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Kevin O`Neill (Illustrateur)Bryan Talbot (Illustrateur)Jesùs Redondo (Illustrateur)
ISBN : 1906735948
Éditeur : 2000 AD (21/09/2010)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
One of the eighties’ best comics stories collected in it's first US edition

Termight, a world at the heart of a cruel galactic empire. A world devastated by nuclear warfare. Deep below ground its inhabitants try to eke out a mere existence, continually threatened by the Terminators, lead by the diabolically evil Torquemada. There is a resistance though, and a new kind of hero. Meet Nemesis the Warlock, champion of the coming rebellion!
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  30 mai 2016
Ce tome est le premier de la réédition en intégrale de la série "Nemesis the warlock", crée par Pat Mills et Kevin O'Neill. Il contient les livres I à IV de la série en noir & blanc. le tome 2 The complete Nemesis the warlock - Book 2 contient les livres 5 à 7, et le tome 3 The complete Nemesis the warlock - Book 3 les livres 8 à 10, tous écrits par Pat Mills. Les livres I à IV ont au départ fait l'objet d'une parution en feuilleton dans l'hebdomadaire britannique "2000 AD" entre 1980 et 1985, en noir & blanc. Les livres I à III ont été réédités en couleurs dans Nemesis The warlock (Deviant edition).
- Livre I (dessiné et encré par Kevin O'Neill) - Dans un futur très lointain, la Terre a été dévastée par plusieurs invasions extraterrestres. Les humains ont repris le contrôle de la planète et vivent dans des cités souterraines. Ils ont développé une haine viscérale de tous les extraterrestres. le gouvernement en place a repris une politique d'expansion stellaire et d'extermination systématique de tous les extraterrestres. le chef de ce gouvernement s'appelle Tomas de Torquemada. Dans ce premier livre, le lecteur découvre ce monde, le régime politique en place, le système de transport souterrain, Torquemada et ses acolytes, ainsi que Nemesis, le représentant de la résistance.
- Livre II (essentiellement dessiné et encré par Jesus Redondo, avec quelques pages de Kevin O'Neill) - Sur une planète prison, la race des Arachons essayent de réhabiliter des êtres humains pour prouver que leur xénophobie exacerbée est acquise et non innée. Mais quelques uns réussissent à s'échapper. Au concile des extraterrestres, Nemesis accompagne un Arachon pour convaincre les autres races de laisser une chance aux humains plutôt que de les exterminer. Mais Torquemada a réussi à posséder le corps d'un des représentants.
- Livre III (dessiné et encré par Kevin O'Neill) - Nemesis assiste à l'accouchement de sa femme Chira qui donne naissance à Toth. Alors que Nemesis assiste une race extraterrestre pour résister aux armées de Torquemada, celui-ci a localisé la planète de Nemesis et a envoyé une troupe d'élite pour tuer Chira et Toth.
Rien ne peut préparer le lecteur à ce qu'il va découvrir dans cette série. Pat Mills (Charley's war, Slaine) et Kevin O'Neill (League of Extraordinary Gentlemen) inversent les stéréotypes en vigueur dans la science-fiction, privant le lecteur de personnages dans lesquels il peut se projeter. La race humaine est la proie d'un racisme haineux vis-à-vis de tous les extraterrestres, s'employant activement à les éradiquer sans pitié. le chef politique humain s'inspire des pires pratiques de l'inquisition, chacun vit dans l'angoisse de ce régime dictatorial et répressif. Purity Brown, la seule humaine aux côtés de Nemesis, n'arrive pas à contrebalancer le comportement abject du reste des êtres humains.
