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Critique de Amindara


Amindara
  11 juin 2018
Avant de commencer à parler des « Saboteurs de l'ombre », je tiens à remercier Babelio et les éditions Noir sur Blanc pour m'avoir envoyé ce livre dans le cadre d'une opération Masse Critique. Je tiens à préciser également qu'ayant déjà lu (et apprécié) « Wolfram, un jeune rêveur face aux nazis » du même auteur, je n'ai pas hésité longtemps avant de m'inscrire pour potentiellement recevoir « Les saboteurs de l'ombre ».

Alors que je viens de tourner la dernière page de ce livre, je dois une fois de plus faire le constat qu'on ne sait pas tout sur la seconde guerre mondiale et son déroulement. Nos écoles français ont tendance à nous raconter l'histoire du point de vue de l'armée Française, en passant rapidement sur nos défaites, en insistant particulièrement sur les actions de résistance, sur le débarquement, la Shoah aussi, bien évidemment, et en évoquant rapidement Pearl Harbor et les bombes atomiques de Nagasaki et Hiroshima. A la fac, j'avais pu compléter ces connaissances en étudiant la chose du point de vue de l'Allemagne (point de vue fort intéressant, que j'avais d'ailleurs retrouvé dans « Wolfram »). Aujourd'hui, c'est du point de vue des Britanniques que Giles Milton nous propose de voir l'Histoire. Et pas de n'importe quels Britanniques, d'un groupe d'hommes dont, personnellement, je n'avais jamais entendu parler.

Et ce point de vue est d'autant plus intéressant qu'il nous montre une partie de l'Histoire dont on n'a pas forcément connaissance : les opérations de sabotages. A l'école, on nous avait parlé des sabotages comme étant les « petites » actions des résistants français, visant à mettre à mal l'ennemi, mais sans plus d'envergure que faire sauter un pont ou une voie de chemin de fer. On nous avait dit cependant que cela avait été utile aux alliés pour le débarquement, mais sans entrer dans les détails. Ce livre nous apprend qu'il s'agissait en fait de bien plus que ça ! Saviez-vous qu'une équipe de saboteurs avait détruit les chantiers navals de Saint Nazaire, empêchant de ce fait les Allemands de faire intervenir dans la guerre l'un de leurs plus dangereux navires ? (Pour l'histoire, les chantiers de Saint-Nazaire auraient été les seuls assez grands en France pour réparer d'éventuels dommages causés à ce navire, du coup, les chantiers étant inutilisables, les Allemands ont préféré ne pas risquer de perdre leur navire). Saviez-vous qu'une autre équipe de saboteurs a été envoyée en Norvège pour détruire une importante usine de production d'eau lourde et empêchant ainsi les Allemands de fabriquer la bombe atomique ? Ce sont toutes ces actions que ce livre nous raconte. Mais pas seulement.

En fait, ce livre nous raconte l'histoire du SOE (Special Operations Executive) depuis sa création jusqu'à sa dissolution en 1946. Nous y rencontrons donc toutes les personnes qui ont oeuvré à la mise en place de ce service et à le rendre aussi efficace que possible. Nous suivons également ceux qui ont inventé et développé de nouvelles armes particulièrement appropriées pour les opérations de sabotages. Nous en apprenons davantage sur la formation des saboteurs eux-mêmes. Et nous les suivons sur le terrain, bien sûr. Nous voyons aussi les mauvaises relations entretenues pas le SOE avec l'armée régulière britannique, et le soutien indéfectible de Churchill. Et nous apprenons que malgré tout ce qu'on a pu dire, les actions du SOE ont également été très utiles à la victoire des alliés.

J'ai eu du mal, au départ, à entrer dans ce livre. Naïvement, j'ai voulu l'aborder comme un roman. Je me souvenais vaguement que Wolfram se lisait comme tel. Mais je me suis vite retrouvée submergée par le nombre de plus en plus croissant de personnages ainsi que les descriptions précises. Il a fallu que je m'accroche et que je gomme de ma tête cette idée de « roman » pour la remplacer par « documentaire historique » (après tout, ce livre m'avait été présenté comme une non-fiction) et là, ça a été beaucoup mieux. Il n'en demeure pas moins un peu ardu à lire (il est très très riche en détails et en explications) et il faut s'accrocher, mais cela en vaut la peine. Giles Milton m'a semblé très bien documenté. On s'en rend compte d'ailleurs, à la fin, lorsqu'il fait ses remerciements à toutes les personnes qui lui ont permis d'accéder à ses sources. On s'en rend compte également à travers toutes les petites citations qui jalonnent le texte, tirées d'ouvrages écrits par les personnes dont nous suivons l'histoire.

Pour conclure, cela ne se lit pas comme du petit lait et il faut vraiment être attentif pour comprendre ce qu'on lit. Mais ce livre vaut le coup qu'on le lise jusqu'au bout. Il m'a appris tout un tas de choses et m'a apporté une nouvelle vision de la seconde guerre mondiale que j'ai beaucoup appréciée.
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