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ISBN : 2757858823
Éditeur : Points (17/03/2016)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Sous la forme d'une lettre posthume à son grand-père, entremêlée de récits plus proches du reportage, Delphine Minoui raconte ses années iraniennes, de 1997 à 2009. Au fil de cette missive où passé et présent s'entrechoquent, la journaliste franco-iranienne porte un regard neuf et subtil sur son pays d'origine, à la fois rêvé et redouté, tiraillé entre ouverture et repli sur lui-même. Avec elle, on s'infiltre dans les soirées interdites de Téhéran, on pénètre dans l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Josephine2
  03 mai 2015
Delphine MINOUI, avec beaucoup de finesse et de délicatesse nous entraîne avec elle en Iran. Elle veut découvrir la part d'elle-même qu'elle ne connaît pas. de mère française et de père iranien, elle ne connaît rien de ses racines iraniennes. Elle décide d'écrire une lettre à son grand-père, qui est décédé et qui l'a poussé à partir en Iran. Elle nous fera découvrir ce pays qui est déchiré entre religion et désir de démocratie.
On s'enthousiasme avec elle lorsqu'elle arrive en Iran, où elle vivra chez sa grand-mère, avec qui elle a du mal à s'entendre. Petit à petit, elles s'apprivoiseront. On découvre l'ambiguïté de ce pays, les travers de la jeunesse qui se cachent pour faire la fête. On tremble, parce qu'en tant que journaliste, elle sera convoquée à plusieurs reprises par les services du renseignement. On vivra, comme elle, avec la peur au ventre. On la suivra dans ses pérégrinations à travers tout le pays que l'on découvrira à travers ses yeux. Un pays où la poésie est à tous les coins de rue. D'ailleurs, elle apprendra le Persan, langue combien sublime et poétique. On fera la connaissance d'une foule de personnes plus attachantes les unes que les autres. On fera la connaissance d'un milicien qui regrette de ne pas être mort en martyr, et dont l'épouse s'émancipe petit à petit.
On sera plein d'espérance lors des élections de mai 2009. L'espoir reprend. Mais pour plus de désillusion…
Un super témoignage où l'on découvre l'Iran autrement que par les yeux des journalistes, où tout n'est ni blanc, ni noir, et quel amour on peut ressentir pour un pays, allant jusqu'au sacrifice pour faire émerger la liberté de pensée, d'écrire, d'aimer, de Vivre.
Comme Nifoular le dira « L'Iran, c'est comme un verre brisé dont on a recollé les morceaux. Pour l'instant, ça tient. Mais il peut se fissurer à tout moment ».
J'ai beaucoup aimé l'écriture de Delphine MINOUI et si vous voulez comprendre un peu l'Iran, alors plongez-vous dans ce livre, qui pour moi, fut une très belle découverte.
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KRISS45
  12 avril 2015
Delphine Minoui est journaliste reporter, spécialiste du Moyen-Orient. Née et éduquée en France, elle est Iranienne par son père, ex diplomate de l'ONU à Paris et devenu définitivement résident français après la révolution de 1979.
Désireuse de retrouver ses racines, l'auteure a passé une douzaine d'années en Iran où elle fréquente de près la société civile, tout en travaillant pour la presse internationale.
Dans ce livre-témoignage, elle raconte les paradoxes, les contradictions, les soubresauts de la vie sociale et politico-religieuse de ce pays cher à son coeur, qui ne cesse d'avancer-reculer vers la démocratie, la liberté d'expression, les droits de l'homme et de la femme.
Une lecture utile pour mieux comprendre un Etat sous régime autoritaire et qui, malgré la chute du shah et les espoirs qu''elle représentait, vit encore dans la peur et l'interdit.
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Apoapo
  12 février 2016
Suite au décès de son grand-père iranien dont elle connaît à peine la langue, la jeune journaliste, dans une quête des origines, se rend à Téhéran auprès de sa grand-mère. En 1997, Khatami, le mollah réformiste, vient de remporter les élections ; la population, notamment la jeunesse, a un regain d'espoir et d'enthousiasme, la censure se relâche : les conditions sont les meilleures pour l'acclimatement de Minoui.
