AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782842613228
409 pages
Le Serpent à plumes (28/03/2002)
3.72/5   18 notes
Résumé :
Un ami anglais envoie un jour au narrateur un présent inattendu: un chiot venu d'Australie, Dingo. Dérouté, puis emballé par l'allure étrange, la personnalité subtile et l'humanité de son chien, le narrateur apprend à se servir de lui comme d'un prisme à travers lequel il observe et juge ses concitoyens. Occasion de savoureux tableaux de mœurs à la ville et à la campagne, empreints de l'habituelle et irrésistible méchanceté de Mirbeau, les aventures et mésaventures... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Kez
  05 janvier 2022
Dans mes lectures 2021, j'ai écouté avec un très grand plaisir le journal d'une femme de chambre de Octave Mirbeau.
Cet audiolivre qui m'a accompagné pendant de multiples balades avec mon chien m'a fait découvrir Mirbeau. En rédigeant une critique pour ce roman, j'ai demandé aux lecteurs, quels livres de Mirbeau ils me conseillaient. Dingo était l'un de ces livres.
Donc en cette fin d'année, j'ai mis dans mes écouteurs pour mes balades avec mon compagnon à 4 pattes : Dingo.
Heureusement mon chien est plus sage que Dingo.
Ce petit livre est jubilatoire. On suit les tribulations de Dingo, le chien Australien, et de son maître.
Mirbeau, sous couvert de ces aventures pratique une critique acerbe de son époque. Et toute la société en prend pour son grade. J'ai souvenir du maire pesant le pour et contre pour la venue du chemin de fer dans son village... c'est tellement cela.
J'ai préféré Celestine (le journal d'une femme de chambre) à Dingo. Mais Dingo est une belle réussite et je ne comprends toujours pas pourquoi Mirbeau n'est pas d'avantage enseigné et reconnu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180

Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
mandarine43mandarine43   17 avril 2011
L’enfance de l’animal est un délice, un perpétuel enchantement.
Plus encore que sa fraîcheur adorable de matin, ce sont les
disproportions de ses formes et leur apparent désaccord, « ses
fautes de dessin », dirait l’École des Beaux-Arts, son aspect
radieusement caricatural qui me ravissent et qui rendent si
émouvants, pour moi, barbare, cette fleur d’esquisse, ce prestige
tout neuf d’une chose qui commence. D’autre part, les petits animaux
n’apportent pas dans la maison une insupportable
tyrannie, ni dans les coeurs le désarroi des transes quotidiennes.
Ils sont de tout repos, discrets, joyeux, bien portants, respectent
nos méditations, notre travail, notre sommeil, ne crient jamais,
ne réclament jamais rien, ni qu’on les berce, ni qu’on les baigne,
ni qu’on les fouette, ni qu’on demeure, des nuits et des jours, fiévreusement
penché sur leur niche. Et ils n’accueillent pas nos
soins, nos caresses, nos anxiétés qu’avec des grimaces. Oh! ces
douloureuses grimaces, qui font d’un enfant que l’homme a conçu
dans l’inquiétude, la maladie, la misère ou la haine, une
sorte de minuscule vieillard, rabougri et hargneux !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
mandarine43mandarine43   17 avril 2011
Il avait, en toutes choses, des idées exclusivement réalistes.
Contrairement aux défunts poètes symbolistes qui, par une
ironie vengeresse du sort, sont devenus académiciens, bookmakers,
critiques de théâtre, placiers d’automobiles, réparateurs de
porcelaines, il se refusait avec la plus belle énergie à vivre, dans
un « chenil d’ivoire », d’abstractions prosodiques et — autant
que cela fût possible à un chien — d’idéales chevauchées avec
des crémières neurasthéniques, d’immatérielles amours avec des
fruitières de rêve. Non… Il était très fermement résolu à
n’exiger de la vie que ce qu’à un chien d’esprit sain, de forte
santé, ennemi des théories préconçues, elle peut apporter de
jouissances moins raffinées sans doute, vulgaires, grossières à
coup sûr, mais tangibles et certaines. Aussi repoussait-il, comme
illogique et stérile, la conception de l’Art pour l’art, condamnée
d’ailleurs avant lui par les meilleurs esprits. Il ne séparait pas le
bien-être de la beauté. Il entendait que le beau fût utile et que
l’utile fût beau. Et, pour lui, la beauté des choses, c’était leur
comestibilité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
mandarine43mandarine43   18 avril 2011
Nous passions une saison à Noirmoutier. Nous y avions fait
connaissance d’une dame très laide, si laide que je renonce à
vous décrire l’énormité, l’hyperbolisme, l’hugotisme de cette laideur,
si laide que je n’ai jamais eu la curiosité — désireux qu’elle
restât un mythe — de demander qui elle était, d’où elle venait, de
quelles amours tératologiques et contradictoires elle avait bien
pu naître.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
mandarine43mandarine43   17 avril 2011
J’avais remarqué que Dingo apprenait très facilement, sans le
moindre effort, tout ce qu’il jugeait devoir lui être agréable et
utile dans la vie. Pareil en ceci aux cancres, aux délicieux cancres
de collège, tout ce qui lui déplaisait, c’est-à-dire tout ce qui ne
correspondait pas à sa sensibilité, à sa mentalité de chien — Dieu
sait que ce n’était pas rare ! —, aucune force humaine, ni la sévérité,
ni la ruse, n’était capable de le lui faire accepter. Vous ne me
croirez pas : il simulait l’incompréhension pour n’avoir point à
obéir, et qu’on ne pût vraiment pas lui savoir mauvais gré de ses
résistances.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
mandarine43mandarine43   17 avril 2011
Sans qu’il eût été encouragé par mes conseils et par de préalables
conférences sur l’esthétique de la décoration et du mobilier,
il choisissait, pour s’étendre, dormir, s’y caresser, les soies les plus
douces, les plus mols velours et les plus harmonieux tapis. Ce
sauvage enfant de la brousse avait une préférence obstinée pour
les bergères, pour les chaises-longues Louis XVI et leurs coussins
gonflés de duvet. À s’y enfoncer, il montrait une volupté en
quelque sorte provocante.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Lire un extrait
Videos de Octave Mirbeau (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Octave Mirbeau
« […] Ce que j'ai fait pour moi, je puis le faire pour vous, pour vous tous... Approchez... Qui veut du bonheur ? Qui veut de la richesse ? Qui veut de l'honnêteté ?... […] Vous n'avez qu'à parler... Et je ne les vends pas... Je les donne... Ça ne coûte rien...Voilà ! Qui veut du bonheur ?... Et je vois le désappointement du pauvre diable d'électeur qui, la figure joyeuse et claquant de la langue, viendra, plus tard, réclamer son dû. – Que viens-tu faire ici ? – Je viens chercher le bonheur que vous m'aviez promis. – le bonheur !... Tiens, le voilà !... Prends-le, prends tout... Une bonne capote qui te coupera les aisselles, un bon sac qui te rompra le dos, un bon fusil... Et va te faire crever là-bas... pour ma gloire […]… Es-tu content ? Et il ira, l'électeur, il ira, sans se dire que cette capote, c'est lui qui se l'est taillée ; ce fusil, c'est lui qui se l'est forgé ; cette mort, c'est lui qui l'a signée, en votant pour l'homme magique qui devait le rendre heureux, riche et honnête. Il se dira seulement : – Jamais je n'aurais cru que le bonheur fût tel... J'aimerais mieux être malheureux. D'ailleurs, le bonheur dont il se plaint, et que tous les gouvernements lui apportent, pareil, c'est lui seul qui l'a fait, toujours. Il a fait la Révolution française et, phénomène inexplicable, en dépit de cent années d'expériences douloureuses et vaines, il la célèbre ! Il la célèbre, cette Révolution qui n'a même pas été une révolution, un affranchissement, mais un déplacement des privilèges, une saute de l'oppression sociale des mains des nobles aux mains bourgeoises et, partant, plus féroces des banquiers ; cette révolution qui a créé l'inexorable société capitaliste où il étouffe aujourd'hui, et le Code moderne qui lui met des menottes aux poignets, un bâillon dans la gorge, un boulet aux chevilles. […] » (Octave Mirbeau, Prélude)
0:00 - La grève des électeurs 8:15 - Prélude 9:08 - Générique
Référence bibliographique : Octave Mirbeau, La Grève des électeurs et prélude, Temps Nouveaux, 1902
Image d'illustration : https://www.humanite.fr/anthologie-quand-mirbeau-ecrivait-dans-lhumanite-646578
Bande sonore originale : Podington Bear - Nocturne Op 9 No 1 Nocturne Op 9 No 1 by Podington Bear is licensed under an Attribution-NonCommercial 3.0 International License.
Site : https://freemusicarchive.org/music/Podington_Bear/Nocturnes/Nocturne_Op_9_No_1
#OctaveMirbeau #LaGrèveDesÉlecteurs #LittératureFrançaise
+ Lire la suite
autres livres classés : curéVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus





Quiz Voir plus

Compléter les titres

Orgueil et ..., de Jane Austen ?

Modestie
Vantardise
Innocence
Préjugé

10 questions
18638 lecteurs ont répondu
Thèmes : humourCréer un quiz sur ce livre