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Claude Saunier (Traducteur)Thomas Day (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070417670
Éditeur : Gallimard (09/01/2002)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 118 notes)
Résumé :
Dans le désert de l'Utah, parmi les vestiges d'une civilisation disparue, frère Francis de l'ordre albertien de Leibowitz a fait une miraculeuse découverte : d'inestimables reliques du martyr Isaac Leibowitz lui-même, qui jadis avait organisé la sauvegarde des dernières miettes du savoir balayé par le Grand Déluge de Flammes.
C'est une lueur d'espoir en cet âge de ténèbres et d'ignorance, le signe tant attendu d'une nouvelle Renaissance. Mais l'humanité a-t-e... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
zaphod
25 février 2015
Alors en fait, tu vois, ça remonte à très très longtemps. Quelque part au siècle dernier.
J'avais pas encore lu beaucoup de SF.
Bien sûr, j'avais lu Fondation et Dune, parce que tout le monde avait entendu parler de Fondation et Dune, même les péteux qui ne lisaient pas de SF. Et mon commentaire de l'époque, c'était: "Wahputaincestgénial!" (je n'avais pas encore la culture littéraire et le sens critique raffiné dont je m'enorgueillis aujourd'hui).

Alors, ma première incursion dans les forums littéraires (tu oublies Babelio, Amazon, les blogs, tout ça n'existait pas encore), c'était pour trouver de bons bouquins de SF.
Il y avait des sujets de discussion du genre "Quel est votre livre de SF préféré?" Alors en recoupant plusieurs forums de ce genre, je m'étais fait ma petite listalire.
J'y ai découvert de la daube (Orson Scott Card), du bon (Le Guin, Mieville, Silverberg), et du wahputaincestgénial (Dick, Adams, Priest). (Normalement, ici, je devrais me faire descendre).
Et depuis tout ce temps, de ma liste originale, il me restait un seul titre sur lequel je n'avais pas encore mis la main. Devine lequel.

Oui, je sais que tu t'en fous. Mais ici, c'est le seul endroit où je peux raconter ma vie sans être interrompu.

Ah, ne lis pas la phrase qui suit, elle est pompeuse.
Je dirais que ce bouquin, avec d'autres comme Catch 22 ou Abattoir 5, fait partie d'une petite famille de livres cultes produits au terme d'un lent et douloureux processus de digestion par des auteurs qui ont vécu la guerre, et ont réussi à transcender leur traumatisme par la littérature, ce qui donne des oeuvres uniques et étranges.
Comme Miller, Heller n'a pas écrit grand chose d'autre. Et l'ombre d'Abattoir 5 plane sur toute l'oeuvre de Vonnegut.

Attention, même s'il a peu écrit, Miller est un vrai écrivain. Il a un style, son livre est construit intelligemment, et l'histoire est démente.
Et il y a une chose que j'ai du mal à avaler: quel est le seul gage de stabilité qui perdure quand toute la civilisation s'est effondrée (suite au "déluge de feu nucléaire"), selon Miller?
Alors, tu ne vois pas?
Tiens toi bien : c'est l'église catholique!
Et le pire, c'est que j'y crois, à son histoire. Moi qui pense que le bilan moral de toute Religion est globalement négatif, et celui des Eglises totalement dans le rouge, voilà que je me mets à m'interroger.
Est-ce que peut-être, l'Eglise n'est pas plus importante que Dieu, finalement? Après tout, que Dieu existe ou pas, ça ne change pas grand chose à notre vie sur terre, on ne le voit quand-même jamais, il ne fait rien. Mais l'Eglise, est-ce que son rôle n'est pas simplement de durer, d'essuyer les quolibets quand tout va bien, et de prendre les commandes quand tout le reste s'est effondré, pour garder vivante une petite flamme de civilisation en attendant le retour des jours meilleurs? Une flamme maigre, terne et vacillante, corrompue souvent, mais patiente, conservée au fond d'un monastère, et prête à fournir l'étincelle nécessaire quand les hommes fatigués de leur folie seront prêts à retenter la paix et le savoir.

