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Caroline Bouet (Traducteur)
EAN : 9782365696777
224 pages
Editions Les Escales (26/08/2021)
3.12/5   61 notes
Résumé :
Un roman puissant sur l’aliénation adolescente et la complaisance des adultes dans un monde en mutation.

Une grande maison de vacances au bord d’un lac. Cet été-là, cette maison est le domaine de douze adolescents à la maturité étonnante et de leurs parents qui passent leurs journées dans une torpeur où se mêlent alcool, drogue et sexe.

Lorsqu’une tempête s’abat sur la région et que le pays plonge dans le chaos, les enfants – dont Eve, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
3,12

sur 61 notes

Kirzy
  29 septembre 2021
Rentrée littéraire 2021 #31
« Je ne devrais pas être là, je devrais être à l'école, de l'autre côté de l'océan. (…) Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses. Les gens souffrent, les gens meurent. Des écosystèmes entiers s'effondrent, nous sommes au début d'une extinction de masse et tout ce dont vous pouvez parler, c'est de l'argent et du conte de fée d'une croissance économique éternelle. Comment osez-vous ? Depuis plus de quarante ans, la science est claire comme du cristal. Comment osez-vous regarder ailleurs et venir ici en prétendant que vous en faites assez ? (…) Greta Thunberg au siège des Nations-Unies en septembre 2019.
C'est avec beaucoup de tranchant que Lydia Millet aborde frontalement la crise climatique du point de vue des jeunes à travers sa narratrice Evie, une quinzaine d'années, et toute une petite troupe d'enfants et d'adolescents dont les parents, tous issus d'une classe sociale privilégiée culturellement et financièrement, ont loué une grande demeure pour les vacances d'été. Son roman s'ouvre dans une ambiance presque intemporelle et hédoniste de jeux, de cabanes dans les arbres et autour d'un lac ... jusqu'à ce que ne surgisse les smartphones et nous ramène au monde d'aujourd'hui. le scepticisme et l'arrogance adolescente semblent toute familières, faisant des premiers chapitres une comédie sarcastique. C'est cru, dérangeant même de voir ses jeunes faire sécession, bannir de leur vie leurs parents aux comportements ineptes pour former un clan à part, déjà autosuffisant.
Puis le roman se métamorphose et bascule dans un Sa Majesté des mouches dystopique lorsque une tempête apocalyptique transforme les vacances d'été en puissance allégorie. Les intentions de l'auteur sont très claires : incarner la colère des jeunes qui blâment l'inaction et de l'incurie des générations précédentes qui n'ont pas su changer leur mode de vie. Lydia Millet questionne très justement sur la parentalité. Est-ce que le rôle des parents se résume à élever, éduquer, apporter un confort matériel immédiat ? Ou être un vrai parent, c'est avant tout comprendre que l'avenir de ceux dont ils ont la garde doit être préservé et agir en conséquence ? C'est saisissant de voir les parents plongés dans la panique et sombrer dans l'alcool, l'adultère et la dépression au lieu de tenter de relever le défi de la tempête. C'est troublant de voir les enfants se débrouiller seuls, explorer leur territoire ravagé et résoudre des problèmes en utilisant la raison.
Le titre originel est « A Children's Bible » et suggère un jeu de piste pour repérer les références bibliques. Bien sûr, on repère des parallèles entre le récit de l'Ancien Testament et les calamités qui s'abattent sur les personnages de Lydia Millet. Mais ce ne sont que des échos qui faussent toutes nos repères, n'induisant à aucun moment fatalisme ou messianisme. Si Jack, le petit frère d'Evie, se sert de sa Bible pour enfants comme d'un manuel de survie improvisé, il reste partisan méthodique de la science. Jusqu'à un beau dénouement qui suggère que l'Art et la Science sont essentiels à la survie de l'Homme, prenant à contre-pied nombreuses théories politico-religieuses qui ont cours aux Etats-Unis.
Le roman est intellectuellement très satisfaisant par sa réflexion douloureusement tonique et stimulante sur le conflit générationnel autour de la question du réchauffement climatique. Je suis cependant restée en surplomb de ce texte que j'ai trouvé très froid alors qu'il bouillonne d'idées et d'intelligence. Peut-être parce que par moment, son hermétisme m'a éloigné, peut-être aussi parce que je me suis attachée à aucun personnage, même par les enfants. Cette insensibilité ressentie tout au long de la lecture m'a un peu dérangée car j'aurais voulu me sentir plus proche d'eux.
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Eve-Yeshe
  10 août 2021
Des adolescents sont en vacances, comme tous les étés dans une grande maison, avec leurs parents respectifs. Les adultes, classe petits bourgeois, passent leur temps dans des discussions interminables sur tout et rien, certains pensent quand même à gérer la petite communauté » les courses, la cuisine….
Trop occupés d'eux-mêmes, ils en oublient qu'ils sont des enfants, et peut-être des responsabilités, mais en fait, leur progéniture livrée à elle-même, gère au mieux et, sans illusion sur les adultes, constatent quand même qu'ils ne se rendraient même compte de leur départ, s'ils voulaient aller s'amuser ailleurs. Ils se défoulent en dérobant des choses, en fouillant dans les affaires, détruisant du matériel au passage. Vaine tentative pour attirer l'attention….
Un jour, la catastrophe s'abat sur leur petit coin de paradis, sous la forme d'une tempête qui entraîne le déracinement des arbres, des coulées de boue, inondations. Comment vont-ils tous réagir ?
Lydia Millet a choisi de donner la parole à une des ados, Evie, pour raconter, avec ses mots à elle, la catastrophe ses conséquences et nous livrer ainsi ses craintes sur l'avenir de la planète, son désir de prendre soin d'elle à son niveau à elle.

