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Éditeur : Seuil (05/10/2017)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 125 notes)
Résumé :
De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque cland... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
Stelphique
  28 janvier 2018
Ce que j'ai ressenti:… Un Fulgurant Coup de Coeur…
Je n'entends rien en politique internationale, en conflits mondiaux, et en stratégies planétaires, mais j'ai entendu comme un murmure dans le chaos, un message de paix et d'espoir qui s'est élevé au dessus du bruit des bombes, qui a réussi à passer entre les barils d'explosifs, qui s'est envolé plus haut qu'une attaque au napalm…Ce murmure, il vient de Syrie, et il avait le doux son des pages qui se tournent, la force des mots qui apaisent, le pouvoir de la liberté de penser, la magie d'un livre ouvert…
Quand j'ai lu ce passage, j'ai senti comme un déchirement…(et ce n'était que la page 12…).
« Des heures durant, il évoque en détail ce projet de sauvetage du patrimoine culturel, né sur les cendres d'une cité insoumise. Puis il me parle des bombardements incessants. Des ventres qui se vident. Des soupes de feuilles pour conjurer la faim. Et de toutes ses lectures effrénées pour se nourrir l'esprit. Face aux bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes d'instruction massive. »
Je suis admirative qu'un tel témoignage ait pu franchir les frontières, la barbarie, l'intolérable…Ce n'est pas une lecture comme les autres, elle est de loin la plus difficile que j'ai pu lire, et pourtant, c'est un coup de coeur violent et nécessaire qui m'a bouleversée plus que ce que je pouvais imaginer…C'est avec une grande émotion que j'écris ce retour de lecture…Malgré l'état de siège asphyxiant, un petit groupe d'hommes décident de privilégier l'amour de la littérature, l'amour des mots, l'amour de la poésie comme un souffle d'espoir… C'était tellement désespéré, désintéressé et fondamentalement altruiste que cet élan vous chavire au plus profond…Au delà des larmes que tu verses au fil des pages, il te vient un respect serein qui t'unit à cette incroyable bibliothèque, petite bulle pacifiste cachée sous les décombres…
"Le livre ne domine pas. Il donne. Il ne castre pas. Il épanouit. "
S'il y a des passeurs de livres à Daraya, nous pouvons bien nous, lecteurs et blogueurs, faire passer aussi ce témoignage d'une force et d'une luminosité éblouissante…A vous, maintenant, de faire passer…Pour ma part, c'est fait, et je m'en vais lire encore une fois, L'alchimiste de Paulo Coelho et le petit Prince de Antoine de Saint-Exupéry mais découvrir aussi La coquille de Moustapha Khalifé puisque ce sont ceux là, qui ont été leur port d'attache au milieu de cet océan déchaîné de violence…Ceux là, et tous les autres, qui les ont tenu debout, et plus fort contre la haine…
"Lire pour s'évader. Lire pour se retrouver. Lire pour exister…"


