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Sophie Bouxom (Illustrateur)
ISBN : 2253084832
Éditeur : Le Livre de Poche (29/04/2009)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Non, à Téhéran les femmes ne sont pas toutes voilées de noir de la tête aux pieds. Oui, elles ont le droit de vote et peuvent même être élues. Non, elles ne sont pas cloîtrées à la maison, et 60 % des étudiants sont des étudiantes. C'est sûr, la vie des pintades téhéranaises est pleine de contraintes et d'interdits. Au regard de la loi, elles ne valent que la moitié d'un homme. Leur quotidien est un pied de nez permanent à la censure, une lutte de tous les instants ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
OnIstanbulRooftop
  05 février 2015
Vous pensiez qu'en Iran, les femmes ne constituaient qu'une armée obéissante de "Dark Vador" cagoulées ? Qu'elles ne pouvaient pas conduire, étudier, courir dans les rues ou travailler ? Que chacune d'entre elles avait minimum 6 enfants en bas âge, brailleurs et mal polis de surcroit ? Que sous les voiles, ne se cachaient que des femmes sans aspirations, sans projets d'avenir, sans rêves, et surtout sans espoirs ?
Eh bien, il est temps de secouer ces gentils préjugés et, pour ce faire, de se jeter sur ce livre, avec lequel j'ai passé un incroyable bon moment !
Des préjugés sur l'Iran, et sur ses femmes incroyables, je n'en avais plus beaucoup, depuis un récent voyage au pays des mollahs et des ayatollahs. J'en garde un souvenir impérissable, de ce voyage et surtout de ces iraniens qui l'ont embelli, de ces femmes qui, malgré le voile que leur impose les autorités, malgré les contraintes qui pèsent sur chacune d'entre elles, sont insolemment vivantes, présentes, belles (belles, belles, belles !), cultivées, débordantes de vie et d'énergie.
Dans ce petit guide sur Téhéran, qui compile adresses, anecdotes et analyse de la société iranienne, Delphine Minoui diagnostique sans excès de zèle, ni préjugés, le comportement de ces femmes qui, comme bien d'autres femmes de notre monde occidental, sont ce qu'elle appelle "des pintades" : des femmes pimpantes, vivantes, amusantes.
De la mosquée au salon de beauté, des rhinoplasties à gogo au cimetière des martyrs, du tabou de la sexualité aux agences matrimoniales à l'iranienne, du mariage au voile islamique, de la lapidation au divorce, elle n'omet aucun sujet, ne mâchant pas ses mots pour critiquer le régime mais ne tarissant pas d'éloges (méritées) sur ces femmes qui, toute leur vie durant, luttent quotidiennement pour imposer leur place dans une société qui, si elle reconnait leur valeur, ne le fait évidemment pas assez.
Un petit coup de coeur pour moi, donc, et dont la lecture devrait être obligatoire, pour s'offrir un nouveau regard sur cet Iran diabolisé et qui, croyez-en mon expérience, a bien bien bien plus à donner qu'il n'en a l'air !
(8/52, Challenge Variétés 2015 - dans la catégorie "Un livre tout en bas de votre PAL")
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clairejeanne
  08 octobre 2015
Comme elles sont sympathiques et enthousiasmantes ces téhéranaises qui passent leur temps à contourner les interdits ! Fans de foot, certaines sont capables de tout pour pénétrer dans les stades qui leur sont interdits et assister aux matches.
La narratrice s'est installée en Iran, à Téhéran, et nous raconte sa vie de tous les jours, avec ses copines : par exemple il y a Pouran, mère de trois filles qui conduit dans son taxi, les femmes que leur père ou leur mari lui confie, au milieu des embouteillages monstres de la ville aux douze millions d'habitants ; il y a Nazila, businesswoman de choc et de charme, Maryam, diseuse de bonne aventure et bien d'autres ; on croise aussi Chirine Ebadi, avocate depuis qu'elle - comme toutes les femmes - n'a plus le droit d'être juge et prix Nobel de la Paix.
Beaucoup d'idées reçues volent en éclat avec cette lecture : l'Iran, c'est 80 millions d'habitants dont 70% ont moins de 30 ans ; et plus de 60% des étudiants sont des étudiantes !