Lydia Millet décrit bien ce qui peut se produire en cas de catastrophe, y compris les meutes armées de kalachnikov ou autre bijou du même style, semant la terreur pour tout piller, ce qu'on l'on peut constater souvent, quand d'autres pratiquent l'entraide, la solidarité.
On n'est jamais, dans le cours magistral sur l'écologie ou la nécessité de revoir notre système de consommation, ni dans le côté sombre négatif du catastrophisme, l'auteur choisit de se placer au niveau du ressenti et de la manière de pensée d'une ado et son groupe d'amis. Et son message pas très bien car non moralisateur. La fin est très réussie.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Les Escales qui m'ont permis de découvrir ce roman et son auteure dont la plume et le ton gentiment ironique pour aborder des thèmes cruciaux pour la survie de la planète m'ont plu et rejoignent ma manière d'envisager les choses. Cette lecture me donne envie d'aller jeter un coup d'oeil sur ses précédents livres.
#Nousvivionsdansunpaysdété #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Analire
  20 octobre 2021
Quel étrange roman… je n'avais jamais rien lu de tel auparavant ! Passé l'étonnement initial, quand on se penche plus précisément sur le message véhiculé, on peut alors penser : quel puissant roman !
Le début du récit montre plusieurs familles euphoriques à l'idée de passer tout un été ensemble, parents et enfants confondus, dans une location saisonnière idéalement située en bord de mer. Les adultes, bobos chics, délaissent très rapidement leurs responsabilités de parents, au profit du bon temps qu'ils peuvent passer entre eux, à boire, discuter, fumer, fornicoter quand l'envie leur prend. Les enfants, plus que jamais heureux de cette liberté nouvelle, s'amusent à affronter les adultes, à les pousser dans leurs retranchements. Des vacances rêvées, que vient bouleverser une terrible tempête qui vient tout détruire sur son passage.
Les vacances idylliques se transforment rapidement en cauchemar. Les tempêtes se succèdent, balayant tout sur leurs passages. Les provisions viennent à manquer, les communications sont coupées… le chaos est total ! Les enfants se réfugient dans une vieille ferme isolée, se pensant à l'abri des intempéries et de leurs conséquences. Malheureusement, plusieurs adolescents les rejoignent et les retiennent en otage, souhaitant récupérer toutes leurs vivres.
C'est bel et bien un récit dystopique, post-apocalyptique que nous livre l'auteure. Elle aborde avec tranchant et originalité les questions du dérèglement climatique. J'ai reçu un coup de poing dans l'estomac en vivant cette histoire : j'ai été prise de court, ne m'y attendant absolument pas, totalement étonnée par ce qui se déroulait sous mes yeux. Puis j'ai ressenti les effets secondaires du choc initial : la suffocation, la respiration coupée, haletante. Il faut dire que Lydia Millet change brutalement de cap dans son récit, passant d'un été paisible, lumineux et gai à un monde en pleine tempête, entre chaos et désespoir. Ça a de quoi surprendre et désarçonné, d'autant que récit flirte dangereusement avec le fantastique, sans jamais franchir les frontières de l'imaginaire surréaliste.
Si on lit en filigrane, finalement, les enfants, isolés de leurs parents, totalement livrés à eux même, demandent des comptes à leurs parents : qu'ont fait les adultes pour limiter ces catastrophes naturelles ? Une forme de haine ou de révolte, se développe au sein du groupe des jeunes envers leurs descendants, qui n'ont pas chercher à contrer ce qui leur arrive. le passé des parents a détruit le futur des enfants. le futur ne dépend plus que d'eux. Une belle image, censée nous pousser à la réflexion sur le futur de demain et, pourquoi pas, à l'action, pour laisser à nos enfants un monde meilleur.
