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ISBN : 2021056279
Éditeur : Seuil (07/05/2015)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Moriguchi Manami, 4 ans, est retrouvée noyée dans la piscine du collège où enseigne sa mère. Un mois plus tard, lors de son discours d'adieu à sa classe de 5e B, Mme Moriguchi accuse deux élèves d'avoir tué sa fille et leur annonce sa vengeance. A cette première intervention succèdent celles de la déléguée de classe, sous forme d'une lettre adressée à l'enseignante ; de la mère de l'un des deux meurtriers, au travers de son journal intime ; de l'adolescent lui-même,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Shan_Ze
  14 janvier 2016
Le livre commence sur un discours de Mme Moriguchi, professeur principal de la 5eB. Un discours d'adieu… après la mort de sa fille, Manami, 4 ans, retrouvée noyée dans la piscine du collège où elle enseigne. Elle est persuadée que sa fille n'est pas morte accidentellement mais qu'elle a été tuée par des élèves de sa classe. Elle annonce sa vengeance…
Le thème un peu noir m'attirait en plus du fait, que je retrouve la littérature japonaise mais… une petite fille morte, j'ai eu beaucoup de digérer la chose (j'ai une fille de 3 ans). Ca n'empêche pas le livre d'être prenant, terrifiant, glaçant. L'auteur se met tour à tour à la place d'un protagoniste de l'histoire de meurtre pour raconter le contexte et le meurtre. Parfois, certains moments peuvent être repris plusieurs fois mais ça reste intéressant d'avoir le point de vue de chacun et on apprend des petits détails qui ont leurs importances.... La société japonaise apparaît comme une société où il faut absolument être performant, pas le droit à l'échec. On pourrait s'attendrir sur untel ou unetelle, mais quand on voit l'horreur que quelqu'un peut produire, on hésite.
Le côté répétitif peut lasser ou au contraire, pousser le lecteur à ne pas lâcher le livre jusqu'au fin mot de l'histoire.
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Aelinel
  13 février 2016
Les assassins de la 5ème B de Kanae MINATO est le premier roman japonais que je lis ; jusqu'à présent, je n'avais qu'expérimenter des mangas. Ce livre, recommandé par mon club de lecture, s'est révélé être mon premier coup de coeur de l'année 2016.
La petite fille de quatre ans d'une professeur de collège, Mme MORIGUCHI, est retrouvée morte noyée dans la piscine de l'établissement. La police conclut alors à un accident. Mais, Mme MORIGUCHI, persuadée qu'il s'agit en réalité d'un homicide, démissionne de son poste. Avant de partir, elle tient à faire un discours devant sa classe et désigne, sans les nommer, les deux présumés assassins. Elle ne peut les livrer à la police, faute de preuves et ayant moins de quatorze ans, les deux jeunes garçons ne seraient pas condamnés. En revanche, elle leur annonce sa vengeance...
Les assassins de la 5ème B est un roman choral qui fait intervenir tour à tour cinq personnages : la professeure principale de la classe de 5ème B, Mme MORIGUCHI, la déléguée de la classe, la mère de l'un des assassins présumés, puis les deux jeunes garçons, accusés de l'homicide. Cette alternance de points de vue donne sa véritable force au récit et le rend très dynamique. Malgré quelques redondances, Kanae MINATO évite l'écueil d'un roman rébarbatif : chaque pièce s'imbrique les unes dans les autres, comme un puzzle pour nous révéler au fur et à mesure de la lecture, les rouages complexes de l'intrigue.
La psychologie très développée des personnages est le second point fort du roman. L'auteur réussit parfaitement bien à immiscer son lecteur dans la conscience de ses différents acteurs. Il convient alors de se méfier des faux-semblants et de dépasser les apparences, aucun personnage n'est neutre mais tous aboutissent à une conclusion machiavélique.
Enfin, ce roman m'a beaucoup étonné par son sujet : j'avais l'image d'un système étatique (voire scolaire) très rigide au Japon qui laissait peu de place aux revendications individuelles et encore moins aux démonstrations de violences. (Peut-être ai-je confondu avec la Chine ou la Corée du Sud, je vous l'ai dit, c'est le premier roman japonais que je lis.) En réalité, ce pays connaît la même crise de l'Education qu'en France : la dégradation de l'autorité des professeurs face à des élèves de moins en moins respectueux et à l'ingérence plus manifeste de leur parents.
En conclusion, les assassins de la 5ème B est un roman très réussi, extrêmement bien écrit et magistralement orchestrée : j'en recommande fortement la lecture.


Lien : https://labibliothequedaelin..
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AgatheDumaurier
  28 février 2016
L'histoire d'une vengeance implacable, à la Montecristo.
