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ISBN : 9791027800506
Éditeur : Le Castor Astral (06/10/2016)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
L'esprit des sixties ne s'est pas évaporé le 31 décembre 1969... De l'activisme radical des Weathermen aux extravagances d'Harry Smith au Chelsea Hotel, des Clash aux Ramones, de Patti Smith aux New York Dolls et aux Sex Pistols, d'Allen Ginsberg à William Burroughs, des thèses révolutionnaires de Wilhelm Reich à l'explosion punk, ces souvenirs autobiographiques nous plongent dans les aventures de la contre-culture. Témoin privilégié du milieu underground des années... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
svecs
  22 février 2017
Les années 70 conservent une part de fantasme. Il est difficile de circonscrire le phénomène des années 70 en une décennie de calendrier. Barry Miles, l'auteur de ce livre, considère, culturellement, une période qui irait de l'avènement des Beatles jusqu'à la fin du mouvement punk, soit de 1963 à 1977. Selon lui, beaucoup d'excès associés aux années 70 ont d'ailleurs eu lieu dans la seconde moitié des années 60.
Je n'ai pas connu cette période. Pourtant, je ne peux nier qu'elle me fascine tant elle représente en terme d'évolution culturelle et sociale.
J'ai toujours l'image d'une société propre et policée qui a prévalu jusqu'au coeur des années 60. Puis ce fut l'explosion que m'évoquent quelques noms qui claquent comme les symboles d'un monde neuf: Woodstock, les Rolling Stones, Lucy in the Sky with Diamonds, les hippies, la Factory de Warhol... Si Elvis Presley choquait par de son déhanché suggestif, moins de 20 ans plus tard, David Bowie s'exhibait en robe sur la pochette de “The man who sold the world” et Warhol promettait 15 minutes de célébrité aux plus désaxés de ses superstars. Walk on the wild side…
Puis, après la claque des punks virent les années 80, qui me paraissent plus policées, presque artificielles. L'avènement du trader de Wall Street, de l'argent-roi… Gordon Gecko et Patrick Bateman comme modèle de citoyen et un bûcher des vanités permanent.
Les seventies me font l'effet d'une parenthèse enchantée, une crise d'adolescence qui a déferlé sur le monde occidental avant de rentrer dans le rang.
Les seventies, ce furent dans le désordre le nouvel Hollywood, qui a ringardisé le cinéma de papa, une explosion musicale sans précédent, la libération des moeurs, l'émergence d'une scène contestaire de plus en plus active…
Ces aventures dans la contre-culture sont celle de Barry Miles, témoin privilégié de cette période.
Cet Anglais a traverse cette période, côtoyant certaines figures mythiques de la contre-culture. Cela lui donne une certaine crédibilité, d'autant qu'il semble avoir traverse cette période sans trop abuser de substances en tous genres, ce qui lui permet de pouvoir exercer un regard critique et actif sur cette période.
Barry Miles est un touche-à-tout. Il a fondé dans les années 60 la galerie/librairie Indica qui fut un haut lieu de la contre-culture à Londres. C'est d'ailleurs dans cette galerie que John Lennon rencontra Yoko Ono. Il fut aussi journaliste et correspondant de nombreuses publications culturelles des années 60 et 70, avant de rejoindre le NME comme journaliste indépendant.
Il fut aussi proche de quelques personnalités centrales comme Allen Ginsberg ou William S Burroughs. Ces survivants de la Beat generation figurent parmi les personnalités centrales de la contre-culture, à la fois modèles et membres actifs de ce mouvement protéiforme.
Au fil des chapitres qui couvrent les années 1970 à 1977, nous découvrons différents aspects de cette période. Nous pénétrons d'abord la ferme-communauté d'Allen Ginsberg, qui servait aussi de centre de désintox gratuit pour pas mal de gens. La drogue et l'alcool y étaient théoriquement interdits. L'isolement de la ferme obligeait les alcooliques à parcourir 13 km à pied pour atteindre le débit de boisson le plus proche… de quoi forcer à la sobriété. Puis nous rejoignons communautés hippies et mystique de San Francisco, avec son florilège de doux-dingues, d'artistes d'avant-garde et de pseudo-gourous à l'égo démesuré. Puis un long détour au Chelsea Hotel, sorte de cours des miracles qui accueillait son lot d'artistes (dont une jeune poétesse, Patti Smith, et son compagnon, le photographe Robbert Mapplethorpe, alors qu'ils n'étaient encore que “just kids”) et de paumés anonymes.
Miles rejoint ensuite William Burroughs pendant plusieurs semaines.
Barry Miles livre un témoignage d'une brutale honnêteté. Il lui importe peu d'écorner l'image ce ces protagonists. Il livre des anecdotes éclairantes. S'il est admiratif de leur talent, il ne leur voue pas un culte pour autant. Il n'est pas non plus aveuglé par le mirage d'une période fantasmée. Il en connaît les travers, les piques-assiettes, les ordures, les profiteurs... Il n'occulte pas la violence de cette période, ouvrant son livre sur un attentat du Weather Underground et parlant de la répression violente dans les campus universitaires, loque la police n'hésitait pas à tirer à balles réelles.
