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Jacques Guiod (Traducteur)
EAN : 9782290010082
411 pages
Éditeur : J'ai Lu (30/04/2008)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Veuve de l'empereur de Chine, Orchidée assure l'éducation de son fils, le jeune prince Tongzhi. Sa tâche n'est pas simple car elle doit louvoyer entre les manigances de la corégente, Nuharoo, l'ambition du prince Kung, les révoltes des musulmans dans les lointaines provinces et les exigences croissantes des Occidentaux. Sa mission devient d'autant plus délicate que Tongzhi meurt bientôt, victime de la débauche. Le fils adoptif et neveu d'Orchidée monte alors sur le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  27 mai 2016
Depuis la mort de l'empereur Xianfeng, Tseu-hi assure la co-gérance de l'Empire du Milieu avec Nuharoo, la première épouse. Peu encline à partager le pouvoir, l'Impératrice Orchidée règne sur le pays tandis qu'à son grand dam, Nuharoo éduque le futur empereur Tongzhi. La tache est rude pour Tseu-hi qui doit lutter sur tous les fronts. La Chine est de plus en plus isolée du reste du monde, subissant les pressions militaires, économiques et commerciales des puissances occidentales et du Japon. A l'intérieur même du pays, des voix s'élèvent, Hans et Mandchous se font la guerre, les musulmans se révoltent, les frères du défunt empereur rêvent de pouvoir. Entre la rigidité de l'étiquette, le poids des traditions, les trahisons, les luttes intestines, Tseu-hi se démène pour conserver à l'empire sa grandeur et son rôle dans le monde. Et tout cela, pour enfin pouvoir se retirer et laisser Tongzhi gouverner. Mais là aussi le bât blesse. Est- ce la nature même de l'enfant ou l'éducation voulue par Nuharoo, quoi qu'il en soit Tongzhi ne se montre pas à la hauteur de son rôle. En grandissant, il s'oppose de plus en plus fréquemment à sa mère, s'ennuie lors des conseils, s'échappe toutes les nuits clandestinement de la Cité interdite pour s'encanailler dans les lupanars de Pékin. Quand il meurt, victime de ses vices, Tseu-hi est effondrée bien sûr, mais encore une fois, il lui faut penser à l'avenir du pays. Grâce à un jeu d'alliances stratégiquement orchestré, elle trouve des appuis pour l'aider à nommer son neveu Guangxu sur le trône du dragon, gardant ainsi le pouvoir entre ses mains. de santé fragile, peu sûr de lui, ce fils adoptif s'avère plus malléable que son prédécesseur mais il aura lui aussi le désir de s'affranchir du joug de sa mère. Des décisions peu judicieuses, un désir de s'ouvrir vers l'Occident, de mauvais conseillers et l'avenir de l'empire ne tient plus qu'à un fil. Lâchée par les chefs de guerre les plus puissants du pays, Tseu-hi n'a d'autre choix que de soutenir la guerre des Boxers. Les concessions étrangères sont saccagées, les étrangers massacrés, la Chine est en guerre contre le reste du monde...
Accusée de tous les maux, décrite comme un despote xénophobe et manipulateur, Tseu-hi reste une figure controversée de l'Empire du Milieu. On lui reproche d'avoir voulu exercer le pouvoir envers et contre tous, d'avoir détourné l'argent de l'Etat à son seul profit pour vivre dans un luxe démesuré, mais aussi de s'être vautrée dans la luxure, d'avoir tué son fils et sa femme enceinte, d'avoir séquestré et torturé son neveu, en bref d'avoir confisqué le trône pour conduire la dynastie Qing à sa perte. C'est ainsi qu'elle était considérée en Occident, la presse relayant les informations les plus extravagantes à son sujet. Pourtant, Anchee Min a choisi une autre vision de cette femme hors du commun qui a régné sur un vaste empire durant presque 50 ans. Elle nous montre une impératrice qui aimait passionnément son pays et a tout fait pour le maintenir à flots. Une femme prisonnière de la Cité interdite qui a sacrifié son bonheur, ses amours, sa liberté à la Chine. On la découvre en mère aimante ravagée par la mort de son fils, dévastée aussi quand son eunuque préféré est exécuté, engoncée dans le carcan de la tradition, freinée dans ses réformes par les grands de la cour campé sur leurs positions archaïques.