Mme Moriguchi, professeure principale des 5èmeB, accuse deux élèves de sa classe d'avoir assassiné sa fille de quatre ans. le dernier jour de l'année, elle annonce sa démission et le prix qu'elle compte faire payer aux tueurs.
Structure chorale intéressante, quatre points de vue s'affrontent, certains plus réussis que d'autres, il me semble. Mme Moriguchi est saisissante dans sa fureur vengeresse, c'est l'anti Gitta Sereny de "Une si jolie petite fille" (que je viens de lire, c'est bizarre). Ni rédemption ni pardon. La rage brute, primitive, animale. Et très réfléchie aussi. Les personnages de Naoki, perdu dans sa faiblesse , et de sa mère, véritable double de Mme Moriguchi qu'elle hait, tout aussi brute, primitive et animale dans son amour exclusif et mortifère pour son fils, sont aussi très bien faits.
Par contre, j'ai moins adhéré aux autres, plus artificiels, il me semble, notamment le deuxième assassin.
Intéressant aussi de voir le système scolaire japonais quand on ne cesse de taper sur le français...Ouille ouille ouille je préfère le nôtre. Tout est feutré mais la violence est omniprésente. On exige des gens (élèves, parents, professeurs) une perfection inaccessible et très choquante pour nous :
-classement public des élèves de collège
-intervention des parents dans la vie privée des enseignants : ainsi certains parents se plaignent que la professeure soit "mère célibataire"!!!, ou qu'un autre soit "homosexuel !!!! (je rêve !!!)
-Intervention de l'école chez les élèves en arrêt de maladie (un professeur se rend tous les vendredis chez son élève absent alors qu'il sent bien le désaccord de la mère, qu'elle n'ose pas exprimer)
-Pas de sanction de l'école pour des actes graves
Bref, le drame était prévisible, et le système est accusé par l'auteure.
En résumé une bonne lecture, mais avec quelques faiblesses, je trouve.
En tout cas, largement la moyenne pour Kanae.
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IreneAdler
  25 août 2015
Un seul mot : perversion. La prof qui se venge, les deux fautifs qui soit se referme sur lui-même et fini par commettre un acte insensé soit qui vient comme si de rien n'était et est victime du harcèlement de ses camarades de classe. Après tout, ils sont accusés et coupable du meurtre de la fille de la professeur.
C'est une plongée dans un Japon dont les Occidentaux ont peu connaissance en général : les conséquences des politiques menées ces dernières décennies. le travail à outrance (certains reprochent à la professeur de faire passer sa fille avant son travail...), les enfants qui sont ou trop gâtés ou complètement laissé à l'abandon ou presque, les classements pour tout, le culte de la performance et les monstres que cela peut produire, les explosions de violence qui en découlent, avec une augmentation des mineurs assassins.
Une plongée dans un pays décrit comme le chantre de la modernité et du raffinement. Pas toujours pour le meilleur.
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rosulien
  24 octobre 2017
Nous sommes au Japon. le dernier jour avant les vacances. Une jeune enseignante annonce à sa classe de cinquième qu'il s'agit de son dernier cours car elle a décidé de quitter l'enseignement.
Elle affirme aussi que deux élèves de la classe qu'elle nomme seulement À et B ont tué sa petite fille de quatre ans. Pas d'appel à la police, pas d'accusation directe.Tout cela ne servirait à rien puisque les élèves ont 13 ans et donc non condamnables pénalement.
Ce début est très déroutant tant par le sujet que par le style de l'auteur, car on ne comprend pas où va nous mener cette histoire atroce
Surtout, ne vous laissez pas décourager. Car l'affaire va se révéler beaucoup plus subtile qu'il n'y parait .A travers la vision de plusieurs protagonistes, le récit prend une forme plus complexe
On y parle des moeurs au Japon mais aussi de thèmes beaucoup plus ardus: la culpabilité, la vengeance, la mort bien sûr. Et ce roman dont l'intrigue apparaissait simpliste dans les premières pages va gagner en densité jusqu'au final que je vous laisse découvrir .
