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ISBN : 2213017107
Éditeur : Fayard (10/01/1986)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Je suis Milarépa, le meilleur des yogis.
Je suis celui qui pourchasse le visage des apparences,
Celui qui accueille tous les souhaits.
Je suis un yogi sans opinions,
Celui qui ne s'empresse jamais, quoi qu'il advienne.
Je suis le renonçant sans vivres,
Le mendiant sans possessions,
Le vagabond nu.
Je suis celui qui a vaincu toutes les pratiques,
Je demeure ici mais n'y réside pas,
Je sui... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Ledraveur
  26 mars 2015
La traduction des « cent mille chants » par Marie-José Lamothe des tribulations de Milarépa* dans un Tibet médiéval fin XIe et début XIIe siècle, est pour nous une pure merveille !
Il se dégage de cette hagiographie force et vitalité mêlées d'un espace de fraîcheur dû pour l'essentiel au style épuré de la narration et des envolées lyriques des “dohas”**.
Dans ce premier tome est narré la rencontre décisive de ce qui deviendra “le fils de coeur” du Jetsun Milarépa tout au long de sa vie, Dordjë Drak ou Rétchoungpa, alors adolescent. Les démêles hauts en couleurs de celui-ci avec sa parentelle pour suivre Milà-djé sont cocasses ; il est vrai qu'être adolescent au Tibet rural, à cette époque qui plus est, n'avait que peu à voir avec notre monde d'adolescent occidental actuel !
Dans ce premier volet déjà à travers ses “dohas”, Milarépa campe une position sans concession envers “le bonheur des pervertis” (ou samsara) et des moeurs villageoises de ses contemporains assez frustres. Sa “compassion” semble rude et exigeante, à la dimension sans doute des mentalités épaisses, et comportements rotors... ! En outre son passé sociétal sombre l'ayant entraîné vers des crimes passionnels familiaux de vengeances, ceci dans des “pratiques sulfureuses” très obscures et meurtrières, son zèle à promouvoir la “libération dans l'ainsité” n'était que d'autant plus forte, il savait de quoi il parlait !
-------------
* “bonne nouvelle”
** poèmes mystiques tibétains chantés
Lien : http://camisard.hautetfort.c..
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
LedraveurLedraveur   26 mars 2015
Milà à Shiwa Öd :

« Je salue les excellents Lamas !
Grande est la grâce, de la miséricorde de la lignée de la pratique.
Grand le pouvoir des instructions de Marpa et Milà*,
Grande l’endurance de Shiwa Öd dans la méditation !
Les messagères aiderons vite à la réalisation.

Parvenu au bout de tes expériences, ô fils,
Ne prononce pas d’arides leçons,
Pratique la doctrine avec impartialité.
Ne recherche pas l’assentiment des hommes,
Erre dans les vallées désertes et les ermitages.
Évite les mauvais serviteurs,
Attache-toi (?) à la solitude.
Oublie le désir d’agir en “Lama”,
Médite et pratique l’humilité.
N’attends pas le signe de pouvoirs miraculeux,
Jusqu’à la mort reste imperturbable.
N’étudie pas les métaphores et la rhétorique,
Mais les instructions de la transmission orale.
Si pour toi tu recherches un profit,
Abandonne les discours creux,
Médite avec dévotion ! »
* note p. 228
— Celui ou celle qui dans le cœur duquel les enseignements du Maître (ou Guru) sont entrés est semblable à un être humain venant d’apercevoir un trésor qui demeurait à sa portée sans qu’il l’ait remarqué.
...
« Je me prosterne aux pieds du Lama.
Ces enseignants qui réforment avec des mots
Nous intoxiquent dans les débats par leurs artifices.
A l’heure du discours, ils rabâchent comme des mégères,
A l’heure du sommeil, ces grands hommes se prélassent,
Ils marchent pareils à des officiels hautains
Et accroissent les obstacles et les risques d’erreur.
Tout un chacun dans les six mondes peut se fourvoyer.
Des individus s’égarent dans leurs désirs sensuels,
Des auditeurs du “Petit Véhicule” dans un bonheur paisible,
Des “guéshés” dans des tâches alimentaires,
Des enseignants dans la citadelle des mots.
Des moines ordonnés se perdent dans leur prétention,
Des yogis dans la touffeur de leur folie,
Des anachorètes dans un vertige nihiliste.
Immenses sont les écarts dus à l’ignorance.
L’haleine des Dâkinis souffle les préceptes de la lignée,
Le démon assure qu’il y a risque d’erreur.
Shiwa Öd, tu aurais été trompé
Si tu t’égarais en chemin prés du vieil ascète.
Observe le culte, médite, renonce à tes doutes !
Dans la pratique des instructions finales,
Les hésitations qui surgissent n’ont rien de véridique.
Fils, ne pense pas à étudier la rhétorique,
Concentre-toi sur un point, tu obtiendra le Fruit !
p.129-130
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LedraveurLedraveur   26 mars 2015
Notes pages 125-126
— La première étape vers la réalisation dans l’expérience de Mahâmudrâ est une intense concentration de l’esprit sur un seul point, un seul objet, une seule pensée. Le Grand-Symbole peut être défini comme l’état éternellement existant de l’Esprit-Primordial immaculé qui confère la libération lorsqu’il est compris. Le commun des mortels ignore cet état généralement.
— Le Mahâmudrâ en skt. (Tcha-djà Tchen-po en tib.) ou Grand-Symbole est appelé “cela même qui est dénué de caractéristique”.
— Séparé des créations, non élaboré, l’incréé (ou Nirvâna skt., spros-bral tib.), en contraste avec le samsara, ou univers de l’identification à de la matière et aux phénomènes, est la seconde étape dans l’expérience de Mahâmudrâ.
— Alors se réalise l’unité essentielle de toute choses. Le samsara et le nirvâna sont considéré du point de vu de l’Esprit d’Éveil comme inséparablement unis. C’est le stade de “l’union divine”, troisième étape de la réalisation du Grand-Symbole. « Toute choses étant né de l’Esprit-Primordial, l’esprit lui-même est donc le maître ou “Guru” », Saraha IX siècle.
— Ainsi quand l’ignorance de la vision juste qui devait être surmontée à effectivement été vaincue, l’effort se termine, le sentier vient à sa fin, le voyage est accompli. Lorsque l’état de vision intérieure intuitive est atteint, la méditation qui n’est que le moyen d’y atteindre, devient inutile ainsi que pour le voyageur arrivé au port le bateau qui l’y a conduit.
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LedraveurLedraveur   26 mars 2015
« L’organisme humain, tel un vase,
Détient spontanément en lui le Corps Divin*.
Si vous êtes capables d’élever une claire lumière,
Au-dehors et au-dedans assurément s’illuminera le Dharmakâya.