Elles sont souvent profondément religieuses mais aussi exagérément superstitieuses, et n'hésitent pas à se choisir un e-ayatollah qui les guidera via internet. Elles peuvent être voilées entièrement de noir mais ce sont des femmes coquettes, adeptes de la lingerie fine, faisant de la gymnastique pour avoir un corps de rêve et elles détiennent les records mondiaux de la rhinoplastie !
Les pintades iraniennes aiment souvent draguer, mais... attention à la sacro-sainte virginité ! Là, personne ne plaisante.
La société iranienne est une société - vue de notre occident - pleine de contradictions ; à la grande prière du vendredi matin, les fidèles scandent "A mort l'Amérique !" Les USA sont vus comme le "le grand satan" et pourtant imités, copiés jusque dans le développement du bien-être ou la lecture des bestsellers.
Résolument optimiste et tourné vers un avenir meilleur, ces chroniques de la vie de ces pintades Iraniennes, construit un peu comme un guide de voyage dans leur quotidien, se situe entre respect et amusement distant ; une lecture intéressante qui donne envie d'aller les rencontrer.
Et il serait intéressant alors de voir, si huit ans plus tard, les choses ont changé...
Extraits :
" Ma copine Afsneh a le cafard. Au parlement, les députés conservateurs viennent de plancher sur un nouveau projet de loi : limiter l'accès des Iraniennes aux universités en imposant un quota. L'air dépité, elle murmure : " Tout ça pour ça..." Afsneh, le look fashion victim en étendard, affiche une mine déconfite. Foulard rouge flashy, veste en jean encore plus cintrée que les Cadières de Brandis, elle appartient à la génération K - née sous Khomeini, éduquée sous Khamenei : comme ses comparses, élevées dans le carcan des mollahs, elle est prête à tout pour s'en affranchir. Les règles du jeu - pas drôle - de la République islamique, elle a grandi avec. Elle s'y est adaptée - elle n'avait pas le choix - tout en les combattant. Millimètre par millimètre. Avec de petites armes à portée de main : un rouge à lèvres pour défier les miliciens, un stylo pour s'insurger contre la théocratie, ..." (p 17)
"Officiellement les femmes n'ont pas le droit de chanter en République islamique. Mais officieusement, tout est finalement possible dans la capitale des turbans et des barbus." (p 25)
"Entre copines, l'Iranienne déballera facilement son sac en vous détaillant fièrement les exploits de ses derniers ébats. Ou bien en vous racontant qu'elle vient d'entamer une procédure de divorce contre son mari... parce qu'il est impuissant, une raison suffisante pour exiger la séparation au regard de la loi iranienne. C'est qu'à Téhéran, l'orgasme, c'est sérieux, légitime,quasiment un droit constitutionnel." (p 123)
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sylire
  20 novembre 2012
Définition de « la pintade » telle que figurant sur la quatrième de couverture : « Etre une pintade, c'est être une femme d'aujourd'hui, légère et sérieuse, féminine et féministe ».
« Les pintades » est une collection qui propose une série de chroniques sur la vie quotidienne des femmes dans des grandes villes du monde. Sont également fournis : de bons tuyaux et bonnes adresses pour les femmes qui souhaiteraient y séjourner. Autant le dire tout de suite, je n'ai pas l'intention d'aller passer mes vacances à Téhéran. Mais cela ne m'empêche pas d'être tout à fait intéressée par la vie des femmes de ce pays.

Delphine Minoui, sans cacher les très sérieuses contraintes auxquelles sont soumises les femmes en Iran, nous montre qu'elles ne restent pas pour autant cloîtrées chez elles à ruminer leurs malheurs, qu'elles trouvent mille et une astuces pour contourner les lois et se battre au quotidien contre leur condition, souvent dans la bonne humeur. A la fois rebelles et soumises, elles jonglent avec les interdits. Sous leurs tchadors, beaucoup d'entre elles portent des dessous coquins ou des chaussures à talons hauts et laissent dépasser de leur foulard des cheveux méchés… Les plus audacieuses organisent des soirées privées pour se défouler, usent et abusent de la chirurgie esthétique et déclament des vers dans la rue… Un pays tout en contrastes et contradictions et les femmes n'échappent pas à la règle.