Peut-être trop angélique, cette version a le mérite de lui donner une voix et de nous faire découvrir un pan de l'Histoire de Chine. Monstre sanguinaire ou martyre ? La vérité doit se situer quelque part entre ces deux options. Tseu-hi a été décriée et parée de tous les vices de façon exagérée sans doute, mais elle n'a pas pû accéder au pouvoir et le garder si longtemps sans quelques ''crimes'' inavouables. Une femme passionnant quoi qu'il en soit et un récit orienté mais intéressant pour ce deuxième tome qui se termine avec la mort de Tseu-hi et sa dernière décision : nommer Pu-Yi empereur de Chine.
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Woland
  04 mars 2013
The Last Empress
Traduction : Jacques Guiod
ISBN : 9782290010082

L'être étrange et mystérieux, quand on ne l'affirme pas froidement débauché et cruel, que fut l'Impératrice douairière Tseu-hi, dernière grande souveraine de l'Empire du Milieu, n'a cessé d'inspirer toutes sortes d'écrivains. Anchee Min a choisi la voie de la biographie romancée et nous donne un livre en deux volumes, fort bien documenté et pas si ardu que pouvaient le craindre certains en lisant çà et là des critiques d'internautes qui en sont encore à considérer Tseu-hi à la lumière du - au demeurant - très beau film de Nicholas Ray, "Les Cinquante-Cinq Jours de Pékin." En outre, l'auteur a décidé de prendre le parti de son héroïne et la défend jusqu'au bout avec beaucoup de panache, en gommant héroïquement les aspects négatifs qui permirent à la jeune Orchidée, entrée à quinze ans dans le harem de la Cité interdite, de devenir l'une des souveraines les plus respectées et les plus craintes du Céleste Empire.
Pour Anchee Min, l'explication de la si mauvaise réputation de Tseu-hi - ou Cixi, comme le veut l'orthographe actuelle - serait due à une campagne de calomnie systématique, engagée par les contemporains étrangers avec le soutien des grands de la Cour mandchoue, et que l'évolution du régime politique chinois d'une part, ainsi que le système de pensée confucéen encore aujourd'hui si solidement ancré dans cette culture, ont aidé à perdurer.
L'idée est non seulement intéressante mais plutôt crédible. Après tout, sans chercher bien loin, combien de reines de France ont-elles été honteusement calomniées, de leur vivant même, par leurs opposants mais aussi par des historiens de sexe mâle à qui déplaisaient leur caractère fort et leur volonté bien déterminée de gouverner envers et contre tous ? Blanche de Castille, Isabeau de Bavière, Catherine de Médicis, Anne d'Autriche ... Combien sont-elles ? Et combien n'avons-nous pas citées, à commencer par Brunehaut et Frédégonde, qu'on aime tant à dépeindre comme deux rivales horriblement jalouses l'une de l'autre en oubliant que, dans une époque de barbarie, elles n'avaient d'autres recours que la barbarie pour se protéger - et protéger les leurs ? Mais ce sont des femmes, alors, elles inspirent un sourire condescendant ou le mépris - et les motifs qui les guidaient aussi. Alors que, si on regarde bien le comportement de leurs équivalents masculins de l'époque, force est de constater que ces deux ennemies irréconciliables étaient toutes deux bien plus malignes et bien moins primaires que ces messieurs ...
Alors, Cixi victime de la calomnie ? Pourquoi pas ?
L'ennui, c'est que, à trop vouloir faire l'ange, on fait la bête. Si Lucien Bodard et quelques autres se sont complu à fantasmer jusqu'à l'improbable la vie - surtout sexuelle - de Cixi en faisant de cette dernière une sorte d'idole impassible, exsudant le souffre, le sang et le sexe, Anchee Min tombe dans le travers opposé : l'angélisme. Or, pour tout d'abord parvenir à passer trois mois entiers - jour et nuit - dans la chambre d'un Empereur blasé par la débauche - car c'est ainsi que commença l'incroyable ascension de la jeune Orchidée, concubine parmi tant d'autres - puis pour se faire confier le pouvoir suprême et enfin, pour le conserver contre vents et marées jusqu'à sa mort, survenue à l'âge de soixante-treize ans, Cixi a dû, par la force des choses, se livrer à ce que Lénine dénommait, avec son cynisme de bourgeois, "le cassage d'oeufs." Eh ! oui, si on ne fait pas de révolution sans casser des oeufs, comme disait cet opportuniste d'Illitch, on ne régne pas non plus sans concocter une omelette plus ou moins monstrueusement assaisonnée. Ce n'est même pas une histoire de méchanceté personnelle : cela devient un devoir d'Etat.
