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EAN : 9782843047589
336 pages
Éditeur : Zulma (01/04/2016)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 28 notes)
Résumé :
« Dans not’monde, y a connaissance à foison, assez pour que t’en prennes et que t’en laisses. Si t’as envie, tu peux refuser de croire plein de choses et pas t’occuper de comment ces choses-là sont vraies-vraies. Je sais des choses que tu connais pas, et que tu connaîtras jamais. »
Écoutez de toutes vos oreilles l’histoire d’une femme puissante, une prophétesse, une vraie de vraie : Adamine Bustamante. Elle vous dira qu’elle est née en Jamaïque dans une lépro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Malivriotheque
  19 octobre 2020
Pearline Portious est une jeune jamaïcaine qui se fait embaucher dans une léproserie où elle ramène avec elle vie et couleur. Mais elle décède en couches et c'est Mman Lazare, déjà 90 ans au compteur, qui va élever la petite Adamine. C'est elle qui raconte son histoire, elle la Crieuse de Vérité, et l'écrivain bien sûr, qui cherche à remettre les éléments du puzzle de sa vie dans le bon ordre...
J'ai vraiment cru pendant une bonne centaine de pages (la première partie en fait) de Kei Miller ferait un doublé, cumulerait 2 must-read sur 2, une première en 11 ans de lectures pour moi. Car ce poète a une écriture douce, sensible, chatoyante, réjouissante ; car ses histoires sont un mélange de féérie dans un monde brut et brutal. J'ai été embarquée par l'histoire de Pearline Portious dans cette léproserie, les interventions de sa fille Pearline Portious, alias Adamine Bustamante, qui tente de remettre les pendules à l'heure quand l'écrivain part dans de grandes envolées historiques.
Mais j'ai commencé à moins être accaparée quand la première Pearline nous quitte et que le récit se concentre sur la vie pour le moins étrange d'Adamine qui voit les esprits et devient prophétesse. Certes, le récit est toujours aussi bien mené par l'auteur, mais Adamine, par sa force surprenante sans doute et son anticonformisme bourru, est beaucoup moins attachante que sa paisible mère qui vivait sur un arc-en-ciel vraiment apaisant.
L'intrigue que suit l'auteur, dont le grand mystère est révélé petit à petit dans les derniers chapitres, a un goût étrange qui colle moyennement avec l'ambiance installée dans le début du récit, se concentrant au fur et à mesure des pages sur une filiation perdue née d'un viol et de conditions de vie abusives. Adamine est aussi envoyée en Angleterre où elle va être prise pour folle parce qu'on n'y a pas les mêmes croyances qu'en Jamaïque en matière de superstitions et prophéties. C'est dans ce fait que le lecteur français lui-même européen se sent sûrement déconnecté de la magie qu'un tel personnage peut dégager dans les Caraïbes. La fin, attachée à ce point, m'a du coup carrément laissée de marbre et je me suis sentie éloignée du propos, non sans une certaine frustration, d'autant plus que la fin est longue à se mettre en place.
Néanmoins, ça reste un roman à lire, moins fort toutefois que son petit frère By the Rivers of Babylon. Kei Miller est un auteur incroyable avec un énorme talent de conteur et un style vrai et vivant. On ne peut s'empêcher de s'impatienter de voir un troisième roman publié...
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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Nuageuse
  30 mai 2016
Un roman à deux voix : celle du narrateur"Gratte-Papyé" et celle d'Ada Bustamente qui qualifie ainsi le premier. Il s'agit de son histoire : une enfant née dans une léproserie en Jamaïque, qui acquerra un don et qui partira pour l'Angleterre.
Kei Miller est un conteur hors-pair : il manie plusieurs registres. Pour celui de l'héroïne, il faut lire les mots à voix haute comme pour le créole réunionnais ou guadeloupéen.
Des personnages l'entourent et sont tous plus ou moins attachants. L'auteur les dépeint avec poésie.
Ce premier roman traduit en français est un bijou rempli de poésie!
Et une fois de plus, merci à Zulma pour sa couverture originale qui a attiré mon regard.
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Fuyating
  09 janvier 2020
Ce roman est incroyable, l'histoire comme le style m'ont beaucoup marquée !
La langue utilisée par Kei Miller est tellement vivante et colorée, elle nous dépayse. Un grand bravo d'ailleurs à la traductrice qui a réussi à retranscrire les paroles d'Adamine en une sorte de créole jamaicain. Il faut noter que la lecture n'en est pas pour autant difficile, au contraire elle est fluide et pimentée par cette langue si ensoleillée.
