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ISBN : 2246681219
Éditeur : Grasset (03/11/2004)

Note moyenne : 1.9/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Depuis que l'histoire s'est remise en mouvement, après la chute du communisme, les Occidentaux oscillent entre le culte des dates et le goût des prophéties. Côté dates, 1989 aurait clos le vingtième siècle et le 11 septembre 2001 aurait ouvert le vingt-et-unième. Côté prophéties, nous avons connu l'irénisme dans les années quatre-vingt-dix, la paix et la prospérité étant supposées régner pour « les siècles des siècles », puis après les Twin Towers, le conflit des ci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Tiephaine
  20 juillet 2016
Un livre de 2003 dont le contenu est totalement daté et qui montre un aveuglement total sur la situation du monde de l'époque, mais aussi quant au "monde qui vient".
Je ne m'attendais pas à grand chose de ce livre, son auteur ayant été tour à tour conseiller de Balladur, Jospin puis Sarkozy, un trio qui en dit long, peut être trop long d'ailleurs... Alain Minc est surtout connu pour avoir totalement raté la survenance d'une crise systémique globale (crise des subprimes de 2008), clamant encore quelques mois auparavant qu'un tel événement était impossible. Bref, le ton était donné.
"Ce monde qui vient" est fidèle à mes attentes, et comme je n'en attendais pas grand chose parce qu'il date de 2003, je ne peux pas dire que j'ai été déçu.
L'ouvrage se divise en 6 parties. La première se consacre aux Etats-Unis, pour en faire l'éloge, tout en affirmant que ce pays n'a désormais plus besoin de personne. Reconnaissons à Alain Minc d'avoir su anticiper l'arrivée de minorités au pouvoir (Obama, 2008), même si ça semble être un coup d'épée dans l'eau puisqu'en 2016, les deux candidats et leurs co-listiers sont issus de la vieille souche WASP. Mais pour le reste, quelle catastrophe... Célébrer le melting-pot américain alors que celui-ci ne fonctionne pas, chacun se communautarisant à outrance pour se revendiquer d'une minorité, et alors même que tous les symptômes des clivages étaient visibles dès les années 1980 et 1990 (Rodney King, O.J. Simpson...), c'est faire montre d'une vision particulièrement déformée de la société américaine.
La deuxième partie, consacrée à la Chine, relève du pur fantasme d'un homme qui ne connaît rien à la société chinoise (comme à peu près tout le monde, y compris aujourd'hui, il faut le reconnaître), qui essaie d'appliquer une grille de lecture libérale (sociale et économique) à un pays communiste et impérialiste. Célébrer les principes ricardiens du libre-échange pour parler de capitalisme d'apocalypse quelques pages après, c'est parler de tout et son contraire en espérant faire mouche. Dommage pour lui, Minc n'a pas compris que la Chine est un pays-monde bien plus que les Etats-Unis, et que le peuple chinois était prêt aux sacrifices sociaux d'un développement économique accéléré, justement parce que l'Etat est fondamentalement communiste, maoiste.
La troisième partie se consacre à l'Europe. C'est à peu près le seul chapitre qui démontre une réelle connaissance des choses qui y sont abordées, et cela se ressent tout de suite. L'auteur, très européiste, y aborde les schémas de pouvoir, mettant l'Allemagne en pointe pour expliquer que tôt ou tard, c'est elle qui prendra la direction de l'Europe. Plutôt bien vu, à une époque où l'Allemagne subissait encore les conséquences négatives de sa réunification.
Les trois dernières parties ne parlent absolument pas de l'avenir, mais de la situation en 2003. Les quelques extraits que j'ai publié en citation résument assez bien les choses, mais grosso modo, l'analyse d'Alain Minc étant totalement biaisée par l'idéologie libérale, ses propositions et solutions ne peuvent qu'accentuer les problèmes. Et c'est exactement ce qui s'est passé, et se passe encore. Prôner plus de libéralisme pour résoudre les problèmes qu'il pose, prôner plus d'Europe pour contrecarrer l'impact négatif que celle-ci a sur les peuples européens, prôner la sociale démocratie sans jamais la définir autrement que par la "démocratie" et "le marché", c'est démontrer son incapacité à prendre un vrai recul. Pour quelqu'un qui conclut son ouvrage en parlant du déclin intellectuel, c'est un peu dommage.
