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ISBN : 178108632X
Éditeur : 2000 AD Graphic Novels (09/08/2019)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Albion. Celtic warrior Sláine united the tribes of the Earth Goddess and became the first High King of Ireland, but is now a wanderer. Having journeyed to Monadh to rescue Sinead from the Drune Lords, he's discovered that they have been experimenting on their own creations, much to the displeasure of the Cyths' jailer, the Archon Yaldabaoth. Now, the Archon has awoken and destruction will surely follow!
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  27 avril 2019
Ce tome fait suite à Slaine The Brutania Chronicles: Psychopomp qu'il faut impérativement avoir lu avant. Il s'agit du dernier tome de la tétralogie commencée avec Slaine Brutania Chronicles 1, formant une histoire complète. Il comprend les pages incluses dans les numéros (progs) 2050 à 2060 de l'hebdomadaire 2000 AD, initialement parus en 2017, écrites par Pat Mills, illustrées par Simon Davis. le tome se termine avec les 3 couvertures réalisées par Davis pour les progs 2050, 2055 et 2060, et 15 pages d'esquisses de pages rehaussées à l'aquarelle.
Une armée de géants de pierre animés par Yaldabaoth est en train d'avancer, de massacrer les humains et de se rapprocher de Sláine & Sinead. Dans le même temps, la voix de l'Archon est tonitruante et implacable, disant que les humains sont des abominations et qu'il va les exterminer. Sláine enjoint Sinead de battre en retraite pour se diriger vers l'armurerie. Ils y pénètrent, massacrent les Drunes présents et récupèrent la triple corne diluvienne dont mêmes les Drunes n'osaient pas se servir. Sláine explique à Sinead que le mal au sein de l'homme, évoqué par l'Archon, n'est autre que son pouvoir, son talent, sa force, ce que craint l'Archon. Sortant de l'armurerie, Sinead et Sláine avancent droit vers l'armée des soldats de pierre. Sláine demande à Sinead de faire sonner la triple corne. Sinead souffle dedans à plusieurs reprises, et Sláine s'élance dans la mêlée, effectuant de grands moulinets avec sa hache Brainbiter, éclatant plusieurs soldats à chaque fois. Ils parviennent ainsi à se frayer un chemin jusqu'à la pièce aménagée dans la montagne, où sont entreposés les trésors de la déesse.
Sláine et Sinead mettent les trésors dans un sac, et Sláine demande à Sinead de les rapporter dans son village. Elle lui demande s'il n'est pas taraudé par le désir de découvrir qui est son véritable père. Il répond par l'affirmative, mais aussi qu'il comprend la soif de liberté qui animait sa mère et qu'il ne lui en veut pas malgré les efforts faits par son oncle Sláine et sa tante Muread pour la dépeindre comme fautive. Gododin fait irruption et interrompt leur discussion, évoquant lui aussi les pères potentiels de Sláine : l'oncle Sláine, l'armurier Trego, le druide Duban, ou peut-être un quatrième individu. Sláine lui rétorque que peu lui importe tant que ce n'est pas Slough Feg, le père de Slough Gododin. Il poursuit en indiquant que Slough Feg était indigne de devenir le dirigeant des terres, et qu'il y avait 7 preuves de son indignité : absence de vérité, absence de loi, guerres menées pour la conquête, favoritisme au profit des nobles, oppression des pauvres, empoisonnement des sols, vénérations de démons. Slough Gododin a le dessous dans cet affrontement physique, et d'autres soldats de pierre arrivent, immobilisant Gododin, mais aussi Sinead.
Après un troisième tome un peu poussif sur le plan de la construction, le lecteur se rend compte que Pat Mills poursuit dans la même veine. À nouveau, Sláine et Sinead vont de combat en combat de manière mécanique, avec des échanges surtout fonctionnels. le lecteur sait par avance que chaque affrontement se soldera par une victoire temporaire des 2 humains, sans réelle avancée. Pat Mills donne l'impression de sortir des artifices de son chapeau, à commencer la triple corne diluvienne, et l'arme suivante n'est pas piquée des hannetons. Éventuellement Sinead ou Sláine peuvent être blessés, mais sans réelle conséquence sur leur capacité à se mouvoir ou à se battre. L'un peut être temporairement neutralisé, et l'autre va quand même réussir à sauver la situation. Il en va ainsi pendant 3 combats successifs. Pendant ces pages, Simon Davis ne démérite pas, donnant à voir ces affrontements et se montrant inventif quant à la mise en page.