Beurk, mais c'est le Diable, ce Miller!

***

Le plus court chemin
Entre deux points
C'est quand il n'y a pas de point.
(zaphorisme N° 121)

Allez, puisqu'on parle de science, un autre petit pour la route.

- Papa, pourquoi t'es si fort
En mécanique des fluides?
- C'est parce qu'Archie m'aide.
(zaphorisme N° 212)
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finitysend
08 août 2012
Un classique du genre , un grand classique du genre !
Ce texte est un des plus remarquables de la science-fiction dans le « sous-genre « post-apocalyptique .
Du point de vue du style , disons qu'il est excessivement plaisant ( choix des mots et rythme ) et soulignons que la caractérisation est superbe , car les personnages sont d'une densité et d'une texture exceptionnelles , enfin l'univers est d'une non moins remarquable solidité .
Sur le fond ? : le livre s'ouvre sur un monde ravagé par des armes de destruction massive redoutables , et , lentement au fil des pages de ce long roman , ce monde et cette société vont se reconstituer , avec à terme le risque et la menace d'être à nouveau l'objet du Fatum ! ( ? )
L'intrigue se déroule principalement derrière les murs d'un monastère néo catholique mais l'extérieur est tangible malgré tout et il se manifeste d'ailleurs de multiples et différentes façons dans ce récit de qualité .
Ce monastère et cette religion constituent des environnements très soigneusement élaborés et qui sont délicieusement équivoques du point de vue sagace des amateurs d'histoire des religions .
Ce roman possède une suite qui n'en est pas vraiment une ( les deux textes se lisent séparément sans problèmes ) . Il s'agit de L'héritage de saint Leibowitz qui est une véritable petite merveille ( plus facile d'accès je pense ) qui ballade le lecteur dans une drôle d'Amérique du nord , à cheval et dans des contextes hauts en couleur et définitivement mouvementés .
Sur le plan documentaire , le point fort de ce roman ( et du suivant ) est d'avoir surfé très habilement , sur la problématique de la civilisation et de certains aspects du politique , caractéristiques du haut moyen-âge européen et occidental , pour structurer cet univers de fiction .
Les monastères sont les lieux où le savoir est gardé ( stocké ) . Par respect pour leur ancienneté des textes qui sont divers et variés , sont conservés et copiés sans relâche sans pour autant être lus ou être réellement facilement accessible au premier lecteur venu ...
C'est d'un monastère que partira la petite flamme de la reconquête de la civilisation en compagnie de personnages qui se répartissent selon un panel très riche de personnalités très nuancées .
Ce roman est sérieux sur le fond et très policé à cause du contexte néo- monastique , puis même par la suite du fait du contexte épiscopal , mais l'humour et l'ironie , de même que le suspense et le rythme , ne sont pas absents de cette oeuvre étonnante un rien dramatique et tragique , et aussi : profondément humaine .
Bref : de la solidité , de l'envergure et de l'ampleur avec un style et un ton absolument remarquable .
Un peu difficile d'accès peut-être ?
C'est Versailles !
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Luniver
19 octobre 2013
Une guerre nucléaire mondiale a détruit la civilisation. Les survivants se sont empressés de mettre à mort tous les savants, rendus responsables de la création des bombes sans avoir rien fait pour limiter leur utilisation, puis finalement tous ceux qui savent lire, dans l'espoir de détruire toute forme de savoir et d'éviter ainsi un nouveau massacre. Les livres sont également brûlés sans état d'âme.
Seules quelques personnes s'opposent à ce mouvement général, dont Leibowitz, créateur d'une communauté religieuse qui conserve précieusement les brides de savoir qu'il a pu sauver. Siècle après siècle, les moines copient soigneusement les traités de physique, les schémas de machine, que plus personne ne peut désormais comprendre, dans l'espoir qu'un jour quelques scientifiques parviendront à les déchiffrer et à reprendre le flambeau de la connaissance.
