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ISBN : 2843047587
Éditeur : Zulma (01/04/2016)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 21 notes)
Résumé :
« Dans not’monde, y a connaissance à foison, assez pour que t’en prennes et que t’en laisses. Si t’as envie, tu peux refuser de croire plein de choses et pas t’occuper de comment ces choses-là sont vraies-vraies. Je sais des choses que tu connais pas, et que tu connaîtras jamais. »
Écoutez de toutes vos oreilles l’histoire d’une femme puissante, une prophétesse, une vraie de vraie : Adamine Bustamante. Elle vous dira qu’elle est née en Jamaïque dans une lépro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Nuageuse
  30 mai 2016
Un roman à deux voix : celle du narrateur"Gratte-Papyé" et celle d'Ada Bustamente qui qualifie ainsi le premier. Il s'agit de son histoire : une enfant née dans une léproserie en Jamaïque, qui acquerra un don et qui partira pour l'Angleterre.
Kei Miller est un conteur hors-pair : il manie plusieurs registres. Pour celui de l'héroïne, il faut lire les mots à voix haute comme pour le créole réunionnais ou guadeloupéen.
Des personnages l'entourent et sont tous plus ou moins attachants. L'auteur les dépeint avec poésie.
Ce premier roman traduit en français est un bijou rempli de poésie!
Et une fois de plus, merci à Zulma pour sa couverture originale qui a attiré mon regard.
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Thyuig
  11 juin 2016
Comment aborder la double question de la différence culturelle et cultuelle ? Comment évoquer l'Angleterre brumeuse et stricte et la Jamaïque ensoleillée et paillarde ? Comment lier Pearline Portious et Adamine Bustamente ? Comment retisser le lien mère-fille incisé dès la naissance ?
C'est un même geste, l'enfant remplace les parents et tout se trouble dans un délire de personnalité. Adamine Bustamente va passer sa vie à revendiquer qui elle est et se heurter d'emblée à l'Etat Civil. Erreur de ligne ou de case, erreur administrative, sur ses papiers Adamine sera Pearline, et la crieuse de vérité, passerelle entre le monde des esprits et le monde des hommes en oubliera parfois jusqu'à son vrai nom.
Qui est-on ?
Lorsqu'on est jamaïcaine et qu'on débarque dans l'austère Angleterre ? Qui est-on lorsqu'on est revivaliste et que cet art est ici une folie, là-bas un don ? Qui est-on lorsqu'on crie les paroles de Dieu tout haut et qu'ici, c'est l'asile, là-bas le respect infini ?
Adamine va voyager pendant tout le roman et l'écrivain jouer avec elle, et nous. En chapitrant son livre en parties distinctes, d'abord au style direct, façon confession et ensuite par le recueil malin des paroles d'Adamine, Kei Miller brouille la perception. Il propose un récit aussi tarabiscoté que l'esprit de son personnage et montre combien le trouble de l'esprit est une souffrance infinie.
L'authentique Pearline Portious est un roman délicat dont l'écriture, fortement évocatrice, renvoie le lecteur à sa propre attention. Chaque mot pèse et chaque anecdote peut se révéler capitale par la suite.
Un dernier mot sur l'objet, quelle belle collection ! Format, couverture, papier, tout est parfait ! Bravo à Zulma pour ça, et merci pour le livre Masse Critique.
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Sharon
  02 juin 2016
J'ai franchement été emballée par ce livre, et, du coup, ce n'est pas franchement facile de dire pourquoi. Je vais quand même tenter de débroussailler le sujet.
Le ton, d'abord, qui ne s'embarrasse pas d'être poli, ou plutôt policé. Je tire mon chapeau à Nathalie Carré, la traductrice, qui a restitué un parler coloré, vivant dans toute sa vigueur, sans pour autant que le lecteur ait l'impression que l'auteur ait été écrit ainsi simplement pour faire « couleur locale ». Non, c'est à la création d'un personnage dans toute sa justesse à laquelle nous assistons.
