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Georges Belmont (Autre)Élisabeth Guertik (Autre)Roger Giroux (Autre)
ISBN : 2253040398
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 115 notes)
Résumé :
Plexus est le deuxième volet de la célèbre autobiographie d’Henry Miller : « La Crucifixion en rose », comprenant également Sexus et Nexus.
Miller y raconte ses années d’enfance dans un quartier pittoresque de New York, ses aventures de jeune homme que torture le démon de l’écriture et qui, afin de le satisfaire, finit par briser une à une les chaînes qui le rivent à la vie quotidienne de ses compatriotes, son combat difficile pour devenir un artiste. Il conn... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
milan
  23 octobre 2012
Il est difficile de parler d'un livre de Miller sans se retrouver en train de parler de Miller lui même ( ou en tout cas de tenter de le faire), tant il est présent dans chaque ligne.
Si pour Tropique du Cancer c'est la découverte de la vie artistique qui prédomine, ou pour Sexus, c'est l'expression de la passion et de la fougue sexuelle, simplement, et souvent avec humour et burlesque, pour PLexus, c'est l'attendrissement devant la découverte de cet homme qui tout à la fois croit fermement en son génie, mais qui doute souvent (même si ça ne dure jamais très longtemps), alors qu'on connaissait (ou s'imaginait connaitre) le très talentueux, passablement égoïste, possédant un appétit sans fin pour tous les plaisirs de la vie.
Ainsi, le grand Henry Miller que je découvrais dans Tropique du Cancer en hallucinant devant ce tourbillon de mots, doutait....et paradoxalement, quand il n'écrivait pas sur commande , ou sous la contrainte d'une discipline qu'il s'imposait pour "arriver" à quelque chose, c'était tout naturellement qu'une floppée d'idées, de mots, de phrases traversaient son esprit, et faisaient démanger ses doigts à la recherche d'un carnet ou d'une machine à écrire pour y déverser ce débit si caractéristique. Mais dès qu'on lui donnait l'opprtunité d'écrire dans un cadre un tant soit peu officiel....il "buguait".
" Tout ce que je demande est de ne pas me montrer un foutu idiot, comme je l'ai fait, il y a des années en allant voir un célébre écrivain et en demandant, tout à trac:" comment commence-t-on à écrire?" (réponse:"en écrivant". C'est exactement ce qu'il a dit, et ce fut la fin de l'entrevue.)
En parlant des lettres écrites durant sa jeunesse il dit:"Jusqu'e dans ces missives couvertes de chiures de mouches, il y avait ces brusques ruptures et ces envolées qui révèlent la présence de feux cachés, de conflits insoupçonnés."
pour moi, c'est ça Miller, un déferlement incessant, un rapport minutieux d'un quotidien -peu banal certes- décrit avec tendresse et authenticité, et puis brusquement des sursauts de pensés explosives donnant l'impression d'un être qui "se vomit" voire même qui "s'éjacule" après un épisode de repli inconscient sur soi, de concentration extrême........et pour la lectrice que je suis, il faut se remettre de ça, revenir à son quotidien qui pendant quelques minutes se met à avoir des nuances intéresantes, car l'esprit est encore sous l'influence de ces fulgurences, et on se surprend à essayer de considérer les insipides moments de tous les jours comme autant d'éléments à analyser joyeusement, innocemment, comme le fait Miller.....mais n'est pas Miller qui le veut.....et Miller prend la vie comme elle est, accepte les gens pleinement, sans se positionner par rapport à eux. Tout ce qui l'entoure : gens; objets, événements- est beau à ses yeux, ou du moins digne d'attention, et possible matériel.
Petit bémol tout de même (et oui, personne n'est parfait), la longuer et surtout la minutie dans la description de ses rêves (à peine plus extravagant que sa vie diurne) étaient parfois pénibles à lire.
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colimasson
  21 août 2013
Après Sexus, Henry Miller a encore beaucoup de choses à écrire. Pourtant, les évènements de sa vie se font moins tumultueux. Il est dans Plexus relativement moins question de femmes et de sexe que dans le volume précédent. La frénésie à chercher le modèle féminin d'une communion parfaite s'est tarie dans la vie commune qu'il mène avec Mona : grâce à elle, le temps, l'argent, le sexe et la vie sociale féconde se mettent à la disposition d'un Miller plus dévoué que jamais à sa cause artistique. Mona croit en ses talents littéraires et se sacrifie en travaillant –sans tout avouer sur sa manière de ramener de l'argent- afin de permettre à Henry de disposer pleinement de son temps pour écrire. Mais ce serait trop facile si l'écriture se mettait aussitôt à couler d'un flot…

