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Léa Marcou (Traducteur)
ISBN : 270072111X
Éditeur : Aubier Montaigne (08/01/1992)

Note moyenne : 4.45/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Ouvrez les yeux, nous dit Alice Miller de livre en livre. Ouvrez les yeux sur ce que vous avez subi étant enfant. Nous bâtissons de hautes murailles pour nous protéger de la douloureuse histoire de notre propre enfance. Il nous faut abattre ce mur du silence, en nous-même et dans le monde qui nous entoure, retrouver l'enfant méprisé, abandonné, trahi que nous étions jadis. Nous devons apprendre d'où viennent nos souffrances, et que l'on peut en guérir.

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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
meeva
  19 octobre 2014
- Tiens Thomas, tu as un Alex P. en 6ème. Moi, en 4ème, j'ai un Alexandre P. Ils sont cousins ?
- Ah, ben non, Alex est le petit frère d'Alexandre.
- Hein ? Quoi ? Pas possible !
- Ah, si ! Bah quand tu vois le grand, tu comprends qu'ils aient été déçus. Quoique à moins de trois ans, ça devait pas encore trop se voir, qu'il était raté Alexandre.
- T'es horrible ! Arrête…
- Euh, t'es sûre que c'est moi qui suis horrible… C'est que des blagues hein… des sales blagues mais comme on dit « mieux vaut en rire qu'en pleurer », parce qu'il y a de quoi en pleurer parfois…
- Et s'ils en avaient un troisième, tu crois qu'ils l'appelleraient comment ? al ?

Alice Miller parle ici, en 1991, des mauvais traitements que nous nous voyons infliger enfant, qu'ils soient physiques ou psychologiques et que nous refoulons.
Elle explique que ce refoulement est une question de survie, enfant, car nous ne saurions faire face à un tel traumatisme à ce moment-là, étant entièrement dépendants de nos parents.
Elle donne en exemple sa propre enfance où sa mère passait des journées entières sans lui adresser la parole, pour prouver son pouvoir absolue sur elle et la contraindre ainsi à l'obéissance.
Alice Miller explique qu'une fois à l'âge adulte, ce refoulement ne nous permet pas de nous débarrasser de la colère et de la haine accumulée, et que celles-ci se reportent alors sur nos propres enfants, de manière inconsciente.
Selon elle, il est donc nécessaire d'abattre le mur du silence construit pour cacher les traumatismes de notre enfance, avec l'aide de témoins lucides, afin de s'en libérer et d'éviter de perpétuer les actes de violence sous couverts d'éducation, de religion, voire de science.
Alice Miller critique dans son livre les psychothérapeutes, en particulier les psychanalystes. Elle a quitté en 1988 la Société psychanalytique helvétique et l'Association psychanalytique internationale.
Elle cite Freud, Jung, Adler comme étant à l'origine de théories erronées, présentant par exemple la méchanceté comme innée chez l'être humain, méchanceté qu'il est donc nécessaire de dompter.
Les psychothérapeutes prônent donc le pardon et l'oubli quant aux mauvais traitements de l'enfance.
Il en est de même de la religion, qui présente le mal comme faisant partie de l'homme, et non comme une conséquence de son vécu.
Et plus récemment, certains adeptes de ce genre de théories se reportent sur la science, cherchant à justifier la méchanceté, la violence, la délinquance par une prédisposition génétique.

Alice Miller évoque dans ce livre les conséquences de ces mauvais traitements infligés aux enfants et de leur non prise en compte, de leur refoulement à l'âge adulte.
Les guerres, les tyrans, dictateurs, sont d'abord des enfants victimes de mauvais traitements, qui n'ont pas su ou pas voulu devenir autre chose à l'âge adulte.
Elle donne en exemple Hitler et Ceaucescu.
Alice Miller mentionne aussi les attaques contre le droit à l'avortement. Elle indique que tous les enfants gravement maltraités sont des enfants non désirés.
Alice Miller cite une méthode permettant de donner accès à son histoire personnelle de manière progressive et non traumatisante : la méthode Stettbacher.
Cependant, elle ne décrit pas cette méthode ici. Il semble donc que pour être renseignée sur le sujet, il faut lire « Quand la souffrance a un sens », paru en 1991 également.
Pour elle, il est indispensable et prioritaire de lutter contre les violences subies par les enfants, car le fait que celles-ci soient reconnues comme des crimes (comme en Suède), même s'il ne permet pas l'abandon de toute violence, permet aux enfants de rompre le déni de ces mauvais traitements et de moins en faire subir eux-mêmes à leurs propres enfants, améliorant la situation petit à petit, au fil des générations.

Elle dénonce le fait de demander de pardonner à ses parents et prône plutôt l'expression d'une haine maîtrisée.

