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EAN : 9782505072577
64 pages
Éditeur : Dargaud (07/06/2019)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 37 notes)
Résumé :


Sur le front allemand, au printemps 1945 : la guerre ne laisse que mort et destruction dans son sillage. Pour échapper à l'horreur du présent, Al, soldat américain, seul rescapé de son unité, se plonge dans les souvenirs de sa vie new-yorkaise.

Fils d'immigrés allemands, né aux États Unis, il n'a pas dix ans quand, en une nuit, sous l'oeil satisfait de ces Américains anti-étrangers, il perd ses parents et son foyer dans un terrible inc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Bdotaku
  15 juin 2019
En 1945, sur le front en Allemagne, un jeune G.I erre au milieu des corps de ses camarades et se souvient de son enfance new-yorkaise. Fils d'immigrés allemands, le jeune Altenberg s'est brusquement retrouvé orphelin à dix ans, en 1929, quand sa famille a péri dans l'incendie des baraquements du Lower East Side qui leur servaient de logements.
Pour survivre, il devient« bootblack », cireur de chaussures, dans un pays en pleine dépression. Il grandit en compagnie de Shiny, un autre enfant des rues en admirant sa belle voisine Maggie la fille du fruitier d'à côté qui l'ignore car ils ne sont pas du même monde. Quand, en 1935, les deux garçons font la connaissance d'un jeune pickpocket, Joseph « Diddle » Bazilsky, al qui se fait désormais appeler al Chrysler, décide de s'associer avec lui pour sortir du bourbier et conquérir sa belle…
Après son superbe diptyque Giant qui racontait la vie des ouvriers immigrés « célibataires économiques » qui bâtissaient les gratte-ciels new-yorkais dans les années 1930, Mikaël poursuit cette geste avec une seconde histoire en deux volumes. Il ne s'agit pas vraiment d'une suite mais on y trouve des rappels de l'histoire précédente : ainsi, al et son camarade Shiny apparaissaient en figurants dans le tome 2 de Giant et indiquaient au mafieux Frankie et à son homme de main Vito où se trouvaient leurs protégées et l'on retrouve également le duo de malfrats dans ce nouvel ouvrage ; de même l'un des migrants de Giant racontait l'histoire du petit garçon devenu muet après avoir assisté à la mort de sa mère renversée par un tramway et ce petit garçon, William alias Buster, occupe une place clé dans ce 1er tome de Bootblack puisqu'il fait partie de la bande des « loups de l'East river » que dirige Al.
Mais, là où Giant s'appuyait sur une photo célèbre « Lunch at top of a skyscraper », allant jusqu'à en retracer la genèse imaginaire avec le personnage de la photographe, Bootblack s'ancre davantage dans notre imaginaire collectif et notre représentation des années 30 et de la grande pomme façonnée par des références plus cinématographiques. On retrouve ici, en effet des clins d'oeil à Des hommes sans loi de John Hillcoat mais surtout à l'épopée de Sergio Leone Il était une fois en Amérique : le voisin des parents d'Alterberg s'appelle Bercovicz comme le personnage de Max dans le film, les adolescents épient les danseuses du club d'à côté par une fente dans la cloison comme David (De Niro) espionnait Deborah et surtout l'album raconte également la naissance d'une amitié et d'une rivalité amoureuse en se situant au même endroit, le quartier de Fulton Market près de L'East river.
Mikael utilise enfin, comme le cinéaste, une narration éclatée qui mélange les époques (1945, 1929, 1935) et donne une véritable originalité et son album. En effet, il met ainsi en place une redoutable mécanique narrative. Un peu à la manière du choeur antique au début de la Machine infernale de Cocteau, le protagoniste dans le cadre désolé de la guerre, nous avertit dans son récitatif que tout finira mal. Dès lors la tragédie n'a plus qu'à se dérouler sous nos yeux. Ainsi, chaque fois que dans l'adolescence du héros, l'espoir naît et l'optimisme prend le dessus (dans une palette de jaunes mordorés ou de vieux rose dans les pages consacrées à Maggie), on observe un retour au vert de gris et aux fonds blancs de la guerre en 1945. Ces couleurs vertes « contaminent » d'ailleurs les pages-paysages de New-York et en font une vaste prison et un champ de bataille par avance. Dans Giant, on « côtoyait les nuages » et il y avait de nombreuses scènes en intérieur. Ici tout ou presque se passe dehors ; nombre de plans sont à hauteur d'homme ou plutôt à ras de trottoir.
