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Laurence Campbell (Illustrateur)Christopher Mitten (Illustrateur)
ISBN : 1506708145
Éditeur : Dark Horse (30/07/2019)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
The finale to B.P.R.D., Hellboy, Abe Sapien, Liz Sherman, and the rest of the bureau face off against one of their oldest enemies in the last battle to save the world.

One enemy leads to another as the B.P.R.D. finds themselves up against something--and someone--even more sinister than they believed, and Christopher Mitten draws the origin story of one of the B.P.R.D.'s most mysterious foes.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  24 septembre 2019
Ce tome fait suite à B.P.R.D.: The Devil You Know Volume 2 (épisodes 6 à 10) qu'il faut avoir lu avant, et c'est le dernier de la série. Il contient les épisodes 11 à 15, initialement parus en 2019, coécrit par Mike Mignola & Scott Allie, dessinés et encrés par Laurence Campbell, avec une mise en couleurs réalisée par Dave Stewart. Christopher a dessiné et encré 11 pages de l'épisode 11. Mike Mignola a dessiné et encré 13 pages de l'épisode 15. Sur une page, sont listés tous les créateurs (scénaristes, dessinateurs, encreurs, coloristes, lettreurs et responsables éditoriaux) ayant travaillé sur la série. Il comprend également 13 pages de travaux préparatoires.
À Guriev dans le Kazakhstan, en novembre 1912, Yuri et sa fille Varvara veillent sur Zoya, l'épouse de Yuri, malade et alitée. Elle revient sur le père biologique de leur fille : Rasputin à qui elle avait indiqué qu'elle était enceinte en octobre 1905, dans le palais du prince Georges Maximilianovitch de Leuchtenberg (1852-1912). Rasputin l'avait repoussée sans reconnaître sa future paternité. Yuri décide d'emmener femme et fille au nord de Zavodoukovsk en Sibérie qu'ils atteignent en janvier 1913. Rasputin regarde sa fille sur le pas de la porte, et provoque la mort de Yuri sous les yeux de sa fille et de son épouse. Leur cheval meurt quelques heures plus tard, et Zoya rend son dernier soupir. Varvara est prise en charge par un homme qui passe par là. Au temps présent, dans le sud de Manhattan, Rasputin a acquis une stature géante et des énergies magiques tourbillonnent autour de sa silhouette. Il se déclare être le Dragon, et en appelle à Ogdru Jahad et à Sadu-Heim et ses cohortes. Il invoque Adad-Jahad, Amon-Jahad, Namrat-Jahad, Beuu-Jahad, Nergal-Jagad, Irra-Jahad, Nunn-Jahad. Plusieurs monstres surgissent à Manhattan, les êtres humains se transforment en créatures monstrueuses.
Hellboy se souvient de l'individu encapuchonné qui lui disait qu'il restait deux choses à faire et que dès le départ ce devait être Hellboy. Les flots se déchaînent et balayent les rues. Abe Sapien tente de sauver les agents du BPRD les plus proches de lui. Ted Howards exécute de grands moulinets avec son épée bifide pour tenir les monstres à l'écart des agents du BPRD. Dans le ciel, Liz Sherman incinère des créatures volantes. La voix de Rasputin tonne et annonce que le temps de Ragna Rok est advenu. le vaisseau du BPRD se pose dans la rivière et les agents y montent pour se mettre à l'abri, avec Hellboy, Liz Sherman, Abe Sapien, Ted Howards. Herman von Klempt se tourne vers Rasputin pour lui parler : il se fait incinérer sur place. Dans le vaisseau, le personnel médical vient s'occuper des blessés.
La fin d'une époque. Hellboy est apparu pour la première fois en 1993. La série BPRD a commencé en 2002, et a compté 162 épisodes, réalisés par plus de 80 créateurs, rassemblés en 34 recueils, ou 10 omnibus, sans compter les autres séries dérivées. Dans son texte d'une page de postface, Mike Mignola indique que Rasputin évoquait déjà Ragna Rok dans la première minisérie d'Hellboy, et qu'au fil des 2 séries principales Hellboy et BPRD, il a mentionné cette fin du monde à plusieurs reprises, car il savait que ce serait le terme de ces histoires débutées il y a 25 ans. S'il a lu les 2 premiers tomes de cette dernière série du BPRD, le lecteur a bien compris vers quoi elle s'achemine : c'est la fin, ou plutôt une fin. Il sait également qu'il va assister à l'affrontement final entre Rasputin et Hellboy. Par contre, il ne sait pas comment il va se dérouler et quelles en seront les conséquences. Mike Mignola clôt son récit de belle manière. Il tient la promesse d'un combat final, sans se défiler, sans faux fuyant. Il achève son cycle en tenant également les promesses du titre de ce tome. Laurence Campbell réalise les quatre cinquièmes des dessins, avec une approche descriptive, des traits d'encage soit fins soit appuyés, des aplats de noir significatifs, sans essayer de singer l'abstraction de Mike Mignola. Dave Stewart utilise une palette de couleurs crépusculaires, plombant l'ambiance pour la marquer du sceau de la fin du monde. Les destructions sont massives et à l'échelle planétaire. La mort fait des ravages parmi les êtres humains, et dans les rangs du BPRD. Fin…
Dans la postface, Mike Mignola confirme qu'il reste encore quelques histoires à raconter dans les années ayant précédé celle-ci et que peut-être… Mais le lecteur sait bien que ce genre de promesse a peu de chance d'être tenue, les créateurs passant généralement à autre chose après avoir consacré autant d'années à imaginer, développer et faire vivre un univers aussi riche. de ce point de vue, le lecteur en a pour son argent : ils sont tous là, enfin tous ceux qui sont encore en vie. Alors que Rasputin déchaîne les monstres, le scénario fait le tour du monde, ou du moins des sites emblématiques de la série, et le lecteur peut avoir un dernier aperçu de Maggie et sa mère, du professeur James Henry O'Donnell, et de beaucoup d'autres jusqu'à la dernière séance du Club Osiris. Il a ainsi l'impression de pouvoir faire ses adieux à de nombreux personnages dont il découvre le sort.