Hormis le langage, j'ai également beaucoup aimé la double narration, et le fait qu'Adamine se joue de Monsieur gratte-papyè derrière son dos, nous rendant complice de son espièglerie.
Parlons maintenant de l'histoire, si atypique. Elle débute dans une léproserie aux couleurs de l'arc-en-ciel dans une Jamaïque inondée de soleil. Avez-vous déjà vu un début aussi original ? Kei Miller par la suite nous décrit certaines coutumes locales à travers le destin de l'authentique Pearline Portious et dans un récit très vivant.
J'ai été très intriguée par le revivalisme, qui semble être un mélange de religion et de pratiques vaudous, ainsi que par les "crieurs de vérité" sur lesquels j'aimerais me renseigner davantage.
Kei Miller souligne un point intéressant : l'Angleterre a catalogué un peu facilement certaines coutumes et pratique locales comme folie, n'essayant pas de comprendre leur religion et leur croyance.
Je ne rends malheureusement pas assez honneur à mon goût à ce roman qui m'a transporté. J'ai hâte de me lancer dans un autre livre de cet auteur !
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Thyuig
  11 juin 2016
Comment aborder la double question de la différence culturelle et cultuelle ? Comment évoquer l'Angleterre brumeuse et stricte et la Jamaïque ensoleillée et paillarde ? Comment lier Pearline Portious et Adamine Bustamente ? Comment retisser le lien mère-fille incisé dès la naissance ?
C'est un même geste, l'enfant remplace les parents et tout se trouble dans un délire de personnalité. Adamine Bustamente va passer sa vie à revendiquer qui elle est et se heurter d'emblée à l'Etat Civil. Erreur de ligne ou de case, erreur administrative, sur ses papiers Adamine sera Pearline, et la crieuse de vérité, passerelle entre le monde des esprits et le monde des hommes en oubliera parfois jusqu'à son vrai nom.
Qui est-on ?
Lorsqu'on est jamaïcaine et qu'on débarque dans l'austère Angleterre ? Qui est-on lorsqu'on est revivaliste et que cet art est ici une folie, là-bas un don ? Qui est-on lorsqu'on crie les paroles de Dieu tout haut et qu'ici, c'est l'asile, là-bas le respect infini ?
Adamine va voyager pendant tout le roman et l'écrivain jouer avec elle, et nous. En chapitrant son livre en parties distinctes, d'abord au style direct, façon confession et ensuite par le recueil malin des paroles d'Adamine, Kei Miller brouille la perception. Il propose un récit aussi tarabiscoté que l'esprit de son personnage et montre combien le trouble de l'esprit est une souffrance infinie.
L'authentique Pearline Portious est un roman délicat dont l'écriture, fortement évocatrice, renvoie le lecteur à sa propre attention. Chaque mot pèse et chaque anecdote peut se révéler capitale par la suite.
Un dernier mot sur l'objet, quelle belle collection ! Format, couverture, papier, tout est parfait ! Bravo à Zulma pour ça, et merci pour le livre Masse Critique.
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Sharon
  02 juin 2016
J'ai franchement été emballée par ce livre, et, du coup, ce n'est pas franchement facile de dire pourquoi. Je vais quand même tenter de débroussailler le sujet.
Le ton, d'abord, qui ne s'embarrasse pas d'être poli, ou plutôt policé. Je tire mon chapeau à Nathalie Carré, la traductrice, qui a restitué un parler coloré, vivant dans toute sa vigueur, sans pour autant que le lecteur ait l'impression que l'auteur ait été écrit ainsi simplement pour faire « couleur locale ». Non, c'est à la création d'un personnage dans toute sa justesse à laquelle nous assistons.
Parce que, pour être « juste », il faut aussi prendre le risque de croiser les regards, celui d'Adamine mais aussi celui de Monsieur Gratte-Papyé, l'écrivain venu retracer la vie de « L'authentique Pearline Portious ». Qui était-elle, d'ailleurs ? La mère, morte en mettant au monde sa fille, ou la fille, à qui on a donné le nom de sa mère par erreur – les joies de l'état civil jamaïcain. Et pourtant, la filiation est importante, plusieurs mères, déjà, ont guidé les pas de Pearline, plusieurs mères veilleront sur Adamine, et que toutes deux vivront des situations inimaginables, comme un conte de fée inversé.
