AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de kuroineko


kuroineko
  19 avril 2018
Le nouveau roman de Bernard Minier s'ouvre comme un prequel des enquêtes de Servaz.

1988: première scène et première rencontre d'un drôle de trio - dont les deux soeurs éponymes - dans une forêt sombre.

1989: apparition du jeune Martin Servaz, étudiant en lettres et future grande plume de la littérature. Si ce n'est sa découverte de son père, suicidé.

1993: c'est là que tout commence vraiment avec la première véritable enquête criminelle à laquelle participe un Martin chevelu frais émoulu de l'école de police qu'il a intégrée après l'abandon de ses études et, partant, de ses ambitions littéraires.
Deux jeunes femmes retrouvées mortes, la scène de crime suivant un rituel étrange et dérangeant. Qui va renvoyer les policiers vers un certain Erik Lang, auteur à succès de romans noirs et ultraviolents.

Je n'en dis pas plus pour ne pas déflorer le travail minutieux de Bernard Minier. Juste qu'on se retrouve quelques chapitres plus tard en 2018, avec Servaz rétrogradé après ses démêlés dans Nuit et ses fidèles Samira Cheung et Vincent Espérandieu. Nouveau meurtre, nouvelle enquête et une foultitude de surprises.

J'ai apprécié retrouver cette fine équipe, avec les considérations de plus en plus pessimistes de Martin sur la société actuelle. On le sent de plus en plus perdu dans les développements technologiques, lui qui reste au fond un intellectuel amateur de belles lettres et de musique.
Outre une enquête et une intrigue palpitante, Bernard Minier nous serré une réflexion sur les rapports et considérations des fans ultras envers leur auteur adulé, encensé, divinisé presque. Il y a ici un air qui rappelle le troublant Misery de Stephen King.

Adulé ou honni, il est toujours perturbant de découvrir que pour certains lecteurs fanatiques, il n'y a pas dissociation entre le texte et son auteur, entre la créature et le créateur. Soit dit en passant, c'est ce qu'a confirmé l'écrivain américain Gabriel Tallent lors de sa conférence dans le librairie de ma commune: il constate qu'aux États-Unis, son livre lui a valu de la part de certaines personnes des attaques virulentes quant à sa propre supposée perversité pour avoir écrit My absolute darling. Des rencontres ont même du être annulées à cause de lecteurs trop "enflammés". On croit rêver... Je vais jouer ma Servaz et constater qu'à l'heure des réseaux sociaux et du virtuel galopant, ces confusions fiction-réalité risquent de croître de façon alarmante.

Tout ça pour dire que cette cinquième aventure de Martin Servaz est un crû de grande qualité qui se savoure sans modération.
Commenter  J’apprécie          262



Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Ont apprécié cette critique (25)voir plus