Si Sexus décrivait la quête sexuelle d'Henry Miller, Plexus –chakra de l'énergie vitale- se consacre plutôt à la quête artistique de l'écrivain en devenir. Cette quête passe par une première phase solitaire qui nous étonne, eut égard à ce que l'on croyait connaître du personnage : son besoin constant d'être entouré, de parler, d'écouter, de se confronter aux autres dans la diversité de leurs identités comme s'il s'agissait d'un jeu de hasard. Passant son temps à déambuler chez lui, dans la rue ou dans les bibliothèques, Henry Miller revient aux sources de sa fascination pour les mots et nous parle à demi-mots de ses influences. Mais le chakra dispense son énergie à outrance, s'emballe plus que de raison et condamne au silence par surplus de parole.

« J'étais si épris de l'idée d'être un écrivain que c'est à peine si je pouvais écrire. La quantité d'énergie physique que je possédais était incroyable. Je m'épuisais en préparatifs. Il m'était impossible de m'asseoir tranquillement et de libérer tout simplement le flot ; je dansais intérieurement. »

Progressivement, Henry Miller va retrouver un équilibre énergétique qui passera peut-être par la perte de cette fébrilité qui nous avait amusé dans Sexus, mais qui lui permettra d'accéder à une profondeur qui ne s'y trouvait pas encore. Par étapes, il retrouvera la capacité de dire sans se laisser déborder par son flot d'émotions et de sentiments. Après avoir canalisé le flux de ses pensées, il retrouve Mona et leurs amis, rencontre de nouvelles personnes aussi fantasques que lui et apprend à maîtriser le flux de ses paroles, bien qu'il se laisse parfois dépasser par les mots et s'écoute plus souvent parler qu'il n'écoute parler les autres. Les mots constituent l'élément de fascination d'Henry Miller. Ce sont eux qui lui échappent, à présent qu'il a conquis celle des femmes qui constituaient auparavant son principal objet de chasse.

« Des mots, des mots… Ça me rend des fois marteau. Chaque nuit je discute dans mon sommeil. le diable, c'est que je ne sais pas de quoi je discute. Exactement comme eux. Même mon jour de repos est fichu »

Derrière les mots se cache sans doute autre chose. Ils cachent en tout cas le mystère de l'écrivain qui, peu à peu, se révèle, perdant en frénésie pour gagner en calme dans une apparence de maturité –mais on n'oserait accoler ce terme à la personnalité de Henry Miller sans se demander s'il ne s'agit pas d'une insulte voilée. Quoiqu'il en soit, Plexus nous fait mieux connaître un homme qui avait essayé d'échapper à toute forme de définition dans Sexus. Henry Miller baisse la garde. En tarissant un peu des mots qui le subjuguaient, en les dirigeant jusqu'à nous de manière ordonnée, les mots cessent de le parasiter et le libèrent de ses démangeaisons intérieures. L'homme a évolué ; assurément, ce n'est plus le même que celui que nous avions connu dans le volume précédent.

« Il fut un temps où je croyais avoir été blessé comme jamais aucun homme ne l'avait été. Parce que tel était mon sentiment, je fis le voeu d'écrire ce livre. Mais longtemps avant que je l'eusse commencé, la blessure avait guéri. Puisque j'avais juré de remplir ma tâche, je rouvris l'horrible blessure »

