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Jacques Guiod (Traducteur)
EAN : 9782290357132
474 pages
Éditeur : J'ai Lu (11/05/2007)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Quand la famille d'Orchidée arrive à Pékin, ruinée, la beauté de la jeune fille lui permet d'être choisie parmi des milliers de femmes pour devenir une des sept épouses de l'empereur Xianfeng.
Sa force de caractère la pousse à résister à l'implacable complexité du protocole de la Cité Interdite, ainsi qu'aux rivalités entre concubines, et elle devient la favorite de l'empereur. L'Empire du milieu connaît certains troubles mais Orchidée, seule à en comprendre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  04 mars 2013
Empress Orchid
Traduction : Jacques Guiod
ISBN : 9782290357132

L'être étrange et mystérieux, quand on ne l'affirme pas froidement débauché et cruel, que fut l'Impératrice douairière Tseu-hi, dernière grande souveraine de l'Empire du Milieu, n'a cessé d'inspirer toutes sortes d'écrivains. Anchee Min a choisi la voie de la biographie romancée et nous donne un livre en deux volumes, fort bien documenté et pas si ardu que pouvaient le craindre certains en lisant çà et là des critiques d'internautes qui en sont encore à considérer Tseu-hi à la lumière du - au demeurant - très beau film de Nicholas Ray, "Les Cinquante-Cinq Jours de Pékin." En outre, l'auteur a décidé de prendre le parti de son héroïne et la défend jusqu'au bout avec beaucoup de panache, en gommant héroïquement les aspects négatifs qui permirent à la jeune Orchidée, entrée à quinze ans dans le harem de la Cité interdite, de devenir l'une des souveraines les plus respectées et les plus craintes du Céleste Empire.
Pour Anchee Min, l'explication de la si mauvaise réputation de Tseu-hi - ou Cixi, comme le veut l'orthographe actuelle - serait due à une campagne de calomnie systématique, engagée par les contemporains étrangers avec le soutien des grands de la Cour mandchoue, et que l'évolution du régime politique chinois d'une part, ainsi que le système de pensée confucéen encore aujourd'hui si solidement ancré dans cette culture, ont aidé à perdurer.
L'idée est non seulement intéressante mais plutôt crédible. Après tout, sans chercher bien loin, combien de reines de France ont-elles été honteusement calomniées, de leur vivant même, par leurs opposants mais aussi par des historiens de sexe mâle à qui déplaisaient leur caractère fort et leur volonté bien déterminée de gouverner envers et contre tous ? Blanche de Castille, Isabeau de Bavière, Catherine de Médicis, Anne d'Autriche ... Combien sont-elles ? Et combien n'avons-nous pas citées, à commencer par Brunehaut et Frédégonde, qu'on aime tant à dépeindre comme deux rivales horriblement jalouses l'une de l'autre en oubliant que, dans une époque de barbarie, elles n'avaient d'autres recours que la barbarie pour se protéger - et protéger les leurs ? Mais ce sont des femmes, alors, elles inspirent un sourire condescendant ou le mépris - et les motifs qui les guidaient aussi. Alors que, si on regarde bien le comportement de leurs équivalents masculins de l'époque, force est de constater que ces deux ennemies irréconciliables étaient toutes deux bien plus malignes et bien moins primaires que ces messieurs ...
Alors, Cixi victime de la calomnie ? Pourquoi pas ?
L'ennui, c'est que, à trop vouloir faire l'ange, on fait la bête. Si Lucien Bodard et quelques autres se sont complu à fantasmer jusqu'à l'improbable la vie - surtout sexuelle - de Cixi en faisant de cette dernière une sorte d'idole impassible, exsudant le souffre, le sang et le sexe, Anchee Min tombe dans le travers opposé : l'angélisme. Or, pour tout d'abord parvenir à passer trois mois entiers - jour et nuit - dans la chambre d'un Empereur blasé par la débauche - car c'est ainsi que commença l'incroyable ascension de la jeune Orchidée, concubine parmi tant d'autres - puis pour se faire confier le pouvoir suprême et enfin, pour le conserver contre vents et marées jusqu'à sa mort, survenue à l'âge de soixante-treize ans, Cixi a dû, par la force des choses, se livrer à ce que Lénine dénommait, avec son cynisme de bourgeois, "le cassage d'oeufs." Eh ! oui, si on ne fait pas de révolution sans casser des oeufs, comme disait cet opportuniste d'Illitch, on ne régne pas non plus sans concocter une omelette plus ou moins monstrueusement assaisonnée. Ce n'est même pas une histoire de méchanceté personnelle : cela devient un devoir d'Etat.
Pour autant, ne boudez pas cette biographie de Cixi. Elle passionne même si elle escamote, elle séduit même si elle dissimule. En somme, elle est à l'image de celle qui l'inspira, dont la noblesse d'allure et l'affabilité ne manquèrent pas de charmer les femmes des diplomates étrangers, reçues à la Cité interdite après la guerre des Boxers. A l'image de ce "Vieux Bouddha" qui, vaille que vaille, réussit à reculer au maximum l'effondrement de l'Empire mandchou, miracle dont on la crédite rarement mais qui reste pourtant bien le sien et que ses successeurs ne réitérèrent pas. ;o)
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Tounet
  24 août 2015