J'ai beaucoup apprécié l'originalité du récit et surtout le message passé par l'auteure. En revanche, j'ai trouvé que les personnages manquaient de profondeur. Je n'ai réussi à m'attacher à aucun d'eux, les trouvant souvent dénués de sentiments, un peu fades, effacés, comme s'ils ne se rendaient pas compte de la teneur des catastrophes qui se jouaient sous leurs yeux. Certaines réactions étaient clairement illusoires, bien éloignées de la réalité des choses. C'était sans doute un désir de l'auteure, pour coller au mieux à sa thématique globale, mais ça ne m'a pas convaincu.
Un voyage dystopique étonnant dans un futur opaque, où les questions du réchauffement climatique et ses conséquences sont plus que jamais d'actualité. Une histoire qui pousse à la réflexion, avec des personnages intéressants, que j'aurais souhaité plus emphatique.
Lien : https://analire.wordpress.co..
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Verdure35
  03 octobre 2021
Un des meilleurs livres de l'année claironne le New York Times. C'est dit.Je ne mets pas en cause la traduction , mais la forme est quelque peu négligée.
C'est Evie , une ado, qui raconte : des parents ont organisé des vacances dans une propriété bordant un lac, ils sont accompagnés de leurs enfants. ils ne se connaissent pas et le premier jeu des ados est de relier les parentèles. En effet les parents sont démissionnaires , laissent leurs enfants grandir seuls, quant à ces ados ils sont peut-être trop matures.
Désabusés , ils décident de s'éloigner des adultes qu'ils méprisent alors que survient une tempête de fin du monde. Les parents dans leur maison restent apathiques, les jeunes eux dans une nature en folie essaient de s'organiser, doivent faire front à des hordes de détrousseurs, et toutes les avanies possibles en gardant toujours une part de bon sens.
Que restera t-il d'amour dans le monde post apocalyptique en vue?
Je suis restée en dehors de ce roman, un petit garçon peut-être est attirant, lui qui essaie de comprendre la "Science" mais qui ne se lasse pas de lire une version de la Bible pour enfants. C'est ce paramètre qui me semble intéressant.
Merci aux Edts de l'Escale et à Babelio.
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Litteraflure
  01 novembre 2021
Un roman au départ prometteur parce qu'il rappelle les fascinants « Sa majesté des mouches » et « Deux ans de vacances ». Des adolescents livrés à eux-mêmes, obligés de faire face. Avec une originalité cependant, ils ne sont pas seuls, leurs parents les accompagnent. Des parents qu'ils renient, qu'ils considèrent comme irresponsables et immatures. Sur ce constat, ils décident de ne pas les reconnaître. le jeu est de tout faire pour ne pas se faire identifier par sa parentèle devant les autres. Trop la honte ces parents décrits comme drogués, alcooliques et dévorés par l'oisiveté. Une version édulcorée de « Trainspotting ».
Leur parenthèse estivale se transforme en cauchemar lorsqu'une tempête balaye campement et certitudes. Les parents lâchent prise, les jeunes se débrouillent, dans une parodie de survivalisme. Tous les clichés du genre sont au rendez-vous : le miracle de l'autosuffisance (p236), le mythe de l'arche de Noé, la venue d'un enfant porteur d'espoir et de renouveau, la tentation de l'argent et de l'égoïsme (le yacht des yuppies), la menace extérieure sous la forme d'une bande de rednecks abrutis, l'idéalisme des innocents (prénommés « les anges » parce qu'ils n'ont ni enfants ni comptes en banque) qui font perdurer l'esprit hippie.
Un roman qui finit dans un grand n'importe quoi, entre « Problemos » et « Invasion Los Angeles ».
La morale de cette fable est aussi grosse que les ficelles qui la tiennent : les boomers jouisseurs sont coupables d'avoir exploité la planète et c'est aux jeunes de prendre la relève. C'est là que les auteurs américains contemporains sont les plus mauvais : quand ils cherchent à donner des leçons avec la littérature.
Bilan : 🔪
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   10 août 2021
Ils aimaient boire : c’était leur passe-temps favori, ou, d’après l’un des nôtres, peut-être bien une forme de religion…

