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ISBN : 2757871854
Éditeur : Points (04/10/2018)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 197 notes)
Résumé :
De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque cland... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (98) Voir plus Ajouter une critique
Stelphique
  28 janvier 2018
Ce que j'ai ressenti:… Un Fulgurant Coup de Coeur…
Je n'entends rien en politique internationale, en conflits mondiaux, et en stratégies planétaires, mais j'ai entendu comme un murmure dans le chaos, un message de paix et d'espoir qui s'est élevé au dessus du bruit des bombes, qui a réussi à passer entre les barils d'explosifs, qui s'est envolé plus haut qu'une attaque au napalm…Ce murmure, il vient de Syrie, et il avait le doux son des pages qui se tournent, la force des mots qui apaisent, le pouvoir de la liberté de penser, la magie d'un livre ouvert…
Quand j'ai lu ce passage, j'ai senti comme un déchirement…(et ce n'était que la page 12…).
« Des heures durant, il évoque en détail ce projet de sauvetage du patrimoine culturel, né sur les cendres d'une cité insoumise. Puis il me parle des bombardements incessants. Des ventres qui se vident. Des soupes de feuilles pour conjurer la faim. Et de toutes ses lectures effrénées pour se nourrir l'esprit. Face aux bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes d'instruction massive. »
Je suis admirative qu'un tel témoignage ait pu franchir les frontières, la barbarie, l'intolérable…Ce n'est pas une lecture comme les autres, elle est de loin la plus difficile que j'ai pu lire, et pourtant, c'est un coup de coeur violent et nécessaire qui m'a bouleversée plus que ce que je pouvais imaginer…C'est avec une grande émotion que j'écris ce retour de lecture…Malgré l'état de siège asphyxiant, un petit groupe d'hommes décident de privilégier l'amour de la littérature, l'amour des mots, l'amour de la poésie comme un souffle d'espoir… C'était tellement désespéré, désintéressé et fondamentalement altruiste que cet élan vous chavire au plus profond…Au delà des larmes que tu verses au fil des pages, il te vient un respect serein qui t'unit à cette incroyable bibliothèque, petite bulle pacifiste cachée sous les décombres…
"Le livre ne domine pas. Il donne. Il ne castre pas. Il épanouit. "
S'il y a des passeurs de livres à Daraya, nous pouvons bien nous, lecteurs et blogueurs, faire passer aussi ce témoignage d'une force et d'une luminosité éblouissante…A vous, maintenant, de faire passer…Pour ma part, c'est fait, et je m'en vais lire encore une fois, L'alchimiste de Paulo Coelho et le petit Prince de Antoine de Saint-Exupéry mais découvrir aussi La coquille de Moustapha Khalifé puisque ce sont ceux là, qui ont été leur port d'attache au milieu de cet océan déchaîné de violence…Ceux là, et tous les autres, qui les ont tenu debout, et plus fort contre la haine…
"Lire pour s'évader. Lire pour se retrouver. Lire pour exister…"


Ma note Plaisir de Lecture 10/10
Lien : https://fairystelphique.word..
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palamede
  12 mai 2018
A Daraya, les jeunes résistants anti-Assad sont souvent des étudiants ou des fils de paysans devenus par la force des choses des passeurs d'informations, journalistes improvisés médiateurs d'une information inaccessible aux reporters étrangers. Ils sont aussi des passeurs de culture : Ahmad et ses compagnons ont décidé, eux qui lisaient peu avant la guerre, de sauver les livres, convaincus qu'ils sont les garants de la liberté. Ainsi, au fond du trou noir de Daraya — une ville à l'agonie — la bibliothèque clandestine encerclée par les ruines est devenue le sanctuaire de la réflexion, de l'intelligence et de la liberté.
C'est ce que raconte avec empathie et sensibilité la journaliste franco-iranienne, Delphine Minoui, en contact régulier depuis Istanbul, pendant quatre ans via internet, avec des jeunes opposants au président syrien, Bachar el Assad. Comme elle, on ne peut qu'être touché par l'énergie, la fraîcheur, la volonté d'aller de l'avant de ces jeunes gens en danger de mort permanent. Parce qu'elle passe par les livres, refusant de répondre à la violence par la violence, et repousse toute tentative d'embrigadement politique ou religieux, cette résistance exemplaire est une formidable célébration de la vie, à découvrir absolument.