Elle y restera pendant dix ans et, au fil d'une "iranisation" progressive et parfois douloureuse, elle posera ses jalons dans la presse française avec ses papiers sur le Moyen-Orient vu de l'intérieur même de la société iranienne.
Cette dernière, dans sa complexité et son hétérogénéité, loin de l'étau de soumission à la tyrannie dans lequel nous avons l'habitude de l'imaginer, semble posséder une grande habileté à adapter le "rythme de sa respiration" à l'espace du politique, à élaborer des stratégies individuelles et collectives de réforme qui, sans probablement passer par une nouvelle révolution, pourraient tendre vers ses aspirations d'émancipation. Cette possibilité provient de la contradiction intrinsèque à la "République islamique", à la fois dotée d'un système parlementaire (avec des élections législatives et présidentielles, des élus issus des minorités religieuses, etc.) et "chapeautée par un pouvoir d'inspiration divine : le fameux velayat-e faghi, attribuant au Guide suprême la charge de la gestion des affaires des croyants [...] En fonction de la lecture qui en était faite [de la Constitution], le pouvoir du guide était, pour certains, absolu. Pour d'autres, électif." (p. 92-93)
Lorsque la contradiction est insoluble, comme dans les élections du 12 juin 2009, c'est naturellement le pouvoir établi qui l'emporte sur le suffrage, Ahmadinejad sur Moussavi. le rue est réprimée. Et Minoui, à l'instar de son époux également journaliste et titulaire d'une double nationalité, tout comme les autres membres de la presse occidentale, sont contraints de quitter précipitamment le pays, dans l'angoisse d'une arrestation imminente voire pire.
Cependant, ce n'était pas la première fois que l'auteure était sommée de partir, ni qu'elle subissait des intimidations et des menaces de la part des services secrets. Elle aussi avait appris, comme les autres Iraniens, à gérer son espace de liberté au gré des accréditations et retraits du titre professionnel, par des séjours à l'étranger notamment, du moment qu'elle avait refusé de collaborer avec lesdits services. Certains de ses amis et confrères avaient été incarcérés, persécutés, il y avait eu des disparitions, des morts prématurées et violentes ; même son studio parisien avait été cambriolé...
Ce livre se présente comme une lettre adressée à la mémoire de son grand-père, souvent convoqué personnellement. Ce genre de reportage possède l'avantage d'introduire en outre un certain nombre d'autres personnages dont on peut suivre le vécu, en parallèle avec les anecdotes quotidiennes concernant l'auteur. de ce fait, l'évolution humaine, outre que politique, acquiert une épaisseur et une capacité explicative beaucoup plus grande. En contrepartie, les recours stylistiques et la redondance d'ornements, qui n'auraient pas leur place dans la bonne prose journalistique, s'y développent à l'excès : cet ouvrage n'en est pas exempt.
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litolff
  28 février 2016
Grâce à son métier de journaliste et à sa double culture franco-iranienne, Delphine Minoui a pu vivre et travailler une douzaine d'années en Iran, douze années au cours desquelles elle a été témoin de l'évolution de la situation politique et religieuse, 20 ans après la révolution islamique de Khomeini.
Ce passionnant témoignage permet de découvrir de l'intérieur une société tiraillée entre les autorités prônant un islamisme très strict et une jeunesse éprise de liberté, de modernité et d'occidentalisation.
Après une période de relative démocratisation, l'Iran s'est à nouveau refermé sur lui-même sous l'impulsion de Mahmoud Ahmadinejad et est redevenu jusqu'en 2013 un pays « invisible » car quasiment fermé à la presse étrangère.