… Cela semblait leur procurer de la satisfaction. Ou du moins leur permettre de tenir le coup. Le soir, ils se rassemblaient pour manger de la nourriture et boire plus.
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AnalireAnalire   12 octobre 2021
Les molécules ne meurent jamais, songeais-je.
N'était-ce pas ce qu'on nous avait expliqué en chimie ? Ne nous avait-on pas dit qu'une molécule du dernier souffle de Jules César se trouvait, statistiquement parlant, dans chacune de nos inspirations ? Même chose pour Lincoln. Ou nos grands-parents.
Des échanges et des mélanges de molécules, à l'infini. Des particules qui avaient un jour été d'autres gens, et qui désormais se mouvaient à travers nous.
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RootRoot   30 août 2021
Oui, nous savions bien que nous ne pouvions pas rester jeunes. Mais curieusement, c’était difficile à croire. Vous pouvez dire ce que vous voulez à notre sujet – nos jambes et nos bras étaient forts et affûtés. Je m’en rends compte à présent. Nos ventres étaient fermes et dépourvus de bourrelets, nos fronts lisses. Quand nous courions, si nous choisissions de le faire, nous filions tels des éclairs de soie. Nous avions la vigueur des êtres qui viennent de 
vigueur des êtres qui viennent de naître.
Toutes proportions gardées.
Et non, nous ne serions pas comme ça éternellement. Nous le savions, à un niveau rationnel. Mais l’idée que ces silhouettes aux allures de déchets qui se déplaçaient en titubant dans la grande maison étaient une vision de ce qui nous attendait – plutôt crever.
Avaient-ils déjà eu des buts dans la vie ? Avaient-ils seulement idée de ce qu’était l’amour-propre ?
Ils nous faisaient honte. Ils étaient un récit édifiant. 
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PrisPris   25 septembre 2021
À ce point de ma vie personnelle, j'acceptais la fin du monde. du monde familier, en tout cas. Nous étions nombreux à l'accepter.

Les scientifiques disaient que la fin était en train de se produire, les philosophes, qu'elle se produisait depuis toujours.

Les historiens disaient qu'il y avait déjà eu des périodes sombres par le passé. Tout finissait par s'arranger parce qu'au bout du compte, si vous étiez patient, les Lumières arrivaient, suivies d'un vaste éventail de produits Apple.

Les hommes politiques disaient que tout irait bien. Que des ajustements étaient en cours. L'ingéniosité humaine qui nous avait mis dans cette drôle de panade nous en sortirait aussi. Un plus grand nombre de voitures passeraient peut-être à l'électrique.

Voilà comment nous avons deviné que c'était grave. Parce que, de toute évidence, ils mentaient.
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MrAZMrAZ   05 juillet 2021
Avant la tempête, nous lorgnions parfois les écrans de nos parents et nous emparions de leurs appareils quand nous avions besoin d'un shoot rapide. Glanions des éclairs télévisuels à travers une porte entrebâillée. Mes ces derniers temps, nous avions essentiellement ce qui s'offrait à nos yeux, la maisonnette, la grange et l'herbe haute des champs.
[...] Plus le temps passait, plus les images plates ont commencé à nous paraître étranges et en-deçà de la réalité.
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