Le récit se déroule en trois parties : la découverte de précieuses « reliques » de Leibowitz, la reprise de la connaissance avec l'arrivée d'un scientifique capable de comprendre quelques textes, et quelques siècles plus tard, l'humanité revenue au point de départ, avec quelques gouvernements se menaçant mutuellement de bombes atomiques.
Miller aborde le rôle de la science dans la société, la responsabilité des créateurs envers leur création, et la place que la religion et la morale peuvent tenir pour empêcher les dérives. Les deux premières parties sont très agréables à lire, la troisième l'est un peu moins : elle laisse de côté les interrogations générales soulevées précédemment pour s'arrêter sur d'autres thèmes, comme l'avortement.
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Philemont
24 juin 2014
À la fin du XXème siècle la Terre est ravagée par une guerre nucléaire. Les survivants décident de détruire tous les livres, désormais considérés comme le support d'une science à l'origine de la destruction de l'humanité. Un ancien ingénieur, Isaac Leibowitz, décide toutefois de fonder un ordre monastique dont la mission est la préservation des rares ouvrages ayant échappé à la vindicte populaire, et ce dans le plus grand secret. Mais il finit par être reconnu et condamné à mort, faisant de lui un martyr. L'ordre décide toutefois de poursuivre son oeuvre depuis une abbaye située quelque part dans un désert du sud-ouest américain.
C'est six siècles plus tard que démarre le roman Un cantique pour Leibowitz. En ce XXVIème siècle le monde a sombré dans l'obscurantisme ; le savoir est un crime et les hommes, devenus« simples d'esprit », revendiquent haut et fort leur ignorance. Dans ce contexte les moines de l'ordre albertien de Leibowitz (Saint Albert est le patron des scientifiques) poursuivent néanmoins leur oeuvre, préservant en les recopiant, sans les comprendre, les quelques rares textes ayant échappé à l'autodafé. Mais le jeune frère Francis croise la route d'un ermite qui lui fait découvrir un vieil abri anti-atomique dans lequel se trouvent des documents signés de la main de Leibowitz lui-même. Il n'en faut pas plus pour que la rumeur enfle dans l'abbaye : l'ermite en question, que personne ne revoit, serait tout simplement la réincarnation de Leibowitz. Cela pèse surtout fortement sur le procès en béatification du martyr qui s'ouvre et durera de nombreuses années ; son issue pourrait bien laisser entrevoir, ou non, la fin de l'obscurantisme et le renouveau de la science...
De fait, six autres siècles plus tard, la science est redevenue un honorable sujet d'études, l'enseignement est de nouveau autorisé et on publie quelques livres. Cela ne va pas sans créer de nombreux schismes dans la Nouvelle Rome, mais les désirs de conquêtes et de pouvoir des grands seigneurs prédominent et les progrès scientifiques peuvent servir leur cause. C'est dans un tel contexte qu'un scientifique à la solde de l'un de ces seigneurs se rend dans l'abbaye de l'ordre albertien de Leibowitz pour consulter son immense documentation. Sur place il prend conscience que ses travaux personnels ne sont qu'une redite de ce qui avait été découvert dans un autre temps ; c'est aussi l'occasion pour lui de débattre avec l'abbé sur le sens et l'éthique du progrès.
Le futur arbitrera ce débat puisque six nouveaux siècles plus tard la guerre nucléaire fait à nouveau rage. La situation est si tendue que la Nouvelle Rome ordonne à l'abbaye de Leibowitz de mettre à exécution le Quo peregrinatur grex, un plan destiné à perpétuer l'Église sur des planètes-colonies lointaines au cas où le pire devait à nouveau se produire sur Terre. C'est ce que s'attache à organiser l'abbé alors qu'il doit parallèlement accueillir les malades et irradiés d'un récent bombardement. Cela donne d'ailleurs lieu à un nouveau débat entre le religieux et le médecin, celui-ci portant sur la souffrance et l'euthanasie.