Face à Torquemada, Nemesis apparaît totalement étranger à la race humaine, à commencer par son apparence. Comme en atteste la couverture, Kevin O'Neill a conçu un visage impossible, anguleux, fumant, un cou trop petit, une colonne vertébrale à l'extérieur du corps. Et il faut voir ses jambes pour y croire. La morphologie de Nemesis rend impossible une forme de projection pour le lecteur dans ce personnage. La distance est encore accrue quand le lecteur découvre la forme des femmes de cette race, et encore accentuée avec la forme du bébé de Nemesis et Chira et son comportement envers les humains. Tout au long des pages qu'il dessine, O'Neill fait preuve d'une grande habilité pour marquer l'incompatibilité totale entre Nemesis et la race humaine. Rien que sur la couverture, Nemesis porte une sorte de manteau sur lequel il est possible de distinguer des yeux ouverts. A priori il s'agit d'yeux humains. O'Neill arrive à rendre crédible le fait que Nemesis se pare d'une étoffe dont l'apparence sous-entend sa cruauté vis-à-vis de ses ennemis humains. Part l'insertion de ces yeux dans une étoffe impossible, il attire implicitement l'attention du lecteur sur les pratiques inhumaines de la race de Nemesis.
Le monde dépeint par O'Neill est dépourvu de rondeurs, il est anguleux, ses traits sont secs et froids. le monde que le lecteur voit est hostile aux humains, ce sont eux qui doivent s'adapter, se plier à ces contours tranchants et agressifs. Les vaisseaux spatiaux présentent des angles aigus acérés. Les forces armées de Torquemada sont pourvues de casques leur masquant leur visage, renforçant la sensation d'oppression. le masque même de Torquemada est triangulaire, la pointe en haut, avec une forme angoissante et agressive. 30 ans plus tard ces images n'ont rien perdu de leur aspect dérangeant. Les couvertures réalisées pour les 7 numéros publiés par Eagle font encore froid dans le dos provoquant un malaise, en particulier celle de l'épisode 6 avec ce nouveau né au regard maléfique et pourtant touchant dans sa fragilité. le lecteur peut constater la force des dessins d'O'Neill en les comparant à ceux de Jesus Redondo (qui dessine 52 pages), plus traditionnel dans sa représentation, même s'il respecte la conception graphique des personnages établie par O'Neill. En outre, Redondo a un peu de mal à s'intéresser aux décors.
Outre le contexte très radical de la série, Pat Mills raconte des histoires renvoyant aux pires horreurs perpétrées par la race humaine sur des peuples, ou des ethnies. Dès la deuxième histoire, le lecteur peut constater que Mills évite la partition bien / mal en introduisant des points de vue différents parmi les différentes races extraterrestres. Il n'e s'agit pas non plus d'une dichotomie science / magie (entre Torquemada / Nemesis), puisque Torquemada dispose de la capacité surnaturelle de posséder des corps. Si le familier Grobbendonk ne convainc pas totalement comme ressort comique, Mills se rattrape avec les apparitions de Mek-Quake, en vieux robot géant de guerre, à l'intelligence artificielle défaillante faute d'une maintenance satisfaisante.
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- Livre IV (10 pages dessinées par Kevin O'Neill, 80 pages dessinées par Bryan Talbot) - Sur une planète éloignée, les Goths ont utilisé leur capacité de métamorphose pour prendre l'apparence d'humains. Il y a plusieurs siècles de cela, leur technologie leur avait permis de capter les émissions radio du début du vingtième siècle et ils ont modelé leur civilisation sur l'exemple de l'empire où le soleil ne se couche jamais. le lecteur découvre donc un environnement calqué sur la civilisation anglaise à la fin de la période victorienne, avec une technologie de type steampunk. Dans sa croisade pour éliminer toutes les races extraterrestres, Tomas Torquemada a choisi cette race comme étant la prochaine devant être exterminée. Pour pouvoir vaincre cet empire stellaire, il a conclu un pacte avec 2 traîtres Goths, et il se rend lui-même sur leur planète mère pour posséder un corps et aider à renverser le régime en place. de son côté, Nemesis a envoyé Grobbendonk comme espion. Afin de convaincre le roi en place, Nemesis décide de se rendre en personne sur la planète mère pour lui prouver la gravité de la situation.
Kevin O'Neill est déchainé dans les 10 pages qu'il illustre, créant de toute pièce une société victorienne de science-fiction, aussi enchanteresse qu'impérialiste. le lecteur retrouve son goût pour les angles vifs et agressifs. Il découvre ses drôles de machines volantes au parfum suranné. Il assiste médusé à l'arrivée du vaisseau à la forme si caractéristique de Nemesis (Seth, son blitzspear), naseaux fumants. Il retient son souffle devant Nemesis en tenue de soirée, aussi imposant qu'étranger à la nature humaine. Il étouffe un cri de répugnance en voyant comment Nemesis déguste le plat qui lui est servi. C'est magnifique, déviant et contre nature du début jusqu'à la fin.