Parce que, pour être « juste », il faut aussi prendre le risque de croiser les regards, celui d'Adamine mais aussi celui de Monsieur Gratte-Papyé, l'écrivain venu retracer la vie de « L'authentique Pearline Portious ». Qui était-elle, d'ailleurs ? La mère, morte en mettant au monde sa fille, ou la fille, à qui on a donné le nom de sa mère par erreur – les joies de l'état civil jamaïcain. Et pourtant, la filiation est importante, plusieurs mères, déjà, ont guidé les pas de Pearline, plusieurs mères veilleront sur Adamine, et que toutes deux vivront des situations inimaginables, comme un conte de fée inversé.
Inversé, parce que nous ne sommes pas dans un joli château, nous sommes dans une léproserie, que certains ont connu, ou pas, mais dont nul ne conteste la présence de pensionnaires à temps pleins, ignorés de tous ou presque, abandonnés par leur famille, quand elle ne s'est pas (un peu) servi d'eux. Les moments de joie, ou simplement de répit ne durent guère, même les bandages multicolores de Pearline ne sauraient assurer qu'un peu, juste un peu d'apaisement dans un monde qui ne le leur permet même pas.
Inversé, parce que la révélation que subit la jeune Adamine la conduit non pas vers le bonheur, mais vers un état qui n'est pas si facile que cela à définir. Bien sûr, pour les occidentaux, le mot « folie » est celui qui convient. Pour les Jamaïcains, c'est toute autre chose, du moins, pour ceux qui vivent en Jamaïque. En Angleterre, là où certains vont pour accomplir un rêve, changer de vie, d'autres ne trouvent que la vie en Angleterre, telle qu'elle pouvait être en ces temps-là – et le constat est tout sauf optimiste.
S'il faut chercher un vent d'espoir d'ailleurs, il est plutôt dans les derniers chapitres, dans les paroles de monsieur Gratte-Papyè, qui redéfinit les fonctions de l'écriture et le rôle de l'écrivain. Les derniers mots du roman sont d'une grande force, et laissent une impression tenace. L'authentique Pearlin Portious ou un roman qui laisse espérer d'autres traductions d'oeuvres de cet auteur.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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yv1
  16 novembre 2017
On le sait, toute bonne histoire commence par il était une fois. Celle-ci ne déroge pas à cette règle, mais là où la suite de la phrase habituelle fait naître l'espoir de princesses et de princes, Kei Miller lui, écrit : "Il était une fois une léproserie en Jamaïque". le décor est alors planté, loin des contes de notre enfance. Et la suite ? Eh bien, excellente, ce n'est pas sans raison que je fais de ce roman l'un de mes coups de coeur. L'authentique Pearline Portious a été écrit avant By the rivers on Babylon, que j'ai chroniqué et aimé -ou vice-versa. J'y retrouve tout ce que j'ai décrit et qui m'avait emballé, cette langue magique et puissante, sorte de créole jamaïcain qui ravit mes sens. Lorsqu' Adamine s'exprime, c'est un festival et les images affluent, les mots ou expressions sont orthographiés bizarrement et c'est tant mieux :
"Mman Lazare et moi, on a aussi la même peau, noire comme le plus profond de la nuit. A l'école, les ti-gars disaient toujours : Adamine, tu peux pas la voir dans l'noir, sauf quand elle sourit. Mais bon, j'avoue : la chose vraie de Monsieur Gratte-Papyè qu'écrit mon histoire, c'est ce qu'il dit de Mman Lazare, ça, c'est vrai. Mman Lazare, c'était un très vieux ti-bout femme avec cheveux anpil qui portait toujours deux chemises l'une sur l'autre." (p.52)
Certains néologismes peuvent surprendre voire questionner, mais très vite on s'y fait et on en redemande. Lorsque c'est l'écrivain qui s'exprime, la langue est différente, plus classique. Un bel exercice de style, très convaincant.
L'histoire est folle, la vie d'Adamine peu commune et en plus de cela, Kei Miller y ajoute des personnages secondaires très particuliers eux-mêmes, un contexte religieux lui-même particulier : les Revivalistes, mouvement jamaïcain qui tente de relancer une foi chrétienne mâtinée de vaudou et des croyances locales, si j'ai bien compris (mais je ne parierai pas un kopeck là-dessus, d'autant plus que je n'ai rien trouvé comme info sur cette église). Adamine en devient une prophétesse, une "crieuse de vérité". L'ouvrage est foisonnant et il n'est pas une page qui n'apporte pas sa surprise, son moment d'engouement au lecteur. En outre, lorsque l'on sent la fin proche, le romancier nous prend à revers et la bâtit différemment de tout son texte précédent. On entre alors dans un roman à tiroirs, divers intervenants expliquant leurs rôles dans les vies de Pearline Portious et d'Adamine Bustamante. On n'est pas dans un polar, mais néanmoins, une interrogation tend ces dernières pages.
Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce roman surprenant, fou, magnifique, d'une beauté incomparable. Il existe dans sa version grand format parue en 2016 et dans sa version poche de 2017, les deux chez Zulma.
Lien : http://www.lyvres.fr/
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criscat
  14 avril 2019
ROMAN a deux voix: l'auteur anglais et sa mére jamaicainequi parle "créole",il faut donc un petit temps d'adaptation...
L'histoire estjolie
c'est plutot une jolie fable Prearl Portious est Prophétesse ce qui lui voudra d'etre internée lorsqu'elle ira vivre en Angleterre
A lire pour la poésie de l'histoire et pour la dualité de deux mondes : etre prophétesse ou etre folle
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critiques presse (1)
Culturebox   03 juin 2016
Les amateurs des romans du Martiniquais Raphaël Confiant retrouveront des créolismes qui font le charme des romans antillais.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
ThyuigThyuig   11 juin 2016
J'ai jamais rien dit à aucune de la manière dont Miss Lily me prenait avec elle tous les soirs pour me faire apprendre mes leçons et comment chaque soir, je lui lisais Jane Eyre, son livre préféré, que j'étais capable de réciter de A à Z sans même regarder les pages tellement je le connaissais par coeur. J'ai jamais pris la peine de poser la grande question : A quoi ça sert de lire et d'écrire ? Qu'est-ce que ça vaut quand tous les livres du monde peuvent rien changer au fait que certains sont nés déjà tout krasé-pliyé et qu'à chaque tentative pour se redresser, y se cognent sèlman la tête ?
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SharonSharon   26 mai 2016
Comme toute marchande jamaïcaine qui se respecte, Maizy maniait le sarcasme avec dextérité. Elle se montrait tellement dévouée à son art que certains jours, elle considérait que son succès tenait plus au nombre d'insultes échangées qu'aux paires de chaussures vendues.
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NierikaNierika   04 mars 2018
- Les Crieurs de Vérité sont toujours là, Maman. On est encore là. Voyants. Prophètes. Annonceurs de Cataclysmes. On est là. Mais les choses ont changé. On saisit un crayon coincé derrière l'oreille et on écrit. On a écrit beaucoup de livres. Et devine un peu Maman : il y a des gens qui vont dans des librairies et achètent les livres que l'on a écrits, les rangent sur leurs étagères. La plupart du temps, ils ignorent que ce ne sont pas des romans, des poèmes, des livres d'histoire. Mais de simples avertissements. Maman, il y a tellement de gens dans ce monde qui ont des oreilles mais ne savent pas entendre. Et tellement qui ont des yeux mais ne savent pas voir.
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OSOLEMIOOSOLEMIO   15 juillet 2018
Il y a tellement de gens dans ce monde qui ont des oreilles mais ne savent pas entendre. Et tellement qui ont des yeux mais ne savent pas voir...
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NierikaNierika   04 mars 2018
J'ai compris comment vie-là fonctionne. Tout ce que l'homme blanc croit fin-fond de son coeur, la chose-là, il l'appelle religion mais tout ce que femme noire croit, c'est superstition. Là où va l'homme blanc le dimanche, c'est église, mais là où la femme noire va, c'est secte. L'homme blanc vénère Dieu Tout-Puissant, mais la femme noire vénère Satan ou Belzébuth. Toute chose-là que l'homme blanc accepte dans son coeur, c'est chose qu'est sensée dans le monde, mais ce que femme noire accepte dans son coeur, c'est bêtise qui vaut pas ti-centime.
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Video de Kei Miller (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kei Miller
Kei Miller - L'authentique Pearline Portious .A l'occasion du Festival Etonnants Voyageurs 2016, rencontre avec Kei Miller autour de son ouvrage "L'authentique Pearline Portious" aux éditions Zulma. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/miller-kei-derniere-prophetesse-9782843047589.html Notes de Musique : As Colorful As Ever by Broke For Free. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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