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ISBN : 2757830317
Éditeur : Points (02/01/2014)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Au cœur du conflit nord-irlandais, un militant de l’IRA disparaît mystérieusement. Vingt ans plus tard, son fils, Paul Goodman, se fait embaucher aux abattoirs de la région. Il pénètre un univers baigné de sang, gouverné par des êtres violents. Une cathédrale impie de la mort, un étrange miroir des fantômes dont il est lui-même prisonnier et que son arrivée va libérer…
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
eireannyvon
  28 juin 2012
Pardonnez-nous nos offenses !
Second roman de Sam Millar traduit en français après l'excellent « Poussière tu seras ». Il sera un des invités irlandais du « Goéland Masqué » de Penmarc'h, du 25 au 28 mai où nous avons rendez-vous.
L'exécution d'un homme et les doutes de son bourreau sur sa culpabilité....avait-il trahi l'IRA ?
Vingt ans après Paul Goodman, son fils passe un bizutage pour le moins sanglant en vue d' être embauché à l'abattoir régional.
Sur la porte du bâtiment, cette inscription « Redemption Factory », tout un poème, bienvenue à « Macabre World » ! Après un accueil pour le moins glacial d'une femme plutôt répugnante, qui, il se saura plus tard, est Violet, la fille du propriétaire Shank, puis de Geordie, la seconde fille, qui fait aussi partie du comité d'accueil, il est embauché.....innocent envoyé à l'abattoir....où au moins dans l'antichambre du royaume de la mort violente.
Nous pénétrons comme des intrus dans le quotidien sordide de Philip Kennedy et de son épouse boulimique, obèse et souffrante Cathleen, déjà deux fois veuve. Monde glauque dans un univers de haine mutuelle entre un magasin d'usurier, vieillot bric à brac de choses passées de mode et un appartement qui lui ne semble jamais avoir été autre chose qu'insalubre.
Paul, auréolé de son nouveau travail, oscille entre joie et fierté ou angoisse de devoir y retourner et peur de l'horreur entraperçue. Pour l'instant il se livre avec son ami Lucky à son passe temps favori, le snooker, pour lequel il est un as en devenir. Avec l'argent gagné, il pense acheter une queue de qualité qu'il a repéré en ville.....alors à lui la gloire, l'argent et cette fille qui commence à lui envahir l'esprit ! Mais avant cela des épreuves imprévues l'attendent, la « Rédemption » dans ce monde entre le rouge sang et le noir des ténèbres n'est pas distribuée à tous.....bons ou mauvais, certains périront au cours du chemin !
Paul Goodman, seul personnage normal du livre, veut ce travail, chose qui ne semble pas courir les rues...alors il est prêt à avaler certaines couleuvres, mais les limites ne tardent pas à être franchies.
La famille Shank, le père boucher, tueur par affairisme, homme brutal et sans scrupules, craint, régentant tout et tous d'une main de fer, bien aidé en cela par ses deux filles. Violet ( Violente Violet) l'aînée, tueuse par sadisme qui semble avoir des vues sur Paul et Geordie, la seconde handicapée infirme, mais écoutée par les ouvriers. Au cas où, Taps, l'homme de main, veille aux grains ! C'est « Freaks » à la mode irlandaise ! Lucky l'ami de Paul porte bien mal son nom, unlucky semble être plus près de la vérité....des intestins dérangés au mauvais moment et au mauvais endroit seront la cause de bien des désagréments. Philip Kennedy est-il cet homme falot qu'il semble être...il connait très bien le snooker....et semble apprécier Paul Goodman. Il lui fait confiance pour l'achat d'une queue artisanale ne lui demandant pas d'acompte....pourquoi ? Quel est le rôle exact de Cathleen sorte de dragon en jupons qui semble le tenir par un quelconque secret, à moins que d'autres fantômes le hantent !
Le début de ce livre est pour le moins terrifiant, en particulier les premières scènes à l'abattoir ! Âmes sensibles, passez directement au second chapitre dont le nom est « Rêves de ténèbres et morts délicieuses ». Un livre noir et une des réussites du genre, l'intrigue est distillée peu à peu et les personnages complexes et ambigus et l'époque pour le moins troublée.
Un peu de poésie malgré tout dans ces quelques lignes qui permettent de moins voir le noir de la vie mais en voyant celui qu'il y a au fond de son verre:
- Terry professait que tirer une pinte de Guinness était un art à part entière, et que Dieu vienne en aide à quiconque lui demanderait de se grouiller, de détruire son chef-d'oeuvre.
La morale est dans ces lignes de William Blake :
- Il est plus facile de pardonner à un ennemi qu'à un ami.
Lien : http://eireann561.canalblog...