Cette collection « Les Pintades » a pour parti pris la légèreté. Toutefois, au détour des pages, Delphine Minoui dénonce les inégalités inacceptables dont sont victimes les femmes. Il faut savoir par exemple, qu'en matière de justice, un témoignage masculin vaut celui de deux femmes. Autre exemple : un iranien peut avoir officiellement quatre conjointes alors qu'une femme ayant commis l'adultère sera condamnée à la lapidation. Leur sort n'est guère enviable mais elles ne souhaitent pas pour autant subir une invasion massive de notre culture occidentale. La journaliste, qui a séjourné assez longuement en Iran, nous explique que les femmes qu'elle a côtoyées préfèrent voir le pays évoluer vers la modernité progressivement et sans trop de pression externe.
J'ai mis un peu de temps à lire cet ouvrage car sa construction, sous forme de chroniques, peut se révéler un peu lassante au bout d'un moment. Sur un sujet similaire, j'ai lu il y a quelques temps « Passeport à l'iranienne », un livre qui évoque la vie quotidienne des iraniens (et iraniennes) sous forme de roman, plus fluide à la lecture. Je suis toutefois ravie d'avoir eu l'occasion, grâce à ces chroniques, d'en savoir plus sur la culture d'un pays dont on parle beaucoup dans les médias, sans évoquer la vie quotidienne de ses habitants. L'intérêt principal de ce livre est d'apporter cet éclairage

Lien : http://sylire.over-blog.com/..
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Lirio
  08 octobre 2011
La vie des iraniennes de Téhéran n'est certes pas facile : les contraintes quotidiennes sont multiples, la censure est omniprésente et la moindre coquetterie est susceptible de les conduire en prison. Cependant elles n'abdiquent pas pour autant leur féminité, ni leur caractère effronté qui les pousse à défier les interdits : si en public elles doivent se couvrir d'un voile, dans l'intimité elles affichent des tenues affriolantes à la mode occidentale et un maquillage éclatant. Elles se créent miette à miette de petits coins de ciel bleu pour illuminer leur quotidien : le plaisir des papotages entre copines, de faire des emplettes au marché, ou de déguster des douceurs en buvant un célèbre soda américain proscrit en Iran…La journaliste Delphine Minoui, qui vit à Téhéran depuis plusieurs années, montre avec ces chroniques enjouées que les iraniennes savent profiter de la vie…même si la loi de leur pays dit qu'une femme vaut seulement la moitié d'un homme.
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keisha
  25 octobre 2009
Il fait partie d'une collection Les pintades à Londres, à New York, etc... qui a priori me paraît assez "futile" mais avec l'Iran et Delphine Minoui qui a reçu le prix Albert Londres pour ses reportages en Iran et en Irak, je pensais dès le départ avoir affaire à un livre "féminin", certes, mais pas trop léger et bien documenté sur la vie mystérieuse de ces femmes sous le voile...
J'y ai bien sûr trouvé plein d'informations pleines de "branchitude" mais pas que.
On y parle de la vie quotidienne, de la vie amoureuse, du mariage.
On y parle de femmes courageuses bravant les interdits et luttant pour leurs droits, telles Chirine Ebadi, Mahsa la chanteuse (oui, c'est interdit !), Lili Golestan et sa galerie d'art, Chahla Cherkat et son journal Zanan (qui ne paraît plus depuis 2008...).
Le web et les blogs peuvent servir d'espaces de liberté - parfois provisoire.
"Ainsi va la vie à Téhéran, ville trépidante, à la fois redoutable et fascinante. Une capitale de clichés et de faux semblants entourée de halos de mystère qu'il ne vaut mieux pas chercher à percer. Ici, on porte des strings roses sous le voile, on flirte sur Internet et on danse à la barbe des mollahs. Téhéran, c'est le noir des martyrs, c'est l'odeur de l'essence qui s'accroche au nylon du tchador. Mais Téhéran, c'est aussi la poésie de Hâfez vendue au détour d'une ruelle sur un joli papier de soie. c'est le blanc des montagnes qui entourent la ville et qu'on prend plaisir à contempler quand, par un miracle printanier, la brise vient chasser le couvercle de pollution qui s'abat sur les gratte-ciel. Téhéran, c'est le rouge des lipsticks de ces dames, symbole d'une vie qui résiste à tous les coups de matraque imposés par une minorité au pouvoir qui s'accroche à des idéaux religieux dépassés."