Pour autant, ne boudez pas cette biographie de Cixi. Elle passionne même si elle escamote, elle séduit même si elle dissimule. En somme, elle est à l'image de celle qui l'inspira, dont la noblesse d'allure et l'affabilité ne manquèrent pas de charmer les femmes des diplomates étrangers, reçues à la Cité interdite après la guerre des Boxers. A l'image de ce "Vieux Bouddha" qui, vaille que vaille, réussit à reculer au maximum l'effondrement de l'Empire mandchou, miracle dont on la crédite rarement mais qui reste pourtant bien le sien et que ses successeurs ne réitérèrent pas. ;o)
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Tounet
  30 août 2015
On est toujours emporté au coeur de la Chine Imperiale, fasciné par cette civilisation tellement étrangère à la nôtre. le sens du détail , les descriptions de l'étiquette complexe de la cour impériale moribonde,les relations des intérêts contraires et fluctuants des différentes composantes politiques de la cour ... tout contribue à nous transporter dans la Cité Interdite de cette fin de XIX ème siècle.
Après la mort de Xianfeng , puis de leur fils Tongzhi et face à l'incapacité de son fils adoptif Guangxu enfin, Orchidée se retrouve encore et toujours à se débattre pour maintenir à flots une Chine menacée tant par les puissances européennes que par un Japon qui a réussi une modernisation éclair et qui brûle de prendre sa revanche sur la civilisation dominante.
Seul bémol , à force de vouloir blanchir son personnage, l'auteur le rend moins crédible car si l'on peut croire sans peine qu'une jeune fille de dix-sept ans et en butte aux intrigues de cour soit moins cruelle que la postérité a pu la décrire , il devient difficile de croire qu'une femme de septante ans, et après cinquante ans de manoeuvres politiques puisse garder tant de compassion et d'empathie.
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BMSierre
  06 mai 2011
La concubine et La souveraine, ces deux romans relatent l'histoire extraordinaire de l'impératrice Orchidée. D'origine noble, mais pauvre, promise à un cousin simplet pour permettre à sa famille de survivre, elle est désespérée. Lorsque le palais annonce qu'il va recruter 200 demoiselles pour le plaisir du souverain, elle tente sa chance. Sa grande beauté lui permet d'être l'une des élues. Devenue 4e épouse, elle intrigue avec l'aide d'un eunuque pour accéder à la couche royale. Son intelligence séduit l'empereur qui s'appuie de plus en plus sur elle. Elle devient la favorite et lui donne un fils. L'empereur la récompense en lui attribuant le titre de grande épouse, partageant le pouvoir avec l'impératrice officielle. A la mort de son époux, elle prend de plus en plus d'importance en tant que co-régente. Lorsque son fils décède, elle élève son neveu qui devient empereur. Ce choix peu judicieux la contraint de continuer à diriger les affaires d'autant plus que ce dernier, trop faible, se laisse mourir. La Chine s'effondre et Orchidée a juste le temps de choisir le dernier empereur avant d'expirer. Ces deux romans constituent une fresque gigantesque de l'empire chinois à travers la vie d'une impératrice hors du commun. Une lecture à la fois instructive et passionnante. MB
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Khalya
  14 février 2016
J'ai eu un problème avec le début de ce livre : les incohérences. Dans les premières pages, Orchidée dit qu'elle a débutée comme concubine du 3eme rang alors qu'elle se voit attribué le rang de concubine du 4ème rang dans le 1er tome (et que la vraie Cixi était concubine du 5ème rang, le plus bas). Son époux meurt quand son fils a 5 ans. A un moment elle dit que son époux est mort depuis presque 10 ans et que son fils a 10 ans…ça ne colle pas…
Mais ces petites incohérences du début sont vite oubliées quand on plonge dans la lecture.
Au fil de ma lecture, il est devenu très clair que l'auteur avait décidé de faire de l'impératrice Cixi une malheureuse victime n'ayant jamais pris de décision cruelle volontairement mais en y étant forcé par tel ou tel autre.
Je veux bien admettre que les historiens, dans leur ensemble, aient peut être un peu diabolisé l'impératrice en se basant sur des articles de presse étrangères qui avait intérêt à lever l'opinion internationale contre elle. Mais je ne crois pas non plus qu'elle ait été la douce agnelle menée au sacrifice que l'on décrit ici.
Car pour obtenir et conserver, envers et contre tout, le pouvoir qu'elle a exercé, il a bien fallut qu'elle écarte de son chemin les obstacles qui se sont présentés devant elle.
L'histoire la décrit comme une victime, Anchee Min comme un ange…La vérité a du se trouver quelque part entre les deux…
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