Cette structure tripartite est directement issue de la genèse de l'oeuvre de Walter M. MILLER. Celle-ci est en effet un « fix-up » de trois nouvelles indépendantes formant un tout cohérent, un roman post-apocalyptique qui prend la forme d'une vaste réflexion philosophique. D'ailleurs aucun personnage ne prend véritablement l'ascendant sur les autres, pas même Leibowitz qui n'est évoqué qu'indirectement. Dans Un cantique pour Leibowitz l'individu s'incline face à la mission suprême de l'ordre monastique, et l'auteur aborde des thèmes universels tels celui du savoir versus l'ignorance, ainsi que celui de la morale à appliquer aux sciences ; plus largement MILLER oppose progrès de l'esprit et éternité de l'âme, pouvoirs séculier et régulier.
Il est également intéressant de noter le parallèle presque parfait entre le récit de l'auteur et la réalité historique. L'apocalypse de MILLER correspond grosso modo à la chute de l'Empire romain (Vème siècle). S'en suit une longue période d'obscurantisme qui rappelle par bien des aspects le Haut Moyen-Age ; c'est toutefois au XIème siècle que des innovations technologiques permettent l'augmentation des rendements agricoles, phénomène que l'auteur américain transpose dans son XXVIème siècle (Fiat homo, soit « Que l'homme soit », titre de la première partie). le XXXIIème siècle de MILLER correspond lui au XVIIème de l'Histoire de l'Humanité, lequel est marqué par la naissance de la science moderne (Fiat lux, soit « Que la lumière soit », titre de la deuxième partie). Reste le XXXVIIIème siècle du roman qui correspond à un futur de l'Humanité de haute technologie, en quelque sorte un XXIIIème siècle imaginaire tout juste un peu plus développé que le XXème siècle connu. C'est aussi à ce moment que la volonté de saint Leibowitz est enfin respectée, la transmission du savoir se réalisant par l'envol des membres de la communauté monastique vers une autre planète (Fiat voluntas tua, soit « Que ta volonté soit faite », titre de la troisième partie).
Un cantique pour Leibowitz est donc un roman extrêmement riche qui propose une vision cyclique du destin de l'Humanité. Walter M. MILLER interroge par ailleurs ses lecteurs sur le bien fondé du progrès dès lors qu'il conduit inexorablement à la destruction ; il propose finalement de ne pas le remettre en cause, mais de l'associer à une morale collective qui jusqu'alors fait défaut aux Hommes. Si dans son esprit c'est la foi chrétienne qui peut servir de fondement au développement d'une telle éthique, il n'est pas moralisateur pour autant et sa prose est parfaitement recevable par le lecteur laïc le plus acharné. C'est bien l'ultime caractéristique d'une oeuvre atemporelle, un classique de la science fiction.
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Charybde2
17 mars 2013
Préserver la science, préserver la conscience : comment ?
Sorti en 1959, l'unique roman publié par Walter M. Miller de son vivant est l'assemblage, légèrement retravaillé, de 3 nouvelles publiées auparavant en revue, parmi la quarantaine qu'il écrivit.
Ingénieur de formation, membre d'un équipage de bombardier durant la seconde guerre mondiale, c'est en participant, à sa grande horreur, à la destruction de l'abbaye de Monte Cassino en 1943 (une action alliée que les historiens s'accordent aujourd'hui à considérer comme l'une des plus stupides de la guerre), que lui vint l'idée de ce roman.
Après le quasi-anéantissement de la civilisation actuelle par échange mutuel de missiles nucléaires intercontinentaux, et après la sauvage chasse populaire à tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un savant, voire à un simple lettré, qui s'est ensuivie, un ordre monastique, misérable et sans moyens, s'est créé au sein de l'église catholique survivante : les disciples de Leibowitz (obscur ingénieur électricien mort en martyr lors de la grande chasse à la science), basés dans une abbaye du Nouveau-Mexique, se chargent, avec une infinie dévotion, de la collecte et de la sauvegarde des « memorabilia », traces écrites, si possible scientifiques, mais en tout cas désormais rigoureusement incompréhensibles, de la civilisation technique disparue.
