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Kev Walker (Illustrateur)
ISBN : 1781082596
Éditeur : 2000 AD Graphic Novels (11/09/2014)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
This hardback collection continues the new series collecting up the complete A.B.C. Warriors stories in a highly collectable hardback format. This is the same size as the sell-out hardback Volgan War series! This second volume collects the material from the long unavailable Kronicles of Khaos and Hellbringer volumes.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  18 mars 2018
Ce tome fait suite à ABC Warriors - The Mek files 01 qu'il vaut mieux avoir lu avant car le scénariste n'est pas adepte des résumés. Il comprend les épisodes parus dans les numéros (progs) 750 à 757, 78 à 784, 787 à 790, puis 904 à 911 et 964 à 971 de l'hebdomadaire britannique 2000 AD, en 1991/1992, puis en 1994/1995. Les récits ont été coécrits par Pat Mills & Tony Skinner, et peints par Kev Walker.
Première partie - Khronicles of Khaos - Chaque chapitre commence par une courte missive écrite par Deadlock à ses élèves. Il leur explique qu'il va leur raconter comment les ABC Warriors sont devenus de vrais guerriers du chaos lors de leur séjour sur la planète Hekate. Après leur fuite du vaisseau-tombe de l'empereur Zalinn, les 6 ABC Warriors ont fini par atterrir sur la planète du Khaos. Sur Hekate, ils découvrent une étrange race de nains appelés Froyds dont l'esprit est éveillé quand leur corps dort et inversement, ce qui les amène à se conduire sous l'emprise de leurs pulsions pendant leurs périodes de rêves. Après avoir réglé un petit conflit avec des humains, Deadlock décide que les ABC Warriors doivent tenir des auditions pour un septième membre dans le café le plus proche. Leur choix se porte sur un droïde aux formes féminines appelé Morrigun. Afin qu'ils soient transformés en de vrais guerriers du Khaos, Deadlock leur indique qu'ils doivent récolter 7 têtes pour Hekate, concrètement combattre 7 oppresseurs représentants de l'Ordre, et leur trancher la tête. L'équipe se compose de Deadlock, Hammerstein, Joe Pineapples, Morrigun, Blackblood, Mongrol et Mek-Quake.
Deuxième partie - Hellbringer - 10 ans après les événements de la première partie, le Khaos a mis à mal l'empire terrien qui a perdu de son pouvoir, et les ABC Warriors se sont séparés. Sur une planète, Blackblood est devenu un marchand d'armes et il ne perd aucune occasion de railler et de torturer Hammerstein qu'il détient prisonnier, et qu'il a démembré pour prévenir toute possibilité de fuite. Après une séance de torture éprouvante, Hammerstein est contacté magiquement par Deadlock qui lui apprend que l'empire terrien a construit un puissant engin de mort appelé Hellbringer et que les ABC Warriors doivent se reformer pour le détruire. Deadlock explique qu'il prépare le matériel nécessaire à l'expédition, et qu'il charge Hammerstein de rassembler le ABC Warriors. Pour cela, il transmet assez d'énergie pour qu'il puisse se libérer de ses entraves et neutraliser Blackblood. Hammerstein va de surprise en surprise en retrouvant ses anciens compagnons d'arme à commencer par Joe Pineapple. Ils étaient tous au courant de sa captivité, et ils n'ont même pas levé le petit doigt.
Petit à petit, Pat Mills s'est imposé comme un des piliers de l'hebdomadaire 2000 AD, tout d'abord en en étant le concepteur, le constructeur et le premier éditeur en chef, ensuite en proposant des séries originales et en les développant sur le long terme. Néanmoins, le lecteur qui n'a pas appris à connaître les bizarreries de son écriture peut très vite ressentir une impression d'incompréhension, de bazar inextricable dans lequel il manquent des éléments de compréhension, et sautant du coq à l'âne. En découvrant ces 2 histoires, il retrouve les ABC Warriors, du moins 6 d'entre eux et une nouvelle venue. le scénariste déroule 2 histoires à la trame assez simple et facile à suivre. Dans la première, le groupe de héros doit stopper les méfaits de 7 représentants de l'ordre établi : un inspecteur des impôts, un représentant du culte, un chef d'entreprise de déforestation, un scientifique, un politicien, un colonel et l'empereur en personne. Cette mission a pour objectif de préserver le style de vie et les croyances des indigènes de la planète Hekate. La deuxième mission est encore plus simple : détruire un vaisseau de guerre d'une formidable puissance, menaçant de détruire une autre planète.