Reste toutefois que l'équilibre dans Plexus ne commence à s'établir que dans les dernières pages. Tout ce qui précède n'est qu'un flot ininterrompu d'idées et de mots parfois confus, en tout cas fatigants pour le lecteur lambda au plexus moins rayonnant que celui de l'écrivain. On lit Henry Miller qui s'agite dans ses pensées comme on regarderait un gamin hyperactif sauter d'un bout à l'autre d'une pièce sans s'arrêter. Au milieu de cette vague d'énergie, on distingue parfois du bon, un sursaut de luminosité ou une idée brillante. le reste du temps, on se contente d'observer, et on lit ces témoignages d'un débordement de vitalité comme la manifestation pas plus sereine que les lamentations d'un neurasthénique. le véritable changement s'amorcera peut-être avec le troisième tournant de la Crucifixion en rose…
Lien : http://colimasson.over-blog...
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filippo
  28 janvier 2016
Un peu décevant
Il s'agit du récit de la vie de Henry Miller au moment où il décide de quitter son travail de responsable du personnel dans une société de coursiers new-yorkaise pour enfin vivre sa vraie passion : l'écriture. A cette époque, il est marié à Mona, qui l'encourage à délaisser la voie de la raison pour sauter définitivement dans l'inconnu.
Et tout d'un coup, les lendemains deviennent incertains. Pas le tout début d'une idée, son roman n'avance pas. Commence alors une vie faite d'expédients, de jobs improbables peu payés et vite abandonnés pour une vie de galère où toutes les connaissances sont sollicitées pour quelques dollars, juste de quoi payer un appartement qui semble de plus en plus être au dessus de leurs moyens.
Rien de misérable au début. Car la volonté de vivre au dessus de toute contingence est là, et bien là. Sauf que la réalité a parfois tendance à vite vous rattraper...
On est tout d'abord frappé par la sensation de liberté. Alors que tout le monde s'accroche généralement plus ou moins à son travail pour, à défaut d'être libre, au moins avoir la liberté de consommer, Miller et sa femme font le pas que beaucoup n'osent pas faire.
S'ensuit des anecdotes étonnantes. Des amis étranges, à la limite de la folie. Une vie qui semble riche, plus riche que tout ce que l'argent ne pourra jamais payer.
Et puis, franchement, on commence à tourner en rond. Comme si la lente descente vers le misérabilisme plombait le lecteur et ses espoirs de liberté triomphante autant que la vie du couple Miller. Je ne sais pas si c'est vraiment dû à l'écriture, mais on aurait aimé quelque chose qui puisse transcender les espoirs déçus, et cela n'arrive pas.
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DidierLarepe
  03 juin 2016
Suite des "aventures" d'Henry Miller dans le New-York des années 30, ses galères, ses déconvenues ses amitiés, son amour toujours aussi fantasque qui alterne de manière incongrue mais totalement naturelle le récit de sa vie et des grandes réflexions sur l'homme, sa destinée, sa place dans l'univers ou dans la société, faisant référence de manière régulière aux religions et philosophies liées aux bouddhisme.
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DD78
  23 juin 2013
J'ai mis exactement une année à me replonger dans la trilogie "La crucifixion en rose". Peut-être parce que les souvenirs du premier opus n'étaient pas très motivants: la confiance et la sureté de soi inébranlables de l'auteur, proche de la vanité la plus forte; la présence quasi-permanente du sexe, bestial et violent. En ces 2 aspects le second tome est bien plus édulcoré. Même si Henri Miller garde toujours en lui la certitude de devenir un jour célèbre et reconnu de tous, il en devient presque sympathique entre ses galères quotidiennes et ses amis tous plus allumés les uns que les autres. Et pour le sexe, il faut attendre 450 pages pour assister à une scène à 4 tout de même très soft comparée aux partouzes précédentes !!!
Bref, "Plexus" m'a réconcilié avec Henri Miller, mais que pouvait-il avoir de si exceptionnel dans ses paroles et dans ses actes pour que les autres soient si sûrs de lui? J'espère que le 3ème tome me permettra d'éclaircir ce point.
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Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   26 mars 2014