La première partie, « Fiat homo », narre la vie austère de Francis Gérard de l'Utah, un disciple un peu simplet que le hasard (ou l'ombre fantomatique et fantastique de Leibowitz lui-même, réincarné en un étonnant Juif errant) amène à découvrir les restes des derniers jours de l'électricien martyr, ainsi qu'un véritable trésor de documents d'époque, découverte qui, après un très long processus de canonisation, aboutit à la sanctification de Leibowitz et à un singulier rehaussement de l'importance et du prestige de l'ordre et de sa mission au sein de l'Église.
La seconde partie, « Fiat lux », six siècles plus tard, place l'abbaye à l'épicentre d'une « Renaissance » scientifique en pleine germination, et voit aussitôt se (re-) développer les conflits entre préservation neutre de la science, conscience des conséquences du progrès, fuite en avant dans l'ingénierie malgré les nombreuses incompréhensions résiduelles de la physique du lointain et glorieux passé, et appropriation politique par des micro-États ressortant à peine de ce nouveau Moyen-Âge, en pleine lutte pour l'expansion et la suprématie.
La troisième partie enfin, « Fiat voluntas tua », encore six siècles plus tard, voit une civilisation redevenue peu ou prou « la nôtre » retomber, malgré avertissements et mises en garde, dans les ornières passées, et se préparer avec fièvre à un possible échange nucléaire généralisé, tandis que les moines de saint Leibowitz affrontent déjà les tragiques conséquences médicales, sur les populations, des premières frappes limitées venant d'avoir lieu, tout en mettant la dernière main, en grand secret, au projet de l'Église de lancement d'un vaisseau spatial « générationnel » qui emmènera les trésors de savoir accumulé en sécurité auprès des colons partis pour Alpha du Centaure.
Dans ce roman surprenant, récompensé par le prix Hugo en 1961, figurant en bonne place au sein des « classiques » du genre, ce n'est pas l'histoire et la fresque d'ensemble qui emportent l'adhésion, mais bien le traitement sobre, au plus près du terrain et du détail, de cette quête mystique de préservation du savoir en vue de jours meilleurs, nimbée d'une douce lumière transcendante, où la piété des moines est confrontée chaque jour à leurs propres limitations, ignorances ou tragiques fragments d'humanité… La première partie, tout particulièrement, en y incluant sa fin abrupte et violente et ses éléments de « doute » fantastique, est extrêmement réussie. La deuxième est un peu plus banale, même si la peinture du « savant renaissant » qui y prend place est savoureuse, et inquiétante, et si la transfiguration du mythe du Juif errant qu'y accomplit Miller vaut le détour. La partie finale, si elle était sans doute nécessaire au propos d'ensemble, passe nettement moins bien : la description des relations entre États, même pour 1959, est trop caricaturale, les préoccupations des religieux sur la présence d'évêques permettant l'ordination de prêtres au sein de l'expédition spatiale fait, disons, sourire, et le long débat entre l'abbé et le docteur sur l'euthanasie des victimes des radiations m'a même semblé carrément déplacé…
Mentionnons aussi l'influence durable de ce roman sur l'ensemble de la science-fiction, et l'extraordinaire descendance qu'il engendra à travers le « Riddley Walker » de Russell Hoban, magnifiquement traduit en français en 2012 par Nicolas Richard sous le nom d' « Enig Marcheur », dont l'approche révolutionnaire de cette phase de ténèbres et de résurgences post-apocalyptiques, qui en fait un authentique chef d'oeuvre, n'aurait pas pu exister, de l'aveu même de son auteur, sans les ferments déposés par Walter M. Miller et son humble « cantique ».0
Mentionnons aussi l'existence d'une suite tardive, « L'héritage de saint Leibowitz », publiée en 1997 après avoir été terminée par Terry Bisson, suite au suicide de Walter M. Miller, qui se débattait depuis de longues années avec une maladie particulièrement éprouvante, en 1996.
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Citations & extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver18 octobre 2013
