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EAN : 9782743653675
160 pages
Éditeur : Payot et Rivages (18/08/2021)
3.33/5   26 notes
Résumé :
Céline Minard nous plonge dans un univers renversant, où les espèces et les genres s’enchevêtrent, le réel et le virtuel communiquent par des fils ténus et invisibles. Qu’elle décrive les mesures sensorielles effectuées sur des acrobates dans un monde post-humain, la conservation de la mémoire de la Terre après son extinction, la chute d’un parallélépipède d’aluminium tombé des étoiles et du futur à travers un couloir du temps, ou bien encore la création accidentell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Romileon
  10 octobre 2021
Ce n'est pas un recueil de nouvelles, en tout cas ce n'est pas annoncé comme tel, et pourtant ça y ressemble.
Chaque « chapitre » est une histoire indépendante des autres. le fil rouge est qu'elles traitent toutes d'un futur de l'humanité et que quasi toutes envisagent une humanité en survie, sur Terre ou ailleurs… des changements majeurs dans la vie des êtres vivants.
Ces histoires sur le fond avaient tout pour me plaire, d'ailleurs certaines m'ont plu « Boues à neige »,« Grands chiens », « Grands singes »… et pourtant…
Cela fait une semaine que je réfléchis à mon manque d'adhésion. Je pense que ce qui m'a profondément gênée c'est la construction en quelques pages d'un univers complexe terrestre ou spatial, à l'aide de termes techniques, scientifiques ou de fictions, très allusifs (à mon sens bien sûr), qui, alors qu'on a l'impression d'enfin comprendre où on met les pieds, est déjà achevé.
J'aime assez les nouvelles.
J'adore la SF, je l'adore notamment parce que j'aime que l'on me propose des univers différents, des organisations vivantes différentes dans lesquels j'aime m'immerger. Mais là, pas d'immersion possible. A peine commence-t-on à pénétrer dans un monde, à en percevoir les contours, que c'est déjà fini.
Un loupé pour cette fois. Cela ne m'empêchera de retourner vers Cécile Minard..
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blamblinou
  06 septembre 2021
Plasmas, on ne sait pas bien si c'est un recueil de nouvelles, ou plutôt le roman du monde d'après, celui qui nous attend après les catastrophes écologiques vers lesquelles nous nous dirigeons. Chaque chapitre se suffit à lui seul, tout autant qu'il vient apporter sa pierre à l'édifice d'un univers futuriste dont nous découvrons peu à peu les lois, un univers post-apocalyptique. Dans ce monde, il y a des bots qui enregistrent les données humaines, de nombreuses créatures à l'intelligence bien supérieure à la nôtre, une Terre qui n'est plus habitable, une nature recréée de toute pièce, dans des bulles, puisque la nature telle que nous la connaissons a cessé d'exister. Vous l'aurez compris, dans ce livre il n'y a pas réellement d'intrigue linéaire, mais il y a, bien d'avantage, un message fort, celui de l'urgence écologique. Ce qui est dit, entre les lignes, mais avec suffisamment de puissance, c'est que si nous continuons ainsi, la tête dans le guidon, sans réfléchir, le monde tel que nous le connaissons court à sa perte. Alors certes, il y aura peut-être un autre monde, différent, qui viendra ensuite. Mais la nature à l'état libre n'y aura plus sa place, et les humains y seront détrônés.
Dès les premières lignes, on sent que ce livre va demeurer plutôt obscur. On peut toujours tenter de relier tous ces éléments entre eux, afin de chercher la ligne directrice de l'intrigue, mais c'est une entreprise vaine. En réalité, tout l'intérêt de cet ouvrage réside dans l'écriture. Une écriture d'une précision impeccable, fine et ciselée. Chaque mot est à sa juste place, qui nous entraîne dans un tourbillon de sensations, qui nous donne à voir chaque scène, chaque biotope comme s'ils étaient devant nos yeux. Céline Minard ne pose aucun mot au hasard, elle fait montre d'un vocabulaire technique adapté à chaque situation. Qu'elle nous parle de l'agilité des acrobates, de la robe des chevaux nains, de l'activité aérienne autour d'un arbre dans la jungle, d'expérimentations botaniques, ses mots sont toujours maîtrisés et choisis. Il y a des livres où la langue présente plus d'intérêt que l'intrigue elle-même. Celui-ci en fait partie. Pour le lire, il ne faut pas chercher à comprendre. Il suffit de se laisser porter par cette plume, de se laisser emporter dans le tourbillon, et d'assister, en tant que témoin émerveillé, aux scènes qui se déroulent sous nos yeux.
