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EAN : 9782757830314
288 pages
Éditeur : Points (02/01/2014)
3.67/5   32 notes
Résumé :
Au cœur du conflit nord-irlandais, un militant de l’IRA disparaît mystérieusement. Vingt ans plus tard, son fils, Paul Goodman, se fait embaucher aux abattoirs de la région. Il pénètre un univers baigné de sang, gouverné par des êtres violents. Une cathédrale impie de la mort, un étrange miroir des fantômes dont il est lui-même prisonnier et que son arrivée va libérer…
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Phil56
  03 janvier 2020
Première approche d'un auteur dont, au vu de certaines recensions fort élogieuses le concernant, j'attendais plus et/ou autre chose.
La trame de ce polar (?) ayant déjà été largement abordée, je me limiterai donc à vous faire part de mon ressenti.
Le romancier, Sam Millar, nord-irlandais ancien combattant de l'IRA ayant ultérieurement purgé vingt ans de prison pour le braquage d'un fourgon blindé aux E-U a manifestement du répondant et, apparemment, du solide.
Ce pedigree, assurément atypique, ne signifie pas pour autant avoir du talent encore moins être passionnant littérairement.
Pour vous l'exprimer assez crûment, je me suis plutôt fait c.... à la lecture de ce roman très, très noir, se la jouant fréquemment à la Fellini, Lynch ou Cronenberg (au très petit pied), cumulant à mes yeux plusieurs handicaps rédhibitoires à savoir principalement :
- nous immerger dans une atmosphère perpétuellement glauque, dégueulasse n'hésitant pas à afficher une certaine complaisance à dépeindre les situations les plus sordides ;
- user voire abuser d'un humour (?) grinçant, flirtant avec l'absurde, qui se voudrait sans doute finement décalé ou au x-ième degré mais qui généralement tombe à plat ou vire carrément au grotesque ;
- s'exercer au "no future", style ayant eu son temps, nul besoin donc de rallonger la sauce, à terme cela devient fade ou indigeste.
Bref, à dire vrai ce n'est pas trop mon trip, grande est finalement ma déception mais j'envisage néanmoins de lui accorder une seconde chance en abordant prochainement Les chiens de Belfast premier opus du cycle "Karl Kane" et, selon la formule consacrée : cela passe ou ça casse !
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-Olivier-
  10 décembre 2019
Un roman pas comme les autres.
Il ne s'agit pas d'un polar, mais d'un roman noir d'encre.
Paul Goodman, un surdoué du snooker, fauché, sans un sou, se présente aux   abattoirs de la région et se fait embaucher. Il pénètre dans un univers glauque et sanglant. A la tête de l'entreprise, un type monstrueux, Shank, un salaud intégral, première impression de Goodman.  Deux femmes, enfin…presque, les deux filles de Shank. L'une officie comme « secrétaire », elle se prénomme Violet ; ajoutez un n entre le e et le t et vous obtenez Violent.
L'autre dirige d'une main de fer le travail des ouvriers. Elle s'appelle Geordie, un prénom de mec.
Parallèlement, Philip Kennedy, qui tient une boutique d'objets mis en gage, sorte de mont de piété. Son épouse, Cathleen, autre monstruosité, git dans son lit vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elle chie, pisse et vomit dans un seau placé en dessous de son lit.
Paul a un ami, un seul. Willie Short – Willie le Court, plus embêtant Zizi court, en fait, p'tite bite. La seule qualité de Willie étant de pouvoir accepter sans sourciller les humiliations permanentes dont il est victime.
Je l'ai dit en préambule, ce roman est d'une noirceur extrême, parfois jubilatoire. Quel que soit l'endroit où Sam Millar décide de nous emmener, il nous balade et nous plante dans les ténèbres, au mieux la pénombre et dans le rouge vif abattoir. de temps à autre, un arrêt salutaire au Tin Hut, le billard et débit de boissons local.