C'est sous la forme d'une lettre à son grand-père iranien et adoré que Delphine Minoui raconte ses années iraniennes : si la forme m'a semblé quelquefois un peu artificielle, j'ai beaucoup aimé le fond : un livre instructif qui se lit très facilement et livre un récit passionnant.
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fanfan50
  04 août 2015
Ici c'est l'Iran raconté de l'intérieur et très loin des clichés. Ce récit est très personnel : une lettre que l'auteure envoie à son grand-père - décédé. Pour rappeler les origines de Delphine Minoui, sa mère est française et son père iranien. Son grand-père iranien est venu en France pour se faire opérer du coeur et pour la petite fille qu'elle était, il est rentré dans son coeur. Il lui a donné ses premiers cours de farsi ainsi qu'un ouvrage d'un poète iranien : Hafez, un grand poète de la Perse antique. Plus tard, devenue grand reporter, Delphine est partie en Iran et y est restée dix ans. Et ce livre est un témoignage de ces années passées à Téhéran.
Elle raconte les nuits clandestines où les jeunes filles abandonnent leur tchador à l'entrée des appartements, puis se maquillent et s'habillent plus légèrement pour danser jusqu'à l'aube au mépris du danger car les risques sont quotidiens, les dénonciations des voisins aussi et l'emprisonnement pour vie dissolue aussi.
Bienvenue au pays de la schizophrénie : tchador dehors, et parties fines à l'intérieur des maisons. Les étudiants sont déchaînés. Pour commander du vin rouge, on va demander du jus de grenade.
Il y a un moment fort dans le récit, c'est sa rencontre avec un jeune milicien sur la montagne. Elle revient sur Téhéran et rencontre sa femme et s'en fait des amis...
Son travail de reporter, c'est sur le long cours, elle doit pour cela rester longtemps dans le pays et le renouvellement de sa carte de presse lui est refusé d'où de nombreuses difficultés qu'elle raconte si bien.
Delphine Minoui dit qu'avant de s'occuper de la bombe atomique, il faudrait regarder la bombe sociale. Les jeunes représentent 70 % de la population iranienne. Et les femmes sont de plus en plus nombreuses à l'université. Les jeunes s'échangent des idées sur Internet et sur des blogs. Et cela va vite. Il y a des gens qui se battent au quotidien, qui s'engagent, qui repoussent un peu tous les jours les limites de l'impossible. Ce livre est un appel lancé à l'Occident pour aider ces jeunes à s'en sortir. Sera-t-il entendu ?
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Josephine2Josephine2   02 mai 2015
Page 30

- Bienvenu au royaume de la schizophrénie ! reprit-elle, en désespérant de me faire sourire. Tu sais… c’est comme ça qu’on a grandi… C’est notre mode de vie. Ici, dès le jardin d’enfants, tu n’apprends qu’une chose : mentir… C’est ta clef de survie… A l’école, quand l’institutrice nous posait des questions, on s’empressait de répondre : « Oui, ma mère porte le tchador ! Non, mon père ne joue pas aux cartes et déteste le vin ! ». Parfois, j’ai l’impression d’être un caméléon. Je change de peau au gré des circonstances. La journée, je supporte le voile. Le soir, je m’éclate pour oublier…

- Mais… ce n’est pas risqué ? lui demandai-je, dubitative.

- Risqué ? Bien sûr que c’est risqué. Mais a-t-on le choix ?

D’une traite, elle vida son verre de champagne et s’élança sur la piste de danse…
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Josephine2Josephine2   03 mai 2015
Page 147
… - Tu sais, je ferai tout pour mon pays…

J’avais déjà entendu cette phrase quelque part… Ses paroles se confondaient étrangement avec celles de Mahmoud, le bassidji. En apparence, ces deux-là n’avaient pourtant rien en commun. Elle, l’occidentalisée polyglotte, toujours tirée à quatre épingles. Lui, l’Islamiste aux pantalons informes, en jurant qu’en persan et rêvant de devenir martyr. Ils se seraient certainement détestés s’ils s’étaient rencontrés. Et pourtant, un lien profond et invisible les unissait envers et contre tout : l’amour inconditionnel pour leur pays, ce nationalisme quasi charnel qui constitue le socle le plus solide de l’identité iranienne, celui que toi, Babai, tu m’avais transmis et qui, au fil des années, allait finir par m’habiter.
