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Lorraine Darrow (Traducteur)
ISBN : 2878270746
Éditeur : Rackham (28/08/2003)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Le protagoniste de Le grand carnage est à nouveau Dwight Mc Carthy, le personnage central de J’ai tué pour elle. Le récit, toujours un polar, tourne autour d’un meurtre et d’un cadavre dont il faut à tout prix se débarrasser. Le fil conducteur est celui d’une course poursuite qui se déroule à un rythme endiablé, ponctuée d’affrontements et de véritables… carnages. En toile de fond, défilent les quartiers de Basin City, dont on commence à apercevoir la géographie, et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  07 avril 2014
Dwight, le héros de J'ai tué pour Elle, est de retour et il a du pain sur la planche. Sa nouvelle copine s'est faite sauvagement aborder par Jack, son ex particulièrement violent, et ses potes. Basin City recèle une nouvelle histoire louche, glauque et sale où la violence est quotidienne et où défourailler est un sport national.
Avec le grand carnage, Frank Miller n'y va pas de main morte. Non seulement il annonce clairement la couleur, mais il récidive dans l'exercice de la surenchère violente où les corps s'amoncellent et où le sang coule à flot. Dans cette deuxième aventure centrée autour du personnage de Dwight McCarthy, celui-ci profite doucettement de sa récente chirurgie maxillo-faciale qui lui a offert un nouveau visage pour opérer une chasse sauvage et punitive à la poursuite de Jack, un personnage véreux, violent et à l'humour particulièrement douteux.
La narration de Frank Miller est construite autour d'un triptyque qui pourrait paraître répétitif, mais qui ne lasse jamais. Trois lieux, trois carnages, trois rôles différents pour Jackie Boy pour trois mises en scènes différentes. D'un appartement miteux à un marais bouillonnant en passant par la vieille ville dominée par les prostituées, nous roulons de lieux clos et zones urbaines sensibles sans jamais lâcher notre objectif des yeux : régler son compte à ce cher Jackie Boy qui a trop tendance à considérer les femmes comme des objets uniquement constitués d'une bouche et d'un sexe. Dwight McCarthy, à nouveau en preux chevalier blanc au service de la demoiselle en détresse, apprend, lui, à survivre plus longtemps que cet alcoolique de Jackie Boy. Les hélicoptères de la police rôdent, les ruelles ne sont pas sombres pour rien et les mauvaises rencontres s'enchaînent sans laisser l'intensité de l'intrigue faiblir. L'augmentation progressive de cette dernière est mise en abîme par les yeux exorbités de ce cher Jackie Boy : plongés dans les toilettes, puis assoiffés de sang, et enfin figés dans la violence de ses actions. On ne peut que repenser à la prestation de Benicio del Toro dans ce rôle lors de la première adaptation cinématographique de Sin City.
Sans être le meilleur dessinateur de tous les temps, Frank Miller joue sur son indéniable atout principal : l'utilisation rationnelle des ombres et lumières. Dans un noir et blanc artistique qui renforce l'aspect glauque de Sin City, les graphismes de ce comics se font anguleux et tranchants. Si nous pouvons, au départ, trouver qu'il abuse parfois des planches entières pour mettre en avant les positions différentes d'un même personnage, Frank Miller cherche surtout à créer des mouvements particuliers dans des décors volontairement épurés que seule la pluie quasi continue vient troubler. Son style est surtout adaptable à toutes les scènes de son intrigue sans creux trop net. Avec peu de traits, il illustre très justement des amours forcément violents, des femmes qui ne sont jamais cajolées, mais qui sont pour autant des personnages forts et influents, ce qui est toujours bon à prendre. le design de Miho, la tueuse à dents de sabre, est d'ailleurs plutôt réussi, tout comme l'allusion graphique aux 300 Spartiates sur lesquels Frank Miller se fondera quelques années plus tard pour le fameux comics 300.
Ce Grand carnage est jouissif de bout en bout avec très peu de temps morts dans les dialogues grinçants d'un Frank Miller qui s'amuse toujours autant à créer des scènes d'une violence inouïe et d'une cruelle ironie. Si l'esthétique particulière peut être difficile à cerner pour certains lecteurs, l'ambiance noire au possible ne peut que vous happer à partir du moment où adhérer à la « ville du péché » n'est pas pour vous insurmontable.
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Presence
  02 février 2015
Dwight McCarthy (le héros du précédent tome) est en train de profiter de la vie avec Shellie, une gentille dame de petite vertu quand on frappe à la porte. Un excité baraqué du nom de Jack Rafferty insiste pour passer du bon temps avec la même dame dans le cadre d'une relation tarifée. Il souhaite également qu'elle fasse appel à ses collègues pour distraire les potes avec qui il est venu. Shellie lui fait observer qu'elle ne souhaite pas qu'il la tabasse de nouveau, et qu'elle ne souhaite pas que ses copines se fassent malmener par ses sbires. Tout cela tourne mal et Jack finit la tête dans la cuvette des WC dont il n'a pas tiré la chasse.
