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EAN : 9782259253246
170 pages
Éditeur : Plon - Feux croisés (12/04/2018)
3.59/5   11 notes
Résumé :
Daian Lobo, quarante ans, vit à Madrid dans une solitude extrême depuis qu'il a perdu son emploi. Sergio O'Kane, son ami imaginaire, est son seul confident.
Un jour, afin de faire un cadeau à Sergio, Damian vole une épingle à cravate, puis fuit dans les dédales d'un marché d'antiquités et se cache dans une grosse armoire en chêne pour échapper aux vigiles. Avant qu'il puisse en sortir, le meuble est acheté et aussitôt livré dans la chambre de Lucia et Fédéric... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  21 juillet 2018
“Sergio O'Kane demandait à Damián Lobo à quel poisson il s'identifiait le plus :
-Au requin, à la sardine…?”, or il s'avère que ce dernier s'identifie à la muréne, un poisson qui n'a pas l'instinct grégaire et se fond dans le paysage.
Le Sergio O'Kane en fait n'existe pas. C'est une construction mentale à laquelle Damián Lobo recoure pour se parler à lui-même. de plus ces rencontres avec l'être imaginaire sont publics ( toujours imaginaires ), la rencontre étant retransmise à la télévision dans le monde entier, avec une traduction simultanée dans les pays où l'on ne parle pas espagnol. Voici le passe-temps vital de Damián, licencié à quarante trois ans solitaire et paumé.
Un début qui donne d'emblée le ton de l'aventure qui va suivre. Celle-ci démarrant avec le vol dans une brocante, par Damián, d'une épingle à cravate en or portant les initiales de Sergio. Suite au vol, essayant de fuir l'agent de sécurité, le voici coincé dans une armoire « .... comme la murène qui reste dans sa crevasse sous-marine ». L'armoire vendue, il s'incruste chez Lucia, Fede et Maria et se métamorphose en voyeur et un domestique invisible à tout faire,......la suite en direct sur la chaîne “L'Imaginaire”, qui bat des records d'audience 😄.....du moins pour un temps. Un livre qui m'a fait penser à « Locataires », le film du cinéaste sud-coréen Kim Ki-Duk.
A travers cette fable burlesque originale, l'écrivain espagnol Juan José Millas aborde de nombreux sujets sérieux, de problématiques actuels,
dont la télé-réalité et son voyeurisme avec l'étalage de la vie privée à audimat record,
et la difficulté de vivre dans les conditions économiques et sociales actuelles avec le chômage et la solitude en hausse, d'où le recours à des mondes imaginaires ou virtuelles où chacun peut endosser l'apparence de ce qu'il voudrait être et avoir un interlocuteur.
Un clin d'oeil aussi à la notion de “liberté”, cette liberté fictive que nous ne cessons de revendiquer, liberté d'exister (« se construire une identité propre. »), et d'avoir droit à la vie qu'on désire.
Avec l'invention d'un interlocuteur imaginaire comme O'Kane, un autre clin d'oeil à la création littéraire, qui finit par échapper à l'emprise de l'écrivain, « Sergio O'Kane, oui. le problème, c'est qu'une fois bien construit, il a commencé à prendre des initiatives. Il faisait et disait des choses qui ne me traversaient pas l'esprit avant. ».
Un récit léger et intéressant, où l'auteur mélange habilement réel et irréel, et où la vraie vie du protagoniste se passe dans son imaginaire. Un imaginaire foisonnant, qui semble bien séduisant 😄 , comme le livre d'ailleurs, avec une fin surprenante !
“Le sujet aliéné n'est pas conscient de son altérité. D'où le succès de ces systèmes politiques et économiques, dont le principal soutien est apporté précisément par ses victimes.”

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LettresItBe
  11 juillet 2018
Qui pour une petite fable surprenante, remplie d'humour, de légèreté et d'intelligence ? Pour les amateurs du genre ou les curieux de nature, découvrez sans attendre Où l'on apprend le rôle joué par une épingle à cravate, le nouveau roman de l'auteur espagnol Juan José Millás paru chez Plon dans la collection Feux Croisés. Lettres it be vous dit pourquoi il ne faut pas rater ce livre, juste un peu plus bas !

# La bande-annonce
Damián Lobo, quarante ans, vit à Madrid dans une solitude extrême depuis qu'il a perdu son emploi. Sergio O'Kane, son ami imaginaire, est son seul confident.
Un jour, afin de faire un cadeau à Sergio, Damián vole une épingle à cravate, puis fuit dans les dédales d'un marché d'antiquités et se cache dans une grosse armoire en chêne pour échapper aux vigiles. Avant qu'il puisse en sortir, le meuble est acheté et aussitôt livré dans la chambre de Lucía et Federico, où Damian s'installe en se calfeutrant dans l'armoire.
S'il veille à ce que sa présence passe inaperçue, Damián reste néanmoins de longues heures à observer les membres de la famille et s'occupe des tâches ménagères. Très vite, il prend goût à sa nouvelle existence de bon génie utile et bienveillant, mais osera-t-il un jour révéler son existence et sortir de sa cachette ?

