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Impératrice Orchidée tome 1 sur 2

Jacques Guiod (Traducteur)
EAN : 9782290357132
474 pages
J'ai lu (11/05/2007)
3.67/5   55 notes
Résumé :
En vérité, je n'ai jamais été le cerveau de quoi que ce soit. Je ris quand j'entends dire que, dès mon tout jeune âge, s'affirma mon désir de gouverner la Chine. Quand la famille d'Orchidée arrive à Pékin, ruinée, la beauté de la jeune fille lui permet d'être choisie parmi des milliers de femmes pour devenir l'une des sept épouses de l'empereur Xianfeng. Sa force de caractère la pousse à résister à l'inexorable complexité du protocole de la Cité interdite, ainsi qu'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Empress Orchid
Traduction : Jacques Guiod

ISBN : 9782290357132


L'être étrange et mystérieux, quand on ne l'affirme pas froidement débauché et cruel, que fut l'Impératrice douairière Tseu-hi, dernière grande souveraine de l'Empire du Milieu, n'a cessé d'inspirer toutes sortes d'écrivains. Anchee Min a choisi la voie de la biographie romancée et nous donne un livre en deux volumes, fort bien documenté et pas si ardu que pouvaient le craindre certains en lisant çà et là des critiques d'internautes qui en sont encore à considérer Tseu-hi à la lumière du - au demeurant - très beau film de Nicholas Ray, "Les Cinquante-Cinq Jours de Pékin." En outre, l'auteur a décidé de prendre le parti de son héroïne et la défend jusqu'au bout avec beaucoup de panache, en gommant héroïquement les aspects négatifs qui permirent à la jeune Orchidée, entrée à quinze ans dans le harem de la Cité interdite, de devenir l'une des souveraines les plus respectées et les plus craintes du Céleste Empire.

Pour Anchee Min, l'explication de la si mauvaise réputation de Tseu-hi - ou Cixi, comme le veut l'orthographe actuelle - serait due à une campagne de calomnie systématique, engagée par les contemporains étrangers avec le soutien des grands de la Cour mandchoue, et que l'évolution du régime politique chinois d'une part, ainsi que le système de pensée confucéen encore aujourd'hui si solidement ancré dans cette culture, ont aidé à perdurer.

L'idée est non seulement intéressante mais plutôt crédible. Après tout, sans chercher bien loin, combien de reines de France ont-elles été honteusement calomniées, de leur vivant même, par leurs opposants mais aussi par des historiens de sexe mâle à qui déplaisaient leur caractère fort et leur volonté bien déterminée de gouverner envers et contre tous ? Blanche de Castille, Isabeau de Bavière, Catherine de Médicis, Anne d'Autriche ... Combien sont-elles ? Et combien n'avons-nous pas citées, à commencer par Brunehaut et Frédégonde, qu'on aime tant à dépeindre comme deux rivales horriblement jalouses l'une de l'autre en oubliant que, dans une époque de barbarie, elles n'avaient d'autres recours que la barbarie pour se protéger - et protéger les leurs ? Mais ce sont des femmes, alors, elles inspirent un sourire condescendant ou le mépris - et les motifs qui les guidaient aussi. Alors que, si on regarde bien le comportement de leurs équivalents masculins de l'époque, force est de constater que ces deux ennemies irréconciliables étaient toutes deux bien plus malignes et bien moins primaires que ces messieurs ...

Alors, Cixi victime de la calomnie ? Pourquoi pas ?

L'ennui, c'est que, à trop vouloir faire l'ange, on fait la bête. Si Lucien Bodard et quelques autres se sont complu à fantasmer jusqu'à l'improbable la vie - surtout sexuelle - de Cixi en faisant de cette dernière une sorte d'idole impassible, exsudant le souffre, le sang et le sexe, Anchee Min tombe dans le travers opposé : l'angélisme. Or, pour tout d'abord parvenir à passer trois mois entiers - jour et nuit - dans la chambre d'un Empereur blasé par la débauche - car c'est ainsi que commença l'incroyable ascension de la jeune Orchidée, concubine parmi tant d'autres - puis pour se faire confier le pouvoir suprême et enfin, pour le conserver contre vents et marées jusqu'à sa mort, survenue à l'âge de soixante-treize ans, Cixi a dû, par la force des choses, se livrer à ce que Lénine dénommait, avec son cynisme de bourgeois, "le cassage d'oeufs." Eh ! oui, si on ne fait pas de révolution sans casser des oeufs, comme disait cet opportuniste d'Illitch, on ne régne pas non plus sans concocter une omelette plus ou moins monstrueusement assaisonnée. Ce n'est même pas une histoire de méchanceté personnelle : cela devient un devoir d'Etat.