Ce livre m'a permis de m'éloigner d'une certaine imagerie d'Epinal, des gentils hippies (alors qu'Altamont avait déjà sonné le glas de l'utopie) et de voir un autre aspect que les images policées de la télévision, entre Abba, la fièvre disco et Maritie & Gilbert Carpentier.
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Melisende
  14 mars 2017
Depuis quelque semaines, j'ai replongé dans la musique seventies. Patti Smith, T-Rex, David Bowie, The Clash… j'ai même lu M Train de la première citée, curieuse de découvrir certains de ses souvenirs.
Ainsi, lorsque j'ai vu l'ouvrage de Barry Miles dans la liste de la dernière Opération Masse Critique, je me suis dit que ce serait l'occasion de prolonger l'aventure et d'en apprendre plus sur cette décennie que j'ai toujours imaginée colorée, perdue entre les fumées de cigarettes et les pantalons pattes d'eph.
La réalité n'était finalement peut-être pas si enjouée et la violence était bel et bien présente comme nous le rappelle si bien Barry Miles dès le premier chapitre, alors qu'une bombe explose dans un immeuble, erreur de manipulation de la part de terroristes.
Bien vite pourtant, le lecteur quitte la ville et suit les traces de l'auteur dans une ferme-communauté où les poètes alcooliques sont les bienvenus s'ils veulent tenter une cure de désintoxication. Peu d'électricité au quotidien, un végétarisme prôné et l'amour libre. Barry Miles quitte pourtant assez vite cette ferme du bonheur et voyage, à San Francisco, New York, Londres… d'appartements miteux transformés en squats en soirées largement occupées à sniffer les drogues les plus dures.
Tous les détails y sont, l'auteur est sans concession et n'épargne personne, même les plus grands artistes qu'il a pu rencontrer. Et il en a vu du beau monde pendant sa vie ! Journaliste et écrivain, il a toujours été aux premières loges, à côtoyer les plus grands du moment.
Il nous parle d'ailleurs surtout de Allen Ginsberg et William S. Burroughs, tous deux poètes de la beat generation, gros consommateurs de drogues et ayant eu souvent des démêlés avec la justice à cause de leur homosexualité. Malgré leur vie d'artistes libres et leurs idées attrayantes, très sincèrement, ils m'ont paru assez peu sympathiques à travers les yeux de Barry Miles qui était pourtant un de leurs proches amis.
A vrai dire, si j'ai aimé me plonger dans les méandres de cette décennie à travers les yeux de quelqu'un qui a vraiment vécu au coeur des choses, ne connaissant pas tellement les figures mythiques rencontrées, je n'y ai pas toujours trouvé un intérêt fou. Après cette lecture, j'ai envie de me documenter un peu plus sur elles, donc le pari est gagné ; mais pendant celle-ci, je dois avouer que j'ai parfois trouvé le temps long.
Il faut dire aussi que je m'imaginais peut-être passer plus de temps en compagnie des musiciens de l'époque – que je connais davantage que les écrivains, paradoxalement – ce qui n'est finalement pas tellement le cas. J'ai de ce fait, été plus à l'aise avec les dernières dizaines de pages, sur la fin de la décennie, qui mettent en avant l'émergence de la culture punk. Pour ne citer que Patti Smith – parce qu'elle apparaît tout de même sur la couverture – on ne la croise brièvement qu'à deux ou trois reprises. La plupart du temps elle n'est qu'un nom cité sur la page. Une fois peut-être on la voit vraiment évoluer lors d'une soirée (et ce qu'on apprend de son comportement n'est pas franchement pour la mettre en valeur) mais c'est tout.
Les photos en noir et blanc qui agrémentent le texte apportent une petite touche d'authenticité supplémentaire. C'est aussi l'occasion de mettre des visages sur des noms et de s'imaginer un peu plus facilement ce qui nous est raconté. Ce que, Barry Miles parvient déjà très bien à faire à travers ses seuls mots.
Comme je vous le disais, c'est plein de détails alors le lecteur est très facilement transporté dans les endroits décrits et dans cette atmosphère particulière des seventies. A cette époque, tout semblait permis (et d'ailleurs, certaines choses ne pourraient plus du tout avoir court aujourd'hui) et j'ai l'impression que la jeunesse avait des rêves et savait se battre pour eux. Les hippies, l'amour libre, la paix dans le monde, l'homosexualité, les drogues dures… une sorte d'insouciance libératrice avant l'arrivée des punks à contre-courant.
In the seventies est une aventure intéressante et brillamment documentée. Malgré tout, sa densité en fait un « essai biographique » pas toujours facile d'accès, d'autant plus si on ne connait pas grand chose des artistes (écrivains notamment) des années 70. Peut-être un titre à conseiller avant tout aux connaisseurs mais ce fut un petit déclic pour moi, qui ai dorénavant envie d'en apprendre plus sur les poètes de la beat generation.
Lien : http://bazardelalitterature...
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Alice_vn
  27 février 2017
Un excellente plongee dans les annnes 70.
Barry Miles nous entraine à travers la contre-culture foisonnante de l'epoque, entre sex, drogue et rock and roll !
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