La magnifique couverture en témoigne d'ailleurs puisqu'on y observe un enfant à genoux, véritable esclave moderne, travaillant pour un salaire de misère (indiqué en gros : 10 cents). Il a le regard baissé, des souliers crottés, évolue dans un environnement insalubre (pot d'échappement, papiers gras, humidité) dans une antithèse parfaite avec l'adulte aux chaussures rutilantes et à la grosse voiture occupé à lire son journal. le côté écrasant de New-York, « la monstrueuse cité » (p.8) se retrouve dans la contre-plongée sur les immeubles et surtout dans le reflet sur la flaque d'eau : il n'y a aucun horizon au propre comme au figuré.
Alors que Giant se déroulait de façon linéaire et adoptait un rythme lent propice à narrer le quotidien répétitif et désabusés des ouvriers ; celui de Bootblack est plus trépidant, plus saccadé à l'image de ces jeunes gens qui veulent croquer la vie et croient encore au rêve américain. Il y a davantage de violence avec l'évocation des gangs et des rivalités ethniques et l'on passe de la chronique sociale du premier opus au thriller. Grâce aux flash-backs et aux ellipses, on est, enfin, souvent dans l'implicite. le lecteur doit être aux aguets, attentif aux moindres détails et élaborer des hypothèses pour résoudre des énigmes pour l'instant sans réponse : qui est ainsi l'homme mystérieux à la Rolls-Royce qui fait surveiller al par son chauffeur ? La Margaret des dog tags des scènes d'ouverture et de clôture est-elle la Maggie du héros ?
On retrouve ainsi dans ce deuxième diptyque de ce qui s'annonce comme « la trilogie new-yorkaise » de Mikael la même signature graphique (les noirs profonds, l'encrage brut et brossé, les magnifiques camaïeus de couleurs et les cadrages cinématographiques) mais ce dernier est davantage abouti que Giant dans sa construction narrative et surtout dans le portrait de personnages moins manichéens et plus fouillés : que ce soient Al, Joe ou encore Maggie tous sont porteurs de secrets et de contradictions.
Une vraie grande réussite !
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Commenter  J’apprécie          30
umezzu
  25 mars 2020
Cette BD en deux tomes a été grandement appréciée par des amis proches, au point qu'ils ont encadré des posters reprenant la couverture. Effectivement les couvertures sont magnifiques. le contenu m'a moins convaincu.
Le récit tourne autour de gamins des rues new-yorkais, juste avant la seconde guerre mondiale, tentant de survivre en enchaînant les petits boulots, comme cireur de chaussures (« Bootblack »), le vol à la tire ou les combines au service de la pègre. L'auteur évoque aussi les oppositions entre nouveaux arrivants et ceux nés aux USA, qui ont déjà oublié que leurs parents ont fait le même voyage une génération plus tôt. L'histoire est entrecoupée de scènes des derniers mois de la deuxième guerre mondiale, là où le jeune Altenberg (« Al ») finira GI. Cette construction ne se justifie guère : elle n'apporte pas de rythme et casse le récit.
Le graphisme est réussi, la colorisation fade contribue à l'univers miséreux d'un New-York éloigné des buildings. Mais l'ensemble n'est pas marquant. Peut-être que le tome 2 sera plus tranchant ?
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Commenter  J’apprécie          130
fannyvincent
  22 novembre 2019
Orphelin, al est devenu, dans le New York des années 30, celui de la grande dépression, un bootblack, un cireur de chaussures. Mais al et ses compères veulent fuir leur vie de misère, et vont employer tous les moyens pour y parvenir. Car, en s'enrichissant, al veut aussi séduire la belle et secrète Maggie. Une destinée qui mènera al jusqu'aux champs de bataille en Europe, en 1945...
J'avais déjà beaucoup apprécié "Giant", du même auteur. On retrouve la touche de Mikaël dans ce nouveau diptyque, ce dessin précis, cette vision à la fois réaliste et pleine d'humanité de cette fascinante ville qu'est New-York. L'histoire possède certes son côté sombre, ses épisodes dramatiques, mais également des moments plus légers, à l'image de cette jeunesse guère aisée, mais tellement pleine d'energie et d'ambition. La couverture, toute en symétrie, est sublime, il faut le relever. J'ai hâte désormais de découvrir le second volet de Bootblack...