Mike Mignola et Scott Allie font même beaucoup mieux qu'une simple tournée d'adieux. Alors qu'il pensait avoir tout saisi des mystères principaux de la série, le lecteur découvre que les auteurs en lèvent encore beaucoup, avec une efficacité impressionnante, et un impact inattendu en cette dernière heure. le principal exemple est le prologue de 11 pages consacré à Varvara. le lecteur s'était habitué à cette créature ayant la forme d'une jeune fille avec une robe blanche d'un autre âge, disposant de capacités démoniaques. Christopher Mitten avait déjà illustré Rasputin: The Voice of the Dragon. Il réalise des dessins assez détaillés pour donner une consistance suffisante à la reconstitution historique, et l'irrégularité de ses traits de contour produit un effet inquiétant adapté à la présence continue de la mort. le lecteur découvre qu'il y avait encore des choses à savoir sur Varvara et que son rôle important n'était pas fortuit. de même la localisation de l'endroit où s'est installée Maggie prend tout son sens dans la perspective ouverte par un développement du récit. le lecteur sourit en voyant que Cavendish Hall trouve aussi sa place. Il ne s'agit pas d'un plaisir intellectuel né de la satisfaction de voir toutes les pièces du puzzle s'assembler à la perfection. Cela tient plus de voir que les choses ont du sens.
Par la force des choses, ce tome parle plus aux lecteurs de longue date, et encore plus à ceux qui ont tout lu. Ce n'est qu'à cette condition que le lecteur peut identifier les 2 fantômes dans les ruines de Berlin car Mignola et Allie préfèrent montrer que nommer explicitement tous les personnages apparaissant. Par exemple, le lecteur de passage risque de ne pas comprendre la page de l'épisode 14 montrant des extraterrestres dont le visage ressemble à Abe Sapien dans un vaisseau spatial. Toute remonte au 23 décembre 1994, lors de la venue sur Terre d' Hellboy, dans sa première minisérie Seed of Destruction (1993). Mais le lecteur patient et impliqué avait dû attendre jusqu'en 2017 pour découvrir le comment de l'apparition de cet extraterrestre dans The Visitor: How and Why He Stayed, de Mike Mignola, Chris Roberson et Paul Grist. Oui, Mike Mignola a soigné son final et a prêté une attention aux détails, faisant la preuve de son implication totale dans cette saga de 25 ans.
Le lecteur découvre avec plaisir qu'il s'est impliqué jusqu'à dessiner les 13 dernières pages du dernier épisode. Comme il avait dessiné les 3 premières pages de l'épisode 6 pour la résurgence d'Hellboy, il dessine lui-même la fin de la série. le lecteur retrouve ces images inimitables où l'artiste joue l'épure jusqu'à la frontière de l'abstraction, et Dave Stewart utilise des aplats consistants pour habiller ces formes dépouillées. Dès la première page, Mignola joue avec des cases presqu'entièrement noires, avec juste une poignée de particules flottant au vent, ou tombant, comme s'il ne restait qu'un tout petit peu de cendres paresseuses, prêtes à cesser tout mouvement, succombant à l'entropie finale. Hellboy semble presque taillé dans la pierre, avec une peau donnant l'impression d'être en vieux cuir fatigué, commençant à craqueler. Dans la cinquième page, le lecteur contemple le feu se propager, évoquant les énergies crépitantes dessinées par Jack Kirby. Par la suite les épaules tombantes d'Helllboy prennent tout leur sens : il est réduit à l'état de témoin impuissant, sa force ne lui étant d'aucun secours, d'aucune utilité. Puis le lecteur retrouve le sens du contraste de Dave Stewart : l'opposition entre le rouge vif de la lave et le noir massif de la roche. Les 3 dernières pages transcrivent avec conviction l'apparence primitive du monde et l'élan émotionnel d'une créature emblématique. le lecteur referme le tome le coeur serré de voir cette épopée se terminer, mais aussi comblé par le soin apporté à ce final.
Ce dernier tome clôt en beauté une saga déroulée sur 25 ans, dans 2 séries principales Hellboy et BPRD. Mike Mignola a pris le temps nécessaire pour mener à son terme cette histoire mythologique, fidèle à sa vision de départ, habitée par des individus inoubliables (si seulement il lui restait encore une histoire de Roger l'homoncule à écrire…), peuplée de créatures fantastiques, traversée par un destin inéluctable et une mélancolie poignante.
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