J'ai beaucoup aimé cette parenthèse de poésie dans laquelle cette lecture m'a entraînée. Céline Minard a en outre cette malice de faire de la science-fiction sans trop le dire, et j'aime ça ! Je suis convaincue que ce livre touchera plus d'un lecteur, alors pourquoi pas vous ? Si malgré tout mes arguments ne parviennent pas à vous convaincre, sachez que ce livre révèle bien des surprises, et qu'en allant au bout, vous assisterez à une scène de cosplay d'anthologie.
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Flodopas78
  09 septembre 2021
Sidérée, séduite, envoûtée par ce recueil de nouvelles, inclassable. Comment rendre compte de ces univers créés par l'auteure où métamorphoses et mutations sont les conditions de survie d'une humanité menacée d'extinction. Dans l'espace ou au fond des mers, survivre signifie vivre en symbiose avec son environnement, comme ce jeune homme dans la nouvelle Grands fonds, descendant d'une lignée d'humains modifiés génétiquement pour vivre sous l'eau. Celui-ci est fasciné par les poulpes et leur capacité à se fondre dans leur environnement pour échapper à leur prédateur ou pour chasser. Il est « envoûté par les capacités fugitives de la poulpe. Cette façon de s'enfoncer dans les ectoplasmes, d'y trouver refuge, et de bouleverser les ordres, les règnes et les genres en les traversant tous. » Ou bien cette femme dans la nouvelle Grands singes qui rejoint une tribu de primates par opposition à la main mise de l'Etat sur certaines espèces animales en vue de leur éradication au nom du principe de précaution. Elle parvient à se faire adopter par eux après avoir acquis quelques rudiments de leur langage et de leurs habitudes jusqu'à parvenir à une complète fusion mentale avec ses mentors. Cette plasticité, physique, mentale, émotionnelle est un gage de survie mais aussi une nouvelle façon d'être au monde. le style de ces nouvelles est remarquable : les mots sont choisis avec soin, les phrases sont rapides, nerveuses, le vocabulaire précis, d'une grande richesse. L'auteure parvient à créer autant d'univers différents, oniriques, qui sont autant de perspectives imaginaires sur des avenirs possibles pour l'humanité confrontée à une Terre ravagée par la force des éléments. Fascinant.
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clairelili
  01 août 2021
Une écriture magnifique !
Je n'avais lu qu'un seul autre livre de Céline Mignard, "Faillir être flinguer", et j'ai retrouvé ce style si personnel, d'une lecture exigeante (car le texte est par moment très cérébral, ou dense, ou technique) mais qui nous envoûte. Et qui dans ce nouveau titre nous transporte dans un monde futur imaginé avec cohérence, avec force, avec précision et surtout avec une immense originalité.
C'est un univers hypnotisant et effrayant à la fois, le résumé éditeur est très juste : « un univers renversant, où les espèces et les genres s'enchevêtrent, le réel et le virtuel communiquent par des fils ténus et invisibles. »
Le thème de l'emprise de la technique, y compris jusque dans le vivant, celui du devenir humain, voire de la fin de l'humanité, sont bien sûr souvent traités mais Céline Minard l'aborde d'une façon singulière, sous le signe de l'hybridation. Elle a une force d'imagination incroyable pour faire exister des situations de science-fiction montrées comme des reportages car elle les décrit avec la plus grande précision technique, ce qui les rend crédibles, et en même temps avec une vision si puissante qu'elle fait vaciller nos repères, nous donne à voir, rêver ( entre le rêve et le cauchemar ) et à penser.
Je ne fais pas partie de l'immense population en France (dont quelques-uns de mes proches) qui n'aime pas les nouvelles, au contraire. Ce dédain majoritaire est sans doute la raison pour laquelle ce mot tabou « Nouvelles » n'est pas inscrit sur la couverture, mais il me parait honnête de préciser que les chapitres y ressemblent fortement puisqu'ils forment chacun des univers autonomes sans lien entre eux, sauf le thème général bien sûr. Par exemple, on ne voit aucun personnage revenir d'un chapitre à un autre.