" Nuit et jour, ces jeunes côtoient la mort. La plupart d'entre eux ont tout perdu : leur demeure, leurs amis, leurs parents. Au milieu du fracas, ils s'accrochent aux livres comme on s'accroche à la vie. Avec l'espoir de meilleurs lendemains. Portés par leur soif de culture, ils sont les discrets artisans d'un idéal démocratique. Un idéal en gestation, qui brave la tyrannie du régime. "
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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cicou45
  14 juin 2018
C'est un comble de se retrouver démuni de mots pour rendre hommage à ce magnifique (bien que bouleversant et terrifiant) récit où justement, les mots ont été salvateurs pour ces héros qui ont vécu dans l'enfer de la guerre syrienne. Je suis souvent dépassée par le conflit syrien et n'y entend pas grand-chose mais il est vrai que nous ne pouvons pas ne pas entendre, si ce n'est comprendre. J'ai entendu et à travers ce récit extraordinaire, a peut-être un peu mieux compris. du moins, ce qu'en ai retenu est que les livres peuvent être une véritable arme d'auto-défense, un moyen pour ne pas se laisser embrigader et pour ne pas tomber dans la déshumanisation que certains états autoritaires veulent assigner à tout un peuple. C'est le cas ici d'Ahmad, de Shadi, Hussam, Abou Malek et d'Ustez (surnommé "le professeur" et de tous leurs compatriotes syriens opposé au régime de Bachar Al-Assad qui ont osé bravé l'interdit, en refusant de se plier aux règles et qui, pendant le siège de 2012 2016 ont constitué une petite bibliothèque au sein de la ville de Daraya. J'avoue à ma grande honte que jusqu'alors j'ignorais où se situait cette ville et n'en n'avais même jamais entendu parler mais à travers les témoignages des protagonistes considérés comme rebelles car non soumis à la dictature, admirablement retranscrits par Delphine Minoui, je les ai vus, imaginés, ai entendu les résonances des bombes avec eux avec en arrière fond la mélodie d'Amélie Poulain avec pour seuls sauveurs tous ces ouvrages récupérés dans des habitations en ruines. Certes, je n'ai pas pu me mettre à leur place (je crois que cela est impossible à moins de l'avoir vécu soi-même) mais j'ai pu comprendre leur lutte pacifiste à travers les mots et le fait de faire découvrir ces derniers à leurs frères syriens.
Un résistance non pas par l'écriture mais par la lecture, avec pour seules armes non pas des kalachnikovs mais des morceaux de papiers, parfois reconstitués, téléchargés ou alors réimprimés. Je ne m'étendrai pas plus sur ce conflit, n'y entendant rien sans pour autant y être insensible (loin de là) mais je loue la bravoure de ces hommes qui ont refusé de sombrer dans l'horreur en répondant à la violence par la violence mais par la culture et l'instruction à travers la lecture. Un roman d'espoir, de paix tant espérée qui m'a fait me sentir toute petite, moi qui vit dans un monde où je n'ai jamais manqué de rien ! Une lecture déchirante, qui vous met une boule au ventre et pourtant, il ne faut pas nous voiler la face et encore moins fermer les yeux lorsqu'un tel livre nous est proposé. Au contraire, il faut non seulement le lire mais inciter d'autres à en faire autant et c'est ce que je voudrais vous dire en terminant cette "critique" : lisez "Les passeurs de livres de Daraya - Une bibliothèque secrète en Syrie" !
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isabelleisapure
  12 mars 2018
En lisant ce livre, je me suis rendue-compte de la chance que nous avions de vivre dans un pays ou la littérature est un droit et une liberté, un pays où nous pouvons entrer dans la librairie ou la bibliothèque de notre choix pour nous procurer l'ouvrage de notre choix.
Nous ne sommes malheureusement pas tous égaux face à la littérature. Dans certains pays, lire peut être dangereux.
Dans ce documentaire bouleversant, Delphine Minoui nous parle du courage de quelques hommes qui ont osé défier le régime de Bachar Al-Assad en récupérant des livres dans les ruines des maisons pour créer une bibliothèque souterraine ouverte à tous.
Daraya, dans la banlieue de Damas est une ville assiégée, pillée, détruite par les bombardements et les attaques chimiques où les habitants peinent à trouver les denrées de première nécessité.
C'est au milieu du chaos que quelques hommes jeunes, la vingtaine, se sont donnés pour mission de sortir des décombres, des immeubles ensevelis sous les bombes, des milliers de livres. Une bibliothèque clandestine située au sous-sol d'un immeuble voit le jour dans une ville en ruine, aux confins du Proche-Orient, dans une région dévastée. La littérature va leur permettre d'épancher leur soif de liberté et de savoir dans un environnement chaotique rythmé au son des bombes qui s'abattent quotidiennement sur la ville
Delphine Minoui garde le contact avec ses hommes grâce à skype, WhatsApp et facebook.
Ce qui frappe dans ces témoignages c'est la maturité des interlocuteurs, qui ont la vingtaine et pourtant portent en eux une certaine gravité. Ils ont fait le choix sciemment de ne pas déserter, de rester à Daraya et de la défendre malgré le déséquilibre des forces en présence.
Privé de tout, les livres deviennent leur refuge. Outre une promesse d'évasion, la littérature leur donne la force de tenir.