Une très belle découverte loin des polars classiques que je vous invite à lire.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   02 août 2015
En cette heure, ma dernière dans l’enseignement, je me repose la question : qu’est- ce qu’un enseignant ?Le jour où j’ai décidé de devenir enseignante, ce n’était pas parce que je trouvais cela romantique, ni parce que j’avais eu un professeur extraordinaire qui avait changé ma façon de voir la vie quand j’étais jeune, ni pour toute autre raison de ce genre, non. C’était parce que ma famille était pauvre. J’étais une fille, et mes parents me disaient tout le
temps que je n’avais pas besoin de faire des études longues. Or, moi, j’aimais cela, étudier. Alors j’ai postulé pour une bourse. Cette bourse m’a été très facilement accordée. À croire que ma famille était encore plus pauvre que je ne le pensais... En tout cas, si je me souviens bien, cela a plus joué en ma faveur que mes bonnes notes. Je suis donc entrée à l’université publique de ma région natale, où j’ai étudié la chimie, parce que j’aimais la chimie, tout en commençant à travailler dans une boîte à bachot, à faire réviser les élèves. Vous avez des adultes qui trouvent que les enfants qui vont à l’école du soir en sus de l’école obligatoire, en prenant sur leur temps de repos, sont à plaindre. Moi, je dis qu’ils ont beaucoup de chance d’avoir des parents qui les poussent à faire des études. Bref, à la fin de mon cycle universitaire, en quatrième année, j’ai cherché un vrai emploi. J’aurais aimé poursuivre dans la recherche, mais le désir de gagner ma vie comme il faut l’a emporté. Et puis, vous le savez peut- être, le fait de s’engager dans l’enseignement dispense de devoir restituer l’argent de sa bourse. J’ai donc passé sans hésiter les concours de l’Éducation nationale... Vous trouvez cela douteux, comme vocation ? Ça vous regarde. Néanmoins j’ai eu à cœur de remplir correctement ma mission d’enseignante.
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AelinelAelinel   18 février 2016
"Je suppose que la plupart des gens ont plus ou moins le désir d'être admirés. Mais réaliser quelque chose de bien ou de grand pour mériter l'admiration des autres n'est pas facile. Alors qu'elle est la méthode la plus simple? S'indigner contre ceux qui ont fait quelque chose de mal? Et encore, être le premier à dénoncer, être en première ligne quand il s'agit de porter le blâme sur quelqu'un, cela demande un minimum de courage. Parce qu'on sera peut-être tout seul. Par contre, suivre le troupeau dans la dénonciation du mal, ça c'est très facile. Pas besoin de principes personnels bien solides, il suffit de dire : Moi aussi! Moi aussi! C'est faire le bien, et en même temps, ça défoule du stress quotidien, et ça c'est quand même le plus grand plaisir dont on puisse rêver. Et une fois qu'on a goûté à ce plaisir, dès qu'on a prononcé un premier jugement, on a besoin d'un autre, alors on cherche le suivant. La première fois, bien sûr, on a dénoncé un vrai salaud, un mauvais de la pire espèce, mais pour le suivant, si on en trouve pas un aussi bien à portée de main, eh bien, on le fabriquera." (P. 74-75)
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AelinelAelinel   12 février 2016
"Pourtant, comme je vous l'ai dit, à mes débuts moi aussi, je me suis vue en enseignante convaincue de ma mission. J'étais prête à arrêter une leçon pour réfléchir avec mes élèves si survenait un problème touchant l'un d'entre eux en particulier, ou pour l'accompagner s'ils était convoqué en salle des professeurs. Puis, un jour, j'ai ouvert les yeux. J'ai compris que personne n'était parfait. Que si je pensais qu'être enseignante, c'était parler devant ma classe d'une voix passionnée, des choses auxquelles je croyais, en fait, je faisais erreur. Cela, c'était tout bonnement imposer mes valeurs, de l'autosatisfaction pure et simple, à la limite de la condescendance." (p.14-15)
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AelinelAelinel   14 février 2016
"Si je n'ai pas dénoncé À et B à la police, c'est parce que je n'ai pas envie de laisser à la loi le soin de décider de leur châtiment. A avait l'intention de tuer, mais ce n'est pas lui qui a donné la mort. B n'avait pas l'intention de tuer, mais il a donné la mort. Si la police découvrait la vérité, ils n'iraient même pas en prison, ils seraient acquittés d'une inculpation de meurtre avec prémédition, tout juste s'ils feraient un peu de sursis. J'ai imaginé tuer A par électrocution. J'ai imaginé tuer B par noyade. Mais ce n'est pas cela qui va faire revenir Manami. Eux-mêmes ne peuvent pas effacer leur crime (...); je veux qu'ils apprennent quel poids cela a une vie." (P.53-54)
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Shan_ZeShan_Ze   29 décembre 2015
Maintenant, je me dis au contraire qu'un vrai procès est la seule bonne façon de juger un criminel, même le plus cruel. Pas dans l'intérêt de l'assassin. Dans l'intérêt des gens normaux, pour nous empêcher, nous, les membres de la société, de foncer tête baissée dans l'arbitraire et le n'importe quoi. Voilà à quoi sert un procès.
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