Il y a si longtemps que le monde conceptuel est tout l’univers de l’homme. Nommer, définir, expliquer… Résultat : incessante angoisse. Dilater ou contracter l’univers ad infinitum –jeu de salon. Jouant au dieu au lieu d’essayer d’être comme Dieu. Crânant, crânant –et en même temps ne croyant à rien. Se vantant des miracles de la science, et pourtant regardant le monde à peu près comme autant de merde. Effrayante ambivalence ! Elisant les systèmes, jamais l’homme. Niant les hommes de miracles en vertu des systèmes érigés en leur nom.
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aubervilliersaubervilliers   04 novembre 2014
Cesse complètement de travailler et crée ! Car la création est jeu, et le jeu est divin.
Tel est le message que je reçois chaque fois que je lis la vie de Van Gogh. Son désespoir final, s'achevant dans la folie et le suicide, pourrait être interprété comme une divine impatience. "Le Royaume des cieux est ici, disait-il. Pourquoi n'entrez-vous pas ?"
Nous versons des larmes de crocodile sur sa fin lamentable, oubliant l'explosion de splendeur qui la précéda. Pleurons-nous quand le soleil sombre dans l'océan ? La magnificence du soleil ne nous est révélée pleinement que dans les quelques instants qui précèdent et qui suivent sa disparition. Il reparaîtra à l'aube, autre magnificence, autre soleil peut-être. Tout le long de la journée, il nous nourrit et nous soutient, mais nous y prêtons à peine attention. Nous savons qu'il est là, nous comptons sur lui, mais nous ne lui offrons ni actions de grâce, ni dévotion. Les grands luminaires, tel Nietzsche, tel Rimbaud, tel Van Gogh sont des soleils humains qui subissent le même sort que l'astre céleste. C'est seulement lorsqu'ils sombrent ou ont disparu à la vue que nous prenons conscience de la gloire qui était la leur. En pleurant sur leur disparition, nous aveuglons nos yeux à l'existence d'autres soleils nouveaux. Nous regardons en arrière et en avant, mais jamais notre regard ne perce droit au coeur de la réalité. [...] Un peu trop de lumière, un peu trop d'énergie (ici-bas), et l'on devient inapte à vivre dans la société humaine. La récompense du visionnaire, c'est la maison de fou ou la croix. Un monde gris et neutre est notre habitat naturel, semblerait-il.
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colimassoncolimasson   30 mars 2014
Il semble qu’à toute période cruciale de ma vie je sois tombé sur l’auteur même dont j’avais besoin pour me soutenir. Nietzsche, Dostoïevski, Elie Faure, Spengler : quel quatuor ! Il y en eut d’autres, naturellement, eux aussi importants à certains moments, mais ils ne possédaient jamais tout à fait l’amplitude, tout à fait la grandeur, de ces quatre-là. Les quatre cavaliers de mon Apocalypse personnelle ! Chacun exprimant pleinement sa qualité unique propre : Nietzsche, l’iconoclaste ; Dostoïevski, le grand inquisiteur ; Faure, le magicien ; Spengler, le bâtisseur de schémas. Quelle fondation !
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colimassoncolimasson   03 avril 2014
La souffrance est inutile. Mais l’on doit souffrir avant de pouvoir comprendre qu’il en est ainsi. C’est alors seulement, de surcroît, que la vraie signification de la souffrance humaine devient claire. Au dernier moment désespéré –lorsqu’on ne peut plus souffrir !- quelque chose advient qui tient du miracle. La grande plaie ouverte qui drainait le sang de la vie se referme, l’organisme fleurit comme une rose. […] L’arbre de la vie est maintenu vivant non par les larmes mais par la certitude que la liberté est réelle et éternelle.
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colimassoncolimasson   04 janvier 2014
Mainte et mainte fois Van Gogh répète qu’il n’a d’autre désir que de mener la vie simple. Il n’est extravagant que dans l’emploi de sa matière. Tout va dans l’art. C’est un sacrifice si total qu’en comparaison, la vie de la plupart des peintres semble pâle et sans valeur. Van Gogh sait qu’il ne sera jamais reconnu de son vivant ; il sait qu’il ne récoltera jamais la moisson de son labeur. Mais les artistes à venir –peut-être son renoncement leur rendra-t-il les choses plus faciles ! C’est là son vœu le plus profond. De mille manières différentes, il dit : « Pour moi-même je n’attends rien. Nous sommes condamnés. Nous vivons hors de notre temps. »
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