# L'avis de Lettres it be

Journaliste de métier, immiscé dans l'écriture depuis 1990 avec La solitude, c'était cela (« La soledad era esto », traduit en français en 1992 et récompensé du prix Nadal), Juan José Millás est un auteur depuis reconnu pour ses romans et travaux en tous genres. Il revient avec un roman surprenant, en décalage avec ses précédents écrits, et qui vient tout juste de paraître en France : Où l'on apprend le rôle joué par une épingle à cravate.

Ça pourrait être du Stephen King où un être inquiétant prendrait possession d'une armoire pour mieux vivre dans le secret au côté de ses congénères. Ça pourrait être du Cervantes où un homme rongé par la solitude s'inventerait des mondes et des doubles jusqu'à faire entrer toutes ses fictions personnelles dans sa vie de tous les jours. Et si c'était tout cela à la fois, et peut-être même bien plus encore ? Juan José Millás offre avec son nouveau livre une véritable fable, à la fois loufoque et décalée, mais aussi terriblement profonde et inscrite dans son époque. Un homme seul, trop seul, et qui s'est inventé au fil du temps une amitié avec un présentateur de télé va se retrouver au gré du hasard enfermé dans l'armoire d'une chambre à coucher. Pris au piège, il n'aura alors d'autre choix que celui de rester et vivre ici, dans le plus grand secret.

L'enfermement, la solitude, le côtoiement au plus près d'existences qui nous sont inconnues, l'imagination qui prend le pas sur le réel… Autant de thématiques forcément inscrites dans notre temps et que l'auteur espagnol s'amuse ici à faire cohabiter pour un résultat surprenant, aussi hilarant que réflexif.