L'armée d'hommes de pierre est très impressionnante. Dès la première page, le lecteur découvre un de ces soldats dans une peinture en pleine page, rendant compte de la texture de la pierre de manière impressionniste, et le mettant face à un visage aux orbites vides, attestant de l'absence de vie dans cette forme humanoïde. La double page suivante montre le carnage accompagnant l'avancée des êtres de pierre, avec une texture minérale très sombre sur laquelle ressort bien le rouge carmin du sang des chairs éventrées. L'artiste privilégie là aussi une représentation impressionniste, plutôt qu'une description détaillée de la tripaille, pour un effet très écoeurant. Sláine reste un homme massif et marqué par l'âge, alors que Sinead est plus jeune, avec une morphologie plus sèche et une absence d'exploitation de son physique, même si sa tenue est des plus révélatrices. le corps de Sláine devient de plus en plus rouge, comme si le sang de ses ennemis séchait dessus, un témoignage de ses combats, mais aussi de la mort qu'il a donné à ses opposants, même si les pierres ne peuvent pas saigner. L'artiste sait aussi bien mettre en scène les mouvements des combattants dans un duel naturaliste, qu'exagérer les mouvements de Sláine quand il se lance dans un groupe d'ennemis. Il sait aussi bien décrire des coups portés de manière réaliste, que montrer l'irruption de forces surnaturelles, comme la force de la Terre, la violence barbare restant très visuelle.
La narration visuelle change d'ambiance, lorsque Sinead et Sláine retraversent la voie qui leur permet de quitter l'île, avec le retour du ciel bleu, des oiseaux, et des cases de la largeur de la page, y compris un plan fixe sur les mouvements des pieds des 2 compagnons en train de marcher. le deuxième combat contre les sirènes entraîne une plongée dans un registre visuel plus horrifique, très convaincant. Puis l'intrigue reprend un déroulement plus organique. le lecteur retrouve tout son intérêt pour l'histoire. Pat Mills retrouve un rythme plus naturel et les considérations des personnages sont en phase avec ce qu'ils vivent, les combats redevenant l'expression physique de leurs conflits intérieurs et idéologiques. Tout commence par une séance de spiritisme que Sláine convainc Sinead de pratiquer. Alors même que le lecteur n'était pas loin de se désoler de ne lire qu'une bonne histoire de ce personnage, le récit s'élève à nouveau vers l'excellence. Dans la deuxième moitié de ce dernier tome, l'auteur réconcilie les interrogations personnelles de Sláine sur l'identité réelle de son père, avec son combat contre l'Archon et ce qu'il représente. Pour autant, le lecteur reste en territoire très familier : Mills y va à nouveau d'un couplet antireligieux, et joue de manière assez basique sur la question de savoir si l'identité du père de Sláine sera révélée ou non.
La séance de spiritisme permet de revenir à une bataille entre formoriens et celtes, Macha (la mère de Sláine) menant la tribu au combat avec une rare sauvagerie, et une terrible efficacité. Après une page un peu pauvre visuellement (la tête de Sinead représentée 6 fois sur un fond en camaïeux vert bouteille), la narration visuelle reprend ses droits et sa richesse. Simon Davis fait preuve de sa maîtrise, adaptant le degré descriptif de ses dessins en fonction de la séquence, ou les poussant plus vers un registre impressionniste, et parfois expressionniste, combinant souvent les 2 premiers modes au sein d'une même case. Ainsi le lecteur peut voir le navire à voile des envahisseurs, ainsi que les nombreux guerriers avançant à pied devant, dans une image qui fait sens. Il voit une pluie de flèche s'abattre sur l'envahisseur, et le chariot hérissé de pointes, tirés par deux chevaux, sur lequel se tient Macha dans une posture très belliqueuse. Il sourit en voyant une tête de formorien détachée de son corps passer en arrière-plan, derrière Macha qui ne lui prête aucune attention. Visiblement, Davis retrouve l'inspiration avec cette nouvelle phase dans le récit, mêlant représentation brutale, avec sensations fortes, et humour visuel second degré. Cette inspiration éblouissante ne le quitte plus jusqu'à la fin du tome, qu'il s'agisse de représenter un dialogue venimeux et farouche entre Macha et un seigneur El, une manifestation magnifique de la déesse de la Terre, une cathédrale, ou une forteresse romaine à Llandin le site ou sera érigée Londres dans une ère suivante. Comme dans le tome précédent, l'artiste compose des cases à partir d'esquisses encrées, puis peintes par-dessus ensuite, jusqu'à recouvrir les traits. Cette méthode complexe lui permet de construire des compositions sophistiquées et variées, de la sensation de grand espace lors de la traversée du passage de l'île à la terre ferme, à la sensation de claustrophobie quand Sinead et Sláine sont entourés par les sirènes. S'il y est sensible, le lecteur observe à nouveau l'élégance du jeu sur les couleurs pour installer des ambiances. Simon Davis passe d'un ocre verdâtre pour la discussion entre le seigneur El et Macha (pour indiquer une sensation ténébreuse et empoisonnée), à des reflets or et bronze pour celle entre Sinead et Sláine pour une sensation plus chaude, intime et chaleureuse. Il joue du contraste entre un vert vif pour la vivacité de la nature, opposé au gris terne et minéral de la Nouvelle Troie. Il passe d'une description quasi photographique pour certains personnages, à une esquisse saisissant l'impression produite par d'autres pour mettre en avant leurs émotions, sans solution de continuité.