Et cet ouvrage me semble court par rapport à son ambition, celle de, comme le définit encore une fois très justement, il me semble, le résumé éditeur, créer un « livre-monde », même si c'est dans une « forme éclatée et renouvelée. » En fait, presque chaque chapitre aurait mérité de devenir un roman. Cela crée une frustration (peut-être à dessein) de ne pas s'immerger plus longtemps dans chaque capsule d'espace-temps imaginée. La fin aussi est trop rapide à mon goût. Mais attention : elle est tout de même belle et signifiante.
Alors que ces réserves ne soient pas interprétées comme une dépréciation du genre de la nouvelle car il est magnifique par ailleurs, ni de ce livre bien sûr, qui est poétique, intelligent et original.
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Charybde2
  07 septembre 2021
Dix pas de côté savoureusement insensés pour ouvrir et relier nos pensées du vivant. Magistral et essentiel.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2021/09/07/note-de-lecture-plasmas-celine-minard/
Une fois de plus, Céline Minard nous surprend et nous enchante, en créant toujours de nouveaux horizons diablement essentiels sans jamais céder un pouce de terrain quant à l'exigence littéraire et mentale de son travail;
Si la vision intime de formes de vie différentes fait partie de l'ADN de la science-fiction, dont on sait au moins depuis son premier roman, « le dernier monde » (2007), et depuis maintes rencontres en librairie ou ailleurs, à quel point l'autrice en maîtrise les codes et les motifs, c'est toutefois sur le terrain d'une anthropologie radicale de la nature et du vivant, balisé par Philippe Descola ou Bruno Latour, et arpenté de près par le pisteur-diplomate et philosophe Baptiste Morizot, qu'elle a choisi de porter cet effort-ci. Laissant infuser la précision imaginative d'un Peter Watts (dont l'essentiel « Vision aveugle » va être réédité très prochainement) et les fulgurances impressionnantes du David Brin de « Marée stellaire » et d'« Élévation », en matière de conception d'intelligences résolument autres, elle nous offre dix scènes rares, dix hybridations, dix pas décisifs sur le côté, brouillant, inversant et mixant nos conceptions de ce qu'est le vivant – et notre prétendue souveraineté sur lui, de manière plus radicale, nécessairement, que le passionnant mais volontairement restreint « Défaite des maîtres et possesseurs » de Vincent Message, par exemple -, après un effondrement multiforme qui est ici, bien entendu, allé de soi, car saisi trop tard dans son ampleur et non corrigé par la puissance et l'avidité des intérêts dominants, on s'en doute, et qui ne sera ainsi évoqué que par touches minces (avec un superbe effet de rétro-analyse discrète), laissant la part belle aux floraisons inattendues, dans bien des directions différentes, d'une persistance de la vision vivante – quand bien même ses formes auraient radicalement changé. Là où l'Alain Damasio des « Furtifs » chemine dans ce domaine à sa manière méthodique et poétique, celle d'un romancier sachant progresser, lentement et sûrement, contre le vent dominant, Céline Minard use avec une suprême élégance de sa science joueuse des arts martiaux, celle farceuse de « Bastard Battle » (2008) – et le somptueux hommage qu'elle adresse dans « Plasmas » à l'énorme Vladimir Sorokine de « La tourmente » en est aussi un beau témoignage – comme celle, condensée et implacable de « KA TA » (2014), pour créer à notre intention, dans l'ascèse intellectuelle nécessaire et dans la joie paradoxale et toujours renouvelée du « Grand jeu » (2016) comme dans la lutte rusée et anti-obsidionale de « Bacchantes » (2019) – car là encore il s'agit bien d'ouvrir et de relier -, un texte essentiel pour mieux penser et ressentir nos futurs incertains – et échapper peut-être à nos sombres horizons déjà trop proches.
Lien : https://charybde2.wordpress...