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Josephine2Josephine2   29 avril 2015
Page 10
L’avion décolle. Enfin ! Vu du ciel, le mausolée de l’imam Khomeyni ne forme plus qu’un point dans la nuit avant d’être englouti par les nuages. A quoi pense-t-on quand on est libre ? A ces lignes grises qu’on pourra de nouveau remplir à sa guise. On se dit que le cauchemar est terminé. Qu’on va pouvoir réapprendre à respirer. En réalité, le plus pénible ne fait que commencer. Le plus pénible, c’est d’abandonner l’Iran à sa page blanche.
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fanfan50fanfan50   28 juillet 2015
En fait, dans l’Iran d’Ahmadinejah, les étoiles ne visaient pas les juifs. Elles visaient les étudiants. Sur les campus, des sanctions moyenâgeuses se mirent rapidement à lapider la moindre pensée critique. Un étudiant chahuteur, une étoile. Un slogan désobligeant, deux étoiles. Un signe de dissidence, trois étoiles. Au bout de la quatrième étoile, imprimée noir sur blanc dans leur dossier, que mettait régulièrement à jour le comité disciplinaire, c’était l’expulsion garantie, pour cause d’ »atteinte à la sécurité nationale ». Les professeurs n’étaient pas épargnés par cette chasse à la pensée critique. Il suffisait d’être un peu trop bavard pour être remercié sur le champ, en échange d’une retraite anticipée. Les mois suivants, le tableau s’assombrit encore. Des jeunes furent arrêtés, leurs journaux censurés, et leurs amis menacés au même sort s’ils osaient se révolter contre les nouvelles règles en vigueur. Au nom de l’islamisation des programmes, certains cours furent également remaniés, d’autres éliminés. Dans cet Iran castrateur, le contrôle de la pensée alla de pair avec une reconquête de la sphère publique. Une nuit d’été, le nouveau directeur de l’université Amirkabir fit détruire au bulldozer le siège de l’Association des étudiants pour le remplacer par une salle de prière. Avec la disparition de ce symbole du bouillonnement intellectuel des campus, c’était tout un pas de la mémoire estudiantine qui s’effaçait.
(page 219)
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fanfan50fanfan50   28 juillet 2015
Avec l’âge, je commençais également à prendre conscience de mes origines. Mais l’étoile de ton pays, elle, ne cessa de pâlir. En 1992, le best-seller international, Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody acheva d’entamer son image. Qui aurait pu l’imaginer ? Ce témoignage racoleur d’une Américaine mariée à un Iranien violent, séquestrée à Téhéran avec sa fille, finit, aussi, par empoisonner mon quotidien. De la salle d’attente du médecin au boucher du quartier, tout le monde y allait de sa petite phrase condescendante sur les « pauvres Iraniennes ». « Et toi, me demandait-on, tu n’as pas peur qu’il t’arrive la même chose ? » Au lycée, je fuyais les regards inquisiteurs. Un jour, le père d’un ami me demanda : « C’est parce que ton père est iranien que tu ne portes pas de minijupes ? » De quoi se mêlait-t-il ? Les robes courtes n’avaient jamais été ma tasse de thé. (page 15)
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Videos de Delphine Minoui (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Delphine Minoui
Une bibliothèque clandestine en Syrie. Grand reporter, prix Albert Londres 2006, Delphine Minoui s'empare dans ce nouvel ouvrage d'une histoire incroyable : « le pari insolite d'une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens d?exhumer des milliers d?ouvrages, ensevelis sous les ruines, pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine de Daraya », durant le siège de la ville par le régime de Bachar al-Assad.
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