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Critique de Pois0n


Pois0n
  26 septembre 2019
Une fleuriste de mariage, un homme spécialiste des séparations, ça vous rappelle quelque chose ? Rassurez-vous, malgré un pitch de départ en apparence similaire, « Les roses de la passion » n'a rien à voir avec « Fais-moi taire si tu peux ! » paru quelques mois plus tôt chez le même éditeur dans une autre de ses collections. Il faut dire que le résumé, une fois de plus, n'est pas vraiment fidèle au contenu du livre...

Les deux protagonistes ne sont ainsi pas vraiment fiancés : il ne s'agit que d'une rumeur lancée par une amie d'Holly dans l'espoir d'améliorer sa réputation. La jeune femme a en effet un peu trop abusé du « men are trash » sur les réseaux sociaux, au point d'impacter son entreprise ; les futures mariées se détournent de cette fleuriste un peu trop pessimiste au sujet des hommes. Pour Zach, cette rumeur tombe à point nommé pour remonter le moral son père, convaincu que l'échec de son propre mariage a rendu son fils incapable de toute relation sérieuse. Nos deux phobiques de l'engagement ont donc tout intérêt à jouer le jeu, du moins pendant quelques temps...
Sauf qu'à aucun moment Holly n'oublie que ces fiançailles ne sont pas faites pour durer. D'autant que Zach ne loupe jamais une occasion de le lui rappeler.

Toute la première moitié du livre est vraiment sympa. Holly et Zach sont tiraillés par le désir, mais la première est fermement résolue à ne pas céder, et le second ne compte pas la forcer. Premier bon point : Zach n'est pas l'un de ces héros de romances imbu de lui-même et dominateur. Certes, il est sûr de lui, mais respectueux d'un bout à l'autre. Il entretient également une relation assez touchante avec son père. On sent que Melanie Milburne a pris le temps de soigneusement construire son personnage.
… Il n'en va malheureusement pas de même pour l'histoire d'Holly et Zach. Dès le début, et pendant une bonne partie du livre, celle-ci est en effet basée sur une seule et unique chose : l'attraction magnétique qu'ils éprouvent l'un pour l'autre. Entre eux, c'est principalement physique et ça devient encore pire une fois qu'Holly cède à son désir ; les scènes de sexe s'enchaînent encore et encore pendant qu'Holly s'attache progressivement... Mais il n'y a aucune complicité, aucune chaleur autre que sexuelle entre ces deux-là. En outre, la narration dans ces passages devient rapidement redondante, au point que l'on n'a qu'une envie : qu'ils en finissent vite pour que l'histoire avance. Parce que si Holly progresse, Zach, lui, campe sur ses positions jusqu'à l'avant-dernière page. C'est vraiment dommage, d'autant qu'à côté de ça l'autrice est parvenue à évoquer régulièrement le métier de son héroïne, et à la rendre crédible. Pas vénale pour un rond, rendue méfiante par ses mauvaises expériences, on comprend tout à fait son dilemne intérieur, même si l'on a parfois la désagréable impression que, comme Zach, elle est sans cesse résumée à son passé.

Bref, ça commençait bien, mais au fur et à mesure que l'on avance dans la lecture, on déchante. L'autrice expédie ses personnages à Paris mais ne décrit pas vraiment leur voyage et on doute fortement qu'elle y ait elle-même mis les pieds un jour (non parce que visiter la tour Eiffel à la dernière minute en mode yolo c'est pas vraiment possible dans la vraie vie. J'ai aussi un doute sur la présence de musiciens dans un bar à tapas. Enfin, si elle est fauchée, pourquoi prendre un billet d'avion en urgence et hors de prix au lieu de simplement choisir l'Eurostar ?). On s'agacera aussi du discours en boucle sur le fait que « toutes les femmes rêvent de se marier et d'avoir des enfants » (non, juste non) auquel Holly ne s'oppose que pour le confirmer par la suite. Yurk.

… Et tout ça, mis bout à bout dans un roman de seulement 150 pages, ça ne pardonne malheureusement pas. Les échanges de piques occasionnels entre Holly et Zach ont beau être parfois savoureux, au final, on a du mal à croire à leur histoire, qui ne repose que sur le désir.
Alors ça n'est pas mauvais non plus, hein, ça se lit... mais j'ai connu mieux dans la collection Azur.

Notons enfin la présence de plus de coquilles que d'habitude ; rien de véritablement gênant, mais Harlequin nous a habitués à mieux.
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