Un peu échaudé par cet intermède peu glorieux, il emmène ses potes dans le quartier chaud de Sin City pour s'offrir les services de prostituées dans le cadre d'une transaction économique plus conventionnelle. Mais son agressivité amène les filles à prendre des mesures drastiques concernant son espérance de vie. Malheur : cet homme était un représentant des forces de l'ordre et le statu quo stipule que le quartier chaud est sous la maîtrise des filles à la seule condition que les flics aient droit à des passes gratuites et qu'ils ne soient pas malmenés. Il faut donc rapidement maquiller ce faux pas. Seulement une autre organisation récupère la tête du macchabé policier pour essayer d'imposer sa loi (et ses taxes) sur le quartier chaud.
Frank Miller invite pour la troisième fois ses lecteurs à une promenade touristique dans Sin City. Cette fois-ci, il s'intéresse au quartier baptisé "Old Town" qui est dédié à la prostitution. Sa particularité réside dans le fait qu'il n'y a ni mac, ni souteneur et que les filles assurent elles mêmes leur défense (grâce à leurs prédispositions peu communes aux sports de combats et au maniement d'armes blanches ou à feu de tout genre).
Encore une fois, Miller ignore totalement la dimension sociale de son récit pour se concentrer sur la virilité des hommes et le commerce féminin du sexe. La trame du récit est une fois de plus sur le mode de l'exagération ce qui est parfaitement relayé par le parti pris graphique (les rues avec des courbures dignes des courses poursuites dans un dessin animé de la Warner). Ce style de récit ne repose que sur des exagérations et finit par nuire à l'histoire qui enfile les postures des héros, sans jamais pouvoir faire des personnages autre chose que des caricatures. Par exemple, même en tant que lecteur acquis à la cause de cet univers, il est difficile d'adhérer un seul instant à des personnages comme Miho ou Becky : ils sont à la fois trop impossibles et trop superficiels. Comme l'attrait de la nouveauté des 2 premiers tomes s'est émoussé, Miller donne l'impression de déjà tourner en boucle.
Ce constat vaut également pour les dessins. Miller a toujours recours au noir et blanc (sans nuances de gris) pour des formes épurées, au point d'en être parfois abstraites. L'impact visuel est toujours aussi fort, mais Miller semble avoir pris moins de risques que dans les 2 premiers tomes. du coup, certaines cases sont un peu confuses (il faut s'y reprendre à 2 fois pour comprendre ce qui est dessiné) et d'autres sentent un peu la redite.
Pour autant il n'est pas possible non plus de bouder son plaisir. Il y a à plusieurs reprises des passages d'une noirceur exceptionnelle. Lorsque Jack fait irruption chez Shellie, Miller sait rendre palpable l'insupportable tension qui s'installe n'attendant qu'un mot de travers pour virer au massacre. de même, il réussit à immerger le lecteur dans le délire de Dwight en train de parler au cadavre de Jack, dans une scène à la fois surréaliste et dérangeante de folie latente et de pression. Et certaines séquences d'action restent longtemps imprimées dans la mémoire du fait de graphismes d'une efficacité hallucinante : Jack en apnée dans la cuvette, Manute malmenant Gail, Dwight s'enfonçant dans le goudron, etc.
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alouett
  08 juillet 2012
Basin City, USA. Ici, le faible est écrasé par le fort. Ici, le pauvre meurt sous le regard méprisant du riche. Depuis des générations, la ville se nourrit de tous les crimes, tous les trafics. Police, Justice, Eglise, Politiques sont tous corrompus. Voilà pourquoi ses habitants la nomment « Sin City », la « Ville du Péché ».
A Sin City, les plus riches sont aussi les plus pervers, à l'instar des membres de la famille Roark. « La famille Roark tient Sin City depuis les débuts du train et du six coups. de génération en génération, leurs millions ont viré billions. Les Roark, c'est notre famille royale à nous ». Sénateur, Ministre de la justice, Cardinal tout leur est permis depuis que « l'arrière grand père […] a lâché tous ses biftons pour importer d'la pute haut d'gamme ».
Mais parfois, un homme défie les puissants, partant pour une mission suicide au nom, si ce n'est de la Justice, de la Vengeance. Mais Justice et Vengeance se confondent souvent à Sin City.
(…)
Dans le tome 3, le Grand Carnage (The Big Fat Kill), on retrouve Dwight qui une nouvelle fois, poussé par son besoin de protéger l'autre, se jette tête baissé dans les emmerdes. Chaque tentative de régler un problème, en crée un plus grand, jusqu'à devenir responsable de la mise en danger toutes les prostituées de la vieille ville. Commencera alors le grand carnage.
« On doit tuer jusqu'au dernier de ces salopards. Pas par revanche. Pas parce qu'ils le méritent. Pas parce que le monde en sera plus vivable. On doit les tuer parce qu'on a besoin de ces morts. […] Il verra ce que ça coute de chercher des crosses aux filles de la vieille ville ».