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Anulipe
  25 mars 2016
"Rouge est la sang", le roman phare de Sam Millar est estampillé roman policier sans qu'aucun policier, détective, soupçon d'enquête ne pointe le bout de son nez. Il s'agit pourtant d'un thriller haletant où on se demande page après page ce que vont devenir les personnages qui le hantent. "Hanter" oui, c'est bien le terme approprié pour parler de l'ensemble de ces êtres humains aux destins brisés, aux corps et aux esprits tordus par les démons de leur propre passé qui surgissent par instants dans le roman. Comme dans l'ensemble de l'oeuvre de l'écrivain irlandais, le volet psychologique est travaillé en profondeur. Ainsi Paul Goodman, Georgie, Shank, Lucky, Violet la Violente... sont des êtres complexes et torturés qui fascinent le lecteur et le mettent mal à l'aise.
La violence physique et psychologique bien que très présente n'est pas pour autant gratuite. En effet, elle est lourde de signification. Elle dit aussi bien la dureté des personnages eux-mêmes que celle de l'Irlande dans laquelle ils vivent. le pays est marqué par le chômage, les dettes, l'alcoolisme et les traces laissées par les affrontements entre les combattants de l'IRA et leurs compatriotes appartenant à l'autre camp. Même si cet aspect n'est que mineur dans l'intrigue, il occupe tout de même une place de choix au début et à la fin du livre telle une gangue ou une boucle encerclant l'ensemble de l'intrigue.
La violence apparait en quelque sorte comme un rite initiatique permettant de comprendre à la fois la fiction et l'Irlande bien réelle de l'époque.
Heureusement pour les éternels optimistes, si la couleur rouge qui est omniprésente dit le sang versé, elle renvoie aussi à l'amour, ce sentiment rédempteur de l'âme humaine.
Le rouge est donc bien "un donneur de vies".
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encoredunoir
  06 septembre 2011
À Belfast, Paul Goodman traîne sa misère avec son meilleur ami Lucky avec l'espoir de devenir un jour champion de snooker. Mais en attendant de gagner sa vie grâce au billard, pour vivre et faire vivre sa mère avec laquelle il vit seul depuis la disparition de son père, membre de l'IRA, vingt auparavant, Paul se présente dans la seule entreprise susceptible de lui offrir un travail : les abattoirs.
« Vous qui entrez, abandonnez toute espérance ». Voilà ce qui pourrait être inscrit au fronton des abattoirs tant ils semblent être le seuil de l'enfer. Un enfer de sang, de tripes et de déjections sur lequel règnent l'effrayant Shank, patron psychopathe qui se pique d'art, et ses filles Violet, défigurée et éprise de violence, et Geordie, handicapée responsable de la mise à mort des animaux. Littéralement plongé dans le sang dès son arrivée, Paul va peu à peu s'enfoncer dans un monde infernal qui tient autant de Dante que de Jérôme Bosch et y entraîner les seules personnes qui se soucient de lui.
le roman de Sam Millar est éprouvant. S'y engager revient à commencer un voyage vers le neuvième cercle de l'Enfer de Dante, celui où sont punis les traitres à la patrie, à la famille, à leurs bienfaiteurs et à leurs hôtes. Car c'est en définitive de tout cela qu'il est question dans Redemption Factory : le père de Paul a-t-il trahi l'IRA ? Paul va-t-il commettre ce qui, dans l'esprit tordu de Shank, pourrait être assimilé à une trahison envers son hôte et bienfaiteur ? Geordie trahira-t-elle sa famille ?
Dans cet univers de ténèbres et de sang, quelqu'un trouvera-t-il la rédemption ?
Redemption Factory est un beau roman dont l'écriture sensible de Sam Millar fait que l'on prend un plaisir réel à le lire, même si ce n'est pas toujours chose facile tant il est sombre. C'est un livre comme seuls les auteurs irlandais semblent pouvoir les écrire, à la fois désespéré et plein d'espoir et, en la matière, c'est une réussite.

Lien : http://encoredunoir.over-blo..
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maevedefrance
  13 avril 2014
Paul Goodman, jeune homme de Belfast au chômage, ne trouve, pour se sortir de cette situation, que d'aller travailler dans l'abattoir de la ville, grâce aux conseils de son meilleur pote, "Lucky" (le mal-surnommé). Il y découvre un univers surréaliste, peuplé de personnages violents, des monstres, dans tous les sens du terme, dirigés par le sinistre Shank : celui-ci y fait travailler ses deux filles : Violet la Violente, défigurée par un accident de voiture, dont le visage ressemble à un spot de discothèque et Geordie, infirme qui ne peut se déplacer qu'avec une démarche chaloupée agrémentée d'un bruit de ferraille.
