unité empathique, c'est notre boulot. Seulement, quand cette unité est à la fois présente et absente... (Il a marqué un silence.) C'est une impossibilité. Tel que ça se présente sous cette forme-là. Une impossibilité qui les grise. Du coup, ils en deviennent accros. C'est une hallucination, c'est-là-et-pas-là, et cette contradiction les fait planer.
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MusardiseMusardise   16 février 2019
L'esprit des Hôtes était indissociable de leur langage double. Ils ne pouvaient apprendre d'autres idiomes ni percevoir leur existence, ni même s'imaginer que les bruits que nous leur adressions étaient des mots. Un Hôte était incapable de comprendre quoique ce soit qui ne fût énoncé dans la Langue par un énonciateur donné, armé d'une intention précise, et d'une cervelle. Voilà pourquoi ces premiers défricheurs LACeurs avaient pataugé. Quand leurs machines parlaient, les Hôtes n'entendaient que des aboiements sans signification.
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ACdeHaenneACdeHaenne   20 décembre 2015
J'avais vu des cités creusées dans la roche, une planète sillonnée d'un réseau de villes linéaires tel un filigrane, des endroits secs à l'air irrespirable, et des ports et des escales dont je ne pouvais rien dire. Certains, indépendants. La plupart, libres ou pas, appartenaient au Brémen.
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Videos de China Miéville (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de China Miéville
Non sous-titré.
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