Découvrez la suite de la chronique sur le site de Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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YvPol
  16 avril 2018
Damián Lobo, quarantenaire madrilène vient de perdre son emploi. Il vit isolé et parle seulement à Sergio O'Kane un présentateur télé, totalement imaginaire, son seul confident. En balade dans une galerie marchande, il chaparde une épingle à cravate siglée SO qu'il veut offrir à Sergio puisqu'elle a ses initiales. Damián y voit un signe. Pour échapper aux vigiles, il se réfugie chez un antiquaire dans une vieille armoire. Mais l'armoire est achetée et très vite livrée chez Lucia et Federico un couple gangrené par les habitudes et les soucis financiers. Damián bricole l'armoire et s'y installe, totalement invisible aux membres de la famille, le couple et sa fille adolescente. Bientôt, Damián sort lorsqu'il est seul, se met à ranger la maison, faire les tâches ménagères, préparer à manger. seule Lucia se pose des questions.
Étrange et un peu flippant lorsqu'on imagine qu'un homme vit calfeutré dans un placard d'une maison, qu'il y entend tout, se balade dans la journée et participe activement aux tâches ménagères. Ce ne serait que cela, ce serait bien, et je pense que beaucoup signeraient le contrat, heureux d'être débarrassés des corvées. Mais on se demande jusqu'où ira Damián. A priori, pas de mauvaises intentions, mais un homme qui parle à un ou plusieurs amis imaginaires tout en se cachant, ce n'est pas très rassurant.
Juan José Millás écrit une fable, une histoire barrée à la fois drôle et plus profonde qu'il n'y paraît. Elle questionne sur la vie moderne, la solitude, l'inactivité après la perte d'un emploi, le monde virtuel, Internet et les réseaux sociaux qui, pour certains les empêchent de vivre normalement dehors. J'entends normalement, sans portable, connexion, tablette, etc etc. Il y est aussi question de ce qu'on peut voir à la télé : Sergio O'Kane est, dans la tête de Damián présentateur d'une émission racoleuse, faite de confidence les plus inavouables pour faire monter les audiences. Mine de rien donc, le romancier espagnol critique assez férocement notre société actuelle dans laquelle malgré nos multiples connexions, nous n'avons jamais été aussi seuls.
Son histoire est inquiétante, drôle parce qu'évidemment on rit de la situation et des remarques de Damián qui ne sait plus trop s'il est dans la réalité ou pas -nous non plus parfois, il faut faire l'effort de se replacer dans la tête du héros tant ses réflexions et sa vie cachée nous entraînent. Avec talent et humour, Juan José Millás rend ses situations crédibles, et le lecteur que je suis de s'imaginer -pas nécessairement de le souhaiter- un homme -ou une femme, je ne suis pas sexiste- dans un placard qui sortirait et se baladerait chez moi, ramassant ici une chaussette qui traîne, retapant là le canapé avachi... Rudement convaincant et bien fait ce roman qui jusqu'à la fin tient plus que ses promesses, moi qui le pensait être un joyeux divertissement uniquement.
Lien : http://www.lyvres.fr/
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Tu_vas_voir_ce_que_tu_vas_lire
  31 août 2019
Un quadragénaire plombé par une solitude extrême, une petite famille dans un quartier pavillonnaire de Madrid, une vieille armoire en chêne, une émission de télévision imaginaire et une forte dose de voyeurisme: voici les ingrédients de ce roman à la fois déjanté et inquiétant. Damián Lobo, le personnage principal, perd soudainement son emploi. Plus seul que jamais, il lutte contre une vie vide de sens en s'adressant à son interlocuteur imaginaire, Sergio O'Kane, présentateur d'une émission de télévision racoleuse. Mais le véritable point de départ de cette histoire loufoque est encore plus absurde : Damián Lobo vole une épingle à cravate portant les initiales de son confident imaginaire et se réfugie dans une vieille armoire chez un antiquaire pour échapper aux vigiles. Aussitôt vendue, cette armoire atterrit dans la chambre de Lucía et Federico, parents d'une jeune adolescente. Damián Lobo y élit domicile, et ne se contente pas de s'y cacher pour observer cette famille à laquelle il dérobe progressivement toute intimité : il prend en charge les tâches ménagères en leur absence et se complaît rapidement dans cette nouvelle vie de fantôme du logis. Il perd contact avec le monde extérieur et redoute peu à peu toute rechute dans la réalité... Débute alors un récit schizophrénique, dans lequel Damián Lobo ne parvient plus à faire la part des choses entre sa vie de parasite et sa perte totale de dignité, dont il prend peu à peu conscience... La plume rythmée et efficace de Juan José Millas signe un roman original, drôle et dérangeant, qui brouille joyeusement les frontières entre réel et virtuel et qui interroge avec légèreté et pertinence notre monde moderne, ses multiples dualités et leurs limites.
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Annicklecture
  29 novembre 2020
Premier livre lu pour le prix des lecteurs "Étranges Lectures" par la bibliothèque de Saint Geyrac. C'est dans un roman de littérature espagnole que l'on pourrait croire loufoque que j'entre, et qui pourrait se passer n'importe où. Un huit clos drôle et saisissant de par son personnage : Damián, qui nous fait le récit de son étrange disparition.
Il est seul, a perdu son emploi, et rumine sans cesse. Il a pour ami un personnage qu'il se crée, et pour ce mystérieux compagnon, il va commettre un petit larcin qui va le mener loin. Loin, mais pas en distance, juste en esprit. Sa vie va se résumer à côtoyer une famille et prendre des décisions pour elle. Jusqu'où ses idées le mèneront-elles?
"Il lui racontait, à travers une interview imaginaire qu'il prolongeait du matin au soir, tout ce qui lui arrivait."
Qui ne s'est jamais parlé à soi-même! Mais où se situe le raisonnable de l'extravagant? Doté d'un certain humour l'auteur nous entraîne dans les péripéties de Damián, dans les méandres de ses réflexions sur la vie, dans une psychose sans retour.
"Plus Damián s'identifiait à ces êtres qui reviennent de la mort afin d'aider leurs proches, moins O'Kane devenait indispensable."
Voici un récit qui se lit facilement, qui nous fait sourire mais tristement. Je pense que s'il était passé en film il ferait un peu flipper… Je préfère la couverture du livre poche qui reflète très bien l'histoire. Un roman contemporain qui, s'il n'était pas écrit situé à Madrid, pourrait se passer n'importe où ailleurs, pourvu qu'il y ait une grosse armoire en chêne… Un titre un peu long peut-être, seul petit bémol, surtout lorsque l'on pose son ressenti un peu partout. Une chouette découverte.

Lien : https://passionlectureannick..
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critiques presse (1)
Actualitte   13 avril 2018
Aussi comique et dramatique que la réalité, Où l'on apprend le rôle joué par une épingle à cravate de Juan José Millás nous entraîne, façon Molière, à rire de nous-mêmes et à penser notre société actuelle.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   21 juillet 2018
La popularité du Majordome Fantôme ne cessait de croître. Rares étaient désormais les sites spécialisés où l’on ne parlait pas de lui. Il était devenu une star à qui des internautes posaient des questions en tout genre. De son côté, il dosait beaucoup ses interventions, faisant en sorte de leur donner le ton énigmatique que les gens attendent d’un esprit. Ainsi, à la question de savoir si après la mort on relativisait les préoccupations de la vie, il répondit :
-Le succès de la tour Eiffel est surprenant.
La phrase fit aussitôt l’objet d’une avalanche d’interprétations que Majordome Fantôme lut sur l’ordinateur de la chambre de María.
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LavieestunlongfleuvetranquilleLavieestunlongfleuvetranquille   28 mars 2018
- Bon, un homme explique au médecin qu'il a un problème aux cordes fécales. Vous voulez dire vocales, lui dit le médecin. Non, non, répond l'homme, je vais aux toilettes régulièrement, mais chaque fois que j'ouvre la bouche, je dis de la merde.
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