Dans le même temps, Pat Mills a retrouvé toute sa verve pour une dernière partie enchanteresse. le lecteur éprouve un moment de doute quand le scénariste révèle l'identité du quatrième homme susceptible d'être le père de Sláine, tout en n'arrivant pas à y croire tout à fait. Puis ce moment de doute s'évanouit et l'auteur reprend les différents thèmes du récit : identité du père de Sláine, oppression de la race humaine par une créature étrangère, répugnance viscérale de toute forme de religion organisée. le lecteur peut trouver qu'il en fait un peu de trop pour chacun de ces thèmes, mais il s'avère que l'auteur développe ensuite un discours plus fin et plus nuancé que ne le laisse le supposer un retour sur ces thèmes déjà abordés dans cette tétralogie. La question de la paternité se développe en simultané avec la personnalité de la mère de Sláine, ce qui est logique, les 2 devenant indissociables et servant de base au développement de la personnalité du fils. La question de l'oppression par une entité étrangère à la race humaine souligne la dimension métaphorique de cette situation, le lecteur retrouvant l'intelligence et l'habileté avec laquelle Mills parle des mécanismes de l'oppression quelle qu'en soit sa nature. Au départ, le thème de la religion catholique n'apparaît que comme un exemple d'une forme d'oppression, une évidence par rapport à ce thème, mais l'auteur ne se contente pas de cette utilisation. Il continue de creuser l'opposition entre le système de croyances celtiques, et celui de la religion catholique.
Ces 3 thèmes finissent par se répondre et par tisser une trame plus riche. Macha a refusé de se conformer au cadre que lui imposait la société dans laquelle elle a vécu, étant une guerrière libre et indépendante, refusant le cadre des lois du mariage. L'affection de Pat Mills pour son personnage transparaît à chaque instant, magnifiée par les représentations habitées de Simon Davis. Macha n'est pas dépeinte comme une épouse volage, mais comme un esprit fort, éprise de liberté, ayant soif de connaissance et non pas de pouvoir. Elle refuse les limites implicites de la culture de sa tribu, et s'aventure sur le terrain de la spiritualité, aidée par un autre individu qui refuse lui aussi d'accepter les limites que lui impose sa caste, remettant en cause cette forme d'autorité. Yaldabaoth souhaite imposer la nature des Archons aux êtres humains, les faire progresser dans leur évolution pour qu'ils deviennent semblables aux Archons. Mills y développe à la fois une métaphore sur le colonialisme, sur la prétendue supériorité d'une culture sur autre, mais aussi sur la nature de l'être humain, sur ses forces, sur sa créativité qui doit pouvoir s'exprimer. Il retrouve toute sa haine de la religion catholique en interprétant les églises comme des constructions qui enfermant les individus et qui les éloignent de la nature, de la Terre, de l'écosystème où la vie a émergé et s'est développée, ces constructions artificielles l'obligeant à regarder vers le ciel, un ailleurs inatteignable, et affectant sa pensée pour la canaliser, restreindre sa liberté par une discipline contre nature. Pour autant cette partie n'est pas une ode au paganisme ou au système de croyance celtique, car Mills ne tait pas les pratiques sacrificielles. Il confronte les 2 systèmes de valeur, surtout pour faire ressortir les caractéristiques du catholicisme, mais aussi en rappelant que la liberté de pensée, le refus d'accepter une culture ou une autre induit un prix à payer.
Dans un premier temps, cette partie semble continuer sur la lancée du tome précédent, avec une narration dont les artifices ressortent, qui n'arrive pas à trouver le bon rythme pour que ses différentes composantes soient en phase. le lecteur se résigne alors à lire une bonne histoire de Sláine qui ne retrouve pas l'excellence des 2 premiers tomes. Puis à la moitié, le scénariste retrouve son équilibre, et l'artiste se retrouve en phase avec lui. L'histoire retrouve alors sa cohérence entre ses différentes composantes, pour un extraordinaire récit d'aventures, nourri par des thématiques chères à Pat Mills, et traitées avec subtilité et intelligence, l'auteur ne cherchant pas à imposer son point de vue au lecteur, ce qui serait une autre forme d'oppression. le combat contre l'oppresseur, la recherche du père et la religion organisée s'entremêlent et se répondent pour une réflexion excitante sur la liberté de pensée, la responsabilité qui vient avec, et le prix à payer. S'il prend un tout petit peu de recul, le lecteur retrouve également le fait que dans ce comics de barbare avec une grosse hache, c'est à nouveau les femmes qui mènent la danse, que ce soit Danu, Macha, et même Sinead. La fin laisse supposer que Pat Mills a encore des intrigues en réserve. Il lui reste à convaincre les responsables éditoriaux et à trouver un partenaire artistique à la hauteur.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
PresencePresence   04 mai 2019
Parce que le pouvoir de la Déesse est plus grand que tout autre dieu.
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