Ma note Plaisir de Lecture 10/10
Lien : https://fairystelphique.word..
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palamede
  12 mai 2018
A Daraya, les jeunes résistants anti-Assad sont souvent des étudiants ou des fils de paysan devenus par la force des choses des passeurs d'informations, journalistes improvisés médiateurs d'une information inaccessible aux reporters étrangers. Ils sont aussi des passeurs de culture : Ahmad et ses compagnons ont décidé, eux qui lisaient peu avant la guerre, de sauver les livres, convaincus qu'ils sont les garants de la liberté. Ainsi, au fond du trou noir de Daraya — une ville à l'agonie — la bibliothèque clandestine encerclée par les ruines est devenue le sanctuaire de la réflexion, de l'intelligence et de la liberté.
C'est ce que raconte avec empathie et sensibilité la journaliste franco-iranienne, Delphine Minoui, en contact régulier depuis Istanbul, pendant quatre ans via internet, avec des jeunes opposants au président syrien, Bachar el Assad. Comme elle, on ne peut qu'être touché par l'énergie, la fraîcheur, la volonté d'aller de l'avant de ces jeunes gens en danger de mort permanent. Parce qu'elle passe par les livres, refusant de répondre à la violence par la violence, et repousse toute tentative d'embrigadement politique ou religieux, cette résistance exemplaire est une formidable célébration de la vie, à découvrir absolument.
" Nuit et jour, ces jeunes côtoient la mort. La plupart d'entre eux ont tout perdu : leur demeure, leurs amis, leurs parents. Au milieu du fracas, ils s'accrochent aux livres comme on s'accroche à la vie. Avec l'espoir de meilleurs lendemains. Portés par leur soif de culture, ils sont les discrets artisans d'un idéal démocratique. Un idéal en gestation, qui brave la tyrannie du régime. "
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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isabelleisapure
  12 mars 2018
En lisant ce livre, je me suis rendue-compte de la chance que nous avions de vivre dans un pays ou la littérature est un droit et une liberté, un pays où nous pouvons entrer dans la librairie ou la bibliothèque de notre choix pour nous procurer l'ouvrage de notre choix.
Nous ne sommes malheureusement pas tous égaux face à la littérature. Dans certains pays, lire peut être dangereux.
Dans ce documentaire bouleversant, Delphine Minoui nous parle du courage de quelques hommes qui ont osé défier le régime de Bachar Al-Assad en récupérant des livres dans les ruines des maisons pour créer une bibliothèque souterraine ouverte à tous.
Daraya, dans la banlieue de Damas est une ville assiégée, pillée, détruite par les bombardements et les attaques chimiques où les habitants peinent à trouver les denrées de première nécessité.
C'est au milieu du chaos que quelques hommes jeunes, la vingtaine, se sont donnés pour mission de sortir des décombres, des immeubles ensevelis sous les bombes, des milliers de livres. Une bibliothèque clandestine située au sous-sol d'un immeuble voit le jour dans une ville en ruine, aux confins du Proche-Orient, dans une région dévastée. La littérature va leur permettre d'épancher leur soif de liberté et de savoir dans un environnement chaotique rythmé au son des bombes qui s'abattent quotidiennement sur la ville
Delphine Minoui garde le contact avec ses hommes grâce à skype, WhatsApp et facebook.
Ce qui frappe dans ces témoignages c'est la maturité des interlocuteurs, qui ont la vingtaine et pourtant portent en eux une certaine gravité. Ils ont fait le choix sciemment de ne pas déserter, de rester à Daraya et de la défendre malgré le déséquilibre des forces en présence.
Privé de tout, les livres deviennent leur refuge. Outre une promesse d'évasion, la littérature leur donne la force de tenir.
Sous la plume de Delphine Minoui on découvre une ville qui n'a jamais cédé aux sirènes du terrorisme et de l'islamisme radical. Une ville qui a résisté durant quatre ans par la seule force vitale de ses habitants habités par une volonté de fer.
Une lecture douloureuse mais ô combien nécessaire pour mesurer notre bonheur.
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Fleitour
  31 mars 2018
Inouï, poignant, est le récit de Delphine Minoui qui raconte l'agonie d'une ville, Daraya, dans la banlieue de Damas, la cascade des événements qui vous prend aux tripes, l'implacable et minutieuse extermination de toute vie, en devenant un nouveau Guernica syrien.

Entre Daech et le régime de Bachar al Assad, entre le terrorisme affirmé des uns, et l'aveuglement des autres, est-il possible de concevoir, d'imaginer, de construire une autre voie qui propose le pacifisme, la liberté ?
Cette Voix les jeunes de Daraya ont décidé de la porter, tel un destin un peu fou, guidé par ces paroles, " il n'existe pas de prison qui puisse enfermer la parole libre ; il n'existe pas de blocus assez solide pour empêcher l'information de circuler, Mazenn Darwich le 23 avril 2016."

Cette foi en un avenir possible pour la Syrie, un espoir de vérité, un espoir collectif de partage, de respect et de liberté, cette foi va s'exprimer par les mots ; ceux qui libèrent, ceux qui permettent d'échapper aux fracas des bombes, concrètement s'exprimer par la création d'une bibliothèque secrète, au fin fond des décombres.

Cette fabuleuse aventure des Passeurs de Livres de Daraya, est enregistrée, écrite, par les mots de Delphine Minoui, qui suit la page Human of Syria un collectif de jeunes photographes qui évoque cette bibliothèque secrète. Delphine Minoui installée à Istanbul, recueille pas à pas, témoignage par témoignage, et tisse cette immense clameur, les noms, les urgences, les bombes, le quotidien des habitants encore terrés dans Daraya.

Malgré le cauchemar quotidien, malgré le halètement des liaisons Internet, les messages passent, des films, des livres deviennent cultes, comme une façon de partager quelque chose d'autre que la terreur; Amélie Poulain, l'Alchimiste, les Misérables, la Coquille (de l'écrivain syrien, chrétien, Moustapha Khalifé après 12 années de détention ), II y aura bien d'autres ouvrages, de toutes sensibilités comme « État de Siège » de Mahmoud Darwich, poète palestinien, car pour ces jeunes il n'y a pas de place pour la censure.

Comment ne pas évoquer cet homme un peu fou qui va devenir au fil des pages l'un des principaux informateurs, Shadi." Shadi, s'est tu dans un silence recueilli, son inséparable appareil a fait barrage entre lui et la mort. La caméra aura fonctionné jusqu'au dernier clic. P 122"
Jour après jour il a enregistré toutes les bombes qui tombaient, toutes les destructions, toutes les preuves de l'aveuglement d'un homme Bachar al Assad, Cet aveuglement, est devenue obsessionnel, sans limites objectives, dicté seulement, par une méticulosité d'apothicaire du dosage de l'horreur.