Malheureusement, au contact des adolescents, trop souvent l'on pressent que ces mauvais traitements sont fréquents.
Que de fois l'envie me prend de crier à ces gens « non, il n'est sûrement pas né comme ça », le comme ça étant tour à tour « fainéant », « immature », voire même « nul », « intenable ».
Et à entendre ce qui est dit, comme l'on craint tout ce qui n'est pas dit…
Et après la lecture de ce livre, il persiste la grande et angoissante question :
« Suis-je concernée personnellement par tout cela, c'est-à-dire ai-je des raisons de refoulement dans mon enfance et donc dois-je m'inquiéter et me préoccuper de cela davantage ? »

Evidemment, ce qui me trotte dans la tête en écrivant la critique, tout à fait adapté finalement, surtout en revoyant cet excellent clip :
“We don't need no education.
We don't need no thought control.
No dark sarcasm in the classroom.
Teacher leave the kids alone !
Hey teacher leave the kids alone !
All in all you're just another brick in the wall.
All in all you're just another brick in the wall !
[…]”
(extrait de “Another brick in the wall, The Pink Floyd :
http://www.youtube.com/watch?v=YR5ApYxkU-U)
+ Lire la suite
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Tatooa
  24 mai 2013
Dans ce livre, Alice Miller aborde sa propre enfance avec une honnêteté rare. Et ça parle à ceux qui sont ouverts à leurs propres souffrances d'enfance...
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
grisettegrisette   07 juillet 2010
Les enfants d'aujourd'hui seront les citoyens de demain. Ils n'ont pas pu se défendre contre les agressions de leurs parents, ils étaient en détresse, ils devaient réprimer profondément leur colère pour éviter de nouveaux coups/punitions. Mais devenus adultes cette colère se réveille et s'adresse en particulier à leurs propres enfants, mais aussi à d'autres personnes qu'on peut utiliser impunément comme boucs émissaires. Dans une position supérieure il est même possible de manipuler un peuple entier pour déverser sa colère accumulée envers des millions de personnes. Dans mon livre "Abattre le mur du silence" j'ai pris l'exemple de Ceausescu en m'aidant de nombreux détails du fonctionnement de son régime en Roumanie. De nombreuses personnes répriment leur colère envers les autres, mais s'auto punissent pour ce qu'on leur a fait, comme ils ont appris dans leur enfance et comme leurs religions les y obligent. Ils tombent malades, sont dépendants de drogues et médicaments et souffrent de dépressions. Ils s'en accommodent pour ne jamais accuser leurs parents.
+ Lire la suite
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meevameeva   19 octobre 2014
A voir la passion avec laquelle les ecclésiastiques catholiques – des hommes ayant choisi de ne pas avoir d’enfants – combattent l’avortement, l’on est amené à se demander ce qui les pousse. S’agit-il de montrer que la vie non vécue – à l’instar peut-être de leur propre destin – est plus importante et plus précieuse que la vie vécue ? Est-ce peut-être l’opinion des parents des adversaires virulents de l’avortement, bien qu’ils l’aient formulée autrement ? Ou bien s’agit-il d’infliger à d’autres le sort que l’on a soi-même connu ? Toutes ces motivations sont possibles, et identiquement dangereuses, car elles poussent, dans les ténèbres du refoulement, à des actions aveugles et destructrices.
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TatooaTatooa   24 mai 2013
La vérité sur l'enfance dont beaucoup d'entre nous ont eu à souffrir est inconcevable, révoltante, douloureuse, monstrueuse parfois, toujours refoulée.
Apprendre d'un seul coup cette vérité et intégrer cette connaissance est tout bonnement impossible, même si nous le désirons ardemment. La capacité de l'organisme humain à supporter des souffrances est - pour sa protection même - limitée, et touts les tentatives pour ignorer ces limites, pour lever brutalement le refoulement n'ont que des effets négatifs et souvent dangereux, comme toute autre forme de viol.
Les séquelles d'une expérience traumatique ne peuvent être liquidées qu'une fois tous les aspects traumatiques de cette expérience revécus, reliés entre eux et dénoncés dans le cadre d'une thérapie qui les dévoilera avec prudence.
Mise au point : à l'évidence, il ne suffit pas de ressentir les vieilles blessures pour nous libérer du passé, car la thérapie ne se limite pas à cela, loin s'en faut. Et il n'est pas toujours nécessaire, semble-t-il, de se confronter avec le passé de façon aussi intensive que, personnellement, je l'ai fait. Cela dépend de la situation actuelle, des ressources psychiques et du réseau relationnel de l'individu.
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Videos de Alice Miller (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alice Miller
Lecture (par un logiciel? la lecture est assez hachée, peu naturelle mais compréhensible) complète de l'article d'Alice Miller "D'où vient le mal dans le monde et comment se génère-t-il?" en 20 minutes.
Introduction: "Il n'est plus possible de mettre en doute, aujourd'hui, que le Mal existe et que certains individus sont capables d'une extrême destructivité. Chacun peut s'en faire une idée grâce à la télévision. Mais ce constat n'entérine nullement l'idée fort répandue que certains êtres humains naissent "mauvais". Tout dépend, bien au contraire, de la façon dont ces personnes ont été accueillies à leur naissance et traitées par la suite. Les enfants qui font dès le début de leur vie l'expérience de l'amour, du respect, de la compréhension, de la gentillesse et d'un soutien affectueux, développent évidemment d'autres traits de caractère qu'un enfant qui se heurte dès le départ à l'abandon, la négligence, la violence ou la maltraitance, sans avoir près de lui une personne bienveillante qui lui permette de croire à l'amour. Quand manque cet élément - ce qui est le cas dans l'enfance de tous les dictateurs que j'ai étudiés - l'enfant aura tendance à glorifier la violence qu'il a subie et à l'exercer lui-même plus tard, sans limite, chaque fois qu'il le pourra. Car chaque enfant se forme par l'imitation."
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