Pour autant, ne boudez pas cette biographie de Cixi. Elle passionne même si elle escamote, elle séduit même si elle dissimule. En somme, elle est à l'image de celle qui l'inspira, dont la noblesse d'allure et l'affabilité ne manquèrent pas de charmer les femmes des diplomates étrangers, reçues à la Cité interdite après la guerre des Boxers. A l'image de ce "Vieux Bouddha" qui, vaille que vaille, réussit à reculer au maximum l'effondrement de l'Empire mandchou, miracle dont on la crédite rarement mais qui reste pourtant bien le sien et que ses successeurs ne réitérèrent pas. ;o)
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C'est en "méchante sorcière de l'est" que l'impératrice Tseu Hi à traversé l'imaginaire collectif, étiquette qu'ont véhiculée les chinois eux-même. Et pourtant qui était réellement cette jeune fille de dix-sept ans livrée au plaisir de l'Empereur? Seule au milieu de la multitude, l'une parmi les trois milles concubines avides d'éveiller l'attention de l'Empereur; contrainte de porter sans cesse un masque dans une cour où le moindre faux pas peux coûter la tête. L'auteur nous emmène sur les traces de cette femme intelligente qui va tenter de changer la Chine. Car la Chine qui est tellement convaincue du rafinement et de la supériorité de sa civilisation, n'envisage pas que bien que cette civilisation soit millenaire,elle n'est plus adaptée au monde voulu par un Occident alors en plein essor. le danger est aux portes de Pékin. Tseu Hi, en mère désespérée, dépossédée par l'étiquette de la cour du droit d'élever son enfant va se battre pour lui rendre un héritage décent.
On est emporté par la force des personnages et fasciné par ce pays et cette époque méconnus où rien de ce qui se passait dans la Cité Interdite ne transpirait , la famille Impériale étant la gardienne de l'Harmonie Céleste.
Portrait d'une femme de caractère, récit d'aventure... Un livre pour s'évader vers un autre temps, un autre lieu...
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Biographie romancée, on suit l'histoire d'Orchidée, destinée à devenir l'une des plus célèbres souveraines de l'Histoire de la Chine : l'Impératrice douairière Tseu-hi. Dans ce premier tome, c'est son arrivée dans la Cité Interdite ainsi que son ascension en tant que concubine, qui nous sont dévoilées.

Ce fut une lecture plutôt mitigée pour ma part. Pour autant, c'est difficile de passer à côté de la qualité (et de la quantité) de travail fourni par l'autrice en amont de la publication de cet ouvrage. Tout d'abord, malgré un angle de présentation très positif de la future souveraine qui n'est pas toujours nuancé (ou en tout cas pas assez souvent à mon goût pour prétendre à une certaine impartialité de jugement), on sent que de nombreuses recherches ont été réalisés pour coller au plus près possible à l'Histoire. Une note en début de roman stipule qu'en cas d'absences d'informations, des libertés ont été prises, de façon à demeurer crédibles, à coller toujours au plus près de ce qu'a pu être le destin d'Orchidée. L'écriture, les personnages historiques et l'ambiance (avec ses complots, ses secrets, le monde des concubines impériales, l'organisation de la Cité…) générale m'ont permis d'aller au bout de la lecture, de par leur qualité. Toutefois, la lenteur du récit m'a souvent rendu pénible cette expérience. Parfois, l'aspect politique est lourdement traité, certes pour permettre d'en comprendre les tenants et aboutissants, mais l'histoire étant déjà peu riche en actions ou en rebondissements majeurs, il n'en fallait pas plus pour freiner mon rythme. D'ailleurs, même si l'écriture est soignée, il est vrai que certaines descriptions longues rendent ce roman encore plus difficile à terminer.
Si vous cherchez une biographie romancée, solidement ancrée dans des recherches historiques, foncez. Mais si vous souhaitez lire quelque chose de plus rythmé, avec un fonds historique comme ce fut mon cas, il vaut mieux passer votre chemin, je pense.
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Ce livre fait partit des cadeaux qu'on m'a offert pour Noël. Étant passionné par l'Asie et son histoire, je suis rapidement rentrée dans l'histoire.