Le roman s'ouvre sur une scène de torture et se poursuit avec le bizutage de Paul Goodman à l'abattoir. On pourrait refermer le livre, partir en courant. Pourtant, quelque chose vous aguiche, vous invite à poursuivre. Et il faut poursuivre pour découvrir une pépite, un polar comme vous n'en avez encore sans doute jamais lu. Un polar sans détective ni énigme à résoudre, très très noir, mais à la fois très drôle par moments, du polar à la sauce nord-irlandaise. Ici, pas de super-héros, mais des personnages rafistolés, déglingués, déjantés. Chacun à leur manière. Des meurtres. Et une histoire d'amour. Geordie, c'est un peu la petite soeur de Frankeinstein dans Belfast. Ambiance !
Un texte blindé d'argot, qui dit les choses sans s'encombrer de pudeur. Un bon suspense. On se régale. Et puis, avec Lucky, le champion du pub crawl, on apprend que "la seule chose meilleure qu'une bonne pinte de Guinness, c'est une bonne pinte de Guinness gratuite" ! Pardi !
C'est mon troisième rendez-vous avec Sam Millar et son sen de l'humour noir hors du commun.
Un très bon moment de lecture que je vous recommande !
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gridou
  04 avril 2014
Après avoir vaguement survolé la 4ème de couv', j'ai attaqué ce que je pensais être un roman noir sur l'IRA. Bah c'est pas du tout ça! Je suis tombée de haut quand, au bout de quelques pages j'ai atterri dans un abattoir puant peuplé de barges...
Tout commence donc à l'abattoir, quand Paul Goodman vient chercher du boulot. Il sait que l'endroit est tenu par Shank, une brute épaisse à la réputation sulfureuse, et qu'il ne faudra pas se laisser impressionner s'il veut décrocher le job. Ça commence mal...D'abord la fille odieuse au visage dévasté de l'accueil puis l'impressionnant Shank, qui lui fait visiter les lieux, l'odeur immonde, du sang partout, la rencontre avec Geordie et ses prothèses de jambes qui cliquettent à chaque pas, Paul vient de pénétrer en enfer. le job sera à lui s'il résiste au bizutage. Il a trop besoin de ce travail. Il se soumet au rituel...
D'entrée de jeu, Millar plonge le lecteur dans l'ambiance. Ambiance malsaine. Dans l'abattoir on rencontre des gens bizarres, un peu monstrueux, des personnages qui prennent leur pied dans le sang, qui exorcisent leurs pulsions violentes en tuant des bêtes toute la journée...
Après cette entrée en matière tonitruante, l'histoire prend un tournant un peu plus classique. On rencontre d'autres personnages atypiques, qui semblent avoir des choses à cacher, mais Goodman reprend le cour normal de sa vie, entre snooker et soirée au pub. le voici même embarqué dans une romance...
On peut reprocher plein de choses à ce roman, comme d'abuser de descriptions sanguino-dégueulasses, d'avoir une intrigue principale pas très élaborée, de tromper le lecteur en lui faisant croire qu'il va lire un bouquin sur l'IRA :), mais il faut aussi lui reconnaître une grande qualité: celle de happer le lecteur dans un univers qui ne ressemble à aucun autre (on peut trouver des similitudes avec l'univers de Lynch ou Cronenberg - Crash), pas vraiment fantastique mais pas vraiment réaliste non plus. le monde de Millar est peuplé de brutes, d'être difformes, estropiés, esquintés par la vie à tous les niveaux. A certains moments la tension est palpable, à d'autres c'est l'humour et le grotesque qui prennent le pas. Résultat: on ne sait plus trop s'il faut en rire ou en pleurer...
Rouge est le sang est une lecture surprenante mais fort distrayante pour qui ose s'aventurer au delà de la porte de l'abattoir...
Lien : http://lesgridouillis.over-b..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
AnulipeAnulipe   23 mars 2016
Rouge. Que serait le monde sans ça ? La plus attirante des couleurs, primaire dans sa supériorité. Les roses, les pommes, la Saint-Valentin. Les couchers de soleil pourpres et l'amour ardent. Le rouge est un élément et un attribut de pouvoir, de la vitalité, de la passion, de la colère et de l'excitation. Le rouge nous gouverne. Mais sans aucun doute, le plus important; le rouge est la couleur du sang. Sans lui, nous ne sommes rien. C'est un donneur de vie.
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maevedefrancemaevedefrance   08 février 2014

La grandeur d'une peinture se mesure à sa capacité à nous surprendre en permanence, de nous révéler quelque chose de nouveau chaque fois qu'on la regarde.
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maevedefrancemaevedefrance   08 février 2014


La seule chose meilleure qu'une bonne pinte de Guinness, c'est une bonne pinte de Guinness gratuite.
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rohaertrohaert   06 février 2014
Il n'y a rien de plus fragile dans la nature qu'un flocon de neige, mais pensez à leur force quand ils sont soudés tous ensemble.
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nina2loinnina2loin   16 août 2015
On dit que c'est au cœur de la nuit que l'homme est la proie de ses vérités, quand de coupables secrets commencent à émerger de leur déplaisante retraite pour venir le torturer. J'ai découvert que c'était totalement vrai.
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