Alain Minc écrit, et plutôt bien, mais n'a vraisemblablement rien lu. Génie aveugle et sans cervelle, il fait partie de ceux qui ont précipité la France dans le mur où elle est aujourd'hui. Ce livre est la démonstration magistrale de l'aveuglement idéologique de nos dirigeants, qui n'ont toujours pas compris le monde post-soviétique.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
TiephaineTiephaine   20 juillet 2016
Cinquième chantier, peut être le plus difficile: essayer d'enrayer le déclin intellectuel et culturel de la France. Les théologiens du déclin se trompent en effet d'enjeu: ils sont obsédés par un recul économique et social plus que contestable et ne mesurent pas l'affaissement de la France dans tout ce qui relève de l'ordre de l'esprit; peut être se dupent-ils parce que, membres de la corporation intellectuelle, ils n'arrivent pas à être juges et parties.
(p. 141)
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TiephaineTiephaine   20 juillet 2016
Ultime argument, enfin, que la Chine apporte à la vieille règle des avantages comparatifs: la spécialisation industrielle à son profit ne crée pas de chômage dans les pays riches, si ceux-ci ont la souplesse nécessaire pour jouer intelligemment des flux de valeur ajoutée, comme le font les américains. Ce sont les plus dynamiques de tous pour délocaliser et ils connaissent néanmoins un quasi-plein emploi. Ils démontrent à nos nouveaux physiocrates ou autres militants des politiques industrielles qu'à certaines conditions, la désindustrialisation n'est pas synonyme de chômage. Il en va de même, notons-le, au Royaume-Uni, économie qui a fait une croix sur son industrie et qui ignore néanmoins le chômage. (p.53)

[fact checking: taux de chômage aux Etats-Unis et Royaume-Uni en 2003 (période de rédaction de l'ouvrage) aux alentours de 5%, France aux alentours de 8,5%.]
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TiephaineTiephaine   20 juillet 2016
L'économie mondiale ressemble à un bolide conduit à pleine vitesse d'une seule main: tel est le sentiment le plus largement répandu. C'est tout le contraire: un mécanisme raffiné, mettant en mouvement des forces et des contre-forces, respectant les lois d'une thermodynamique particulière, et n'ayant connu, depuis vingt ans, ni accident majeur, ni débordement durable. La charge de la preuve relevant, en cette matière comme en d'autres, du pur empirisme, la leçon est claire: le risque systémique est une construction de l'esprit.
(p.88, écrit en 2003)
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TiephaineTiephaine   20 juillet 2016
Qui aurait affirmé avec certitude que la psychose saurait rimer avec démocratie - aux quelques écarts américains près - et que les pouvoirs publics résisteraient si naturellement aux pulsions autoritaires? Qui aurait parié que, gagnées par la peur, les sociétés occidentales ne céderaient pas à la panique?
(2003 - pp. 70-71)
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TiephaineTiephaine   20 juillet 2016
C'est le paradoxe français: lorsque plus de 50% du produit intérieur brut passe entre les mains de la puissance publique avec, pour l'essentiel, un objectif de redistribution, l'existence de plusieurs millions d'exclus équivaut à un constat de faillite.
(p. 131)
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Videos de Alain Minc (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Minc
Olivier Mazerolle reçoit Alain Minc pour son nouvel ouvrage Un petit coin de paradis, aux éditions Grasset. L'essayiste est également interrogé sur les questions d'actualité comme le sondage donnant Marine Le Pen en tête au 1er tour des présidentielles.
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