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gyselinck_dominique
  14 juin 2019
Quand on est gamin, il y des endroits, des périodes et des situations à éviter.
Déjà rien qu'individellement, cela peut parfois se rapprocher de l'enfer mais quand on cumule, cela peut donner des situations assez... insurmontables.
New York, 1929, en pleine crise économique, une famille allemande, entassée dans un claque de plusieurs dizaines d'étages, et qui à la suite d'un incendie, laisse leur jeune fils, Al, orphelin et à la rue.
Avouez que le départ n'est pas mal...
On va tout doucement évoluer dans le temps et connaître les traffics en tout genre, la corruption à tout-va, les mafias "locales", issues de chaque ethnies en fait, et le tout sur fond de montée du nazisme et des relents d'une guerre qui, si elle n'est pas encore déclarée, reste dans l'air et bien perceptible.
Al Chrysler, de son nom tout fait pour être un vrai américain est ce jeune garçon qui va connaître les tumultes de la rue, s'amouracher d'un amour impossible, pour se retrouver dans une galère encore bien pire : sur le terrain des opérations militaires, en Allemagne, face à un ennemi aux abois et au bord de la rupture.
Magnifique album, et vite la suite (et fin !!)
+ Lire la suite
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Shabanou
  30 octobre 2019
BD
"Bootblack" de Mikaël (56p)
Ed. Dargaud.
Bonjour les fous de BD...
J'avais découvert Mikaël avec l'excellente BD " Giant" , et c'est avec plaisir que je me suis plongée dans ce premier tome de " Bootblack".
Les "bootblack" ce sont les jeunes gamin qui, pour 10 cents, cirent les chaussures des nantis.
1945.
Nous suivons Al, fils d'un immigré allemand, et sa bande de petite frappes.
Pas évident de faire son trou quand on dort à la belle étoile, qu'on ne fait que cirer les chaussures ou de petits chapardages.
Mais l'appât du gain est le plus fort et "Al" risque d'y perdre sa liberté tant revendiquée.
Tout aussi excellente que les BD précédentes, nous nous plongeons dans cette Amérique de la fin de guerre.
Graphisme bien maîtrisé.
Texte impeccable.
Vivement la suite .
Commenter  J’apprécie          30

critiques presse (5)
LaPresse   19 septembre 2019
Une bonne histoire soutenue par des dessins de grande qualité, qui charrient des émotions fortes. Déjà hâte de lire la suite.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Actualitte   09 août 2019
L’auteur, Mikaël, nous plonge dans une époque pas facile, la prohibition. Il nous raconte un petit bout d’Histoire magnifiquement illustré.
Lire la critique sur le site : Actualitte
BDZoom   17 juin 2019
En 64 pages d’une intrigue documentée, Mikaël sait rendre l’atmosphère des rues new-yorkaises, baignées des vicissitudes et de la sombre tonalité figurée par Sergio Leone dans « Il était une fois en Amérique ».

Lire la critique sur le site : BDZoom
BDGest   14 juin 2019
Est, Bootblack dépeint avec lucidité, mais sans montrer ce que la misère peut produire de pire, cette frange de l’Amérique laborieuse qui à défaut de s’enrichir, s’essaye à se reconstruire une identité, un avenir.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario   25 avril 2019
L'intrigue est solide et très documentée [...] Le dessin de Mikaël est toujours aussi surprenant. Comme dans Giant, il donne une magnifique vision de New York et grâce à ses couleurs, il parvient à nous plonger dans l'ambiance de ses rues, avec ses petits commerces et ses trafics.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
BdotakuBdotaku   16 juin 2019
Chacun à notre façon on essayait tous de ne pas rester l’estomac vide trop longtemps. Mais ce n’était plus suffisant… Maggie avait raison : dans cette fichue ville, il n’y avait d’avenir que pour ceux qui voyaient plus loin… plus grand, plus haut surtout … pour ceux qui avaient les poches plus lourdes que les miennes (Al Chrysler, p.17)
Commenter  J’apprécie          00
fannyvincentfannyvincent   22 novembre 2019
Depuis ce jour-là, cette nuit-là, je me suis fait appeler Al. Juste Al.
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Au cœur de la planche avec Mikaël (Bootblack)
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