C'est en "méchante sorcière de l'est" que l'impératrice Tseu Hi à traversé l'imaginaire collectif, étiquette qu'ont véhiculée les chinois eux-même. Et pourtant qui était réellement cette jeune fille de dix-sept ans livrée au plaisir de l'Empereur? Seule au milieu de la multitude, l'une parmi les trois milles concubines avides d'éveiller l'attention de l'Empereur; contrainte de porter sans cesse un masque dans une cour où le moindre faux pas peux coûter la tête. L'auteur nous emmène sur les traces de cette femme intelligente qui va tenter de changer la Chine. Car la Chine qui est tellement convaincue du rafinement et de la supériorité de sa civilisation, n'envisage pas que bien que cette civilisation soit millenaire,elle n'est plus adaptée au monde voulu par un Occident alors en plein essor. le danger est aux portes de Pékin. Tseu Hi, en mère désespérée, dépossédée par l'étiquette de la cour du droit d'élever son enfant va se battre pour lui rendre un héritage décent.
On est emporté par la force des personnages et fasciné par ce pays et cette époque méconnus où rien de ce qui se passait dans la Cité Interdite ne transpirait , la famille Impériale étant la gardienne de l'Harmonie Céleste.
Portrait d'une femme de caractère, récit d'aventure... Un livre pour s'évader vers un autre temps, un autre lieu...
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Khalya
  14 février 2016
ous avons ici le premier tome sur deux de la biographie romancée de Cixi qui fut la dernière impératrice de Chine et qui sera la vraie détentrice du pouvoir, de 1861 à sa mort en 1908 et ce malgré des débuts au rang le plus bas, celui de concubine du 4ème rang.
Tout aura commencé par la mort et la disgrâce de son père. Ruinée, la famille d'Orchidée s'installe chez un oncle qui ne rêve que de les voir partir pour louer leurs chambres à plus offrants. Pour leur permettre de rester, il exige le mariage d'Orchidée avec son fils, atteint de déficience mentale. La recherche par l'empereur de 200 jeunes femmes pour être, pour 7 d'entre elles ses épouses, et pour les autres, ses concubines, tombe donc à pic pour tenter d'échapper à ce mariage.
A son grand bonheur, Orchidée fait partie des élues et sa famille est couverte d'argent et de cadeaux impériaux qui la sort enfin de sa misère. Ne plus revoir les siens est une perspective difficile à accepter mais le jeu en vaut la chandelle pour Orchidée.
La voilà à présent au coeur de la cité interdite, avec son étiquette, ses codes et ses dangers.
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Lien : http://radioselene.hautetfor..
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OnTheMoon
  29 juin 2017
L'histoire est bonne et intéressante. On y découvre "Orchidée", la vie impériale, la guerre mais surtout, la Chine du 19eme siecle.
Je n'ai pas grand chose à dire sur ce livre, si ce n'est qu'il y a souvent des rebondissements palpitants et que la vie des concubines évoquée dans ce livre est très intéressant (je me répète, oui!)
Malheureusement je me suis quelque peu délaissée du récit vers la fin (je ne saurais pas vraiment dire pourquoi...).
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Myrinna
  22 février 2012
Livre palpitant où les intrigues de la Cité interdite de Chine sont nombreuses. de plus, on peut découvrir une partie de l'Histoire de ce grand pays et de cette femme qui a réellement existé.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
BMSierreBMSierre   06 mai 2011
La concubine et La souveraine, ces deux romans relatent l’histoire extraordinaire de l’impératrice Orchidée. D’origine noble, mais pauvre, promise à un cousin simplet pour permettre à sa famille de survivre, elle est désespérée. Lorsque le palais annonce qu’il va recruter 200 demoiselles pour le plaisir du souverain, elle tente sa chance. Sa grande beauté lui permet d’être l’une des élues. Devenue 4e épouse, elle intrigue avec l’aide d’un eunuque pour accéder à la couche royale. Son intelligence séduit l’empereur qui s’appuie de plus en plus sur elle. Elle devient la favorite et lui donne un fils. L’empereur la récompense en lui attribuant le titre de grande épouse, partageant le pouvoir avec l’impératrice officielle. A la mort de son époux, elle prend de plus en plus d’importance en tant que co-régente. Lorsque son fils décède, elle élève son neveu qui devient empereur. Ce choix peu judicieux la contraint de continuer à diriger les affaires d’autant plus que ce dernier, trop faible, se laisse mourir. La Chine s’effondre et Orchidée a juste le temps de choisir le dernier empereur avant d’expirer. Ces deux romans constituent une fresque gigantesque de l’empire chinois à travers la vie d’une impératrice hors du commun. Une lecture à la fois instructive et passionnante. MB
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WolandWoland   28 mars 2013
[...] ... Ma vie impériale débuta par une odeur. L'odeur de pourriture qui émanait du cercueil de mon père : il était mort depuis deux mois et nous voulions nous rendre à Pékin, lieu de sa naissance, afin de l'ensevelir. Ma mère était frustrée. "Mon époux était le gouverneur de Wuhu," disait-elle aux valets de pied engagés pour porter le cercueil. "Oui, ma dame," répondait humblement leur responsable, "et nous souhaitons sincèrement au gouverneur un heureux retour au bercail."