🎎Ici, il est tout simplement question d'une femme qui essaie de survivre dans sa société. Orchidée est une outsider. Elle n'a rien a faire là, mais pourtant elle est là. L'isolement et la dépression affecte sa santé. On comprend que la femme ne sert qu'à assurer la descendance, sans enfant elle n'est rien.

🎎Pour cela, il faut qu'Orchidée arrive à attirer un temps soit peu Xianfeng, un empereur mélancolique et dépassé dont la dépression s'aggrave à mesure que la situation de l'Empire chinois dégénère.

🎎Le roman alterne sur la situation politique de l'Empire Chinois face au Européen et la place dans d'Orchidée dans le palais, le pays mais aussi dans la vie de Xianfeng.

🎎J'ai vraiment adoré ce livre. On y suit les complots des concubines, les stratagèmes pour attirer l'empereur et puis tout ce protocole qu'est la vie au palais impérial.
Tout est stratégie dans ce lieu fermé. Et c'est ce que An-te-hai enseigne à Orchidée tout au long du roman.

🎎La relation entre Orchidée et Xianfeng est douce et bienveillante. Les deux se complètent même si le protocole est une barrière entre les deux, on peut sentir l'adoration et l'affection qu'ils se portent.

🎎J'ai quelque fois remis en question les choix fait par Orchidée durant ma lecture. Parfois, ses gestes m'ont choqué. Son désir n'est autre que servir son pays, mais tout à un prix et il faut faire des sacrifices.

Bref, une femme forte 💪
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Dans ce livre, nous sommes propulsé dans une Chine à la dérive, expédié dans des traditions et des croyances qui ne lui permette pas d'affronter la géopolitique mondial..

Et plus précisément au sein de la court royale de la cité interdite, avec ses intrigues, alliances, ambitions ..

L'angle choisit par l'auteur pour nous présenter cet univers et celui d'une jeune fille qui devient une des épouses de l'empereur pour dans un premier temps sauver sa vie, puis les enjeux grimpent malgré elle et elle doit se débattre pour garde sa place, son statut et finalement le destin de la Chine qui va rapidement être lié au sien ..

Au delà d'un simple roman avec des romances, une héroïne qui va vers un grand destin.. on voit la précarité de la place de la femme dans un monde où règne les hommes, où le pouvoir est précaire pour une épouse, même de haut rang et doit toujours être réassurer par l'aval de l'homme le plus important, l'empereur....

De la même manière, la dérive totale de l'empire chinois face au puissance étrangère et aux nouvelles technologies est étonnante.. et les intrigues politiques pour essayer de changer le cour des choses sont très intéressantes..