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critiques presse (3)
LeFigaro   21 novembre 2021
Un roman d’anticipation onirique et poétique. Voluptueux.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   29 octobre 2021
L’écrivaine signe un recueil de dix nouvelles qui dessinent un univers hyperfuturiste et malicieux – une drôle d’expérience.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeSoir   29 octobre 2021
Avec « Plasmas », Céline Minard nous entraîne dans les mondes hypothétiques du futur. Avec beaucoup de couleurs, de grâce et de poésie.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
julienleclerc45julienleclerc45   11 octobre 2021
Depuis son entrée dans la société des Eips, elle développait une science du corps primitif, dont le degré d’élaboration la surprenait jour après jour. À force d’attention aux autres, au moindre de leur geste, de leurs choix posturaux, de leurs manifestations vocales, par ricochet, par mimétisme, elle avait creusé dans ses muscles et dans ses gènes, terreau d’une mémoire très ancienne. Elle y avait trouvé un savoir qui était une pratique, elle y avait trouvé que tout savoir ne peut être qu’une pratique. Il y a cent façons de manger un céleri sauvage. Il n’y a en qu’une et les Eipes la lui avaient enseignée. Elle les suivait depuis si longtemps qu’elle commençait à comprendre leur idée du territoire. Ou plutôt, que le concept de territoire appliqué à leurs déplacements était une aberration. L’étendue ne les cernait pas, ne les concernait pas. Ils étaient régulièrement devant tel bosquet, telle fourmilière, tel rang de buisson, tel bras d’eau, au moment où il le fallait, quand le bosquet produisait ses fruits, quand ils avaient soif, besoin d’antiseptique, envie de sucre ou des nids douillets que fournissaient les arbres à certains endroits précis, mais chaque poste connu, pris dans le flux, était neuf, intégré dans l’instant, impliqué de nouveau dans le filet de leur pratique.
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Charybde2Charybde2   07 septembre 2021
Le centre ne suscitait plus autant d’intérêt qu’à son ouverture. L’heure de gloire était révolue, et avec elle, l’attention des mécènes. Elle avait vieilli elle aussi, et si son état était loin d’être à l’image de la cour déjetée qu’elle traversait, un seau au bout du bras, elle avait perdu la fraîcheur et la force de persuasion qui attirent les investisseurs. Son éclat était plus mat, son travail plus lent, sa passion plus profonde mais moins communicative. Elle s’était lassée du public.
Elle avança devant la grange dont la porte avait finir par se gauchir complètement, et nota que le fenestron n’était toujours pas occulté. Elle jeta un œil aux étais du fenil et inspira à pleins poumons, le nez vers la lucarne d’où débordait le foin de l’année. Cette première bouffée lui ouvrait l’appétit et annonçait les odeurs vivantes de l’étable. Chaudes, denses, aussi accueillantes que les bêtes qui se réveillaient en reniflant l’avoine et la maîtresse qui l’apportait.
Contrairement aux autres modules du centre – excepté le laboratoire et la salle de soins strictement maintenus aux normes -, l’écurie était la fierté personnelle d’Aliona. Elle adorait ses chevaux. Ses cinquante petits corps musclés, sa harde vivante, plus farouche que des perdrix, plus domestique que les chèvres qui broutaient, l’été, les jardinières de civette qu’elle remisait dans sa chambre, fenêtre grande ouverte.
Ils la recevaient avec des secouements de crinière, des cris d’appel et des oreilles droites. Elle avait pour chacun un geste de la main, une flatterie, un mot ou une épluchure de carotte. Elle parcourait une première fois le bâtiment en leur parlant, tandis qu’elle versait l’avoine dans les mangeoires. Elle attendait qu’ils plongent la tête dans les auges et qu’ils soufflent sur les dernières poussières, avant de revenir sur ses pas en débloquant tous les loquets, leur laissant le soin de pousser le vantail du chanfrein et de la rejoindre au bout de l’étable, piaffants, avides d’air neuf.
Elle les connaissait individuellement jusque dans les recombinaisons les plus secrètes de leur ADN. Elle les avait faits.
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Charybde2Charybde2   07 septembre 2021
Et la saison passait. Le cœur de la sphère disparaissait un moment sous un aérosol homogène moucheté de paillettes. On tenait alors une boule de fumée aussi fragile qu’une bulle de savon, tout aussi vide.