(…) on pourrait, cataloguer Sin City comme une transposition dans le monde du neuvième art des mauvais films d'action made in USA. Eh bien « on » aurait tord ! Et ce pour au moins deux bonnes raisons. La première étant que c'est plutôt les comics qui inspirent le monde du cinéma (c'était ma moins bonne raison, voire un préjugé totalement accepté par l'auteur), la seconde tenant aux qualités de narrateur de Franck Miller qui accroche le lecteur.
D'abord, il y a une narration à la première personne par le personnage principal. Ensuite il y a les dialogues qui ponctuent le récit. Ils sont brefs, percutants et claquent comme des détonations. Si la parole distingue l'homme de la bête, on sent qu'à Sin City la frontière entre les deux est vite franchie. Tout cela contribue à poser une ambiance lourde où malgré la part d'ombre qu'ont en eux les « héros », on ressent une forte empathie, car le décor, Sin City, est bien plus noir, et de fait, ils semblent lumineux par contraste. Miller fausse alors notre jugement et nous permet de prendre plaisir dans la lecture en acceptant le recours à la violence, même si on n'est pas fan du genre.
Un autre tour de force de Miller tient dans le ressenti qu'il transmet au lecteur. Depuis le début de cette chronique, le mot violence revient tout le temps. Cependant, la majorité du récit retranscrit une introspection du personnage. En l'accompagnant à travers son errance dans la ville, son dialogue intérieur nous livre ses pensées, on ressent les tourments de son âme. Les scènes d'action sont là, à intervalles réguliers, mais la réelle violence est celle ressentie, pas celle qui nous est donnée à voir.
Graphiquement, cette noirceur se traduit dans son utilisation particulière du noir et du blanc (à l'exception de quelques touches de couleurs éparses et d'un passage de 25 planches relatant les hallucinations d'un personnage drogué). Ils sont purs, bruts, sans nuances. Ils ne se mélangent jamais, pas une touche de gris. Sur des fonds noirs, Miller fait exploser la lumière blanche. Il imprime sur la rétine du lecteur des contours, des détails. L'ambiance s'impose directement au lecteur. Chaque planche est dépouillée du superflue : peu ou pas de décor. Tout est centré sur les personnages, leurs émotions, et sur les armes qui le passionnent manifestement. Une autre «passion» redondante, pour le plus grand plaisir du lecteur masculin, tient dans l'érotisation des personnages féminins. Sin City semble être la ville des femmes fatales aux courbes parfaites.
Franck Miller C'est notamment le cas avec qui lui apportent la reconnaissance et lui permettent de travailler à ses propres créations. Avec Sin City, Franck Miller nous propose des récits noirs, violents.

Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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MarieKey
  21 mai 2016
J'ai adoré ce troisième tome, on y retrouve vraiment les éléments qui me plaisent tant dans la série : des répliques décalées, de la violence et de l'action à chaque page. le tout, toujours dans un univers rendu sombre et palpitant par les dessins de Frank Miller.
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Phelio
  14 octobre 2014
je commence à me lasser mais cela reste une bonne série. CE tome est à lire dans la continuité du second car on reprend les mêmes!! du coup, évitez de lire le 3 avant le 2... certaines surprises seraient gâchées!
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critiques presse (1)
Sceneario   19 août 2014
La formule fonctionne une nouvelle fois très bien, on est fasciné par ces atmosphères glauques, violentes et implacables. Le charme opère tout de suite, on a l'impression de patauger dans la mélasse dès les premières pages !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   10 avril 2014
N’oublie jamais, assassin : tu as du sang innocent sur les mains et rien, jamais, ne le fera disparaître.

Commenter  J’apprécie          313
okkaokka   28 janvier 2018
Merde !

Il y a à peine quelques secondes, tout était parfait. Le flic allait les arrêter et les pincer pour conduite en état d'ivresse. Il trouvait au moins deux flingues et à tous les coups, pas de permis. Avec un peu de chance, les gus résistaient à l'arrestation et ma joie était totale. Ils traînaient en taule des mois, loin de la rue, loin de leurs victimes.

Mais non, il faut que cet imbécile se précipite dans la vieille ville et foute tout en l'air.
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Dionysos89Dionysos89   05 avril 2014
On doit défendre ses amis. Parfois, ça signifie mourir. Parfois, ça signifie tuer un paquet de gens.
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okkaokka   28 janvier 2018
J'ai mal à la tête rien qu'à t'écouter, mon vieux ! C'est pas moi qu'ai un problème avec la réalité... C'qui s'passe là, ça a vraiment rien à voir avec une engueulade d'amoureux. Y a une différence entre se fâcher avec un type qu'est pas trop nul dans l'ensemble... entre ça et se rendre compte qu'on a couché avec un mec complètement naze, un minable qu'a l'habitude de foutre le camp d'chez sa femme dont y vous a jamais parlé, à chaque fois qu'il est bourré, c'qui arrive un peu trop souvent. Et quand en plus c'est le genre de minable qu'a besoin d'tabasser une fille pour se sentir un mec...
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JMRenaudieJMRenaudie   27 février 2015
Elle ne lui coupe pas totalement la tête. Elle en fait un distributeur de bonbons "PEZ"
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