Dans mon souvenir, mon père n'était pas un homme heureux. Il avait souvent été rétrogradé à la suite de son incapacité à mater les rébellions des Taïping. (1) Ce n'est que bien plus tard que j'ai su que tous les torts ne lui revenaient pas. Depuis des années, la Chine était en proie à la famine et aux agressions étrangères. Quiconque se serait mis à la place de mon père aurait compris l'impossibilité d'obéir à l'ordre de l'empereur, à savoir rétablir la paix : pour les paysans, la vie n'était pas meilleure que la mort.

Dès mon jeune âge, je fus témoin des luttes et des souffrances de mon père. Je suis née et j'ai grandi au Anhui, la plus misérable province de Chine. Nous ne vivions pas dans la pauvreté, mais j'avais conscience que nos voisins dînaient de vers de terre et vendaient leurs enfants pour régler leurs dettes. Le long voyage de mon père vers l'enfer et les efforts de ma mère pour le ralentir, voilà ce que fut mon enfance. Tel un criquet aux fines pattes, ma mère s'efforçait d'empêcher un chariot de broyer sa famille.

(1) : de 1851 à 1864, des paysans cherchèrent à établir un royaume de Justice et de Paix (taiping en chinois). Riches et mandarins abandonnèrent leurs propriétés au peuple, qui mettrait tout en commun - prémices de la révolution populaire de Mao. (Note du Traducteur). ... [...]
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WolandWoland   28 mars 2013
[...] ... Les doigts de l'empereur jouait avec le ruyi. Son visage avait perdu toute expression amusée. Il paraissait peu sûr de lui à présent. Il hésitait, le sourcil froncé. Il faisait passer le ruyi d'une main dans l'autre puis, les joues rouges, il interrogea sa mère du regard.

Elle l'encouragea d'un hochement de tête. Alors l'empereur tourna autour de nous comme une abeille qui butine.

Soudain, la plus jeune de nous toutes poussa un cri étouffé. Elle ne devait pas avoir plus de treize ans.

L'empereur s'approcha d'elle.

La petite fille se mit à sangloter.

Comme un adulte donnant un bonbon à un enfant, l'empereur déposa le ruyi dans sa main.

Elle s'en saisit et tomba à genoux en le remerciant.

Le premier eunuque annonça : "Soo Woozawa, fille de Yee-mee-chi-Woozawa, est choisie comme concubine impériale de cinquième rang. Son titre est dame de la Pureté absolue !"

Tout alla alors très vite. L'empereur mit peu de temps pour distribuer le reste des ruyi.

Quand mon tour fut venu, il s'avança vers moi et déposa le ruyi dans ma paume.

Pareil au coq, Shim chanta : "Yehonala, fille de Hui Cheng Yehonala, est choisie comme concubine impériale du quatrième rang. Son titre est dame de la Plus Grande Vertu !"

Je regardai mon ruyi. Il était de jade blanc. Les têtes figuraient des nuages flottants que reliait une baguette de divination. Je me rappelai que mon père m'avait expliqué que, dans le symbolisme impérial, les nuages flottants et la baguette représentaient la constellation stellaire du Dragon. ... [...]
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