Je suis vite devenu dépendant de cette atmosphère très malsaine, mal à l'aise, peu rassuré. Toujours à la recherche d'un minuscule rai de lumière, histoire de respirer et de sortir la tête non hors de l'eau mais de la merde.
Sam Millar est fantastique dans l'art de composer des personnages impossibles, hideux, qui nous collent à la rétine. Ce roman suinte la trouille par tous nos pores et…par tous les porcs.
L'auteur nous a mitonné des dialogues que l'on relit par pur plaisir. Une écriture lumineuse sans laquelle on jetterait cette « savoureuse horreur » dans la première poubelle venue
Mais pourquoi ce titre, Redemption Factory, que l'on peut traduire littéralement par Usine de la Rédemption ? Je ne vous dirai rien mais alors rien, même pendu par les pieds à une esse rouillée.
Un prologue, vingt chapitres et l'épilogue vous attendent. Je vous le recommande chaudement.
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elodiekretz
  17 juillet 2019
Un peu de flottement pour poster cette chronique car j'ignorais que Redemption factory était d'abord sorti sous le titre Rouge est le sang. J'ai mis un petit moment à m'y retrouver...
J'ai découvert Sam Millar il y a un peu moins d'un an, avec les chiens de Belfast. Faute de retrouver Karl Kane, car je ne parviens pas à mettre la main sur le deuxième opus de la série et me refuse à lire le troisième directement, j'ai donc emprunté ce one shot. Et que j'ai bien fait ! Nous sommes toujours à Belfast. le prologue donne à ce roman son ton très noir : accusé - à tort pressent-on - d'avoir trahi l'Ira en dénonçant ses camarades, un militant est torturé et exécuté. Nous ignorons son nom comme nous ignorons celui de son bourreau, qui doute très vite de la culpabilité de celui qu'il a exécuté...
20 ans après, Paul Goodman - au nom pas si prédestiné que cela - est orphelin de père. Cynique et désabusé, il n'a plus aucune illusion et se traîne dans la vie sans passion, si ce n'est son addiction au snooker - dont il est un excellent joueur - et son amitié profonde pour le - bien nommé ? - Lucky. Motivé par un besoin d'argent plus qu'impérieux, il décide de se faire embaucher coûte que coûte dans un abattoir, lieu terrifiant dirigé par un patron encore plus terrifiant, le flippant Shank. le chapitre qui raconte "l'examen de recrutement" de Paul est terrible, parmi les plus durs et les plus visuels qu'il m'ait été donné de lire.
Ce chapitre donne le ton. Paul réussit le test et s'impose peu à peu au sein de cette zone de non-droit qu'est l'abattoir, où si toute humanité, en tout cas toute compassion, est proscrite, les sentiments peuvent éclore, d'une manière inattendue. Grâce à l'argent gagné, Paul espère s'équiper et percer au snooker.
Le roman noir est l'un de mes genres de prédilection. Et Sam Millar le maîtrise à la perfection, il sait conjuguer noirceur et littérature, comme très peu d'auteurs... C'est sa marque de fabrique. Redemption factory est très dur, glauque souvent même, et très beau, en même temps, de la première à la dernière page. Porté par l'écriture magistrale de Sam Millar et la traduction de l'immense Patrick Raynal lui même - l'ancien patron de la mythique série noire quand même. Les personnages sont impitoyables ou torturés, parfois les deux, à l'instar de Paul. Ils sont inoubliables : Shank renvoie pas mal de méchants rencontrés dans mes lectures précédentes dans leur chambre tant ils paraissent petits joueurs en comparaison de lui.
Ce livre est viscéralement physique, d'un souffle qui emporte tout sur son passage et à 1000% immersif. Je n'ai jamais fait de boxe mais j'ai m'impression d'être sonnée par une série d'uppercuts à l'estomac ! Si Rouge est le sang, noir est la littérature de Sam Millar pour notre plus grande frayeur et notre plus profond bonheur.