C'est avec un pincement au coeur que le lecteur comprend que Kevin O'Neill ne reviendra que très épisodiquement pour illustrer un épisode ou deux de la série, et qu'il va falloir s'habituer à d'autres dessinateurs, forcément différents. Mais il est remplacé par Bryan Talbot, dessinateur talentueux, de cédant rien en étrangeté à O'Neill. Talbot dessine de la même manière qu'il avait dessiné The adventures of Luther Arkwright, sa propre bande dessinée débutée en 1978. Il réalise des images fortement encrées, mais avec une myriade de traits fins. Cette manière de dessiner aboutit à des images méticuleuses et détaillées, où chaque texture est figurée par une multitude de traits fins et appliqués, pour un résultat à la fois riche et inventif. Si le lecteur ne retrouve pas la déviance de Kevin O'neill, il plonge dans un monde visuel tout aussi substantiel et décalé vers le bizarre, avec un soupçon de grotesque.
Le scénario de Pat Mills bénéficie pleinement de la personnalité de ces 2 dessinateurs. le principe de base de la série reste identique : les humains sont d'ignobles fanatiques, prêts à exterminer tous les extraterrestres, sous la conduite d'un chef temporel qui est un fanatique religieux, prêt à toutes les compromissions les plus déviantes pour massacrer les impurs. le lecteur assiste donc aux manigances immondes de Torquemada qui place sa survie avant toute chose, y compris sa propre pureté génétique (Faites ce que je dis, pas ce que je fais.) pour anéantir les extraterrestres. En face, le lecteur n'a pas la possibilité de se projeter dans Nemesis, à l'apparence trop étrangère, aux motivations pas complètement altruistes, aux manières si bestiales (ce mode de sustentation tellement connoté). Et la scène consacrée à Thoth (le fils de Nemesis) est toujours aussi dérangeante avec ce petit monstre horrible à regarder qui manipule sadiquement ses parents humains.
Le récit de Pat Mills distille un malaise diffus au travers de différents éléments allant du principe même de la série (une humanité colonisatrice et destructrice contre des extraterrestres trop différents pour que le lecteur se reconnaisse en eux) à des relations nocives entre individus. Non seulement Mills prend le contrepied des repères affectifs habituels, mais en plus il a construit une histoire mêlant affrontements brutaux, et intrigues de palais, avec un soupçon d'espionnage, pour un cocktail qui tient en haleine, avec une critique acerbe de l'impérialisme britannique. Enfin, il insère une forme de continuité complexe (mais pas indispensable à la compréhension du récit) en rapatriant les ABC Warriors de plusieurs siècles dans le passé, soit les personnages principaux d'une autre des séries qu'il a écrite pour "2000 AD" (voir The Mek files 01).
Ce livre IV est aussi décapant que les précédents, sans diminution de l'intensité visuelle du fait des capacités impressionnantes de Bryan Talbot, avec une histoire dont le principe reste toujours aussi pervers et aliénant pour le lecteur. Be pure! Be vigilant! Behave!
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- Plonger dans la découverte de "Nemesis the warlock", c'est se retrouver confronté à une science-fiction sans concession, mettant en scène une humanité xénophobe, avec un dirigeant malsain (et son slogan inoubliable : Be pure ! Be vigilant ! Behave !), face à un extraterrestre trop étranger à l'humanité pour en faire un héros acceptable. Mills et O'Neill décrivent une humanité veule, peinant à se remettre des guerres passées, prête à accepter un tyran pour se sentir en sécurité. O'Neill développe une vision cauchemardesque de la réalité, avec des formes d'exagération qui sont systématiquement dérangeantes, qui ne laissent pas indifférents et qui ne prêtent pas à sourire. Pat Mills et Kevin O'Neill ont également réalisé une série où ils disent toute leur haine des superhéros : Marshal Law.
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Pat Mills en interview sur PlaneteBD.com .
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