Après Guernica, Hiroshima, Sarajevo, Daraya distille le procédé le plus ignoble de la torture, annoncer l'arrivée de vivres, pour ne livrer que des vaccins, suspendre les frappes, pour mieux piéger les espoirs, dans une cruauté chimique au napalm.
Bachar El-Assad n'est plus qu'un pantin, un pendule accroché au string de Poutine, qui ne manquera pas de le lâcher le moment venu. Qui paiera cette débauche de bombes, 8000 barils d'explosifs ont été largué sur la cité.

Le livre se terminera sur les morts qui ont émaillé ce récit, Abou El-Ezz co-directeur de la bibliothèque, Omar qui voulait incarner une troisième voie. Mais l'espoir aussi clôture ce livre, un espoir toujours présent, qui continue à s'écrire, et alerter sur le désastre. Il n'y a pas de dérision inutile, il n'y a pas d'ironie inutile, "le shili, un garde fou, une logorrhée qui éclot sous les flammes quand la guerre brûle les derniers mots.p135"
Il reste un rêve, un rêve de papier, ce livre sorti des imprimantes en octobre 2017, ce rêve à travers le récit de Daraya, ne doit pas s'évanouir, ce rêve de liberté est trop fort, trop juste, trop essentiel, trop vital pour le laisser sur une étagère.
Ce rêve à nous de le faire vivre.
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tynn
  03 décembre 2017
Des bombes, des ruines, des livres récupérés, stockés, installés dans une cave protégée et ouverte à tous. L'idée germée dans la tête d'un étudiant, militant anti Bachar-el-Assad, fait école et intrigue, au point de créer un pont virtuel de conversations Internet chaotiques avec une jeune française installée en Turquie.
Delphine Minoui est notre guide dans cette découverte qui la fascine. Les liens d'amitié et de soutien se créent avec ses jeunes correspondants combattants qui parlent tous d'un espace de liberté par la connaissance, réponse cinglante à la dictature verrouillée du parti Baas syrien.
La petite bibliothèque est un ailleurs où la guerre disparaît, où n'existe nulle censure, où les mots et les histoires ouvrent vers d'autres mondes. Les livres en bouée de sauvetage entre deux combats de rues, pour éloigner la peur, pour se divertir, pour s'instruire, pour rêver, pour se discipliner et retrouver une forme de normalité.
Et surtout les livres en "bouclier contre l'obscurantisme".
En décor de cette belle idée humaniste de bibliothèque secrète, le récit éclaire le quotidien dramatique de la population de Daraya*, le courage et la détermination, le terrorisme d'Etat, l'émergence des groupes djihadistes et de l'Etat Islamique. Par des chapitres courts et oppressants, on accompagne les combattants dits rebelles pendant plusieurs années de résistance, jusqu'à l'évacuation totale en été 2016, laissant un champ de ruines.
Un documentaire littéraire remarquable, extrêmement touchant, qui fait admirablement écho à notre amour des livres, à nous lecteurs, si douillettement installés dans un cocon de tranquillité pour s'adonner au plaisir de la lecture.
*Banlieue de Damas, qui subit près de 4 ans de siège et fut détruite à 90%.
Sélection Document pour le Grand Prix des Lectrices ELLE 2018
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   23 novembre 2017
Delphine Minoui raconte l’histoire magnifique d’une bibliothèque sous les bombes à Daraya, la martyre.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
mireille.lefustecmireille.lefustec   20 mai 2018
ailleurs, dans les rebelles d'Alep-Est, dans le Nord du pays, le régime et se alliés russes visent volontairement les hôpitaux, les médecins, les ambulances. Une destruction préméditées. Même les Nations unies l'ont reconnu.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   20 mai 2018
Mais l'entreprise est périlleuse. comment raconter ce qu'on ne voit pas, ce qu'on ne vit pas? Comment ne pas tomber dans le travers de la désinformation, dont Assad est loin d'avoir le monopole?
Faut-il pour autant enterrer cette histoire à cause d'un rideau de fer imposé par la force? Se contenter d'être les témoins impuissants d'une barbarie sans pareil qui se déroule en direct sur nos téléviseurs?
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mireille.lefustecmireille.lefustec   20 mai 2018
Leur résistance par les livres est fascinante.
Les livres, ces sédiments de la mémoire qui défient les carcans. Du temps. de l'asservissement. De l'ignorance.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   20 mai 2018
Ouvrir les yeux sur une ville qui se donne à voir à travers un écran d'ordinateur, c'est prendre le risque d'écorcher la réalité. Fermer les yeux, c'est la condamner au silence. Bachar al-assad a voulu mettre Daraya entre parenthèses, l'enfermer entre crochets.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   20 mai 2018
Avant la révolution, on nous abreuvait de mensonges. Il n'y avait aucune place pour le débat. Nous vivions dans un cercueil. La censure était le ciment de notre quotidien. On nous cachait la réalité.
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Videos de Delphine Minoui (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Delphine Minoui
L’intégrale du lundi 9 octobre - 28 minutes - ARTE Delphine Minoui, Syrie, Bachar al-Assad, Bibliothèque clandestine, Fonctionnaires, Fonction publique, Réformes, Syndicats, Claude Askolovitch, Xavier Mauduit, François Saltiel
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