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eireannyvon
  28 juin 2012
Pardonnez-nous nos offenses !
Second roman de Sam Millar traduit en français après l'excellent « Poussière tu seras ». Il sera un des invités irlandais du « Goéland Masqué » de Penmarc'h, du 25 au 28 mai où nous avons rendez-vous.
L'exécution d'un homme et les doutes de son bourreau sur sa culpabilité....avait-il trahi l'IRA ?
Vingt ans après Paul Goodman, son fils passe un bizutage pour le moins sanglant en vue d' être embauché à l'abattoir régional.
Sur la porte du bâtiment, cette inscription « Redemption Factory », tout un poème, bienvenue à « Macabre World » ! Après un accueil pour le moins glacial d'une femme plutôt répugnante, qui, il se saura plus tard, est Violet, la fille du propriétaire Shank, puis de Geordie, la seconde fille, qui fait aussi partie du comité d'accueil, il est embauché.....innocent envoyé à l'abattoir....où au moins dans l'antichambre du royaume de la mort violente.
Nous pénétrons comme des intrus dans le quotidien sordide de Philip Kennedy et de son épouse boulimique, obèse et souffrante Cathleen, déjà deux fois veuve. Monde glauque dans un univers de haine mutuelle entre un magasin d'usurier, vieillot bric à brac de choses passées de mode et un appartement qui lui ne semble jamais avoir été autre chose qu'insalubre.
Paul, auréolé de son nouveau travail, oscille entre joie et fierté ou angoisse de devoir y retourner et peur de l'horreur entraperçue. Pour l'instant il se livre avec son ami Lucky à son passe temps favori, le snooker, pour lequel il est un as en devenir. Avec l'argent gagné, il pense acheter une queue de qualité qu'il a repéré en ville.....alors à lui la gloire, l'argent et cette fille qui commence à lui envahir l'esprit ! Mais avant cela des épreuves imprévues l'attendent, la « Rédemption » dans ce monde entre le rouge sang et le noir des ténèbres n'est pas distribuée à tous.....bons ou mauvais, certains périront au cours du chemin !
Paul Goodman, seul personnage normal du livre, veut ce travail, chose qui ne semble pas courir les rues...alors il est prêt à avaler certaines couleuvres, mais les limites ne tardent pas à être franchies.
La famille Shank, le père boucher, tueur par affairisme, homme brutal et sans scrupules, craint, régentant tout et tous d'une main de fer, bien aidé en cela par ses deux filles. Violet ( Violente Violet) l'aînée, tueuse par sadisme qui semble avoir des vues sur Paul et Geordie, la seconde handicapée infirme, mais écoutée par les ouvriers. Au cas où, Taps, l'homme de main, veille aux grains ! C'est « Freaks » à la mode irlandaise ! Lucky l'ami de Paul porte bien mal son nom, unlucky semble être plus près de la vérité....des intestins dérangés au mauvais moment et au mauvais endroit seront la cause de bien des désagréments. Philip Kennedy est-il cet homme falot qu'il semble être...il connait très bien le snooker....et semble apprécier Paul Goodman. Il lui fait confiance pour l'achat d'une queue artisanale ne lui demandant pas d'acompte....pourquoi ? Quel est le rôle exact de Cathleen sorte de dragon en jupons qui semble le tenir par un quelconque secret, à moins que d'autres fantômes le hantent !
Le début de ce livre est pour le moins terrifiant, en particulier les premières scènes à l'abattoir ! Âmes sensibles, passez directement au second chapitre dont le nom est « Rêves de ténèbres et morts délicieuses ». Un livre noir et une des réussites du genre, l'intrigue est distillée peu à peu et les personnages complexes et ambigus et l'époque pour le moins troublée.
Un peu de poésie malgré tout dans ces quelques lignes qui permettent de moins voir le noir de la vie mais en voyant celui qu'il y a au fond de son verre:
- Terry professait que tirer une pinte de Guinness était un art à part entière, et que Dieu vienne en aide à quiconque lui demanderait de se grouiller, de détruire son chef-d'oeuvre.