Dans le nid de la transmigration, l’imagination
Abrite le petit “garuda” de l’esprit d’Éveil.
S’il sait battre des ailes avec sagesse et habileté,
Il s’envolera assurément vers les cieux de l’omniscience.

Pareil aux monts enneigés triomphants, notre corps
Cache le lionceau d’une parfaite conscience.
S’il sait méditer sans passion sur les six sens,
Assurément il subjuguera la migration et l’au-delà.
...
* note : Il s’agit d’une naissance simultanée, comme celle de jumeaux (en tib. lhang-cig skyes-pa), d’une gémellité de l’organisme humain et du Corps de Bouddha.
p. 259

— Celui qui veut pratiquer la Doctrine après avoir réfléchi aux affres du samsâra, s’il n’a pas décidé par lui-même, s’il cherche l’approbation d’autrui, celui-là n’y parviendra pas...
p. 261
Note page 266 :
— Le “svastika”, en skt. (en tib. gyung-drung), est une croix à branches coudées qui est un emblème de la doctrine bön. Selon Samten G. Karmay, cet emblème correspond au “vajra” (ou dorjë en tib.) dans le bouddhisme tantrique, et il est le symbole de l’indestructibilité.

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« MILAREPA », “Les cent mille chants”, Tome 1 (traduction de Marie-José Lamothe), éd. Fayard ©1986
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LedraveurLedraveur   26 mars 2015
Milà-djè...
« Je me prosterne aux pieds de Marpa le Traducteur.
...
Oui l’homme serait bien stupide de gaspiller sa vie
Car il a obtenu ce précieux corps humain avec difficulté.
Assurément, il serait insensé de rester sans cesse
Dans les cimetières que sont les enclos d’argile des villes.
Mari et femme seraient aveugles de disputer entre eux misérablement
Comme des inconnus au moment du marchandage.
Il serait d’une évidente sottise de demeurer sensible aux flatteries
Alors qu’elles sont l’écho vulgaire de l’illusion.
Il serait dément certainement de réserver sa vie au combat
Puisque l’ennemi est fait d’une substance qui s’évanouit comme celle des fleurs.
Et quelle aliénation que de se lamenter sur la vie quand on meurt
Et de tromper son cœur par la ruse facile des liens de parenté !
Il serait aberrant de se tenir muselé au gré de l’avarice
Alors que les richesses forment un emprunt aussi fugace qu’une goutte de rosée.
Quelle folie que de polir et d’embellir
Ce corps pareil à un sac saturé d’immondices !
Il serait réellement fou de troquer contre des biens terrestres
La céleste nourriture de ces exhortations !

Parce que les ignorants sont légions,
Si vous êtes prudents, entrez de vous même dans la Doctrine !
Si vous êtes avisés, faites comme moi le yogi ! »
p. 55-56
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LedraveurLedraveur   26 mars 2015
Note page 207
— Les “roues-sacrées” ou chakras en skt. (rtsa’khorlo en tib.), sont les centres psychiques, points où le corporel se résout, se re-transforme en psychique. Lama Anagarika Govinda en dit :
« Ce sont les foyers en lesquels les énergies cosmiques et psychiques se cristallisent en qualité physiques, et où les qualités physiques sont de nouveau dissoutes et transmuées en forces psychiques. »

Milàrépa :
...
« A la taille d’une sincérité constante,
J’ai roulé le coton d’une violente résolution
Et l’esprit fut marqué d’un dessin dénué d’imposture.
Le couteau pointu au tranchant de sagesse (p’ourba en tib.)
Arbore trois certitudes sur son fourreau d’acier*.
La chaîne de de la foi dans les préceptes,
La chaînette d’or de l’endurance,
Ornent en général tous les adeptes de la Loi (de causalité).

Je craignais jadis la punition des Dakinis
Et n’ai jamais vendu le Dharma pour des richesses.
Je ne peut aujourd’hui accepter le don... »

* note
Les certitudes de la Vue, de la Méditation et de la Conduite. La certitude de ne plus dépendre du cycle des existences.
p. 214
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