Inversé, parce que nous ne sommes pas dans un joli château, nous sommes dans une léproserie, que certains ont connu, ou pas, mais dont nul ne conteste la présence de pensionnaires à temps pleins, ignorés de tous ou presque, abandonnés par leur famille, quand elle ne s'est pas (un peu) servi d'eux. Les moments de joie, ou simplement de répit ne durent guère, même les bandages multicolores de Pearline ne sauraient assurer qu'un peu, juste un peu d'apaisement dans un monde qui ne le leur permet même pas.
Inversé, parce que la révélation que subit la jeune Adamine la conduit non pas vers le bonheur, mais vers un état qui n'est pas si facile que cela à définir. Bien sûr, pour les occidentaux, le mot « folie » est celui qui convient. Pour les Jamaïcains, c'est toute autre chose, du moins, pour ceux qui vivent en Jamaïque. En Angleterre, là où certains vont pour accomplir un rêve, changer de vie, d'autres ne trouvent que la vie en Angleterre, telle qu'elle pouvait être en ces temps-là – et le constat est tout sauf optimiste.
S'il faut chercher un vent d'espoir d'ailleurs, il est plutôt dans les derniers chapitres, dans les paroles de monsieur Gratte-Papyè, qui redéfinit les fonctions de l'écriture et le rôle de l'écrivain. Les derniers mots du roman sont d'une grande force, et laissent une impression tenace. L'authentique Pearlin Portious ou un roman qui laisse espérer d'autres traductions d'oeuvres de cet auteur.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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critiques presse (1)
Culturebox   03 juin 2016
Les amateurs des romans du Martiniquais Raphaël Confiant retrouveront des créolismes qui font le charme des romans antillais.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
ThyuigThyuig   11 juin 2016
J'ai jamais rien dit à aucune de la manière dont Miss Lily me prenait avec elle tous les soirs pour me faire apprendre mes leçons et comment chaque soir, je lui lisais Jane Eyre, son livre préféré, que j'étais capable de réciter de A à Z sans même regarder les pages tellement je le connaissais par coeur. J'ai jamais pris la peine de poser la grande question : A quoi ça sert de lire et d'écrire ? Qu'est-ce que ça vaut quand tous les livres du monde peuvent rien changer au fait que certains sont nés déjà tout krasé-pliyé et qu'à chaque tentative pour se redresser, y se cognent sèlman la tête ?
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NierikaNierika   04 mars 2018
- Les Crieurs de Vérité sont toujours là, Maman. On est encore là. Voyants. Prophètes. Annonceurs de Cataclysmes. On est là. Mais les choses ont changé. On saisit un crayon coincé derrière l'oreille et on écrit. On a écrit beaucoup de livres. Et devine un peu Maman : il y a des gens qui vont dans des librairies et achètent les livres que l'on a écrits, les rangent sur leurs étagères. La plupart du temps, ils ignorent que ce ne sont pas des romans, des poèmes, des livres d'histoire. Mais de simples avertissements. Maman, il y a tellement de gens dans ce monde qui ont des oreilles mais ne savent pas entendre. Et tellement qui ont des yeux mais ne savent pas voir.
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NierikaNierika   04 mars 2018
J'ai compris comment vie-là fonctionne. Tout ce que l'homme blanc croit fin-fond de son coeur, la chose-là, il l'appelle religion mais tout ce que femme noire croit, c'est superstition. Là où va l'homme blanc le dimanche, c'est église, mais là où la femme noire va, c'est secte. L'homme blanc vénère Dieu Tout-Puissant, mais la femme noire vénère Satan ou Belzébuth. Toute chose-là que l'homme blanc accepte dans son coeur, c'est chose qu'est sensée dans le monde, mais ce que femme noire accepte dans son coeur, c'est bêtise qui vaut pas ti-centime.
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SharonSharon   26 mai 2016
Comme toute marchande jamaïcaine qui se respecte, Maizy maniait le sarcasme avec dextérité. Elle se montrait tellement dévouée à son art que certains jours, elle considérait que son succès tenait plus au nombre d'insultes échangées qu'aux paires de chaussures vendues.
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OSOLEMIOOSOLEMIO   15 juillet 2018
Il y a tellement de gens dans ce monde qui ont des oreilles mais ne savent pas entendre. Et tellement qui ont des yeux mais ne savent pas voir...
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Vidéo de Kei Miller
Kei Miller - L'authentique Pearline Portious .A l'occasion du Festival Etonnants Voyageurs 2016, rencontre avec Kei Miller autour de son ouvrage "L'authentique Pearline Portious" aux éditions Zulma. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/miller-kei-derniere-prophetesse-9782843047589.html Notes de Musique : As Colorful As Ever by Broke For Free. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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