La morale est dans ces lignes de William Blake :
- Il est plus facile de pardonner à un ennemi qu'à un ami.
Lien : http://eireann561.canalblog...
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Anulipe
  25 mars 2016
"Rouge est la sang", le roman phare de Sam Millar est estampillé roman policier sans qu'aucun policier, détective, soupçon d'enquête ne pointe le bout de son nez. Il s'agit pourtant d'un thriller haletant où on se demande page après page ce que vont devenir les personnages qui le hantent. "Hanter" oui, c'est bien le terme approprié pour parler de l'ensemble de ces êtres humains aux destins brisés, aux corps et aux esprits tordus par les démons de leur propre passé qui surgissent par instants dans le roman. Comme dans l'ensemble de l'oeuvre de l'écrivain irlandais, le volet psychologique est travaillé en profondeur. Ainsi Paul Goodman, Georgie, Shank, Lucky, Violet la Violente... sont des êtres complexes et torturés qui fascinent le lecteur et le mettent mal à l'aise.
La violence physique et psychologique bien que très présente n'est pas pour autant gratuite. En effet, elle est lourde de signification. Elle dit aussi bien la dureté des personnages eux-mêmes que celle de l'Irlande dans laquelle ils vivent. le pays est marqué par le chômage, les dettes, l'alcoolisme et les traces laissées par les affrontements entre les combattants de l'IRA et leurs compatriotes appartenant à l'autre camp. Même si cet aspect n'est que mineur dans l'intrigue, il occupe tout de même une place de choix au début et à la fin du livre telle une gangue ou une boucle encerclant l'ensemble de l'intrigue.
La violence apparait en quelque sorte comme un rite initiatique permettant de comprendre à la fois la fiction et l'Irlande bien réelle de l'époque.
Heureusement pour les éternels optimistes, si la couleur rouge qui est omniprésente dit le sang versé, elle renvoie aussi à l'amour, ce sentiment rédempteur de l'âme humaine.
Le rouge est donc bien "un donneur de vies".
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
andreas50andreas50   12 août 2019
« Le corps doit être en parfaite condition et huilé avec du sang, de la sueur, mais jamais de larmes. Non, monsieur Goodman, jamais de larmes. Les larmes sont sacrilèges, elles sont la monnaie des couards.»
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maevedefrancemaevedefrance   08 février 2014

La grandeur d'une peinture se mesure à sa capacité à nous surprendre en permanence, de nous révéler quelque chose de nouveau chaque fois qu'on la regarde.
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AnulipeAnulipe   23 mars 2016
Rouge. Que serait le monde sans ça ? La plus attirante des couleurs, primaire dans sa supériorité. Les roses, les pommes, la Saint-Valentin. Les couchers de soleil pourpres et l'amour ardent. Le rouge est un élément et un attribut de pouvoir, de la vitalité, de la passion, de la colère et de l'excitation. Le rouge nous gouverne. Mais sans aucun doute, le plus important; le rouge est la couleur du sang. Sans lui, nous ne sommes rien. C'est un donneur de vie.
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elodiekretzelodiekretz   17 juillet 2019
Paul Goodman se sentait comme un condamné, tandis qu’il s’avançait vers l’abattoir à travers l’herbe détrempée. Un rosaire de nœuds s’accrochait à son estomac et le serrait un peu plus à chaque pas. La pluie et un froid vicieux lui pinçaient la peau. Un frisson involontaire lui parcourut l’échine et les boyaux à l’idée que, dans moins d’une minute, il serait à l’intérieur du bâtiment, à l’intérieur de l’énorme ventre de la bête.
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andreas50andreas50   12 août 2019
Le cirage de tes chaussures en dit long sur toi.
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Videos de Sam Millar (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sam Millar
Sam Millar - Un sale hiver
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