Pour mettre en images ces 2 missions, Pat Mills bénéficie d'un dessinateur passé en mode illustrateur, travaillant à la peinture directe pour des pages en couleurs immédiatement spectaculaires. le lecteur ressent que Kev Walker a cherché à réaliser des planches capturant les qualités de celles de Colin McNeil pour Judge Dredd: America ou Simon Bisley pour ses épisodes des ABC Warriors (voir tome précédent). Les pages sont colorées, tout de suite agréable à l'oeil. L'artiste n'utilise pas de lignes encrées, chaque forme se distinguant de sa voisine par la couleur. Il utilise une large palette de couleurs vives. Les personnages ont des apparences très marquées, à commencer par les robots, mais aussi les personnages secondaires et les figurants. Les lieux présentent des caractéristiques fortes, empruntées à la science-fiction ou au médiéval fantastique. Walker utilise les couleurs pour installer des ambiances différentes pour chaque séquence, et pour montrer les éclairages particuliers, que ce soit sous la lumière lunaire, ou sous une lumière artificielle. Il s'en sert également pour représenter les décharges d'énergie.
Le premier contact avec ces 2 histoires est donc facile, très agréable, une science-fiction riche et colorée, avec des personnages eux aussi hauts en couleur. Dès le premier épisode, le lecteur apprécie la théâtralité des gestes de Deadlock, les postures très posées de Joe Pineapples quand il se concentre pour réaliser un tir de précision impossible, l'apparence improbable des robots postulant pour devenir le septième ABC Warrior, la texture du vomi projeté par un personnage (coutume locale de bienvenue), l'exagération dans l'apparence du représentant du culte, etc. Kev Walker allie la démesure de Simon Bisley (sans la sensibilité Heavy Metal), avec l'agrément des couleurs de Colin McNeil. Bien rapidement le lecteur s'aperçoit aussi que Kev Walker préfère utiliser des camaïeux en fond de case plutôt que de représenter les décors, et qu'il représente souvent les personnages en train de poser, plutôt que de concevoir une prise de vue sur plusieurs cases.
Tout aussi rapidement, le lecteur se rend compte que Pat Mills est bien parti dans sa narration, s'affranchissant lui aussi des contraintes narratives comme d'expliciter les faits. Par exemple, il ne rappelle pas la composition des ABC Warriors (charge au lecteur de cocher chaque fois que le nom d'un d'entre est prononcé) et n'évoque pas leur histoire personnelle. du coup, le lecteur se retrouve à se demander si les ABC Warriors ne seraient pas déjà 7 (avec Ro-Jaws) et à relire le petit texte introductif (la missive de Deadlock à ses élèves) pour être sûr d'avoir bien compris ce que font les ABC Warriors sur cette planète. Les idiosyncrasies narratives s'accentuent de chapitre en chapitre, certaines pages se composant d'un ou plusieurs ABC Warriors en train de prendre une pose impressionnante, pendant qu'ils parlent à voix haute pour expliquer ce qui se passe. Ces pages donnent l'impression que les auteurs sont tombés dans les pires travers de la bande dessinée : un scénariste qui explique en texte plutôt que de montrer en images, et un artiste qui préfère les images choc, plutôt que de privilégier la narration séquentielle. Il y a effectivement un peu de ça…
… mais il y a aussi beaucoup plus. Même si les auteurs ne facilitent pas la compréhension des événements, le déroulement de l'intrigue reste facile à suivre du fait de sa simplicité. Même si Kev Walker ne privilégie pas la narration en suite de cases, les pages restent de toute beauté et les images donnent une présence incroyable à ces guerriers robots improbables. Même si Pat Mills donne l'impression d'oublier des éléments essentiels à la compréhension dans sa narration, elle n'est pas déstructurée et il développe régulièrement des thèmes complexes. Il serait possible de défendre cette forme narrative en disant qu'elle reflète le thème principal du récit : la nécessité du chaos, ou plutôt du désordre dans la vie humaine. C'est exact, mais c'est réducteur. L'approche graphique de Kev Walker sert aussi à aboutir à des images qui ne seraient que des blagues potaches dans une narration classique, mais qui dans ce contexte narratif deviennent l'expression d'une révélation, l'incarnation d'une évidence allant à l'encontre du bon sens. le lecteur peut se formaliser de devoir assister au spectacle de 2 individus se vomissant dessus pour se détendre, conformément à leurs coutumes. La force du jet de matière organique bleue et sa consistance constituent un spectacle repoussant mais aussi étrangement exotique, tellement outré que le lecteur ne peut pas le prendre au premier degré. Il peut alors y voir une grosse farce qui tâche ne se prenant pas au sérieux, parodiant les auteurs de SF imaginant des cultures baroques, une moquerie des conventions coutumières, ou une observation sur ce qu'une coutume peut avoir de bizarre, voire de grotesque pour un individu d'une autre culture. Cette dernière interprétation revient à la fin de la première histoire.