Le frère bibliothécaire gémit tandis qu'on roulait hors de la cave un autre tonneau plombé. Le fait que le savant séculier ait, en deux jours, éclairé une énigme complète pendant douze siècles n'était pas de nature à impressionner Armbruster. Aux yeux du gardien des Memorabilia, ouvrir ces tonneaux équivalait à diminuer la durée probable d'existence de leur contenu et il ne fit pas le moindre effort pour cacher sa désapprobation. Pour le frère bibliothécaire, dont la tâche en ce monde était de conserver les livres, la principale raison d'être de ces livres résidait dans leur conservation perpétuelle. S'en servir était secondaire, il valait mieux éviter de le faire car cela menaçait leur longévité.
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LuniverLuniver16 octobre 2013
Le père Cheroki, revêtu de son étole, regardait le pénitent agenouillé de profil devant lui sous le soleil brûlant dans l'immense désert. Il se demandait comment ce jeune homme (pas particulièrement intelligent d'après ce qu'il en savait) avait bien pu s'arranger pour trouver des occasions de péché, alors qu'il se trouvait complètement seul dans un désert stérile, loin de toutes distractions, de toute source apparente de tentations. Un jeune homme ne pouvait pas faire grand-chose de mal dans ce coin-là, armé seulement d'un rosaire, d'une pierre à briquet, d'un canif et d'un livre de prières. C'était en tout cas ce que croyait le père Cheroki.
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zaphodzaphod23 février 2015
En y repensant, il se sentit suffisamment malheureux pour se permettre de succomber à la tentation ; si bien que le dimanche des Rameaux, alors qu’il ne restait plus que six jours de privations avant la fin du carême, le prieur Cheroki entendit Francis (ou plutôt son ombre recroquevillée et brûlée par le soleil, où l’âme restait enkystée, allez savoir comment) émettre quelques brefs croassements, confession la plus succincte qu’il eût jamais faite ou que le prieur eût jamais entendue : « Bénissez-moi, mon père, car j’ai mangé un lézard. »
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dbaudeletdbaudelet25 avril 2011
On disait que Dieu, pour mettre à l'épreuve l'humanité devenue aussi orgueilleuse qu'au temps de Noé, avait ordonné aux sages de l'époque, [...] de construire de grandes machines de guerre, [...] des armes d'une telle puissance qu'elles contenaient le feu même de l'Enfer. Et Dieu avait permis que ces mages plaçassent ces armes entre les mains des princes, en leur disant: "Nous n'avons construit cela pour vous que parce que les ennemis ont eux aussi de telles machines et pour qu'ils sachent que vous les avez et qu'ils aient peur de frapper. [...]
Mais les princes, ne tenant aucun compte des paroles des sages, pensèrent tous: Si je frappe assez vite, et en secret, je détruirai les ennemis dans leur sommeil, personne ne m'attaquera en retour et la terre sera à moi.

Car telle était la folie des princes. Et ce fut le Déluge de Flamme.

Première Partie: Fiat homo. Chapitre 6, page 70.
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finitysendfinitysend31 mai 2012
Les villes ne furent plus que des flaques de verre entourées de vastes étendues de décombres. Des nations avaient disparues de la surface de la terre, le sol était jonché de cadavres d'hommes et de bétail , et toutes les bêtes sauvages , et les oiseaux dans les airs et tout ce qui qui nageait dans les fleuves ,rampait dans l'herbe , creusait des trous ,gisait aussi sur terre ; ils avaient tous péri ...
+ Lire la suite
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Video de Walter Michael Miller (1) Voir plusAjouter une vidéo

Bénédiction en gris
Ce conte de Walter M. MILLER est tiré de son recueil "Humanité provisoire". A la suite du passage d'une météorite la Terre est ravagée par une maladie inconnue, la "dermite", qui se répand partout. Faute d'un meilleur moyen d'action, les bien-portants se mettent en devoir d'exterminer les malades qui leur font peur. Cette peur désorganise la vie terrestre et un homme, Paul, en vient à se...
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