La poussière de la floraison retombait. Elle décantait, lentement, se posait sur les surfaces immobiles, accentuait les reliefs, tapissait les plaines, marquait les liquides. Tout était gris, noir, couvert d’une couche de poudre épaisse, un tapis de fractales irrégulières, mêlé de brun, strié de blanc. Les vents balayaient et recomposaient les sols. Les marées brassaient la roche et la cendre avec le sable. Les braises s’étouffaient dans la zone de nuit jusqu’à l’extinction complète. Les nuages perdaient de la masse et se reformaient, plus clairs, lessivant les terres depuis les sommets. Des montagnes glissaient, les grands fleuves remuaient, prenaient du volume, poussaient les alluvions et forçaient les barrages pour rejoindre les mers. Les coulées sales s’éclaircissaient. Et le vert apparaissait. En points, puis en taches de plus en plus larges sur l’ensemble des terres émergées. Il occupait la côte est de l’Amérique du Nord suivant l’ancien maillage du réseau lumineux jusqu’au centre du continent, par capillarité, il soutenait les fleuves dans leur course, courait sur les plateaux, sautait sur les versants. L’Eurasie se couvrait d’un manteau clair ininterrompu dans sa partie nord, l’Australie se bordait, l’Afrique retrouvait un cœur, l’Amérique du Sud une coiffe, une robe, une parure. Et les cyclones continuaient de brasser, les océans d’éclaircir et d’engloutir les îles et les bordures.
Quand le sable se distinguait de l’écume sur les littoraux et formait un trait de contour blond, quand les lagunes apparaissaient en mer Caspienne, les mangroves à la pointe de la Somalie, les récifs-barrières en Australie, Helen arrêtait l’animation. Tout le monde connaissait la suite. Son auditoire ne supportait plus la mention de la série d’événements qui avaient eu lieu dans cette tardive Antiquité. La lassitude, plus rarement la colère, le rendait sourd à cette période historique.
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Charybde2Charybde2   07 septembre 2021
Galván est là pour tourner le triple comme il se tourne depuis des siècles, à l’antique. Sa technique est irréprochable, elle est rodée. Les Bjorgs qui maîtrisent la quinte et le sixte n’en ont pourtant pas fini avec lui, avec son art, avec sa peur, peut-être. Les variations de son taux d’adrénaline qui grimpe en flèche au tout début du départ, descend pendant le ballant, s’installe dans la figure, plus stable qu’un centre de gravité pendant qu’il tourne sur lui-même comme autour d’un axe inamovible, et remonte au moment de la rencontre, juste avant d’entendre le porteur, de le sentir, de le voir enfin, ses yeux comme deux lacs inversés, gorgés de vie, de larmes retenues.
Ils n’en ont pas fini avec Rodric non plus. Avec ce qui les lie au travers du vide, qui échappe à leurs mesures. Au calcul des forces, à la mécanique des fluides, à la chimie.
Il le tourne et revient. Rodric tape dans ses mains. Léna repart.
Elle se lance de la plateforme d’un saut sec, très réduit, le seul effort qu’elle semble fournir d’elle-même, tirer de son corps, de sa force personnelle, le seul acte où sa volonté se manifeste, décisive et ramassée comme une balle. Le geste après quoi tout est dit alors que rien encore n’est joué, n’a eu lieu, ni pris forme sinon dans sa chair et déjà dans l’air qui la porte. Elle est au-delà de la figure qu’elle va accomplir. Occupée seulement de sa suspension, paumes fermées sur la barre, immobile dans le mouvement de l’agrès, dans la masse du gaz qui l’entoure. Ce n’est pas elle qui bouge mais les éléments autour d’elle. La barre, le porteur, le filet, le portique. Elle les lâche dans les quatre directions, elle les fait tourner, les reprend pendant qu’ils tombent, les replace, les renvoie, les affole, et revient la barre dans ses mains, la gravité dans la terre, l’air dans sa bouche.
Léna n’est pas une voltigeuse, elle n’a que faire de la chute.
Les Bjorgs ne parviennent pas à quantifier son degré d’absence.
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josteinjostein   24 août 2021
Uiush était coquet.
Il tenait pour un grand avantage la présence en nombre de cyanobactéries et de symbiotes chlorophylliens dans la parure corporelle. C’était, à ses yeux, la marque et le sens d’une fourrure de choix. Ainsi que le signe de son intimité avec le monde. Plus il était vert et moiré, plus il était feuille parmi les feuilles, accroché par la corne de ses griffes à sa branche, accordé aux ambiances de son hôte. L’arbre le portait comme il portait ses papillons, ses coléoptères, ses algues et ses virus sanitaires. Gracieusement. Il s’attachait à ne pas le chatouiller, à ne pas peser plus qu’un hamac aux attaches relâchées, à ne jamais érafler l’écorce. Et surtout, à ne pas le prendre de vitesse.
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