Au cours des 2 histoires, le lecteur découvre de nombreux dessins représentant des situations ou des comportements outrés, au-delà du potentiel de suspension consentie d'incrédulité, même dans un récit de science-fiction avec des robots qui parlent, et un (Deadlock) qui maîtrise la magie. Par exemple, le lecteur voit surgir Joe Pineapples (le guerrier robot tireur d'élite) vêtu d'un string en cuir rouge, d'un bustier avec boucles en métal également rouge, d'un porte-jarretelle de la même couleur, d'une longue cape violette avec un liseré en fourrure, de gants longs et de cuissarde en cuir noir. Pour le lecteur distrait, c'est une image comique basée sur un humour outré et vulgaire, déconnecté de toute signification, puisqu'on ne voit pas pourquoi il y aurait un robot travesti en plein milieu d'un conflit armé où se joue le sort d'une planète. Pour le lecteur habitué des oeuvres de Pat Mills, il retrouve son goût pour la provocation et l'humour absurde. Pour un lecteur investi dans le récit, c'est totalement logique, et une belle métaphore. Les robots peuvent être vus comme le côté rationnel des êtres humains, poussés à son extrême, et mus par un objectif ou une motivation principale, être le meilleur tireur d'élite pour Joe Pineapples. Or ces robots se retrouvent à lutter contre un empire totalitaire, imposant une doctrine basée sur la raison et l'ordre. En manifestant ainsi sa déviance (par rapport à la norme robotique), Pineapples fait acte de rébellion contre l'Empire, incarne une forme de liberté.
Sous réserve de réussir à être en phase avec la narration, le lecteur peut apprécier la manière dont Pat Mills joue avec les conventions narratives spécifiques aux récits d'aventure. Cela dépend bien sûr fortement de l'horizon d'attente du lecteur. S'il veut d'abord un récit premier degré, il ne peut pas laisser passer les deus ex machina et autres prises de liberté avec la logique interne propre à ce genre de récit. S'il est prêt à accepter une déconstruction sauvage du récit d'aventure avec héros viril et musclé, il est aux anges. le scénariste n'hésite pas à fouler au pied le suspense en résolvant plusieurs situations par un deux ex machina bien senti, que ce soit la jambe de bois de Deadlock (qui abrite une lame acérée) ou la capacité providentielle de Deadlock à utiliser la magie au dernier moment, ou encore les capacités de tireur d'élite de Joe Pineapples. le lecteur y voit Pat Mills en train de ridiculiser ces clichés du récit d'action, les neutraliser en leur ôtant toute valeur, pour mieux fouler au pied le concept même de héros aux capacités extraordinaires. Cela rejoint e thème principal de ces 2 histoires qui est de dire que la raison ne suffit pas à l'individu et qu'il faut un peu de folie et d'émotion pour que l'esprit puisse s'épanouir. Outre ce thème très provocateur traité de manière radicale, le lecteur retrouve également ceux récurrents de l'auteur, à commencer par la dénonciation de toute forme d'oppression, la libération spirituelle des normes qui emprisonnent les individus, le refus du conformisme, le coût exorbitant de tout conflit armé.
Ce deuxième tome des aventures des ABC Warriors est à la fois plus séduisant que le premier, mais encore plus radical. Il se présente sous une forme plus classique : 2 histoires à l'intrigue simple, avec des magnifiques planches en couleurs. Mais les auteurs foulent au pied les conventions du genre, avec un entrain iconoclaste, pour introduire l'absurde. Pour autant cette narration radicale leur permet de développer des points de vue différents, bien argumentés et plein de sens.
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Pat Mills en interview sur PlaneteBD.com .
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