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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Citations & extraits (4) Ajouter une citation
ChezLoChezLo   17 janvier 2011
Aéroport Mehrâbâd, un petit matin d'hiver. L'avion en provenance de Paris, qui vient d'atterrir avec du retard, déverse ses nombreuses passagères au foulard d'imitation Chanel et Vuitton. Elles ont l'air fraîches comme des roses. de quoi agacer les femmes flics de la sécurité, engoncées dans leur tchador. A tous les coups, les plus peinturlurées vont se faire pincer. Eh bien non : leurs grosses valises, passées sous rayons X, retrouvent sans encombre les chariots rouillés qui glissent péniblement
jusqu'aux coffres des taxis jaunes. C'est en revanche mon humble sac gris, assorti à mon discret voile, qu iretient l'attention. Je m'attends à ce qu'on m'interroge, une fois de plus, sur le matériel de travail que je transporte : enregistreur, appareil photo, ordinateur. Mais c'est un autre objet qui provoque, cette fois-ci, la foudre des douaniers :
"Elle is no good ! Elle is no good !" rugit un garde en uniforme kaki en brandissant le magazine féminin préféré de mes copine iraniennes, que je rapporte traditionnellement à chaque retour de Paris. Muni d'un gros marqueur, le voilà qui se met à dessiner des bourqas noires sur la tête des jolis mannequins, à déchirer les publicités pour lingerie fine et à couper au ciseau les seins qui dépassent.
"No gooooooood ! " insiste-t-il, furieux.
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OnIstanbulRooftopOnIstanbulRooftop   05 février 2015
Ainsi va la vie à Téhéran, ville trépidante, à la fois redoutable et fascinante. Une capitale des clichés et des faux-semblants entourée d'un halo de mystère qu'il ne vaut mieux pas chercher à percer. Ici, on porte des strings roses sous le voile, on flirte sur Internet et on danse à la barbe des mollahs. Téhéran, c'est le noir des martyrs, c'est d'odeur de l'essence qui s'accroche au nylon du tchador. Mais Téhéran, c'est aussi la poésie de Hâfez vendue au détour d'une ruelle sur un joli papier de soie. C'est le blanc des montagnes qui entourent la ville et qu'on prend plaisir à contempler quand, par un miracle printanier, la brise vient chasser le couvercle de pollution qui s'abat sur les gratte-ciel. Téhéran, c'est le rouge des lipsticks de ces dames, symbole d'une vie qui résiste à tous les coups de matraque imposés par une minorité au pouvoir qui s'accroche à des idéaux religieux dépassés.
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OnIstanbulRooftopOnIstanbulRooftop   05 février 2015
Une campagne télévisée anti-Israël (le deuxième pays ennemi du régime iranien), lancée par les autorités, appelle la population à cesser de boire du Pepsi. Raison invoquée : son nom serait l'acronyme de "Pay Each Penny to Save Isarël" (littéralement : Payez chaque penny pour sauver Israël).
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libellule333libellule333   05 juin 2012
« Kheyli, kheyli ghachangé !! » insiste-t-elle en caressant les broderies noires cousues en bas des manches de mon tchador arabe. « Kheyli CHIC ! » Je réalise que j'ai pioché, sans le savoir, dans le Versace islamique. »
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Videos de Delphine Minoui (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Delphine Minoui
Une bibliothèque clandestine en Syrie. Grand reporter, prix Albert Londres 2006, Delphine Minoui s'empare dans ce nouvel ouvrage d'une histoire incroyable : « le pari insolite d'une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens d?exhumer des milliers d?ouvrages, ensevelis sous les ruines, pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine de Daraya », durant le siège de la ville par le régime de Bachar al-Assad.
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