Un roman avec un rythme un peu lent, mais où les différentes intrigues sont intéressantes et bien faites...
L'évolution de l'héroïne est aussi un atout du récit..
On a envie de lire la suite de l'histoire pour savoir quel changement elle pourra apporter à l'avenir de la Chine...
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
La concubine et La souveraine, ces deux romans relatent l’histoire extraordinaire de l’impératrice Orchidée. D’origine noble, mais pauvre, promise à un cousin simplet pour permettre à sa famille de survivre, elle est désespérée. Lorsque le palais annonce qu’il va recruter 200 demoiselles pour le plaisir du souverain, elle tente sa chance. Sa grande beauté lui permet d’être l’une des élues. Devenue 4e épouse, elle intrigue avec l’aide d’un eunuque pour accéder à la couche royale. Son intelligence séduit l’empereur qui s’appuie de plus en plus sur elle. Elle devient la favorite et lui donne un fils. L’empereur la récompense en lui attribuant le titre de grande épouse, partageant le pouvoir avec l’impératrice officielle. A la mort de son époux, elle prend de plus en plus d’importance en tant que co-régente. Lorsque son fils décède, elle élève son neveu qui devient empereur. Ce choix peu judicieux la contraint de continuer à diriger les affaires d’autant plus que ce dernier, trop faible, se laisse mourir. La Chine s’effondre et Orchidée a juste le temps de choisir le dernier empereur avant d’expirer. Ces deux romans constituent une fresque gigantesque de l’empire chinois à travers la vie d’une impératrice hors du commun. Une lecture à la fois instructive et passionnante. MB
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[...] ... Ma vie impériale débuta par une odeur. L'odeur de pourriture qui émanait du cercueil de mon père : il était mort depuis deux mois et nous voulions nous rendre à Pékin, lieu de sa naissance, afin de l'ensevelir. Ma mère était frustrée. "Mon époux était le gouverneur de Wuhu," disait-elle aux valets de pied engagés pour porter le cercueil. "Oui, ma dame," répondait humblement leur responsable, "et nous souhaitons sincèrement au gouverneur un heureux retour au bercail."

Dans mon souvenir, mon père n'était pas un homme heureux. Il avait souvent été rétrogradé à la suite de son incapacité à mater les rébellions des Taïping. (1) Ce n'est que bien plus tard que j'ai su que tous les torts ne lui revenaient pas. Depuis des années, la Chine était en proie à la famine et aux agressions étrangères. Quiconque se serait mis à la place de mon père aurait compris l'impossibilité d'obéir à l'ordre de l'empereur, à savoir rétablir la paix : pour les paysans, la vie n'était pas meilleure que la mort.

Dès mon jeune âge, je fus témoin des luttes et des souffrances de mon père. Je suis née et j'ai grandi au Anhui, la plus misérable province de Chine. Nous ne vivions pas dans la pauvreté, mais j'avais conscience que nos voisins dînaient de vers de terre et vendaient leurs enfants pour régler leurs dettes. Le long voyage de mon père vers l'enfer et les efforts de ma mère pour le ralentir, voilà ce que fut mon enfance. Tel un criquet aux fines pattes, ma mère s'efforçait d'empêcher un chariot de broyer sa famille.

(1) : de 1851 à 1864, des paysans cherchèrent à établir un royaume de Justice et de Paix (taiping en chinois). Riches et mandarins abandonnèrent leurs propriétés au peuple, qui mettrait tout en commun - prémices de la révolution populaire de Mao. (Note du Traducteur). ... [...]
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[...] ... Les doigts de l'empereur jouait avec le ruyi. Son visage avait perdu toute expression amusée. Il paraissait peu sûr de lui à présent. Il hésitait, le sourcil froncé. Il faisait passer le ruyi d'une main dans l'autre puis, les joues rouges, il interrogea sa mère du regard.

Elle l'encouragea d'un hochement de tête. Alors l'empereur tourna autour de nous comme une abeille qui butine.

Soudain, la plus jeune de nous toutes poussa un cri étouffé. Elle ne devait pas avoir plus de treize ans.

L'empereur s'approcha d'elle.

La petite fille se mit à sangloter.

Comme un adulte donnant un bonbon à un enfant, l'empereur déposa le ruyi dans sa main.

Elle s'en saisit et tomba à genoux en le remerciant.

Le premier eunuque annonça : "Soo Woozawa, fille de Yee-mee-chi-Woozawa, est choisie comme concubine impériale de cinquième rang. Son titre est dame de la Pureté absolue !"

Tout alla alors très vite. L'empereur mit peu de temps pour distribuer le reste des ruyi.

Quand mon tour fut venu, il s'avança vers moi et déposa le ruyi dans ma paume.

Pareil au coq, Shim chanta : "Yehonala, fille de Hui Cheng Yehonala, est choisie comme concubine impériale du quatrième rang. Son titre est dame de la Plus Grande Vertu !"

Je regardai mon ruyi. Il était de jade blanc. Les têtes figuraient des nuages flottants que reliait une baguette de divination. Je me rappelai que mon père m'avait expliqué que, dans le symbolisme impérial, les nuages flottants et la baguette représentaient la constellation stellaire du Dragon. ... [...]
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