Sous la plume de Delphine Minoui on découvre une ville qui n'a jamais cédé aux sirènes du terrorisme et de l'islamisme radical. Une ville qui a résisté durant quatre ans par la seule force vitale de ses habitants habités par une volonté de fer.
Une lecture douloureuse mais ô combien nécessaire pour mesurer notre bonheur.
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Kittiwake
  01 septembre 2018
Récit bouleversant. Cette passion que nous partageons au fil de nos billets, avec des motivations diverses, devient ici une raison de vivre, une arme de lutte, un combat contre le fanatisme et la folie et un remède au désespoir. Et la guerre, qui nous est exposée entre les statistiques de la croissance, les modalités du prélèvement des impôts à la source, et la température de l'eau sur les côtes, sur le même ton, (et ça c'est quand on daigne nous en parler), devient ici, par le biais des liens aléatoires que maintient l'auteur avec les héros qui arpentent les ruines de Daraya, la cité immolée une terrible réalité, si proche, si intense.
Le moindre ouvrage récupéré dans les décombres est un précieux trésor. Pas de débat ni de bagarre pour prôner ou rejeter l'utilisation du numérique : c'est une façon de récupérer des livres et de les ré-imprimer si besoin, lorsque de lecteur en lecteur, les pages déclarent forfait. Malgré la faim, la peur, l'omniprésence de la mort, le petit groupe survit, la bibliothèque devient le dernier refuge contre l'absurdité de la mégalomanie au pouvoir. On pense bien sûr, et Delphine Minoui y fait allusion , à Farenheit 451.
Quelle émotion de savoir que même au combat , les livres accompagnent Omar, une sélection méticuleuse pour ne jamais perdre de vue cette fenêtre sur la liberté.
Et le partage, l'éducation, les débats, sous les gravats, dans cette ville réduite à l'état de souricière, quel courage!
C'est aussi la honte, que les appels au secours à ceux qui détiennent le pouvoir, sans doute plus préoccupés à l'époque de mettre en place la campagne électorale, restent sans réponse, laissant les choses se faire sans même manifester le moindre soutien.
Et la tristesse aussi de voir bafouer les tentatives d'assistance humanitaires, aussi grotesques soient-elle dans leur inadaptation (du shampooing quand on manque de pain?).
C'est un récit qui marque, qui laisse des traces, par la gravité du sujet mais aussi par la grâce de l'écriture de Delphine Minoui, qui tisse entre le lecteur à l'abri des bombes ou du napalm, et ces survivants qui se réconfortent en tournant des pages, un lien puissant.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   23 novembre 2017
Delphine Minoui raconte l’histoire magnifique d’une bibliothèque sous les bombes à Daraya, la martyre.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (106) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   20 janvier 2019
Les murs aussi chantent le renouveau. Au détour d'une rue, au bord d'un trottoir éventré, parfois au pied d'une façade dentelée, surgissent des pétales de poèmes, des constellations de pochoirs, des boucliers de mots... Avec ses tubes de peinture, Abou Malek al-Chami, le graffeur de la bande, arpente la ville pour y peindre l'espoir en couleurs. Sur une façade déchirée par le souffle d'une explosion, il a croqué une fille de 4 ou 5 ans en robe bleue et jaune. Perchée sur une colline de têtes de morts, elle inscrit de sa main potelée le mot "HOPE", en lettres capitales. Cette fresque est une leçon d'optimisme. Une empreinte contestataire sous forme de pied de nez à la guerre.
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gouelangouelan   19 janvier 2019
Dans ma boite aux lettres électronique, saturée de photos qu'il m'envoie, un jeune brandit une pancarte. "J'aimerais être une bougie dans le noir". C'est un poème du palestinien Fayeq Oweis calligraphié en arabe.
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gouelangouelan   19 janvier 2019
Le 7 décembre 2015, je reçois un nouveau message d'Ahmad. Cette fois-ci, c'était un éclat de phrase, tranchant comme un fragment de balle. Il tient sur une seule ligne :
- La bibliothèque a été attaquée.
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gouelangouelan   19 janvier 2019
Pour la première fois il est à court de mots pour raconter Daraya.

Ses émotions sont aphones.
Sa ville est en danger.
Ses espoirs, assassinés.
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CroquignolleCroquignolle   12 janvier 2019
Hors d'atteinte, cette université clandestine est un espace de transgression. Une transgression par l'apprentissage. Sur le tableau noir de leur nouvelle partition, les frondeurs de Daraya peuvent enfin tracer des lignes de fuite qui chantent un avenir en cours de construction. Une mélodie fragile, celle d'une ville à l'agonie qui résiste au creux de l'obscurité.
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Videos de Delphine Minoui (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Delphine Minoui
L’intégrale du lundi 9 octobre - 28 minutes - ARTE Delphine Minoui, Syrie, Bachar al-Assad, Bibliothèque clandestine, Fonctionnaires, Fonction publique, Réformes, Syndicats, Claude Askolovitch, Xavier Mauduit, François Saltiel
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